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	<title>Le 18e du mois</title>
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	<description>Le 18e du mois est un journal d'information sur le 18e arrondissement de Paris, ind&#233;pendant de toute organisation politique, religieuse ou syndicale. Il est &#233;dit&#233; par l'association des Amis du 18e du mois.</description>
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		<title>Le 18&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; du mois</title>
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		<title>Dans le petit coin, la place du Calvaire</title>
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		<dc:creator>B&#233;atrice Dunner</dc:creator>



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&lt;p&gt;De Henri IV au mime Marceau, en passant par Gazi le Tatar, la plus petite place de Paris, accol&#233;e &#224; l'imposante place du Tertre, rec&#232;le quelques jolis fragments d'histoire. &lt;br class='autobr' /&gt; Qui conna&#238;t vraiment la place du Calvaire ? Quelques Montmartrois curieux, quelques touristes dou&#233;s d'un modeste esprit d'ind&#233;pendance ; et ses habitants &#8211; car elle en a. Il est temps d'en apprendre davantage sur le pass&#233; et le devenir de cet espace, qui se pr&#233;sente un peu comme la chambre de d&#233;compression de son (&#8230;)&lt;/p&gt;


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 <content:encoded>&lt;img src='https://www.18dumois.info/local/cache-vignettes/L150xH94/cabaret_coucou-38156.jpg?1787829600' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='94' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;De Henri IV au mime Marceau, en passant par Gazi le Tatar, la plus petite place de Paris, accol&#233;e &#224; l'imposante place du Tertre, rec&#232;le quelques jolis fragments d'histoire.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Qui conna&#238;t vraiment la place du Calvaire ? Quelques Montmartrois curieux, quelques touristes dou&#233;s d'un modeste esprit d'ind&#233;pendance ; et ses habitants &#8211; car elle en a. Il est temps d'en apprendre davantage sur le pass&#233; et le devenir de cet espace, qui se pr&#233;sente un peu comme la chambre de d&#233;compression de son imm&#233;diate voisine, la place du Tertre. Il existe en effet des lignes invisibles mais infranchissables &#224; la multitude de touristes et l'une d'elles passe entre les deux places : d&#232;s qu'on en a pass&#233; le seuil, la place du Calvaire s'ouvre au promeneur comme un (relatif) havre de tranquillit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Une glycine centenaire et un calvaire disparu&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;C'est un tout petit balcon accroch&#233; au flanc sud de la Butte, ombrag&#233; de quelques arbres et, il y a peu encore, d'une glycine centenaire dont l'abattage avait &#233;t&#233; hautement d&#233;plor&#233; par les Montmartrois - mais fort heureusement, elle a &#233;t&#233; remplac&#233;e par une jeune cong&#233;n&#232;re qui prosp&#232;re aujourd'hui. La vue, sur le sud et l'ouest de la ville, n'est certes pas aussi vaste que le panorama du parvis du Sacr&#233;-C&#339;ur, mais elle offre tout le charme d'un tableau aux lointains noy&#233;s de gris et de bleu, sous un grand morceau de ciel parisien. On y acc&#232;de par le nord depuis la place du Tertre ; par l'ouest en prenant la rue Poulbot ; ou encore par le sud, depuis la rue Gabrielle, en montant la &#171; rue &#187; du Calvaire, un tr&#232;s raide escalier, construit en 1844, &#224; un moment o&#249; l'exploitation intensive du pl&#226;tre de la Butte prenait fin, et o&#249; l'on pouvait enfin penser &#224; am&#233;nager et lotir les anciens terrains de l'abbaye de Montmartre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jusqu'en 1873, elle s'est appel&#233;e place Sainte-Marie, avant d'emprunter son nom actuel &#224; la rue-escalier voisine, elle-m&#234;me ainsi nomm&#233;e parce qu'elle aboutissait &#224; un calvaire, c'est-&#224;-dire une croix de pierre, mentionn&#233;e d&#232;s 1675. Ce calvaire marquait sans doute un jalon dans la galerie couverte qui unissait jadis l'abbaye d'En-haut (autour de l'&#233;glise Saint-Pierre) &#224; celle d'En-bas (place des Abbesses). Ce monument a disparu sans laisser de traces.