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mars 2018 / Goutte d’or

Les paradoxes d’un précurseur du punk

par Stéphane Bardinet

Le chanteur précurseur du punk français habite la Goutte d’Or depuis les années 1980. Il sort son 13e album et vient d’entamer sa tournée.

Dans une cave rue Polonceau, ou plutôt un capharnaüm, on se faufile entre les collections de micros, des amplis, des cercueils, un squelette humain pendu au plafond, un gong ou encore ce robot géant de deux mètres de haut. « C’est mon Gogoldorak », précise, hilare, le maître du lieu, « et tout le reste, ce sont mes décors de scène que je stocke ici ». Bienvenue au studio Vampire chez Gogol 1er, vétéran du punk des années 1980, qui vient de signer son 13e album.
À 60 ans passés, M. Gogol reste tel qu’en lui-même : un artiste désinvolte et décontracté qui joue avec facétie de son image gothique, intégralement vêtu de noir, le visage fardé de blanc et des veinules dessinées sur son crâne rasé. Le visage amène et les yeux rieurs, il a conservé l’énergie et la tendresse de ses premières années lorsqu’il imposa, « six mois avant le premier disque de Bérurier noir », le mouvement punk en France. « Mon premier album est devenu disque d’or avec les années ; on dit souvent qu’avec le temps tout s’en va, mais c’est peut-être le contraire. » Notre homme se fait philosophe, version déconneur.
Punk gothique à la Goutte d’Or
Voici plus de 30 ans qu’il réside à la Goutte d’Or, un quartier choisi au départ pour des raisons financières. Marié, père d’une fille de 22 ans et d’un fils de 15 ans, ce Parisien de naissance – originaire du 14e – ne voit à présent aucune raison de déménager. « C’est un quartier très sympa mais qui véhicule beaucoup de mythes », continue-t-il. Ici, il apprécie particulièrement la présence des artistes. (Lire la suite dans le numéro de mars 2018)


Photo : © Tessa Chéry

Dans le même numéro (mars 2018)

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juin 2020