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avril 2016 / L’actu du mois

Foyer Adoma Marc Seguin : un bras de fer de 18 mois pour vivre dignement

par Mathieu Neu

Le délabrement, les dysfonctionnements, la malpropreté conduisent les résidents du foyer de travailleurs de la rue Marc Seguin à prolonger un interminable mouvement de grève. La société Adoma, qui gère le bâtiment, assure pourtant faire le nécessaire.

Au cinquième étage de l’immeuble, les responsables du collectif des résidents frappent à la porte d’une des chambres. « Vous allez voir, vous allez mieux comprendre », assurent-ils, soucieux d’illustrer concrètement leurs propos alarmants. Les occupants ouvrent. Dans la petite vingtaine de mètres carrés qu’ils habitent, le mur du fond attire l’œil. À côté de la fenêtre, une plaque de 1m sur 1,30 m se détache de la façade, morcelant l’ensemble, creusant les fissures voisines. Une table contre le mur maintient tant bien que mal la paroi à la verticale. « Si on la retire, tout s’effondre », explique l’un des occupants, faisant chanceler le pan défectueux en s’appuyant con­tre la table. Deux autres résidents acquiescent, la mine résignée.

Cuisine fermée

Bien sûr, les souris, le froid s’engouffrent quotidiennement dans les brèches. « On a croisé les doigts ces derniers mois pour que l’hiver ne soit pas rigoureux », confie un autre résident. Dans d’autres chambres, le chauffage ne fonctionne pas en dépit des signalements, rendant les nuits hivernales très inconfortables.
Tout a commencé le 28 août 2014, avec la fermeture d’une des cuisines pour des raisons d’hygiène et de normes sanitaires non respectées. « Cette décision s’explique aussi par la présence dans ces cuisines d’un certain nombre de dames qui apparemment travaillaient là en toute illégalité, rémunérées ou non. La préfecture de police a émis un avis de fermeture suite à ces différents problèmes », souligne Thierry Bergereau, directeur général adjoint d’Adoma. Les forces de l’ordre auraient constaté lors d’une intervention la disparition immédiate de ces femmes soupçonnées d’avoir travaillé illégalement dans les cuisines. Mais pour Diakho Boulaye, membre du collectif des résidents du foyer, « rien d’illégal n’a jamais été constaté ; nous avons été victimes d’accusations infondées ».
Il s’en est suivi sept mois pendant lesquels les résidents étaient dans l’impossibilité de se préparer à manger... (Lire la suite dans le numéro d’avril 2016)


Photo : © Tessa Chéry

Dans le même numéro (avril 2016)

n° 284

juillet-août 2020