Journal d’informations locales

Le 18e du mois

décembre 2025 / La vie du 18è

Héritage olympique : entre promesses et réalités

par Martin Schmitz

Le 26 juillet 2024, le monde s’émerveillait devant la soirée d’ouverture de la 33e cérémonie des Jeux olympiques à Paris. Plus d’une année est passée depuis, l’occasion de revenir sur l’héritage olympique.

Si le 18e n’a pas été le centre névralgique des Jeux olympiques et paralympiques (JOP), notre arrondissement a tout de même été bouleversé par l’organisation de cet événement interplanétaire. Pour l’occasion, plusieurs infrastructures ont été installées dans le 18e ou à ses portes, afin d’accueillir les différentes délégations d’athlètes. C’est le cas de l’Adidas Arena, construite non sans heurts (lire nos n°320 et 337), du centre sportif Bertrand Dauvin (et celui des Poissonniers), sans oublier – dans une autre mesure – le village des athlètes. Mais pour autant, toutes ces installations sont-elles vraiment durables ? Premiers éléments de réponse.

Une enceinte dans la ville

L’héritage le plus visible est l’Arena installée porte de La Chapelle, à quelques mètres des statues de la cérémonie d’ouverture. Pensée comme un équipement utile avant, pendant et après les JOP, elle accueille aujourd’hui des rencontres sportives, des concerts et des galas. Bien qu’elle ait réussi à redynamiser le quartier (voir notre n°330), notamment grâce à un engagement pris auprès de dix associations du 18e arrondissement, on peut craindre un effet de « déplacement de communautés marginalisées » comme l’affirme la journaliste new-yorkaise Elizabeth Fazzare.

On pourrait également regretter la tarification encore élevée de certains évènements sportifs, qui laissent parfois une place plus importante aux concerts et galas. Le lieu semble toutefois hériter d’une fréquentation post-JOP conséquente et il contribue, notamment auprès de certains jeunes, à faire connaître des compétitions sportives ou certaines disciplines (voir notre n°342).

Rénover l’existant

Construits dans les années 1960, le centre sportif Bertrand-Dauvin et celui des Poissonniers ont eux, été rénovés à l’occasion des Jeux. Le premier l’a été dans son intégralité afin d’accueillir, notamment, les entraînements de pentathlon moderne. Les travaux ont inclus la création d’une tribune couverte, la modernisation des vestiaires et des gymnases, ainsi que la mise aux normes d’accessibilité et de sécurité, répondant aux obligations pour les sites olympiques.

Cette rénovation, directement liée à l’organisation des Jeux, a permis de mettre à jour des installations vieillissantes et de garantir leur usage pérenne pour les clubs locaux, les scolaires et les associations sportives. Les premiers retours indiquent une fréquentation régulière, confirmant que le centre répond aux besoins du quartier.

Un constat similaire à celui du très fréquenté centre sportif des Poissonniers, où les deux gymnases ont été rénovés, l’accessibilité renforcée, et les vestiaires et sanitaires remis à neuf. Reste maintenant à savoir si la rénovation de ces deux lieux – souhaitable voire nécessaire – aurait été possible sans cet événement à portée planétaire.

La continuité en débat

Autre construction olympique d’ampleur : le village des athlètes, situé à la lisière de Saint-Ouen et d’Aubervilliers, et qui constitue un autre symbole fort du nord parisien post-JOP. Là encore, de nombreuses promesses ont été formulées, annonçant une zone attractive pour les athlètes, mais également pour les riverains avec la construction de logements sociaux. Pour la Société de livraison des ouvrages olympiques (SOLIDEO), en charge du projet, la démolition de certains bâtiments faisait partie d’un programme d’aménagement urbain ambitieux : construire le village des athlètes et y créer un quartier durable et vecteur de mixité sociale après
les Jeux.

Mais, aux dépens de qui ? Et bien du foyer ADEF, par exemple, qui accueille des travailleurs migrants. Selon le rapport de la Commission nationale du débat public, la capacité du foyer (286 lits) dépasse ce que les nouvelles résidences pourraient loger (150 personnes chacune), ce qui pose des questions de continuité, tout comme les mesures temporaires, qui envisagent un logement dans des bungalows.

Finalement, le village des athlètes aurait contribué à déloger au moins 1 500 personnes. Outre le relogement controversé que ce projet suscite – logements sociaux inoccupés à cause de prix trop élevés et manque de commerces – ce dernier a été réalisé aux dépens de nombreux habitants de la zone rebâtie, relançant le débat autour de la continuité des infrastructures après 2024.

