Journal d’informations locales

Le 18e du mois

janvier 2026 / La vie du 18e

nouvelle recette pour les cantines de la butte

par Dominique Boutel

La troisième cuisine scolaire est entrée en activité, à Montmartre. L’occasion de mettre à l’honneur les producteurs locaux pour éveiller les papilles des écoliers au bien manger.

Rutilante, fonctionnelle, les qualificatifs ne manquent pas pour décrire la nouvelle cuisine scolaire aménagée par la Caisse des écoles au sous-sol de l’école maternelle Jean-Baptiste Clément, entrée en fonction début novembre.

Souhaitant s’inscrire dans le Plan alimentation durable 2022-2027 de la Mairie de Paris, la municipalité du 18e a repris la gestion directe de la restauration scolaire en 2024. Avec pour objectif d’ici 2030, de transformer complètement le mode de production, d’abandonner progressivement le recours à un prestataire extérieur et de passer, pour tous les établissements de la maternelle au collège, en « liaison chaude » , c’est-à-dire à la confection pour le jour même des plats servis à la cantine.

Un cahier des charges exigeant

Après celles des collèges Aimé Césaire et Daniel Mayer, c’est donc une troisième cuisine qui vient d’entrer en activité et qui livre cinq écoles, la maternelle où elle est installée, ainsi que les écoles Houdon, Foyatier, Orsel et le collège Yvonne Le Tac, pour un total de 800 repas, qui passera à 1 000 en janvier avec l’ajout de l’école Poulbot.

Débutés en juillet 2024, les travaux ont permis de transformer les sous-sols de l’école en installant des zones de stockage et de production chaude, un quai de départ zone froide, une légumerie. Un garage est destiné au véhicule électrique qui livre chaque jour les caissons aux établissements et les rapporte après les repas, car les vélos-cargos de la coopérative Cargonautes, utilisés pour d’autres écoles, étaient trop complexes pour la Butte ! Technologie dernier cri, au service d’un cahier des charges exigeant, l’aménagement a tiré parti d’un espace difficile et pas si étendu, mais suffisant, selon les dires des utilisateurs.

La cuisine compte sept salariés, bientôt neuf, tous anciens agents Sogeres repris par la Caisse des écoles, un chef, une seconde de cuisine, deux cuisinières, un commis et deux chauffeurs-livreurs, tous très impliqués dans cette restauration qui privilégie la fraîcheur, les légumes bruts, la variété et propose chaque jour une alternative végétarienne. « Ca va dans le bon sens, il y a une envie », affirme le chef qui a pour objectif le « fait maison » même pour le goûter et les pique-niques.

La journée de travail est longue : elle commence à 7 h par les préparations pour les liaisons chaudes, la réception des marchandises, se poursuit à 10 h par la livraison des containers aux différentes cantines, leur retour et le nettoyage des lieux, puis la livraison des goûters, les commandes à passer.

éducation au goût

Une attention particulière est portée à l’origine des produits, en essayant, lorsque c’est possible de privilégier des partenariats avec les producteurs locaux : ainsi, la Caisse des écoles du 18e travaille avec la coopérative bio d’Ile-de-France, une légumerie en Seine-et-Marne, avec Ma mie est chaude, un boulanger situé à Chapelle International, avec la conserverie Sept collines implantée à Cap 18. Elle s’est rapprochée de la ferme urbaine La Caverne, du producteur Kedelaï, spécialisé dans le soja fermenté. Affaires à suivre.

Mais bien manger ne se résume pas à ce qu’il y a dans l’assiette : souvent, il faut toute une éducation pour réhabituer les enfants et parfois aussi leur famille, à accepter des légumes, à ne pas gaspiller, pour développer le goût pour une nourriture saine. C’est l’un des axes majeurs de la Caisse des écoles, qui a embauché deux personnes pour mener des actions de sensibilisation en lien avec des structures comme « L’école comestible » ou « Confiture re-belle ».

