Leur mission est d’offrir à la fois un logement individuel privé et des espaces collectifs (cuisine partagée, salon, laverie, jardin…). Les pensions accueillent des personnes seules ou en couple venant de la rue et repérées par les services sociaux ou lors de maraudes. Un accompagnement médico-social est assuré par l’association en charge de la gestion. À l’opposé de l’hébergement d’urgence, il s’agit d’une solution d’habitat pérenne, sans échéance de sortie, s’il n’y a pas de proposition de logement ensuite. « L’objectif est de reconstituer un cadre protecteur collectif en facilitant l’accès aux aides : RSA, prestations liées au handicap, droit à la santé, précise Pierre-Yvain Arnaud, adjoint au maire du 18e chargé des solidarités et de l’hébergement d’urgence. Il s’agit de permettre aux personnes de se reposer, reprendre leur souffle, dans un lieu mixte, individuel et collectif. Des activités sont proposées mais non obligatoires, les résidents adoptent le principe expliqué à leur entrée ». Une maîtresse ou un maître de maison dirige la pension de famille, en s’appuyant sur des intervenants, ainsi que sur les personnes logées.
L’ouverture programmée est celle de la rue Pajol, à la fin de cette année. C’est l’association FREHA qui gèrera cette pension de 29 appartements, dans un immeuble comportant également 23 logements sociaux classiques.
Multiples partenaires
Le coût total des travaux s’élève à 1,64 million d’euros, financé avec le soutien de l’État, de la Région Île-de-France, de la Ville de Paris, de la Fondation pour le logement des défavorisés et de la Caisse des dépôts.
Par ailleurs, le 21 mai dernier, la préfecture, Paris-Habitat et la Ville de Paris ont lancé la création de deux nouvelles pensions de famille. Celle de la villa des Tulipes, dans un immeuble neuf qui comportera 28 studios et sera gérée par l’association Les enfants du canal, devrait ouvrir au deuxième trimestre 2026.
Le coût de revient de 4,7 millions d’euros est réparti entre l’État (813 000 euros, une subvention de la Ville de Paris (1 million d’euros), une autre du Fonds friche (1,2 million d’euros), complétés par Paris-Habitat (474 000 euros) ainsi que par des prêts. Au 14 de la rue du roi d’Alger, seront créés, dans un ancien hôtel meublé, 25 logements T1, également au deuxième trimestre de l’année prochaine. Ils seront gérés par Emmaüs solidarité qui occupait les lieux jusqu’au début des travaux, dans le cadre d’un dispositif transitoire. Le budget de l’opération est de 4 millions d’euros, subventionné à hauteur de 762 000 euros par l’État, par la Ville de Paris pour 539 000 euros et par Action logement pour 182 000 euros. Enfin Paris Habitat a apporté ses fonds propres pour 327 000 euros et a recouru à des prêts.
Système bloqué
Selon tous les partenaires, la pension de famille est un outil indispensable pour accompagner le parcours de la rue au logement pour les personnes fragilisées et faciliter leur réinsertion.Au moment de chaque ouverture de lieu, les services sociaux et les équipes de maraude proposent des noms, en fonction des différents parcours qu’ils connaissent.
Pour Pierre-Yvain Arnaud, « c’est une étape vers le logement social car toutes les personnes venant de la rue ne peuvent pas directement intégrer un logement classique ». Cependant l’élu dénonce un « système bloqué » car la plupart des gens à la rue pourraient être en hébergements d’urgence mais « ces derniers sont saturés alors que certains des résidents pourraient accéder à un logement social « » ». Mais de nombreuses familles migrantes, notamment,« y restent coincées car elles sont sans-papiers et même si le nombre de places a beaucoup augmenté, il ne peut faire face à la multiplication des personnes à la rue, du fait de la politique de l’État. Même si dans le 18e un gros effort est fait pour l’hébergement d’urgence (par exemple, le collège Valadon pour les familles), il est difficile d’atteindre le nombre nécessaire. »

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