Journal d’informations locales

Le 18e du mois

Abonnement

FacebookTwitter

avril 2021 / La vie du 18e

Tests salivaires, à quoi ça sert ?

par Danielle Fournier

Les tests salivaires sont arrivés dans les écoles, enfin dans quelques-unes d’entre-elles. La manière dont l’outil – présenté comme le moyen de maintenir les établissements ouverts – est utilisé pose nombre de questions.

En janvier 2020, test PCR, variant anglais, Pfizer-BioNTech, AstraZeneca, ARN messager ne faisaient pas partie de notre vocabulaire ni de nos préoccupations. Maintenant, qui les ignore ? Et voici le nouveau venu, le « test salivaire », présenté par le ministre de l’Éducation nationale comme « l’outil majeur pour maintenir les écoles ouvertes ». L’objectif était de 40 000 tests par semaine en Île-de-France, dès le mois de mars, avant la « montée en puissance », avec l’idée de « briser la chaîne de contamination ». Après une première quinzaine, « ça flambe » disent les concernés et visiblement la chaîne se renforce.

Dans le 18e, deux écoles par circonscription, dites sentinelles, ont participé à cette campagne. Après ce premier round, il a été décidé, selon la Mairie, que « devant la flambée de l’épidémie dans certains endroits » les tests auraient lieu prioritairement dans les écoles signalées et en fonction de critères sanitaires.

Comment se passent les tests ? Nous avons rencontré Anaïs, à l’école Françoise Dorléac. Le quartier est particulièrement touché, et sa classe a été fermée car trois cas de Covid y ont été détectés par les tests salivaires. Et quand la classe est fermée, retour à la visio conférence, ce qui ne rend que plus précieux encore le temps passé « en présentiel ». Quelques consignes doivent être respectées avant la réalisation du test : le consentement des parents est obligatoire, mais pas le test. Le prélèvement doit être réalisé au moins trente minutes après avoir bu ou mangé. Les enfants, par groupes de quatre sont invités à aller dans une salle spéciale et à cracher dans un flacon. Attention, pas si facile de cracher sans faire de mousse, juste faire couler la salive ; il a fallu expliquer la technique !

Résultats en 48 heures...ou quatre jours !

L’échantillon est ensuite envoyé en laboratoire et le résultat est connu entre 24 et 48 h. Pas de quoi désengorger les laboratoires d’analyse. Ce sont les parents qui reçoivent les résultats et les communiquent (ou non !) à l’école. Pour Anaïs, ils sont arrivés quatre jours après… Les enfants étaient partagés « entre excitation, gêne et peur » et sont sortis « le plus souvent contents, certains tristes de ne pas être arrivés à cracher, et d’autres énervés contre la maîtresse », responsable de ces tests, selon eux... Comme souvent en la matière, une déclaration du ministre de l’Éducation nationale est venue bousculer ce qui était vérité la semaine précédente : depuis le 29 mars, dès qu’un élève est positif sa classe doit être fermée. En maternelle, selon Laurent Ribaud, directeur de l’école Richomme, c’était déjà le cas. Dans cet établissement, qui ne faisait pas partie des sentinelles, la moitié des classes est fermée et lui aussi parle de « flambée de l’épidémie ». « Quand la classe est fermée, les enseignants préparent des activités pour les enfants, impriment des docs que les parents viennent chercher. Tout le monde n’a pas une imprimante à la maison, ni même un ordinateur », surtout quand l’école est classée REP. Le travail des enseignants se trouve démultiplié mais le contact avec l’école et les apprentissages n’est pas rompu.

Les tests sont gratuits… sauf pour les enseignants qui doivent débourser 1 ¤ par test effectué. Une pétition circule, largement signée par les parents qui « comprennent que pour accueillir les enfants en sécurité il faut que les enseignants soient protégés ». C’est aussi la position de la Mairie du 18e qui « veut des doses de vaccins pour TOUS les personnels, pour protéger un maximum les adultes, en crèche comme dans les écoles ». Malheureusement, l’Etat ne semble pas au diapason. •

Cet article a été rédigé avant les éventuelles annonces liées au Conseil de défense sanitaire du 31 mars.

