Journal d’informations locales

Le 18e du mois

septembre 2026 / Dossier : St Bernard, et maintenant !

mobilisation des sans-papiers, une mémoire vivace

par Noël Bouttier

Le 23 août 1996, la police évacuait les trois cents sans-papiers africains présents dans l’église Saint-Bernard. Trois acteurs de générations différentes se souviennent de l’engagement d’un quartier pendant près de deux mois.

Sur la photo publiée par le journal L’Humanité, on la voit par terre aux pieds des forces de l’ordre en train de pleurer, au côté d’une amie. Marie Delouze, à l’époque lycéenne de 16 ans, assiste alors, impuissante, à l’évacuation musclée des sans-papiers de l’église Saint-Bernard, dans le quartier de la Goutte d’Or. Trente ans après ce 23 août 1996, la quadragénaire n’a (presque) rien oublié. « Ce qui m’a traumatisée, c’est la violence des forces de l’ordre. De vrais Robocop ! On pensait pourtant que l’église protégeait les sans-papiers d’une intervention policière. Depuis, j’ai gardé une vraie méfiance vis-à-vis des policiers. »

Comme des dizaines d’autres, Marie a été bénévole à l’église Saint-Bernard pour aider les sans-papiers (...)

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Dans le même numéro (septembre 2026)

  • Au sommaire

    RENTRÉE SOUVENIR

    La rentrée est placée sous le signe du souvenir, avec la commémoration de l’évacuation Après un été caniculaire, la rentrée est placée sous le signe musclée des sans-papiers réfugiés dans l’église Saint-Bernard, le 23 août 1996. Trente ans plus tard, la situation ne s’est guère améliorée pour les étrangers qui, pourtant, travaillent et contribuent à la richesse de notre pays. Nous avons choisi de consacrer notre dossier à cet évènement marquant et aux difficultés auxquelles font face les travailleurs étrangers aujourd’hui. D’autres mobilisations sont à l’agenda de la rentrée. Comme celle des salariés de Gibert-Barbès contre la fermeture prochaine de leur magasin. Ou encore celle des professionnels du centre de santé Mathagon, dont les financements restent toujours menacés. Du côté du théâtre de la Reine blanche, l’été n’a pas non plus été serein puisque les ayants-droits de la Fondation Lejeune attaquent en justice le théâtre, pour la programmation de La découvreuse oubliée, retraçant le travail de Marthe Gautier sur la trisomie 21. Enfin, nous lançons notre nouvelle rubrique consacrée à la jeunesse. « Grandir dans le 18e » se mettra à hauteur des enfants (et de leurs parents) pour partager les bons plans et les problématiques auxquelles ils sont confrontés au quotidien.
  • La vie du 18e

    Le théâtre de la Reine Blanche et sa directrice attaqués en justice

    Sandra Mignot
    Une pièce créée au théâtre de la Reine blanche s’attire les foudres des héritiers du généticien Jérôme Lejeune. Elle raconte comment Marthe Gautier co-découvreuse du chromosome responsable de la trisomie 21, s’est vu spoliée de son rôle majeur dans cette découverte.
  • Grandir dans le 18e

    Des salons de lecture pour les enfants

    Dominique Boutel
    Deux seules librairies du 18e ont choisi de consacrer une annexe dédiée à la jeunesse, à quelques pas de leur librairie généraliste. Les libraires évoquent la façon dont elles conçoivent leur métier.
  • La Goutte d’Or

    Le club de foot féminin d’EDGO vers une révolution du genre

    Adelia Teixeira
    Créé il y a deux ans par l’association Les Enfants de la Goutte d’Or (EGDO), à la demande des mères du quartier, le club Femmes en Or propose des entraînements de football en semaine au gymnase de la Goutte d’Or. Elles ont entre 21 et 54 ans.
  • Les gens

    la rayonnnante Marion Desforges

    Sylvie Chatelin
    Un parcours sinueux mais cohérent avec pour mots d’ordre : engagement, partage et solidarité pour cette habitante de Chapelle International, dynamique et chaleureuse. En cinq ans, elle y a déjà imprimé sa marque.

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N° 351 - septembre 2026