Quel bilan dressez-vous de la dernière mandature ?
Nous avons de bons rapports avec la Mairie. Mais nous sommes inquiets. En 2025, nous avons observé une baisse importante des subventions sur les activités sportives alors même que nous disposons d’une convention pluri-annuelle. Cela concerne notamment le club de foot. Nous sommes montés en régionale 3 et les obligations réglementaires génèrent des frais importants. En outre, malgré les promesses faites au moment des Jeux olympiques, les équipements sportifs restent vétustes. Nous aimerions que l’action associative soit soutenue à hauteur de ce qu’elle apporte en termes de lien social et de prévention pour la société.
Vos actions de prévention sont-elles reconnues ?
C’est un deuxième sujet d’inquiétude : la direction de la police municipale et de la prévention (DPMP) a annoncé qu’elle financerait uniquement les actions Ville-Vie-Vacances menées pour les plus de 12 ans et concentrées sur l’été. Cette orientation n’a pas de sens. Nous travaillons sur le temps long, pour qu’aucun enfant ne tombe dans les ornières qui sont faciles d’accès dans les quartiers. Nous n’allons pas les arrêter ! C’est tout un pan de l’activité qui pourrait être amputé.
Les institutions promeuvent aussi des actions dans l’espace public. Je ne suis pas contre mais il faut bien connaître le terrain. Quand on fait une animation dans le quartier et qu’il y a du deal juste à côté, c’est un moyen pour les réseaux de recruter des jeunes. Nous en sommes conscients parce que nous connaissons cette problématique qui nécessite de regarder dans le détail et ce que ces actions peuvent détricoter. Nous devrions être davantage consultés par la Ville de Paris.
Pourquoi agir sur les petites vacances ?
Les actions pendant les petites vacances nourrissent notre travail au cours de l’année. Cela permet aussi d’amener vers l’association des enfants que nous connaissons moins. Certains ont des vies compliqués, ils vivent à l’hôtel, dans des logements d’urgence, voire même dehors. Aux dernières vacances, il y avait 60-70 enfants âgés de moins de 12 ans, peut-être une cinquantaine de plus grands, entre les animations au gymnase et les sorties l’après-midi. Cette approche par le sport, les loisirs éducatifs permet aux jeunes de venir librement. Certains ont des problèmes de comportement ou de relation à l’autre. C’est important de les accueillir et leur offrir une vraie considération, pour qu’ils entrent dans des activités éducatives régulières. Ce boulot-là se fait sur le long cours : en période de vacances, puis avec les familles. C’est aussi le moment de travailler sur la prévention des conduites à risques, la promotion de la santé. D’ailleurs, nos actions sont reconnues puisqu’elles ont bénéficié d’un financement de l’ARS.
En quoi consistent vos actions de sensibilisation ?
Nous proposons des interventions sur le bien-être psychique et physique à chaque vacances. Cette année, le sommeil a été exploré. L’année dernière, c’était le microbiote. On peut aborder la question du choix : que faire si je ne suis pas d’accord ? Comment le dire ? Une approche pensée avec des jeux. Tout cela se construit petit à petit. Nous avons besoin d’actions solides sur la durée pour permettre une émancipation réelle des habitants. Nous refusons d’être seulement des consommateurs de produits culturels.

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