Journal d’informations locales

Le 18e du mois

Abonnement

FacebookTwitter

mai 2020 / Santé / Personnes âgées

Inquiétude autour des maisons de retraite

par Danielle Fournier

Campagne de tests, protection des soignants et des résidents, liens avec les familles : de nombreuses mesures ont été prises pour éviter l’hécatombe dans les établissements.

Il y a dans le 18e cinq maisons de retraite médicalisées, quatre Ehpad, une unité de soins de longue durée (USLD) et douze maisons de retraite non médicalisées (deux résidences-services, neuf résidences autonomie-foyers logements, un Ehpa). Une seule est municipale, la maison de retraite L’Oasis dans la Goutte d’Or, les autres sont des structures privées.
Le 6 avril, la Ville de Paris a pris conscience de la catastrophe en cours et a lancé, en partenariat avec l’Agence régionale de santé (ARS), une grande campagne de tests PCR (les tests diagnostics réalisés par prélèvement au fond du nez) dans les Ehpad parisiens. Les établissement gérés par la Ville de Paris via son centre d’action sociale ont été les premiers concernés. Dans l’Ehpad L’Oasis qui peut accueillir 119 résidents, onze décès étaient à déplorer fin avril et 21 % des résidents testés étaient porteurs du Covid-19.
On s’attend à un décompte macabre plus important encore que lors de la canicule de 2003 (plus de 19 000 morts). En effet, aux décès dus au Covid-19 s’ajouteront les morts liées aux conséquences du confinement : la décompensation, la perte des repères, de l’appétit, la déshydratation... Ainsi par exemple de malades atteints d’Alzheimer qui mangent par mimétisme et, une fois isolés des autres résidents, ne s’alimentent plus.

Tester et isoler

Après les pénuries de masques, blouses, charlottes et autres protections, la décision de généraliser les tests pour les résidents et pour le personnel a fait craindre un moment qu’ils n’arrivent pas à temps ou en nombre. On a également eu peur que les sédatifs pour soins palliatifs viennent à manquer. La situation s’est stabilisée et les établissements s’inscrivent dans une « démarche de test », sur la base du volontariat.
Trois établissements dans le 18e ont accepté leur mise en place, outre L’Oasis : Robert Doisneau, Les Jardins de Montmartre et les Intemporelles, qui peuvent accueillir au total 321 résidents. Leur capacité à développer un « dispositif post-test » afin de protéger un maximum de personnes est prise en compte : que faire des personnes infectées par le virus ? La direction des affaires sociales, de l’enfance et de la santé (DASES), en partenariat avec l’ARS, propose par exemple des renforts de personnels, des aides pour la réorganisation spatiale et logistique dans le cas où ces Ehpad choisissent une stratégie de regroupement des personnes testées positives. Mais les résultats des tests diagnostics sont longs à obtenir car les laboratoires d’analyse sont surchargés...

Garder le moral et la force

Les établissements ne fonctionnent pas avec tout leur effectif et la gestion du personnel relève du casse-tête : certains sont eux-mêmes malades, d’autres sont en arrêt pour garde d’enfants. Une difficulté supplémentaire dans cette situation de chaos qui ne doit pas effacer les innombrables initiatives, collectives ou individuelles.
Les visites de fin de vie, très réglementées, sont maintenant possibles et permettent l’accompagnement par la famille. L’interdiction des visites avait en effet parfois confiné à l’abandon et traumatisé tout le monde. Rencontres en visioconférence, dons de tablettes, appels par téléphone, témoignent des efforts faits pour que les familles puissent garder le lien, les résidents le moral et les soignants la force de continuer. •

Dans le même numéro (mai 2020)

  • A période exceptionnelle...

    Un nouveau numéro entièrement en ligne

    Dans le contexte exceptionnel que nous connaissons actuellement avec la crise Covid-19, et comme c’était déjà le cas le mois dernier, votre journal (...)
  • Actualité web

    Restos et bars : la rue est à eux !

    Sandra Mignot
    L’idée était portée depuis quelques temps par Anne Hidalgo, elle va devenir réalité : des rues de Paris vont être entièrement ou complètement fermées à (...)
  • Le dossier du mois

    La générosité en actes

    Florianne Finet, Laure Vogel, Marie-Odile Fargier, Samuel Cincinnatus, Sandra Mignot, Sylvie Chatelin
    Accessoires de protection individuels, aide aux personnes isolées ou précaires, soutien aux soignants : les habitants et professionnels de l’arrondissement n’ont pas attendu pour se mobiliser en cette période de crise.
  • La générosité en actes

    Cuisine de cheffe pour sans-abri

    Sandra Mignot
    Cuisinière de métier, Emma s’est rapprochée d’un réseau spontané de livreurs à vélo pour apporter de délicieux repas aux sans-abri.
  • La générosité en actes

    Blouses et masques grâce à Formamod

    Samuel Cincinnatus
    Des professionnels et élèves volontaires de l’établissement de formation aux métiers de la mode confectionnent gracieusement des équipements de protection.
  • La générosité en actes

