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	<title>Le 18e du mois</title>
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	<description>Le 18e du mois est un journal d'information sur le 18e arrondissement de Paris, ind&#233;pendant de toute organisation politique, religieuse ou syndicale. Il est &#233;dit&#233; par l'association des Amis du 18e du mois.</description>
	<language>fr</language>
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		<title>Le 18&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; du mois</title>
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		<title>WEPLER : TOUJOURS LE RENDEZ-VOUS DES &#201;CRIVAINS</title>
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		<dc:creator>Dominique Delpirou</dc:creator>



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&lt;p&gt;T&#233;moin de l'histoire du quartier depuis plus de cent trente ans, la grande brasserie de la place de Clichy garde pr&#233;sente la trace du passage des plus grands artistes de cette p&#233;riode. &lt;br class='autobr' /&gt; Une photo grand format, prise en 1952, depuis le balcon d'un immeuble situ&#233; derri&#232;re le monument au mar&#233;chal Moncey, offre une vue spectaculaire et saisissante de la place de Clichy. Un espace presque vide (est-ce en plein mois d'ao&#251;t ?) o&#249; circulent quelques voitures, deux ou trois autobus, un cycliste et (&#8230;)&lt;/p&gt;


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 <content:encoded>&lt;img src='https://www.18dumois.info/local/cache-vignettes/L150xH99/wepler___place_clichy-3c025.png?1699217630' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='99' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;T&#233;moin de l'histoire du quartier depuis plus de cent trente ans, la grande brasserie de la place de Clichy garde pr&#233;sente la trace du passage des plus grands artistes de cette p&#233;riode.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Une photo grand format, prise en 1952, depuis le balcon d'un immeuble situ&#233; derri&#232;re le monument au mar&#233;chal Moncey, offre une vue spectaculaire et saisissante de la place de Clichy. Un espace presque vide (est-ce en plein mois d'ao&#251;t ?) o&#249; circulent quelques voitures, deux ou trois autobus, un cycliste et que traversent des pi&#233;tons insouciants. La rue appartient &#224; tous. En arri&#232;re-plan, on aper&#231;oit la pyramide tronqu&#233;e du Gaumont Palace, chef d'&#339;uvre d'art d&#233;co con&#231;u par l'architecte Henri Belloc (longtemps le plus grand cin&#233;ma du monde) ; c&#244;t&#233; droit (vu de l'observateur), le lyc&#233;e Jules Ferry ; sur le terre-plein central, la station de m&#233;tro et un kiosque &#224; journaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais ce qui s'impose au regard, occupant deux angles de la place, ce sont les auvents d'un caf&#233;, dont le nom est cach&#233; par deux arbres, et sa terrasse &#224; l'ombre dont se d&#233;tache un serveur en habit. Depuis soixante ans d&#233;j&#224;, la fameuse brasserie Wepler proposait ses services de bar et de restauration aux passants et aux habitu&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En effet, m&#234;me si ses origines sont plus anciennes &#8211; la premi&#232;re maison se situait au 10 grande rue des Batignolles, l'avenue de Clichy aujourd'hui &#8211; c'est en 1892 qu'elle trouve son emplacement actuel au 14 de la place de Clichy et qu'elle acquiert son caract&#232;re de brasserie. &#192; cette &#233;poque, elle reste ouverte jusqu'&#224; trois heures du matin pour que puisse y souper, &#224; une heure tardive, le public des cabarets et des th&#233;&#226;tres. Le menu est vari&#233; mais les fameuses huitres (de Bretagne, puis d'Ol&#233;ron ou d'Ostende) et les saucisses-choucroute accompagn&#233;es de bi&#232;res, effet de la mode alsacienne, sont les plus demand&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En cette ann&#233;e 1892, Verlaine, malade, m&#232;ne une vie de mis&#232;re. Il erre entre des logis provisoires et les h&#244;pitaux parisiens. Devenu un habitu&#233; des caf&#233;s du quartier latin (plusieurs photos de Dornac le montrent au caf&#233; Fran&#231;ois 1&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;er&lt;/sup&gt;), il n'assistera pas &#224; l'inauguration du &#171; nouveau Wepler &#187; qui, avec sa salle de billard sous verri&#232;re, occupait une surface plus importante que de nos jours.