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avril 2015 / La Chapelle

Des centaines de SDF ont perdu leur boîte à lettres

par Florian Gaudin-Winer

Sur fond de conflit entre deux associations, plusieurs centaines de personnes disposant d’une adresse de domiciliation dans notre arrondissement reçoivent actuellement leur courrier administratif dans la rue. Et la situation s’aggrave…

« Ici, c’est notre bureau. » Karim Sbaa, fondateur et président de l’Association de développement pour l’insertion et la formation (ADIF), désigne du doigt un banc métallique, sur lequel sont entassées des dizaines d’enveloppes dans des sacs plastiques. C’est sur ce bout de trottoir, à l’angle du boulevard Ney et de la rue Emile Botin près de la porte de la Chapelle, que plusieurs centaines de personnes sans domicile fixe ou stable reçoivent, depuis les fêtes de fin d’année, leur courrier administratif (ouverture de droits sociaux, demande de titre de séjour, aide médicale d’État…). Tous sont membres de l’ADIF, une association qui propose un service de domiciliation aux gens dans la précarité et qui n’a plus accès au local interassociatif qu’elle occupait, au 46-48 boulevard Ney, depuis 2010.

L’hiver a été rude

Ce samedi matin de la mi-mars, ils sont une dizaine autour du banc. Après avoir présenté leur carte de l’association, certains cherchent pendant de longues minutes, à l’aide d’un numéro d’identification, les plis qui leur sont destinés. Souvent sans succès, le délai d’attente avant d’avoir une réponse de l’administration étant souvent très long. Un faux mouvement et, soudain, les enveloppes se retrouvent par terre, dans le désordre. Coup de chance, ce jour-là, le temps est plutôt clément et l’attente est supportable. Mais l’hiver a été rude. « La dernière fois, il pleuvait, raconte Kader, 31 ans, qui vit de petits boulots et vient de récupérer une lettre de la sécurité sociale. Tout était mouillé. Je vous laisse imaginer comment ça a pu être difficile pour nous. En plus, les permanences sont moins nombreuses qu’avant. La semaine dernière, je n’ai pas pu me déplacer. C’est très stressant. » La chaleur de l’ancien local, la répartition des enveloppes par casier et l’utilisation d’un ordinateur sont aujourd’hui très loin... (Lire la suite dans le numéro d’avril 2015)


Photo © Florian Gaudin-Winer

Dans le même numéro (avril 2015)

n° 282

mai 2020