Un signe ne trompe pas, à l’école Houdon, certains professeurs se sont réinscrits à la cantine qu’ils ne fréquentaient plus !

Photo : Jean-Claude N’Diaye

Dans le même numéro (janvier 2026)

  • Au sommaire

    LONGUE VIE À NOS LIBRAIRIES !

    Dans notre 18e, la vie de nos librairies y est foisonnante, comme en a témoigné, le mois dernier, une fréquentation intense à l’approche des fêtes. Pour bien commencer cette année, nous avons choisi de leur consacrer notre dossier, car de nouvelles menaces pèsent sur ces établissements parfois fragiles financièrement. Ces lieux sont pourtant plébiscités par les habitants qui s’y retrouvent, y débattent et y accèdent à la culture. Détour dans trois d’entre elles. À l’approche des municipales, d’autres sujets brûlants occupent le débat public : violences dans le périscolaire, lancement de la troisième cuisine collective pour les écoles, éclairage public, futur de l’ENS… Quelques bonnes nouvelles également à découvrir dans ce numéro : les lieux de vie emblématiques de Prévert et Vian seront préservés, les directeurs d’école voient leur avenir s’éclaircir et de nouvelles personnalités de notre quartier à découvrir : musiciens, cinéastes, sportifs. Que de talents !
  • Vivent nos librairies indépendantes

    Attaques en série sur les librairies

    Camille Goff, Violaine Colmet Daâge
    Fin décembre, quarante librairies indépendantes ont finalement obtenu une subvention destinée à rendre leurs locaux plus attractifs, à la suite de vives polémiques.
  • Vivent nos librairies indépendantes

    Vendredi, librairie en sursis

    Danielle Fournier
    Organisé en SCIC, un collectif d’habitants soutient le tandem José et Camille dans un projet fou : faire renaître de ses cendres la librairie Vendredi, riche de plus d’un siècle d’histoire.
  • Vivent nos librairies indépendantes

    Des pistes pour résister et durer

    Annie Katz
    Face aux attaques répétées visant leur modèle et leurs choix éditoriaux, les librairies indépendantes doivent mettre en place de nouvelles stratégies.
  • La vie du 18e

    Alerter sur le périscolaire

    Violaine Colmet Daâge
    Monté en 2021, le collectif SOS périscolaire a publié sur sa page Instagram une centaine de témoignages de parents, animateurs ou enseignants, révélant des violences subies par des enfants franciliens. Cofondatrice du collectif et habitante du 18e, Anne revient sur les problèmes systémiques rencontrés dans le périscolaire, alors qu’en 2025, la Mairie a suspendu trente animateurs, dont seize pour suspicions de faits à caractère sexuel.
  • Chapelle international

    à l’école du documentaire, au pied des tours

    Joachim Jarreau
    Depuis septembre, des ateliers de cinéma documentaire sont ouverts aux apprentis réalisateurs au centre Paris-Anim Jean-Michel Martial.
  • Histoire

    Dans le petit coin, la place du Calvaire

    Béatrice Dunner
    De Henri IV au mime Marceau, en passant par Gazi le Tatar, la plus petite place de Paris, accolée à l’imposante place du Tertre, recèle quelques jolis fragments d’histoire.
  • Culture

    Expo : des jeunes de la Goutte d’Or pour défendre les récifs coralliens

    Léa Simond-Côte
    Depuis dix ans, le programme Canon Young People permet à des jeunes de s’exprimer en image sur les enjeux écologiques. Il débouche sur une exposition actuellement au FGO Barbara.
  • Les Gens

    Clément Cotentin, raconteur d’histoires singulières

    Vivien Boyibanga
    Journaliste, monteur, réalisateur et scénariste, le petit frère d'Orelsan s'est fait connaître par sa créativité multifacette. Au-delà de son travail, c’est un habitant du 18e originaire de Normandie, au parcours inspirant et qui a toujours su croire en ses projets.

En kiosque

N° 350 - juillet-août 2026

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