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novembre 2018 / Montmartre

Pigalle quartier show

par Stéphane Bardinet

Haut lieu de la vie nocturne parisienne, Pigalle offre un visage étrange, sorte de carré rouge d’Amsterdam mêlant touristes et noceurs, alternant sans transition bars et commerces érotiques.

« Quand nous nous sommes installés à la fin des années 70, c’était assez calme. On en- tendait parfois des coups de feu dans des règlements de comptes autour des prostituées, mais ce n’était rien comparé au bruit actuel des bars et des restaurants le week-end », s’émeut une habitante de la rue Frochot (9e). Et c’est vrai que Pigalle a bien changé. Les devantures aveugles et les portes entrebâillées des magasins érotiques ont fait place aux bars sur une zone qui part de la place de Clichy et court jusqu’à la place Pigalle, incluant le nord du 9e et quelques ruelles qui montent vers le 18e. L’époque du sexe un peu triste a laissé place à une atmosphère festive. Le samedi soir, des milliers de Parisiens et de touristes arpentent le terre-plein central du boulevard de Clichy. Les « gros dégueulasses », comme les appelait Reiser, sont peut- être encore là mais noyés dans la foule. Surtout, ils ne sont plus les seuls à fréquenter les boutiques de lingerie, accessoires et autres objets de plaisir.
Il reste bien des sexshops : une trentaine sur le boulevard en incluant les live show dont le plus grand est assurément La Diva à Blanche avec ses néons criards. On trouve aussi des salons de mas- sage. Devant l’un d’eux, une Chinoise déclare dans un français hésitant qu’elle appelle parfois la police quand un client devient trop pressant ou formule des demandes déplacées. Les lieux changent, pas les débordements.
Malgré cette présence encore très voyante des établissements érotiques, on sent bien que « ce n’est plus comme avant ». Ainsi Eddy, rabatteur d’un petit live show, hèle les clients potentiels sur le trottoir mais explique : « Les bars ont tout changé. Rue Frochot, ils ont gardé le décor d’origine mais ne sont plus que des débits de boissons comme les autres. » Même si les noms savoureux du passé ont été conservés, à l’image du Dirty Dick.

Les vacances du funiculaire

Les sexshops, eux, se sont mis au goût du jour. Ainsi, un vendeur dans la cinquantaine, qu’on croirait habiter encore chez sa mère, explique avec une distance toute professionnelle la différence entre le gel à l’eau et celui enrichi à la silicone. (Lire la suite dans le numéro de novembre 2018)

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En kiosque, n° 273

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