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juin 2014 / Histoire

L’été trop chaud de 1914

par Noël Monier

L’été 1914 a vu se déclencher le plus grand massacre que l’Europe ait connu jusque-là. Comment les Français, et spécialement les habitants du 18e, ont-ils vécu cette période juste avant la « Grande guerre » ? Comment expliquer que ceux qui avaient proclamé leur volonté de préserver la paix à tout prix aient été en majorité entraînés dans le camp des partisans de la guerre ? Nous reprenons ici la série historique publiée en 199 du vivant de Noël Monier.

Il fait très beau à Paris en juillet 1914. Et même un peu trop chaud. Dans les nombreuses entreprises de La Chapelle, de la Goutte d’Or et de Montmartre, les ouvriers, qui forment la majorité des 270 000 habitants du 18e, transpirent ; la semaine de travail est de 55 à 60 heures par semaine et il n’y a pas de congés payés.
À La Chapelle, raconte Marcel Simonin qui avait alors 9 ans, « le quartier était si pauvre que les rats eux-mêmes avaient renoncé à prospecter les poubelles, éternellement vides de tout relief de nourriture. Ils s’étaient fixés en colonies dans les sous-sols du marché de l’Olive. C’était [pour les gamins du quartier], par les beaux soirs d’été, un spectacle de choix que d’aller, au travers des grilles closes, observer leurs évolutions. »  
Le chantier de la ligne de métro Nord-Sud est en plein travail : le tunnel a atteint Jules Joffrin en 1912 après le difficile percement sous la butte Montmartre, et il arrivera à la porte de La Chapelle en août 1916.
Place Clichy, au Gaumont-Palace, « le plus grand cinéma du monde » (il peut contenir 3 400 spectateurs), on passe en juillet 1914 le dernier épisode de Fantomas réalisé par Louis Feuillade, celui où Fantomas se débarrasse d’un complice en l’attachant au battant d’une cloche. Le Théâtre Montmartre (qui deviendra plus tard l’Atelier) affiche un « opéra populaire », et le Moulin-Rouge la grande revue Cache ton nu ! où des reconstitutions à grand spectacle de scènes de la Révolution et de l’Empire voisinent avec des sketches du comique troupier Bach, tel Bistouille en aéro.
Dans les librairies, on trouve la première parution en livre du Chéri Bibi de Gaston Leroux, et le dernier volume des Pardaillan de Michel Zévaco, qui l’un comme l’autre sont parus d’abord en feuilleton dans les journaux...
(Lire la suite dans le numéro de juin 2014)


Photo : © DR

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