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avril 2019 / Les Gens

Histoire d’un jeune créateur de la Goutte d’or

par Brigitte Batonnier

Opiniâtre, Lamine Diakité a su trouver à la Goutte d’Or les ressources et l’entraide qui l’ont porté à créer sa marque de vêtements. Un alliage de styles européen et africain. Pour en faire une véritable entreprise.

La Goutte d’Or fût le berceau de l’enfant de Dakar lorsqu’il arrive en France en juin 2016. Non pas que Lamine Diakité, 28 ans alors, trouve tout de suite un point de chute dans ce quartier : il est hébergé à Villiers-le-bel dans le Val d’Oise, chez une dame, parente d’une parente. Mais elle l’emmène chaque jour faire des courses dans le 18e.

« J’ai été happé par le mirage européen, comme tant d’immigrés », déclare le grand jeune homme d’une voix douce. « Mais quand tu arrives à Paris, personne ne te regarde, alors qu’au Sénégal c’est une grande fierté d’accueillir les étrangers. » Personne, sauf à la Goutte d’Or : « Là, les gens te parlent et Barbès c’était pour moi comme le paradis, même si j’étais dans l’angoisse de ne pas avoir un sou en poche. »

Sa solidaire logeuse le présente comme son fils au tailleur d’un atelier de la rue Cavé.« Ce monsieur a dit alors : si c’est un guerrier, je vais lui donner un petit boulot », raconte Lamine, « Moi, ça m’a fait peur, je ne suis pas un guerrier. J’ai associé ça avec la guerre, la police, mais le lundi matin je me suis malgré tout présenté devant le tailleur. » Et tout a commencé à la Mercerie générale, au coin des rues Myrha et des Gardes.

Tailleurs livrés à domicile

Grâce aux 80 € d’une collecte solidaire d’amies de sa logeuse, Lamine achète un caddie (12 €) et à ladite mercerie un gros rouleau de tissu autocollant (35 €), puis il reçoit gracieusement d’un com- patriote six paquets de fermetures Éclair. Son travail consiste à faire le tour des ateliers de couture du quartier pour vendre sa précieuse marchandise « à petit prix », comme on le lui a conseillé. (Lire la suite dans le numéro d’avril 2019)

Photo : Claire Gaby

Dans le même numéro (avril 2019)

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