On prend la balle, on vise… Patatras ! Des boîtes de conserve imprimées à l’effigie de nos chers responsables politiques et institutions publiques s’effondrent sur le sol, à un stand de chamboul’tout enflammé tenu par l’association Militant.es pour l’interdiction des frontières (MIF). Ce samedi 21 mars, différents collectifs et associations actifs dans le 18e se sont rassemblés devant la Halle Pajol, à l’occasion d’une Fête des solidarités initiée par le 18e en Lutte. Très actifs dans le quartier, ses membres se retrouvent chaque semaine dans les locaux de l’UL CGT, pour discuter et mener des actions à l’échelle de l’arrondissement et en manifestations. Déambulations et tractages réguliers permettent de sensibiliser les habitants à plus grande échelle. Paul, l’un des responsables du collectif, souligne : « L’idée du village d’aujourd’hui est de rassembler les collectifs autour de la lutte antiraciste et antifasciste, car même si nous sommes dans des collectifs et associations différentes, on se bat pour les mêmes choses : c’est un même combat, surtout dans le contexte actuel. »
Municipales en toile de fond
Bien qu’étant une première sur cette esplanade, ce n’est pas le premier évènement organisé par le 18e en lutte pour rassembler différents collectifs. Objectif : développer l’entraide. De fait, le contexte des élections municipales, qui justifie sans doute le silence des candidats à la mairie du 18e, n’est pas sans motiver ni inquiéter les membres présents, tout comme les habitants du quartier venus passer une tête. À ce sujet, Gwen, membre de l’association MIF, insiste sur le manque d’espoir et de perspectives pour les personnes en situation irrégulière, incertitude accentuée par le contexte politique actuel. Les lois se font de plus en plus restrictives et, paradoxalement, silencieuses : « Ce sont les municipales, on parle de la ville et de sa propreté, mais aucun candidat ne parle véritablement des questions de migrations » conclut-elle, l’air un peu lasse, mais volontaire et désireuse de persévérer dans ce combat.
La même énergie anime Isabelle, la cinquantaine, riveraine et membre d’Urgence Palestine qui a joint l’évènement en proposant une braderie solidaire ainsi qu’un atelier de tatreez (broderie) ouvert à tous : « Il y a un véritable enjeu à tisser des liens entre les collectifs aujourd’hui, à se soutenir, et à mener des actions à l’échelle locale : un peu à l’écart des manifs où tout va très vite, on se retrouve à l’UL CGT et on peut échanger des idées dans un cadre sécurisé, et puis voir que dans le quartier il y a des choses à faire aussi, notamment pour défendre la Palestine. » La présence des locaux de l’UL CGT favorise également la rencontre des associations et des collectifs qui s’y croisent entre deux réunions : un lieu précieux, donc, qui permet de faire fi des différences pour collaborer à travers des actions communes malgré des dissensions originelles.
Rassemblements interdits
Un contexte tendu, et ce sans euphémisme : après les rassemblements du 14 mars contre le racisme, le fascisme et les violences policières, et face aux appels d’Extinction Rébellion à mener des occupations à Paris lors du 21 et 22 mars, la préfecture de police de Paris a interdit tout rassemblement non déclaré dans certains secteurs de la ville. Cela n’a pas empêché des militants d’Extinction Rébellion de monter une assemblée mentionnée sur Instagram comme étant « citoyenne et écologique, visant à se réapproprier les outils de la démocratie, dans un cadre festif et non-violent » dans le 13e, tuée dans l’oeuf par l’intervention des forces de l’ordre.

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