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;D'&#233;tranges statues&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Cette gracieuse placette n'a jamais compt&#233; que six num&#233;ros, et, jusqu'en 1970, elle butait tr&#232;s vite sur un haut mur perc&#233; d'une grille, qui a &#233;t&#233; abattu pour faire place &#224; la toute nouvelle rue Poulbot, cr&#233;&#233;e &#224; partir de l'ancienne impasse Tra&#238;n&#233;e qui unissait la rue Norvins &#224; l'arri&#232;re de la place du Calvaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Commen&#231;ons la visite par les num&#233;ros impairs. Au 1, la &#171; maison aux hiboux &#187;, dont la porte d'entr&#233;e est surmont&#233;e de deux chouettes de pierre, et magnifiquement perc&#233;e de deux impostes en forme d'&#339;il (de rapace ? de fauve ?). Dominant un vaste jardin qui d&#233;vale en pente raide vers la rue Gabrielle, cette demeure a &#233;t&#233; &#233;difi&#233;e en 1905, dans le style Art nouveau, pour l'artiste Maurice Neumont (peintre, lithographe et affichiste de renom) par l'architecte Louis Brachet. Elle a &#233;t&#233; r&#233;alis&#233;e sur la base d'un b&#226;timent plus ancien qu'un certain Claude Fatiguet, coiffeur de son &#233;tat, s'&#233;tait fait construire (probablement &#224; la place d'une maison du village), vers 1850, en la flanquant fi&#232;rement d'une tourelle aux allures n&#233;o-gothiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Maurice Neumont travaillera, et mourra (en 1930), dans sa belle maison (la &#171; maison aux hiboux &#187; par Gazi ), non sans avoir auparavant cr&#233;&#233; avec ses proches confr&#232;res montmartrois &#8211; Forain, Poulbot, Gu&#233;rin, Willette &#8211; la R&#233;publique de Montmartre et avoir d&#233;cor&#233; sa maison de plusieurs sculptures en bois de son jeune ami &#201;douard-Marcel Sandoz, grand-p&#232;re de l'actuel propri&#233;taire. Apr&#232;s la mort de Neumont, la maison est achet&#233;e par un autre peintre, Louis Icart, illustrateur pour des revues de mode et des catalogues de grands couturiers. Il mourra en 1950 et sa veuve, Fanny Icart, la vendra alors &#224; la famille qui la poss&#232;de aujourd'hui.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le num&#233;ro 3 n'existe plus. Il figurait sur ce mur qui fermait le fond de la place et qui fut d&#233;moli en 1970 &#8211; on le discerne bien sur la carte postale ancienne (La terrasse du Coucou et le num&#233;ro 3 de la place du Calvaire ). Cette vaste parcelle, qui appara&#238;t tr&#232;s clairement sur le plan cadastral du haut Montmartre, r&#233;fugi&#233;e derri&#232;re ce mur, a accueilli, au d&#233;but du XIX&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle, le presbyt&#232;re de Saint-Pierre de Montmartre. C'&#233;tait pour les cur&#233;s de la paroisse une belle r&#233;sidence que cette maison de la fin du XVIII&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle, entour&#233;e d'un vaste jardin qui occupait toute la surface aujourd'hui devenue la rue Poulbot.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un soir de d&#233;cembre 1886, F&#233;lix Jahyer, membre fondateur de la soci&#233;t&#233; d'histoire et d'arch&#233;ologie le Vieux Montmartre, vient frapper &#224; la porte de l'abb&#233; Fleuret, cur&#233; de Saint-Pierre, au num&#233;ro 3 de la place du Calvaire. Le pr&#234;tre lui a en effet parl&#233; de trois &#233;tranges statues qui peuplent son jardin et il vient &#224; la d&#233;couverte. Enthousiasm&#233;, Jahyer livrera aussit&#244;t, dans un des premiers bulletins de la Soci&#233;t&#233;, d&#233;but 1887, une description pr&#233;cise de ces statues et de leur possible origine, ainsi que quelques &#233;l&#233;ments sur l'histoire des lieux.