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;O&#249; se rencontrent les peintres et les po&#232;tes&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Se rappelle-t-il seulement la p&#233;riode de ses folles ann&#233;es de jeunesse dans le quartier des Batignolles o&#249; il v&#233;cut successivement au 28 rue Truffaut en 1857, au 10 rue Nollet (alors rue Saint-Louis) en 1860, au 43 rue Lemercier en 1863 et enfin au 26 rue L&#233;cluse entre 1865 et 1870 ? &#192; cette &#233;poque, la plus grande effervescence r&#233;gnait dans la grande rue des Batignolles. Au caf&#233; Guerbois, &#224; l'abri du tintamarre de l'avenue, Verlaine et Rimbaud faisaient scandale. Ils retrouvaient autour d'&#201;douard Manet, les figures marquantes de l'impressionnisme naissant, Henri Fantin-Latour, Edgar Degas, Claude Monet, Alfred Sisley, C&#233;zanne, Pissarro. Sans doute l'auteur de Sagesse d&#233;jeuna-t-il, au cours de ces folles ann&#233;es, au restaurant Wepler avec ses amis po&#232;tes, St&#233;phane Mallarm&#233;, Villiers de L'Isle-Adam, Catulle Mend&#232;s, H&#233;r&#233;dia, Leconte de Lisle ; peut-&#234;tre aussi avec &#201;mile Zola qui &#224; 26 ans, avait choisi de s'installer, avec sa m&#232;re et sa compagne, dans le quartier des Batignolles, pour se rapprocher de Manet. Au d&#233;c&#232;s du peintre tous ses amis se retrouv&#232;rent pour un repas chez le P&#232;re Lathuille, un cabaret des Batignolles que Manet avait immortalis&#233; trois ans avant sa mort.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;De Toulouse-Lautrec &#224; Andr&#233; Breton&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&#192; la fin du XIX&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle et au d&#233;but du XX&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt;, la brasserie Wepler connait l'une de ses p&#233;riodes les plus fastes. Il faut dire que le village des Batignolles, bien que rattach&#233; &#224; la capitale depuis 1860, demeure, avant la Premi&#232;re Guerre mondiale, un petit bout de campagne. C'est l&#224; qu'on file le dimanche, loin des regards, de la foule, du bruit, des convenances, des contraintes de la soci&#233;t&#233; parisienne pour une journ&#233;e de campagne afin de d&#233;guster, dans le jardin d'une guinguette, un petit vin blanc pas cher. Toulouse-Lautrec vient en voisin depuis la rue Caulaincourt, la rue Fontaine ou l'avenue Frochot, selon les lieux de ses ateliers. Ricardo Opisso-Sala, peintre et dessinateur catalan, le croque en 1898 avec Romain Coolus, sirotant une absinthe &#224; la terrasse de la brasserie Wepler.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Puis dans les ann&#233;es 1900, ce sont Picasso, Modigliani qui y retrouvent Apollinaire, Utrillo, sa m&#232;re Suzanne Valadon ou son ami Francis Carco, l'auteur de Rue Pigalle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 1908 Vuillard, qui a rejoint, &#224; l'initiative de Maurice Denis le groupe des Nabis, peint l'int&#233;rieur du restaurant dans des tons clairs donnant &#224; ce moment un caract&#232;re paisible et l&#233;ger. Avec Pierre Bonnard, c'est l'inverse. Il peint l'ext&#233;rieur depuis une table du caf&#233;, &#224; travers sa vitrine. &#171; Peintre de la vie moderne &#187; vivant &#224; Montmartre, l'artiste est un observateur attentif de la vie citadine. Il s'inspire notamment des lieux qu'il arpente, &#224; proximit&#233; de son atelier, mais aussi de la vie des caf&#233;s. Place Clichy (1912) d&#233;peint une sc&#232;ne de rue pleine de fantaisie. La lumi&#232;re p&#226;le laisse deviner la fra&#238;cheur et l'&#233;clat d'une matin&#233;e de printemps. On retrouve ici comme dans d'autres toiles &#171; le va-et-vient des passants&#8230; &#187;. Un petit enfant, v&#234;tu de blanc, semble nous regarder. Sur l'auvent de la brasserie, on peut lire &#224; l'envers &#171; Soupers-Brasserie &#187;. Dans la position du spectateur, les deux gar&#231;ons de caf&#233;, &#224; contre-jour dans leur costume sombre et leur tablier blanc, observent depuis la terrasse, la rue qui s'anime. Bonnard a peint la place de Clichy &#224; plusieurs reprises, en particulier le caf&#233; Le Petit Poucet (1928). Avant la guerre, Marcel Proust venait r&#233;guli&#232;rement au Wepler. Il faisait une apparition vers deux heures du matin et, engonc&#233; dans sa pelisse, commandait au ma&#238;tre d'h&#244;tel une grappe de raisin&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Durant les ann&#233;es 14/18, la brasserie fut saccag&#233;e par des excit&#233;s qui s'attaquaient &#224; tout ce qui avait des consonances allemandes. Il fallut reconstruire. Blaise Cendrars donnait alors rendez-vous &#224; son ami Fernand L&#233;ger sur la place de Clichy. Il se rappelle la fascination du peintre pour les &#233;chafaudages et les nombreuses affiches. C'&#233;tait une source d'inspiration pour L&#233;ger.