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mars 2016 / Montmartre

Abbesses : vins fins et planches gourmandes à la Cave Bourdin

par Christian Adnin

C’est l’histoire de la Cave Bourdin rue des Abbesses, dite tout simplement « la Cave » pour les locaux. Depuis 30 ans, elle se présente dans son jus où, à son aise, barbotte la gouaille. Sans simagrées ni chichis, elle est l’amie de qui sait vivre.

Benoît, tu mettrais quoi avec des quenelles de veau ? » Depuis l’autre bout de la boutique toute en longueur, la tonnante réponse vole au-dessus des têtes : « Sante­nay ! » C’est le rush du samedi soir avec sa cohorte de clients occupés à dégoter l’honnête bouteille qui accompagnera le dîner. En entrant, on reconnaît l’adorable et taiseux Pascal, le goguenard mais très avisé Benoît et la dominicale Élise qu’on ne voit… qu’un jour par semaine.
C’est maintenant le fils Bourdin, Emmanuel, et sa cousine Catherine qui tiennent le commerce. « En 1962 mon père, d’origine paysanne, a quitté son emploi d’ouvrier spécialisé chez Renault pour monter une affaire de négoce en vin, bien loin de son Loir-et-Cher natal. » C’est ainsi que commence l’aventure familiale Bourdin, dans une banlieue parisienne avec l’ouverture d’une première échoppe.
« À cette époque le vin est alimentaire ! Il titre entre 8° et 10° et chaque jour, on en boit… deux à trois litres. La profession exige tant de manutention que l’activité du marchand de vin s’apparente à celle de son voisin bougnat, trimballant son bois et son charbon. » Car livrés en vrac à la boutique, vins, bières et eaux sont tirés et embouteillés sur place. S’ajoutent au labeur la gestion des retours des consignes et les livraisons à faire aux clients. Les affaires marchent bien et la société Bourdin ouvre d’autres boutiques, comme justement, en 1986, cette cave sise 43 rue des Abbesses. « Qui se souvient de la crèmerie qu’elle a remplacée ? », s’interroge ému Manu. Encore très populaire, le quartier y trouve son profit et rapidement la clientèle se fidélise... (Lire la suite dans le numéro de mars 2016)


Photo : © Christian Adnin

Dans le même numéro (mars 2016)

n° 286

octobre 2020