Comment va-t-il nous surprendre en 2026 ? Clément Cotentin est un créateur d’œuvres audiovisuelles et passionné de documentaires et reportages depuis son enfance à Caen. Il a toujours aimé capter des moments en vidéo pour les sublimer. À 40 ans, il semble être au sommet de son art entre fictions et reportages dont la série documentaire Montre jamais ça à personne, récompensée de la Victoire de la création audiovisuelle de l’année 2022 et ses documentaires sportifs sur le premier titre de champion d’Europe de l’équipe de France de basket et celui du CSP Limoges.
Fils d’un directeur de collège et d’une institutrice, il a utilisé les outils de ses parents pour raconter son enfance en vidéo : « J’ai toujours aimé filmer les moments pour les revoir après », dit-il. Un enfant de la télé qui a toujours créé du contenu original, dont des entretiens avec des sportifs, des projets entre potes et le club de football du SM Caen. Inspiré par Michael Jordan et Vince Carter, il a poursuivi son rêve de devenir basketteur en atteignant le niveau national au pôle espoirs à Caen.
Goutte d’Or qui pétille
Arrivé en 2009 dans le 18e pour devenir journaliste, il a décroché un stage chez Canal +, chaîne qui a bercé son enfance. « Le premier jour où j’ai commenté la NBA avec George Eddy, c’était incroyable », se remémore-t-il. Clément a passé dix ans au service des sports de Canal + en produisant des vidéos sur la vie de sportifs de haut niveau dans l’émission « Intérieur sport ». Passionné de détails, il a créé l’émission « Invisible » pour montrer ce qui est imperceptible à l’œil nu et analyser les gestes techniques des champions. Son secret ? Toujours y croire « Peu importe l’époque, on a toujours dit que le marché est bouché. Aujourd’hui, il y a plein de moyens de se lancer », estime-t-il. « Clément a 1000 qualités ! Mais je dirais généreux, à l’écoute, créatif, inventif tout en sachant aussi être exigeant », s’enthousiasme Maël Lenoir, l’un des monteurs du documentaire sur son frère.
Clément Cotentin habite la Goutte d’Or depuis seize ans ; il y a vécu plus de temps qu’à Alençon ou Caen. Ce talent du 18e se sent pleinement épanoui dans ce quartier où il retrouve des valeurs normandes... « On a le côté village avec le square Léon, les enfants qui jouent au foot, on connaît les parents. Il y a toujours quelqu’un qui garde un œil sur tes enfants. Dès que je vois des scènes de rue, j’ai envie de poser des caméras et trouver un angle pour raconter ». Il est aussi présent aux événements sportifs phares du 18e comme la PAC 18 ou les matchs de Paris basket à l’Adidas Arena. Ses enfants participent aux activités de l’association Les Enfants de la Goutte d’Or (EGDO), « un poumon du quartier qui dépasse le cadre du sport ».
Le monde comme terrain de jeu
Le journaliste regarde beaucoup de médias alternatifs et traditionnels pour étoffer son art. Pendant vingt ans, sa caméra a accompagné l’ascension de son frère Aurélien Cotentin, devenu une icône du rap sous le nom d’Orelsan. « C’est mon grand frère. Et j’ai toujours été persuadé que lui et ses potes étaient destinés à faire de grandes choses », explique-t-il. Ensemble, ils ont réalisé plusieurs documentaires et 119 épisodes de la série Bloqués sur Canal +.
Pour se démarquer, Clément utilise l’art de raconter une histoire pour inspirer, comme dans ses émissions américaines préférées (30 for 30, Dig !, Hard Knocks, Sport Science) et ses mangas favoris (Haikyu , Slam Dunk). Il a créé des moments iconiques, comme ses images du discours de Tony Parker à la mi-temps de la demi-finale de l’Euro 2013 entre la France et l’Espagne.
Pour Christophe Offenstein, co-réalisateur de Montre jamais ça à personne, « les qualités humaines et professionnelles de Clément sont une grande ouverture sur le monde, il est toujours à l’écoute. Jamais d’idée préconçue. Toujours ouvert aux propositions et surtout une grande facilité d’adaptation. Tout ça avec beaucoup d’inventivité dans la mise en images ».
En novembre, est sortie sa dernière série documentaire Yoroï, un an dans l’armure. « On suit Orelsan sur le tournage d’un projet hyper ambitieux, où il a fallu des centaines de personnes pour créer des monstres, des chorégraphies de combat entre le Japon et la France », raconte-t-il.
Symbole d’un 18e créatif qui inspire le monde, Clément Cotentin ne s’interdit rien pour nous surprendre lors de ses prochains projets avec, pourquoi pas, la réalisation d’un jeu télé ou d’une série sportive.
Il est aussi bienveillant et incite les jeunes à se lancer : « Si quelqu’un a une envie ou une idée à proposer, il faut foncer. Avec un téléphone et un peu d’imagination, il y a tellement de choses à faire. Il faut juste y croire et oser au début pour kiffer. »

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