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mai 2014 / Histoire

Quand le journal Libération vivait son âge d’or dans le 18e

par Marie Déalessandri

Le 18 juillet 1981, le journal Libération déménage des locaux de son enfance, rue de Lorraine dans le 19e, pour s’installer rue Christiani dans le 18e. Un passage à l’âge adulte avec ses joies, ses peines et beaucoup d’ambition.

Le mois de mai : tout un symbole pour le journal Libération, dont la fondation est solidement ancrée dans les événements de mai 68. Ce mois-ci le journal fête ainsi ses 41 ans, avec un avenir incertain, prisonnier de la tourmente que l’on connaît. Mais en 1981, alors que la France bascule à gauche, le journal fait son entrée dans la cour des grands et pose ses valises au numéro 9 de la rue Christiani. Aujourd’hui rien ne rappelle le passé de ce bâtiment où sont installés des logements et des commerces. Au rez-de-chaussée du numéro 9, une pancarte « à louer » accueille les curieux.
Zina Rouabah a vécu la naissance de Libé­ration dès 1972, quand le journal n’en était pas encore un et portait le nom d’Agence de Presse Libération, alors un outil de communication de la gauche maoïste. Puis le premier numéro du journal le 18 avril 1973. Elle est décrite par ses anciens camarades de jeux comme la « ma­man », la colonne vertébrale d’un journal qui vit à l’époque ses débuts hésitants mais bouillonnants. « Je m’occupais de tout, » s’amuse-t-elle aujourd’hui. De tous les fronts (secrétariat, relecture, petites annonces) puis gestionnaire et directrice de publication, elle se souvient très clairement du déménagement rue Christiani, à l’été 1981.
« Le journal s’est arrêté en février 1981, on s’est dit qu’on ne pouvait plus continuer comme ça car on ne pouvait pas évoluer et se développer en l’état. Il y avait un blocage d’une grosse partie de l’équipe sur le fait que tout le monde n’était pas capable d’être journaliste. J’ai proposé qu’on arrête tout. Mon idée, c’était que tout le monde soit licencié et qu’on reconstruise un journal, » confie-t-elle. Un arrêt temporaire qui ne devait durer que quelques semaines et qui se prolongera finalement trois mois. Une cinquantaine de licenciements et départs volontaires plus tard, sous l’impulsion de l’omniprésent Serge July, Libération reparaît le 13 mai 1981. Au final une équipe d’environ 140 personnes prendra ses quartiers rue Christiani, quelques mois plus tard...
(Lire la suite dans le numéro de mai 2014)


Photo : © Christian Poulin

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