Journal d’informations locales

Le 18e du mois

Abonnement

FacebookTwitter

septembre 2020 / Mobilisation en tout genre

La solidarité anime les luttes sociales

par Marion Bernard

Loin des clivages habituels, des citoyens de tous horizons mettent en action, ensemble et sur tous les fronts, leur conscience politique pour tenter de faire barrage aux réformes anti-sociales en cours.

Vous l’avez forcément aperçue ici ou là, dès que l’air vire au rouge : leur banderole est de sortie dans le 18e à chaque rendez-vous militant, piquets de grèves, manifs, rassemblement devant l’hôpital… D’ailleurs, comme fait exprès, le logo a un petit air de famille avec … le coronavirus ! Rien à voir pourtant... quoique. Le collectif informel « 18e en lutte » ou encore, simplement nommé « l’Interpro », s’est formé l’hiver dernier à l’occasion du mouvement social contre la réforme des retraites. Il a continué sa route au fil des mobilisations sociales qui ont jalonné l’année, l’école, l’hôpital et la santé – avec pour adversaire un autre genre de « virus » : les réformes néolibérales actuelles.

Mobilisés contre les réformes

Qui sont-ils ? Des habitantes et habitants de l’arrondissement issus d’horizons divers, ou qui y travaillent, certains par ailleurs rattachés à des organisations syndicales ou politiques – CGT, CNT, Sud éducation Paris, ATTAC, Cercle Manouchian, France Insoumise, Génération, Parti de gauche, Ensemble, entre autres – et des électrons libres. Leur point commun : avoir envie d’agir au niveau local contre le package de réformes néolibérales que veut faire passer le gouvernement. Retraites, éducation, santé, chômage, recherche, le collectif se donne rendez-vous dès que quelque chose bouge dans le 18e, pour voir, créer des liens de quartier, une dynamique et des actions communes entre les différents secteurs professionnels, les lieux d’action, les assos.

Cet hiver, ils se sont donné rendez-vous sur les piquets de grève du dépôt de bus Belliard, ont discuté avec les conducteurs et machinistes, soutenu leurs actions militantes par leur présence ou en diffusant des tracts. Ils se sont mobilisés avec (ou en tant que) parents et personnels des écoles en lutte. Ont organisé des départs communs pour les manifs depuis le 18e, s’arrangeant pour garder à tour de rôle les enfants.

Pendant le confinement, les réunions ont continué en virtuel. Déroulé de banderoles aux fenêtres, participation aux distributions alimentaires des Brigades de solidarité populaire (lire notre n° 283). Jusqu’aux premières manifs de désobéissance, malgré l’interdiction et malgré les amendes, en soutien à l’hôpital public. « Du fric, du fric, pour l’hôpital public ! », invitant les soignants à participer au collectif, à venir aux réunions, essayant de mobiliser pour les rassemblements devant Bichat, organisant des ateliers de rue de confection de masques.

Carnaval des luttes

A chaque sortie de la banderole rouge et noire, de nouveaux habitants prennent contact, rejoignent la troupe. D’autres, plus méfiants, y compris parmi les grèvistes, comme à Bichat, se méfient de ce groupe non identifié – avec la peur de la « récupération politique ». Le collectif d’habitants et travailleurs du 18e revendique pourtant son caractère informel . Pas de ligne univoque, pas de signature collective, pas de représentant. Le but est bien de fédérer, de mobiliser largement et de proposer autre chose : des liens de quartier entre les militants antilibéraux du 18e. AG tous les lundis soirs pour discuter agenda et modes d’action, les locaux varient, parfois prêtés par des organisations amies, parfois dans des cafés.

Au programme de cette rentrée, organiser un grand carnaval des luttes, avec stands, batucada… Et la participation aux manifs des 12 et 17 septembre. « Pas de retour à l’anormal ! »

Contact : interpro-paris18@lists.riseup.net

Dans le même numéro (septembre 2020)

  • La vie du 18e

    Feu vert pour les piétons

    Sandra Mignot
    Les abords de certaines écoles piétonnisés, des rues commerçantes barrées et des places de stationnement qui disparaissent : l’espace occupé par la voiture recule.
  • La vie du 18e

    Boxe, gym, karaté, sans contacts ?

    Florianne Finet
    Une rentrée pas comme les autres pour les sports de contact. Focus sur trois activités qui se déroulent en espace clos, la boxe, le karaté et la gymnastique. Malgré les incertitudes, les trois associations se préparent à la reprise, avec masque obligatoire pour certains.
  • La vie du 18e

    Comparution immédiate [Article complet]

    Sandra Mignot
    Menaces de mort, rébellion et outrage à agent ont amené Alexandre* dans un box du tribunal correctionnel de Paris.
  • La vie du 18e

    Toilettes à l’envi

    Danielle Fournier
    Alors que la Mairie de Paris souhaite reprendre la gestion des toilettes publiques, deux expérimentations ont attiré notre attention.
  • Le dossier du mois

    A l’assaut de la rentrée

    De la réforme des retraites à la régularisation des sans-papiers, en passant pas la défense de l’hôpital public et des personnes transgenres... la pandémie n’a pas entamé la détermination des associations et de l’ensemble des collectifs en lutte. Dans le 18e, la rentrée 2020 est bel et bien placée sous le signe de la mobilisation !
  • Goutte d’or

    TATI : la fin d’une époque

    Annie Katz
    Difficile à croire et pourtant... le magasin emblématique de la marque au vichy rose et aux lettres bleues devrait fermer définitivement ses portes à la fin de l’année.
  • Goutte d’or

    LMP : le spectacle peut continuer [Article complet]

    Annie Katz
    Le LMP, enfin dans ses murs ! Le seul théâtre de ce quartier populaire va pouvoir vivre plus sereinement et l’équipe qui l’anime continuer à se consacrer à la découverte de nouveaux talents.
  • La Chapelle

    Deux beaux projets en perspective au Bois Dormoy

    Sylvie Chatelin
    Le Bois Dormoy va s’agrandir d’environ 500 m2 et diversifier ses activités pour plus d’ouverture sur le quartier de La Chapelle.
  • La Chapelle

    Alberto, le podologue de rue

    Sylvie Chatelin
    La meilleure façon de marcher… c’est d’avoir des pieds en bon état. Tous les mercredis après-midi, des soins de pédicure sont prodigués aux usagers du square Jessaint, jardin d’insertion géré par Emmaüs à la sortie du métro La Chapelle.
  • Mobilisation en tout genre

    ACCeptess-T à l’épreuve de la crise

    Sandra Mignot
    Acceptess-T milite pour les droits des personnes transgenres. Elle les accompagne aussi dans leur démarche de soins et d’accès au droit. Le confinement et la crise sanitaire auraient pu avoir raison de l’association, mais il se pourrait qu’ils aient au contraire renforcé la mobilisation et la combativité de l’équipe.
  • Mobilisation en tout genre

    Sans-papiers : Vivre comme si la situation était normale

    Catherine Masson
    Ils seraient près de 200 couturiers dans la Goutte d’Or, souvent dans l’économie informelle.
  • Les Gens

    Thierry Jousse : la voix du cinéma

    Dominique Boutel
    Cinéphile et mélomane, homme de radio et d’images, Thierry Jousse a construit sa carrière entre ses deux passions.

n° 293

mai 2021