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janvier 2014 / Théâtre

Week-end en Ascenseur

par Michel Cyprien

Début de soirée dans un im­meuble neuf, soigneusement insonorisé où le gardien ne doit prendre son service qu’au début du mois suivant, quatre personnages ne se connaissant nullement, s’engouffrent dans l’ascenseur pour regagner leurs ap­partements respectifs ou ré­pondre à une invitation à dîner chez des amis. Pas de chance, l’ascenseur tombe en panne en­tre deux étages. Est-ce le point de départ d’un huis clos angoissant… ou le point de départ d’une comédie aux situations et rebondissements rocambolesques ? Dans cet ascenseur, faire connaissance, échanger leurs univers respectifs, ou parler de la pluie et du beau temps eût été trop simple pour ces quatre personnages.
L’ingénieur (Stanislas Châble), concepteur de l’ascenseur, essaie par tous les moyens de sortir de cette galère mais trop théorique, il échouera… ça lui coûtera la vie. Le faux policier, en fait vigile chez Leclerc, (Pierre Louis Bonnat), s’adapte à toutes les situations à condition de conserver un œil sur la belle Roxane (Barbara Lambert) avocate, qui récite ses cours de droit comme le catéchisme. Et enfin, Madame Clémentine (Roxane Turmel), femme d’un haut fonctionnaire au ministère de la Défense, en mission à l’étranger, revenant des commissions avec son caddie plein de provisions, niaise, imbue de son titre et qui n’a d’yeux que pour le vigile.
Pendant toutes ces heures d’attente, les personnages vont es­sayer d’économiser l’air, de vaincre leurs appréhensions, de «  surmonter la peur morbide des espaces clos ». Ils joueront à 1, 2, 3 soleil, aux mikados avec le paquet de spaghettis de Madame Clémentine, ils vont même copier et élucider une enquête criminelle ! Puis, c’est la nuit, tout le monde trouve sa place pour un vrai somme réparateur. Au lever du jour, le problème n’est pas résolu, mais l’enquête criminelle menée par l’avocate redouble d’intensité jusqu’à l’instant fatal. Rideau
C’est léger, plein de vivacité et de dynamisme. Ces quatre jeunes comédiens, vrais complices, s’en donnent à cœur joie, manifestent un bel enthousiasme collectif, en évitant la comédie loufoque, débridée, dans un espace restreint agréable à regarder. Le texte est facile, bien écrit. C’est une excellente récréation théâtrale.

* Au Funambule-Montmartre, de Jean Christophe Barc, mise en scène de Michaël Cohen.
Jusqu’au 4 janvier, mercredi et jeudi à 20h00. Vendredi et samedi à 21h30.
Du 8 au 23 janvier, mercredi et jeudi à 20 h. 53, rue des Saules. 01 42 23 88 83.

Dans le même numéro (janvier 2014)

n° 284

juillet-août 2020