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Les amours de Henri IV&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Selon ses recherches et celles du cur&#233;, s'&#233;levait &#224; cet endroit, au tout d&#233;but du XVII&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle, un pavillon qui aurait abrit&#233; les amours de Henri IV et de Gabrielle d'Estr&#233;es (deux personnages qui ont beaucoup fr&#233;quent&#233; la Butte, o&#249; un &#171; parc de la Belle Gabrielle &#187;, et un &#171; relais de chasse de Henri IV &#187; ont longtemps rappel&#233; le souvenir de leur passage). Apr&#232;s la mort du souverain, en 1610, ce pavillon a pu rester propri&#233;t&#233; de l'&#201;tat, qui y aurait parfois log&#233; d'importants personnages. Deux des trois statues, celles de Mars et de Bellone, datent des d&#233;buts du pavillon royal.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La troisi&#232;me, d'&#233;poque Louis XV, repr&#233;sentant une nymphe, est venue les rejoindre beaucoup plus tard. Vers la fin du XVIII&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle, la propri&#233;t&#233; du terrain passe &#224; la commune, qui en fera le presbyt&#232;re de l'&#233;glise Saint-Pierre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au cours de sa visite au num&#233;ro 3, F&#233;lix Jahyer a fait d'autres &#233;tonnantes d&#233;couvertes, notamment celles de trois inscriptions fun&#233;raires, la premi&#232;re datant de 1664, la deuxi&#232;me (il a retrouv&#233; cette plaque de marbre dans le poulailler !) de 1741, la derni&#232;re de 1800. Toutes trois sont incompl&#232;tes, la plus ancienne, du XVII&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle, semble concerner un Fran&#231;ais, &#171; Pierre Thie... ? &#187; ; celle de 1741 rappelle le souvenir d'un baron allemand, N&#233;pomuc&#232;ne de Schmidfeld, natif de Fribourg-en-Brisgau ; et celle de 1800, celui d'un officier espagnol, rest&#233; anonyme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il d&#233;couvre &#233;galement, nous dit-il, &#171; deux vases, de forme originale, un chapiteau, quelques d&#233;bris de colonnes grecques, une t&#234;te de lion en lames de fer [sic ?] et enfin les caves de la premi&#232;re demeure [le pavillon de Henri IV, donc], dont l'entr&#233;e b&#233;ante est tr&#232;s caract&#233;ristique et qui, par la nature des mat&#233;riaux employ&#233;s comme par la forme des vo&#251;tes, ne laissent aucun doute sur leur origine. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Que reste-t-il de tous ces vestiges encore sur place en 1887 &#8211; notamment apr&#232;s les travaux d'am&#233;nagement de la rue Poulbot en 1970. La question reste ouverte, et l'enqu&#234;te &#224; faire. Nous n'avons pour l'instant que la photographie de deux des trois fameuses statues, les plus anciennes, celles de Mars et Bellone, prises en 1887 par Henri Daudet, le photographe attitr&#233; de l'association le Vieux Montmartre (Les statues de Mars et de Bellone, prises en 1887 dans le jardin du presbyt&#232;re ).