Journal d’informations locales

Le 18e du mois

Abonnement

FacebookTwitter

juillet-août 2016 / La vie du 18e

Balade street artistique dans le 18e

par Nadia Djabali

Levez le nez, nos rues foisonnent d’œuvres d’art. Des artistes de rue de toutes tendances ont transformé l’arrondissement en musée à ciel ouvert. Le 18e du mois a rencontré Codex Urbanus qui nous fait un petit état des lieux de ce mouvement, le Street art.


C’est entre 1 h 30 et 4 h du matin qu’il sort de chez lui, marqueurs acryliques en poches pour se rendre sur son terrain de prédilection : Montmartre. Codex Urbanus va offrir au quartier, et plus si affinités, une horde de chimères trichromiques baptisées Puma Cervus, Aries Maris, Lepus Larvae. Il en a dessiné plus de 200 sur les murs de l’arrondissement, et toutes sont répertoriées et classifiées. « Les chimères, c’est sans fin, raconte Codex. Ce croisement entre deux animaux fait également écho aux enluminures médiévales. Des moines présentaient des éléphants ou des lions alors qu’ils n’en avaient jamais vu. Pour eux une licorne et une girafe, c’était un peu la même chose. »
Au départ, les bestioles de Codex Urbanus mesurent 30 cm mais aujourd’hui certaines peuvent atteindre le mètre et demi. Pas de croquis préparatoire, la chimère prendra forme en fonction du mur sur lequel son œil s’est arrêté. « Je ne pose jamais sur de la pierre de taille parce que j’ai une sorte de respect pour le calcaire, prévient le street artiste. Je me pose en général sur des revêtements déjà repeints par la mairie. La Ville de Paris utilise un très beau revêtement satiné beige, très pur. C’est la peinture antigraffiti de la maison Korrigan. »

Poésie urbaine

Ses marqueurs en acrylique, Codex les achète chez Polymex, au 45 rue de La Chapelle. Une adresse connue dans le milieu. Ses couleurs de prédilections : le noir, le blanc, le gris. Pour le street artiste, la Butte est propice à l’art urbain avec ses décrochements de façades et ses escaliers. La colline est également un lieu un peu tellurique. Spirituel et religieux aussi. Sur la plus haute butte de Paris s’élevaient deux temples érigés du temps de la splendeur de Rome : un pour Mars et un pour Mercure.
La nuit est favorable à la poésie urbaine. Avec le bruit des voitures en contrebas, les rues désertées par l’espèce humaine appartiennent aux chats et aux graphistes de tout poil. Codex caresse l’idée que Montmartre n’est pas totalement mort, qu’il s’y passe encore quelque chose. « C’est un quartier qui devient une ville musée, regrette-t-il. En gros, les Parisiens ne se donnent pas rendez-vous place du Tertre. » Il se souvient un brin nostalgique des Abbesses il y a 15 ans : « On allait au Sancerre ou aux Deux-Moulins. Cela n’a plus rien à voir avec ce qu’il s’y passe aujourd’hui. » Aujourd’hui le quartier s’est transformé en une sorte de centre commercial touristique. Voilà pourquoi les bestioles ont fait des incursions vers la rue du Poteau ou le quartier du Simplon.... (Lire la suite dans le numéro de juillet-août 2016)


Photo : © DR

Dans le même numéro (juillet-août 2016)

n° 282

mai 2020