Illustration : Olga Blomme

Dans le même numéro (avril 2021)

  • Le dossier du mois

    Patrimoine et cadre de vie : les habitants prennent l’initiative

    Brigitte Batonnier, Dominique Gaucher, Sophie Roux
    Que ce soit pour sauver un bâtiment historique de la démolition, lutter contre la surdensification de l'habitat, proposer le réaménagement d'une rue pour donner plus de place aux piétons, au végétal et au lien social, ou encore préserver les abords d'une église classée, des riverains se concertent, montent des dossiers, proposent des projets afin de sauver des trésors du 18e et proposer des cadres de vie citoyens et responsables.
  • Le printemps de la commune

    Balades comme si on y était [Article complet]

    Dominique Boutel
    Arpenter les lieux où se sont déroulés les évènements majeurs de la Commune, découvrir les traces encore existantes de ce passé révolutionnaire, y associer musiques d’hier et d’aujourd’hui, tel est le projet de podcast « baladeur » qu’ont imaginé Manola Bouley et Timothée Peignier, deux jeunes Parisiens, passionnés d’art, d’histoire et de sons.
  • Le printemps de la commune

    Images et Imaginaires

    Danielle Fournier
    Cet article est le second d’une série de trois consacrés à cet événement historique que fut la Commune de Paris. Beaucoup d’idées nouvelles ont été lancées, débattues, mais comment les informations circulaient-elles ? Quelle part ont pris les nouveaux moyens de diffusion, la photographie entre autres, et comment ont-ils façonné, dès 1871, et pour des décennies, l’imaginaire collectif ?
  • Le printemps de la commune

    Un 18 mars à huis clos

    Sandra Mignot
    L’évènement inaugurant les célébrations de la Commune de Paris s’est tenu dans le square Louise-Michel… à l’abri du public.
  • Patrimoine et cadre de vie : les habitants prennent l’initiative

    Projet Boris Vian : le permis de construire est suspendu

    Sophie Roux
    Le chantier avait commencé sur l’ilot situé entre les rues Polonceau et de la Goutte d’Or.
  • Patrimoine et cadre de vie : les habitants prennent l’initiative

    Rue Letort : un collectif redessine son artère

    Dominique Gaucher
    Près de la porte de Clignancourt, un collectif constitué à l’occasion du premier confinement, a élaboré un projet pour rendre sa rue plus verte et plus conviviale.
  • Patrimoine et cadre de vie : les habitants prennent l’initiative

    46 rue des trois frères : Vent debout contre la densification de Montmartre

    Brigitte Batonnier
    Démolition, surdensification, béton matricé, aluminium. Soit tout le contraire de ce que l’on pouvait espérer de la sauvegarde d’un immeuble de deux étages dans le style montmartrois.
  • Patrimoine et cadre de vie : les habitants prennent l’initiative

    10 bis rue Muller : Cyclope sacrifié sur l’autel de l’immobilier

    Brigitte Batonnier
    Dans la cour, les jeux sont interdits, mais rien n’empêche d’y jouer à construire un immeuble de cinq appartements. Au mépris de l’architecture de la Butte et de la fragilité de ses sous-sols.
  • La vie du 18e

    C’est l’électrique qui flambe

    Florianne Finet
    L’utilisation croissante des vélos à moteur s’est traduite par de nombreuses pannes et une forte hausse des dépenses de maintenance. La Mairie envisage un ajustement des tarifs.
  • La vie du 18e

    Les cantines remettent le couvert

    Florianne Finet
    Quatre ateliers associant des habitants préparent le retour en gestion directe des cantines. Le contrat avec la Sogeres, prestataire privé, se termine en 2023.
  • La vie du 18e

    Mal-logés en colère

    Unt’ Margaria
    Logements insalubres, petits, les confinements successifs ont aggravé les conditions de vie des mal-logés et la situation ne va pas s’arranger de sitôt.
  • Clignancourt

    Comme sur le zinc, à la maison

    Stéphane Bardinet
    Pour survivre, Antoine Valo Berthon, barman dans le 18e, s’est lancé dans la livraison de cocktails maison.
  • Montmartre

    Ça ne coule pas de source

    Samuel Cincinnatus
    C’est un petit miracle quotidien dont nous ne pourrions plus nous passer, on tourne un robinet et l’eau coule dans nos éviers et dans nos douches.
  • Les gens

    Jean-Claude Casadesus, montmartrois d’origine

    Dominique Boutel
    Sans être un « poulbot », un enfant des rues, il a pourtant joué avec eux et a grandi au cœur de Montmartre, qu’il n’a jamais quitté longtemps.

n° 295

juillet-août 2021