&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Chez Plumeau, anciennement Coucou&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Voyons &#224; pr&#233;sent les num&#233;ros pairs : le 2 est d&#233;sormais condamn&#233;, cette maison qui se trouve &#224; l'angle des deux places ayant aujourd'hui son entr&#233;e c&#244;t&#233; place du Tertre. Le lieu appartient depuis un si&#232;cle &#224; la m&#234;me famille. C'&#233;tait au d&#233;part un petit pavillon adoss&#233; &#224; un hangar, transform&#233; depuis en une seule maison d'habitation. Elle occupait initialement une large partie de l'entr&#233;e de la place (l'autre moiti&#233; appartenant au num&#233;ro 1), travers&#233;e par un chemin d'acc&#232;s public qui constituait une servitude sur ces terrains priv&#233;s. La ville a depuis r&#233;cup&#233;r&#233; ces espaces, laissant au num&#233;ro 2 un petit jardinet devant sa fa&#231;ade, et au 1, une petite grille qui en prot&#232;ge les abords imm&#233;diats.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le num&#233;ro 4 est une maison villageoise qui abrite aujourd'hui l'ancien cabaret Chez Plumeau, jadis institution locale, et aujourd'hui, sous la m&#234;me enseigne, simple restaurant pour touristes (ais&#233;s). Sa charmante terrasse, ombrag&#233;e par la glycine &#233;voqu&#233;e plus haut, convie le passant &#224; la halte. Chez Plumeau a remplac&#233; le restaurant du Coucou qui tout au long du XIX&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle a accueilli les Montmartrois, les Parisiens de passage ainsi que les noces, banquets, bapt&#234;mes, etc. Un grand nombre de cartes postales en t&#233;moigne, mais la place nous manque pour vous les pr&#233;senter.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Le costumier du mime Marceau&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Le num&#233;ro 6 est un charmant petit immeuble des ann&#233;es 1830 qui en ces temps lointains abritait des habitants aux revenus modestes (est-il utile de pr&#233;ciser que ce n'est plus du tout le cas aujourd'hui ?). Dans les ann&#233;es 1950, l'un des locataires en &#233;tait Michel Marchand, costumier de th&#233;&#226;tre. De son atelier qui se trouvait en contrebas, rue Gabrielle, sont sortis, entre beaucoup d'autres, tous les costumes de sc&#232;ne du mime Marceau. Un autre habitant de l'immeuble &#233;tait une de ces pittoresques figures du quartier propres &#224; Montmartre : Gazi Ighan Ghirei, dit Gazi le Tatar, descendant d'une famille de princes tatars issus, &#224; en croire la tradition, de Gengis Khan lui-m&#234;me. La r&#233;volution bolchevique de 1917 chasse la famille de sa Crim&#233;e natale et, apr&#232;s quelques p&#233;r&#233;grinations, elle arrive &#224; Paris o&#249; Gazi se consacrera &#224; la peinture (ses tableaux sont aujourd'hui recherch&#233;s).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 1934, il rencontre l'artiste Suzanne Valadon et son fils Maurice Utrillo. Une grande affection va lier ces artistes, au point que Gazi se consid&#233;rera comme le fils adoptif de Suzanne (qu'il appelait &#171; M&#233;m&#232;re &#187;) et donc le fr&#232;re de Maurice. Il vivra chez Suzanne jusqu'&#224; la mort de celle-ci, en 1938, avant de s'installer au rez-de-chauss&#233;e du 6, place du Calvaire. Converti au catholicisme, il devient bedeau &#224; l'&#233;glise Saint-Pierre et &#339;uvre pour la restauration du culte de Notre-Dame-de-Montmartre, rebaptis&#233;e Notre-Dame-de-Beaut&#233;, patronne de tous les artistes. Gazi meurt seul, dans la mis&#232;re, la nuit de la Toussaint 1975. On peut voir sa tombe au cimeti&#232;re Saint-Vincent, de l'autre c&#244;t&#233; de la Butte. La photo le montre &#224; sa fen&#234;tre de la place du Calvaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En six &#233;tapes, nous avons fait le tour de cette place minuscule, partie int&#233;grante de l'histoire de Montmartre. Arr&#234;tez-vous sur un de ses bancs, respirez, regardez la vue, les fa&#231;ades, les arbres, les pav&#233;s : les fant&#244;mes viendront &#224; votre rencontre (Vue de la place du Calvaire, par Gazi ).&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Photo : collection priv&#233;e&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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