Journal d’informations locales

Le 18e du mois

Abonnement

FacebookTwitter

avril 2015 / La vie du 18e

Habitat et humanisme, le logement après la galère [Article complet]

par Brigitte Batonnier

L’association loue des appartements, qu’elle possède ou qui lui sont confiés, à des personnes et familles en difficulté.

Dans notre association, c’est le ET de « Habitat et humanisme » qui nous importe, déclare Jean-Pierre Cury, bénévole dans le secteur Paris Nord. Car on loge et on accompagne, poursuit-il, on essaie d’apprendre aux familles que nous accompagnons à savoir habiter ». Signer un état des lieux, prendre une assurance locataire, entretenir son logement, ce n’est pas évident pour des familles qui n’ont jamais connu de résidence stable, ballottées d’un habitat insalubre à un autre.

Indignés actifs

L’association est née à Lyon en 1985 du constat du mal-logement. Trente ans plus tard, la situation est pire : 150 000 SDF, 700 000 familles en hôtels sociaux, 3 millions de personnes logées de façon insalubre. « On est des indignés, on est un mouvement de résistance, reprend Jean-Pierre Cury. Des indignés actifs : on met des appartements à disposition de familles ou personnes seules en difficulté, mais en situation régulière, contre un loyer modique et on les accompagne dans une démarche d’insertion.  »

Indignés pragmatiques

17 500 familles ont été ou sont actuellement logées dans les quelque 4 500 logements de Habitat et humanisme, logements en propriété ou confiés l’association par des dispositifs tels que « louez solidaires » mis en place avec la municipalité parisienne. « Des indignés pragmatiques : on s’arrange pour avoir un habitat diffus, pour ne pas créer de zones H et H, poursuit notre bénévole. Il s’agit d’avoir un parc immobilier le plus dispersé possible, même s’il est vrai qu’on est davantage présent dans le 18e qu’à la porte d’Auteuil. Cela toujours dans le souci d’une meilleure intégration des familles. »
Habitat et humanisme compte 63 associations en France, indépendantes, respectant la charte commune, 300 salariés et 3 000 bénévoles. En Île de France, 1 000 logements, dont une bonne moitié à Paris. « Nous disposons d’une centaine d’appartements dans le 18e, tous occupés, mais nous n’accompagnons que vingt-trois familles : certaines sont devenues autonomes, pour d’autres nous manquons de bénévoles, rhttp://www.18dumois.info/spip/ecrire/?{exec=article_edit&id_article=398eprend J-P Cury. C’est un travail de proximité : il faut être disponible dans les premiers jours et semaines de l’installation de la famille pour l’aider dans ses démarches. Puis la suivre dans des visites d’amitié. Et il y a tout ce qui concerne l’entretien de l’appartement, c’est le travail des Bénévoles-Bricoleurs, les BB, s’amuse-t-il, qui est lui-même « le chef d’orchestre » des BB sur Paris. Et là aussi on essaie de faire faire, de montrer comment changer un joint de robinet, une ampoule… ».
Un travail d’accompagnement varié, individuel et collectif : l’association organise des rencontres festives pour les familles, des piqueniques dans les squares ou des animations autour de la cuisine et des mets, au Petit Ney notamment. « Ou encore les après-midi du magicien, prisés des enfants… et des adultes, conclut Jean-Pierre Cury. Car nos bienfaiteurs sont également des bienfêteurs  ».


Vous avez aimé cet article ? Soutenez Le 18e du mois en l’achetant en kiosque (2,30 € le numéro) ou en vous abonnant (à partir de 24 € pour 11 numéros par an).



Photo © Séverine Bourguignon

Dans le même numéro (avril 2015)

n° 285

septembre 2020