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septembre 2021 / La Chapelle

Une case en terre dans les jardins d’Éole

par Danielle Fournier

Une drôle de construction a poussé cet été, toute de terre, d’argile et de paille, à côté de la mini-ferme.

C’est une case typique de Pouss, un village de pêcheurs proche du lac Tchad qui a atterri, c’est le cas de le dire, juste à côté de la ferme d’Eole. « La terre, c’est un matériau noble » déclare Mohaman Haman, l’architecte-urbaniste camerounais qui construit cette « case obus » dans le jardin d’Eole, dans le cadre de l’appel à projets pour l’animation estivale des lieux.

C’est lui qui a repris le terme de « case obus » donné à ce type de construction par André Gide lors de son voyage en Afrique en 1926. La fabrication en avait été abandonnée en 1970 mais depuis 1996 et un chantier franco-camerounais mené avec Patrimoine sans frontières, la case teleuk mousgoum du Cameroun a été ressuscitée par l’association CICAT. Il existe même une formation de jeunes bâtisseurs au Cameroun.

Dans les Jardins d’Eole, la construction a commencé le 2 août. Un mélange de terre, d’argile et de paille arrosé d’eau a été foulée aux pieds longuement et patiemment par les volontaires jeunes ou moins jeunes, venus assister l’architecte. Avec ce matériau, une boule est formée et elle est modelée avec les doigts pour construire une assise circulaire selon cette technique traditionnelle. Ce sont ainsi deux assises, deux tours de cercle, qui ont été réalisés chaque jour.

Se rencontrer autour du projet

Parmi les participants, il y a des habitués comme Naomi qui vient avec ses enfants tous les jours : « On a une raison d’être là, c’est concret, ça se construit, c’est une activité agréable, manuelle, corporelle et qui permet de se rencontrer autour de ce projet… et en plus c’est joli, » déclare la conteuse. D’autres viennent simplement « voir si ça avance », comment sont posées les stries qui permettront de grimper sur la façade de la case avant qu’on découpe une porte une fois la case bien sèche.

Inlassablement, Mohaman Haman, tout en dirigeant le travail collectif, répond aux nombreuses questions et accepte les compliments. C’est un petit forum aux multiples participants qui s’installe. Et le projet de « créer une case grandeur nature » c’est-à-dire avec une hauteur beaucoup plus importante s’est fait jour pendant ce mois d’août, histoire de redonner vie à cette partie sud des jardins. •

Photo : Jean-Claude N’Diaye

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n° 305

juin 2022