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novembre 2016 / La vie du 18e

Le grand défi de Sara et Judith [Article complet]

par Nadia Djabali

Les deux sœurs ont organisé avec des habitants la préparation et la distribution de 200 paniers repas pour des migrants.

Branle-bas de combat à l’Atelier Nota, la boutique du 10 rue Ramey. Plus d’une vingtaine de personnes s’affairent, mettent de la nourriture dans des barquettes, remplissent des sacs en papier. À l’intérieur : des œufs, du riz, des légumes, du poulet, des fruits, du fromage, un morceau de pain et bien sûr une petite bouteille d’eau.

Ce dimanche 16 octobre, l’Atelier Nota a relevé le Grand défi du 18e.
Le Grand défi ? L’initiative est née à Sarcelles. Un groupe de jeunes habitants désolés par le sort réservé aux migrants décident de mobiliser leurs voisins. Dans leur ligne de mire : la réalisation de 150 repas et leur distribution du côté de Stalingrad à Paris. L’opération est couronnée de succès et se diffuse par les réseaux sociaux. Et des défis fleurissent un peu partout.

Cinq voitures et 200 cuillères

Pour le 18e ce sont deux sœurs qui s’y collent, Judith et Sara Vieille. Elles tiennent la papeterie du 10 rue Ramey. Elles concoctent un « Doddle » afin de collecter les ingrédients de 200 paniers repas. Une cinquantaine de personnes ont répondu présentes, ont fourni fruits et pain ou fait cuire chez elles du riz ou des œufs avant de les déposer à la boutique. Une fois les repas emballés et chargés dans cinq voitures, direction Jaurès pour la distribution. Une première pour ces habitants du 18e. Et tout s’est déroulé dans la bonne humeur. Après avoir constitué une file indienne. Les migrants se sont vus distribuer des cuillères. Pour obtenir le panier-repas, il fallait présenter la cuillère. À la fin de la distribution, il manquait une trentaine de repas... Les gens ont partagé.

Pourquoi s’être lancées dans cette opération ? « Parce que cuisiner pour les sans abris, c’est déjà une manière de s’occuper un peu mieux d’eux, de les intégrer à notre quotidien », écrivent les deux sœurs sur facebook. « Parce que chacun peut participer à la hauteur de ses moyens et de son temps. Parce que c’est une incroyable occasion de prendre acte de la solidarité et la générosité des gens et que cela donne un espoir infini et beaucoup de foi en le présent et l’avenir. Parce que les personnes qui ont faim sont heureuses qu’on ait pensé à elles. Parce que tout d’un coup, on est maître du destin de notre pays, on cesse d’attendre que d’autres fassent pour nous, on fait pour ceux qui en ont besoin, et on a envie de recommencer. » En une semaine, tout ce petit monde a réussi à mettre sur pied cette distribution. « Donc tout le monde peut le faire ! Nous en sommes convaincues. » À qui le tour ?

Photo : © Tessa Chéry

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n° 287

novembre 2020