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décembre 2016 / Culture

Sacrées graines : à déguster sans modération !

par Sylvie Chatelin

La belle exposition que l’Institut des cultures d’islam propose autour de la graine de couscous interroge sur la symbolique de ce plat, grand classique de l’alimentation méditerranéenne. Une douzaine d’artistes-plasticiens en donnent une lecture contemporaine et soulèvent des questions.

L’œuvre de Mehdi-Georges Lahlou, TAWB Mausoleum fragments, fragile édifice jaune constitué de semoule, reprend le motif du zellige et évoque le temps qui passe et l’effritement de toute chose. À côté, la magnifique rosace de Mircea Cantor, plusieurs tamis de différents diamètres juxtaposés, évoque la fragilité du corps humain. Les tamis sont en effet percés de munitions en or et en béton accumulés sur les rebords.

Symboles en questions

Dans le hammam inoccupé au sous-sol, la série de cinq vidéos Handmade, de Ymane Fakhir, porte bien son nom. Cadré serré sur les mains d’une femme âgée, chaque film montre les gestes répétitifs traditionnels dévolus aux femmes ; chorégraphie des mains qui malaxent le pain, qui trient les grains de blé, préparent la semoule ou concassent le sucre. Ninar Esber se consacre elle aussi au tri patient et méticuleux d’une tonne de grains de maïs de couleurs différentes dans sa performance La Bonne graine. Symbole du travail aliénant ? Reproduction des gestes traditionnels ? Séparation communautaire ? Chacun choisira suivant sa sensibilité.
Le voyage est également évoqué avec les valises poétiques pleines de flacons remplis de sable et d’épices et de photographies imprimées sur galets de Naz Shahrokh. Souvenirs de voyage choisis ou subis ? Affirmation d’une identité transportable dans l’exil ? ... (Lire la suite dans le numéro de décembre 2016)


Photo : © DR

Dans le même numéro (décembre 2016)

n° 281

avril 2020