    Des gourmandises pour les soignants

    Florianne Finet
    Près de 2 800 viennoiseries ont été offertes aux hôpitaux et maisons de retraite depuis le début du confinement par les commerçants du 18e.
  • La générosité en actes

    Grand âge : des bénévoles à l’écoute

    Sylvie Chatelin
    La solitude devient difficile lorsqu’on ne peut plus sortir. Pour maintenir le lien social avec les personnes vulnérables, plusieurs associations ont développé un service d’écoute téléphonique.
  • La générosité en actes

    Des visières grâce à l’impression 3D

    Laure Vogel
    En s’inspirant d’une initiative venue d’Italie et en se documentant sur la Toile, deux habitants du 18e se sont lancés dans la fabrication de visières. Homologuées, elles se révèlent plus pratiques que les lunettes de protection.
  • La générosité en actes

    Les Ravitailleurs fournissent plus de 1 000 repas par jour

    Marie-Odile Fargier
    Pol Maire est l’initiateur d’un collectif créé en quelques jours mi-mars pour fournir des repas aux plus démunis. Un réseau rassemblé depuis son petit appartement à Château Rouge.
  • La vie du 18e

    Etat d’urgence : contrôles ou excès de zèle ?

    Sophie Roux
    Comment les mesures exceptionnelles ont-elles été respectées et contrôlées dans l’arrondissement ? Tour d’horizon.
  • La vie du 18e

    Dans la rue : le confinement à la marge

    Sophie Roux
    « Restez à la maison ! » Cette injonction répétée s’avère inapplicable pour ceux qui ont la rue comme seul abri. Le confinement de toute la population rend aussi leurs conditions de vie plus difficiles et précaires.
  • La vie du 18e

    Tiens, on entend le chant des oiseaux !

    Jacky Libaud
    Un des mérites du confinement, et de l’arrêt des bruits qui s’est ensuivi, est la redécouverte par de nombreuses personnes de la présence d’oiseaux chanteurs en ville. Cela n’a pourtant rien d’extraordinaire, ces volatiles sont là également en temps normal et comme nous sommes au printemps ils chantent, c’est logique !
  • Santé / Personnes âgées

    Ehpad : le pire aura-t-il été évité ?

    Dominique Gaucher
    Claire Patry, gériatre, évalue les adaptations mises en place par les établissements d’hébergement pour personnes âgées dépendantes afin de faire face à l’épidémie.
  • Santé / Personnes âgées

    Soignants de ville : le deuxième front

    Claire Rosemberg
    Médecins de ville, spécialistes, infirmiers : comment font-ils face à la pandémie ? Si certains ont pu se croire inutiles, tous se sont réorganisés alors que certains patients, par peur de la contamination ou par crainte de déranger, ont hésité à venir consulter .
  • Consommation

    La vie en noir des petits commerçants

    Claire Rosemberg
    Un coiffeur qui imagine des « coupes à masque », des restaurants qui se réinventent, un artiste-peintre tétanisé par le spectre du monde futur. Libraires, fleuristes ou restaurateurs : « On est tous dans la merde », disent ces commerçants de Montmartre.
  • Consommation

    Coopaparis : l’affaire de tous

    Marie-Odile Fargier
    Comment organiser la lutte contre le virus dans une boutique gérée collectivement par quelque 400 coopérateurs ?
  • Chronique

    Dictionnaire à l’usage du covidien amateur

    Daniel Conrod
    Apéros confinés : nous ont excités au début du confinement. Ont existé. Ont fini par lasser. Mieux que rien. Chloroquine : antipaludéen notoire (...)
  • Culture dedans / dehors

    Un air d’opéra s’échappe d’une fenêtre de la rue...

    Annie Katz
    Un air d’opéra s’échappe d’une fenêtre de la rue André Antoine et « L’amour est enfant de bohème » est repris en chœur par des dizaines d’habitants qui (...)
  • Culture dedans / dehors

    Du saxo Porte de Clignancourt

    Sophie Roux
    Gulliver Atwood joue tous les soirs dans la villa Ornano. Il a commencé à jouer, sur son balcon, à peu près dix jours après le confinement.
  • Culture dedans / dehors

    Du lightpainting à la Porte Montmartre

    Sophie Roux
    Ivan Sigg propose quotidiennement une œuvre numérique live originale.
  • Culture dedans / dehors

    Cinq aventures en ligne pour vous distraire

    Sonia Imbert
    Les salles de spectacle resteront fermées de longues semaines. Les rideaux sont tombés, mais certaines cherchent à maintenir le lien avec leur (...)
  • Culture dedans / dehors

    Le confinement dans la joie et sur le net

    Dominique Boutel
    Confinement.fun accueille la créativité née de cette période pour encourager l’imagination tout terrain... clos ! Sur un ton légèrement provoc’ et ironique.
  • Portrait

    Philippe Hersant, la création en solitaire

    Dominique Boutel
    Habitant les Abbesses depuis près de quarante ans, ce compositeur de musique contemporaine, d’abord un peu démotivé par le confinement, se lance dans une nouvelle création.

n° 307

septembre 2022