Plus d’un an après ces jeux d’été, le bilan reste donc mitigé. Si certains équipements ont trouvé un usage pérenne et répondent aux besoins des habitants, d’autres projets, notamment le village des athlètes, soulèvent des questions de justice sociale et d’urbanisme. L’héritage matériel existe, mais l’héritage humain, celui de l’accès à la ville et à ses infrastructures pour tous, semble toujours plus fragile.

Photo : Anne-Claude Barbier

Dans le même numéro (décembre 2025)

  • Au sommaire

    Le mois des enfants

    Notre dernier numéro de l’année 2025 est là ! Et avec lui, un gros dossier (illustré) sur la petite enfance. Car si la natalité continue de baisser en France, le milieu de la petite enfance a su se réinventer pour répondre aux défis de notre société. Le 18e n’y fait pas exception puisqu’on y trouve de nombreuses structures qui accueillent les tout-petits et leurs familles. Cette édition de décembre nous a également offert l’opportunité de raconter et de mettre à l’honneur la mobilisation citoyenne (et victorieuse) qui a eu lieu dans le quartier de la Goutte d’Or ces dernières semaines, mais aussi de revenir sur l’héritage des infrastructures olympiques. Sans oublier de vous inciter à découvrir la musique classique au Lavoir moderne parisien et surtout d’anticiper les fêtes de fin d’année. Entre un concert, une bonne bouteille, un monument funéraire ou une boîte de Noël solidaire, nous vous avons concocté une savoureuse sélection de huit cadeaux surprenants. À l'année prochaine.
  • Dossier petite enfance

    la Crèche parentale entre innovation et autogestion

    Sylvie Chatelin
    Vous souhaitez une alternative à la crèche municipale ou à l’assistante maternelle ? Vous disposez d’un peu de temps et souhaitez partager davantage le quotidien de votre enfant ? La crèche parentale est faite pour vous et votre progéniture.
  • Dossier petite enfance

    QUAND le livre s’invite chez les tout-petits

    Véronique Soulé
    De quelles façons le livre pour les tout-petits peut-il être un outil de lutte contre l’exclusion sociale et culturelle ? C’est tout le travail mené par l’association L.I.R.E qui intervient dans différents lieux de l’arrondissement.
  • Dossier petite enfance

    crèche Baloo : le défi de l’inclusion

    Véronique Soulé
    Comme les autres crèches et jardins d’enfants du réseau APATE, la structure Baloo accueille les enfants en situation de handicap au milieu de tous les autres.
  • La vie du 18è

    Hôtel des Trois Frères : le quartier a gagné

    Adelia Teixeira
    Le 24 octobre dernier, l’expulsion de Mebarek Hammar, locataire historique de l’hôtel des Trois Frères, a provoqué une véritable levée de boucliers dans le quartier. Le collectif a finalement obtenu gain de cause.
  • La vie du 18è

    Nos bons plans de Noël

    Maxime Renaudet
    Vous connaissez mal vos proches ou vous manquez d’idées ? Ça tombe bien, on vous a concocté une sélection de cadeaux made in 18e.
  • Culture

    Au LMP, la musique classique est une fête

    Dominique Boutel
    Pour sa 7e édition, la Semaine classique du Lavoir moderne parisien mise sur la fête, pour faire redécouvrir ce genre musical aux néophytes comme aux initiés.
  • Les Gens

    Farida Yahmi, la môme de la Goutte d’Or

    Jean Serillin
    Après le prêt-à-porter, Farida Yahmi a rencontré le succès en revisitant la cuisine algérienne dans son quartier de cœur. Épaulée par ses neveux, cette autodidacte est à la tête de plusieurs restaurants dans l’arrondissement.

En kiosque

N° 350 - juillet-août 2026

  • bornova escort
  • mardin escort
  • kecioren escort
  • aydin escort
  • mersin escort
  • van escort
  • konya escort
  • kars escort
  • balikesir escort
  • zonguldak escort
  • izmit escort
  • gebze escort
  • manisa escort
  • yalova escort
  • tekirdag escort
  • diyarbakir escort
  • ordu escort
  • gaziantep escort
  • giresun escort
  • mugla escort
  • eskisehir escort
  • bitlis escort
  • canakkale escort
  • erzurum escort
  • yozgat escort
  • hatay escort