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mai 2015 / La vie du 18e

Des médiateurs de la Ville à la Maison bleue [Article complet]

par Barbara Vignaux

Un problème avec un service de la Ville ? Désormais un réseau de 28 médiateurs peut vous aider.

C’est un service tout nouveau, qui gagnera à être mieux connu des habitants  », explique François Deleurme, le directeur de la Maison bleue, près de la porte Montmartre. Inauguré en novembre dernier, ce centre social flambant neuf propose depuis le mois de février un service de médiation. L’objectif : « créer une interface entre les usagers et les services de la ville de Paris, d’autant plus utile que nous accueillons un public de quartier qui souffre souvent de précarité ».

Candidate idéale

Le réseau des 28 médiateurs locaux déployé ces dernières années vise à améliorer le dispositif municipal. La chargée de médiation de la Maison bleue, Marie-José Discazeaux, raconte : « On a constaté que les gens les plus isolés, qui maîtrisaient parfois mal le français, surtout à l’écrit, avaient du mal à contacter le Médiateur de la Ville de Paris [actuellement Éric Ferrand, ndlr]. La mairie a donc recours à des bénévoles pour le représenter dans les différents quartiers. Ce sont en majorité des retraités, qui assurent cette tâche dans les mairies, les centres d’accès au droit, les maisons de la justice et du droit de la ville. » Ils sont également chargés de rédiger des rapports au médiateur de la Ville qui adopte, le cas échéant, les mesures nécessaires.
Professionnelle chevronnée, Marie-José Discazeaux constituait une candidate idéale à un tel poste : employée durant 36 ans du centre d’action sociale de la mairie de Paris, elle a notamment dirigé les permanences sociales d’accueil (PSA) qui accompagnent les Parisiens sans domicile fixe. Un métier « appris sur le tas », précise-t-elle, après une licence de lettres, et qui l’a passionnée. À tel point d’ailleurs que cette jeune retraitée intervient toujours au PSA de Belleville (destiné aux plus jeunes) et au Café 115, à Issy-les-Moulineaux, une structure d’accueil de jour.

Dernier recours

Qui peut aller la rencontrer aujourd’hui à la Maison bleue ? Tous les Parisiens, du quartier ou d’ailleurs, qui souhaitent discuter d’un litige non résolu avec un service de la Ville – logement, voirie, social – qu’il s’agisse de particuliers, d’associations, d’artisans, de commerçants ou d’entreprises… En revanche, elle ne s’occupe pas des litiges avec d’autres organismes du service public : CAF, Pôle emploi, Poste, par exemple. Elle précise également que la médiation, « c’est le dernier recours avant le tribunal administratif  ». Autrement dit, il faut, avant de la rencontrer, avoir épuisé les autres voies de recours. Par exemple, en cas de contestation du montant des charges, il faut avoir écrit au bailleur social et reçu une réponse négative.
Voilà pour la théorie. En pratique, « comme le dispositif est récent et mal connu dans le quartier, certaines personnes qui viennent me voir ne relèvent pas de la médiation, reconnaît-elle, mais comme je connais les dispositifs d’aide municipaux, je peux les orienter le cas échéant vers les structures adaptées  ». Elle peut aussi expliquer des règles administratives parfois mal comprises par ses interlocuteurs. Quant aux thèmes abordés, ils ont surtout concerné, jusqu’à présent, des problèmes d’obtention de logement ou de mal-logement : insalubrité, troubles du voisinage… Comme quoi, la médiation reflète bien les difficultés rencontrées par les habitants du 18e arrondissement – le logement, encore et toujours.


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Photo : © Barbara Vignaux

Dans le même numéro (mai 2015)

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octobre 2019