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 1926, Andr&#233; Breton et L&#233;ona Delcourt vivent une br&#232;ve et intense passion. Andr&#233; croise Nadja, inspiratrice de son livre, le 4 octobre 1926 rue Lafayette devant la librairie du journal L'Humanit&#233;. C'est le d&#233;but d'une relation dont Breton se lassera au bout de quelques jours, mais qui perdurera quelques semaines pour cesser &#224; la fin de l'ann&#233;e 1926. Une des lettres, non dat&#233;e, de Nadja -qui habitait dans un h&#244;tel rue Becquerel- &#224; Andr&#233; est &#233;crite sur le papier &#224; en-t&#234;te du Wepler : &#171; Mon Andr&#233;, C'est fort quand je suis seule j'ai peur de moi-m&#234;me&#8230; Quand tu es l&#224;&#8230; le ciel est &#224; nous deux&#8230; et nous ne formons plus qu'un&#8230; r&#234;ve si bleu&#8230; comme une voix azur&#233;e, comme ton souffle. Andr&#233; je t'aime. Pourquoi dis, pourquoi m'as-tu pris mes yeux. Ta Nadja &#187;. Peu de temps apr&#232;s elle sera intern&#233;e jusqu'&#224; sa mort.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Lieu de plaisir pour Miller et C&#233;line&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;En 1930, Henri Miller arrive &#224; Paris. Ce ne sont ni les salons ni les mondanit&#233;s qu'il recherche mais le Paris populaire et ses quartiers &#171; &lt;i&gt;interlopes&lt;/i&gt; &#187;. C'est en marchant qu'il d&#233;couvre la capitale. Il marche et marche, sans rel&#226;che. &#171; &lt;i&gt;Il n'y a presque pas de rue a&#768; Paris que je n'aie connue. Sur chacune d'elles, je pourrais mettre une plaque comm&#233;morant en lettres d'or quelque riche expe&#769;rience nouvelle, quelque profonde r&#233;alisation, quelque moment d'illumination [&#8230;] J'avais les rues pour amies et les rues me parlaient le langage triste et amer de la mise&#768;re humaine.&lt;/i&gt; &#187; (Souvenir, souvenirs, 1953). En 1932, il s'installe &#224; Clichy et fr&#233;quente le cafe&#769; Wepler, qu'il appelle un &#171; &lt;i&gt;vestibule vaginal de l'amour&lt;/i&gt; &#187;, comme poste d'observation et d'e&#769;criture. Il &#233;crit a&#768; son ami Brassai&#776; : &#171; &lt;i&gt;PS : ici au cafe&#769; Wepler, on joue toujours la Lustige Witwe &#8211; La Veuve joyeuse &#8211; comme une monomanie des obse&#769;de&#769;s. Et le chanteur, il chante toujours le me&#770;me air du Barbier de Se&#769;ville : Picoropicoropicoropicorpicoro !! PS 2 : C'est tre&#768;s joli d'e&#770;tre la dame du lavabo ici avec cette douce musique viennoise. On peut s'imaginer a&#768; Vienne ou a&#768; Buxtehude ou a&#768; la Gare de Lyon.&lt;/i&gt; &#187; Et dans Jours tranquilles &#224; Clichy, il compl&#232;te le portrait du lieu : &#171; &lt;i&gt;Du c&#244;t&#233; de la place Clichy, se trouve le caf&#233; Wepler qui fut longtemps mon rep&#232;re favori. Je m'y suis assis &#224; l'int&#233;rieur ou sur la terrasse, par tous les temps. Je le connaissais comme un livre. Les visages des serveurs, des directeurs, des caissi&#232;res, des putains, des habitu&#233;s m&#234;me ceux des dames des lavabos sont grav&#233;s dans ma m&#233;moire comme les illustrations d'un livre que je lirais tous les jours.&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Durant cette ann&#233;e 1932, Miller, bien qu'il n'ait jamais rencontr&#233; C&#233;line, qu'il admire, a pu lire, avant sa parution, le Voyage au bout de la nuit. On se souvient des premi&#232;res lignes du livre qui a r&#233;volutionn&#233; le style narratif : &#171; &lt;i&gt;&#199;a a d&#233;but&#233; comme &#231;a. Moi, j'avais jamais rien dit. Rien. C'est Arthur Ganate qui m'a fait parler. Arthur, un &#233;tudiant, un carabin lui aussi, un camarade. On se rencontre donc place Clichy. C'&#233;tait apr&#232;s le d&#233;jeuner. Il veut me parler. Je l'&#233;coute. &#171; Restons-pas dehors ! qu'il me dit. Rentrons ! [&#8230;] Cette terrasse, qu'il commence, c'est pour les &#339;ufs &#224; la coque ! Viens par ici !&lt;/i&gt; &#187;. Pour Miller comme pour C&#233;line le quartier de la place de Clichy est associ&#233; au plaisir, sinon au sexe. Tous les deux reniflent &#171; &lt;i&gt;les rues &#233;troites et tortueuses, bord&#233;es de petits h&#244;tels et les putains debout sur le seuil, sous une lumi&#232;re rouge [&#8230;] les caf&#233;s &#224; la Francis Carco, o&#249; les maquereaux jouent aux cartes en surveillant leurs femmes sur le trottoir.&lt;/i&gt; &#187; (selon Ana&#239;s Nin), un &#171; &lt;i&gt;cloaque infect&lt;/i&gt; &#187; (selon L&#233;on Daudet).&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;D'immenses salles de billard&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Juste avant la seconde guerre mondiale, c'est L&#233;on Paul Fargue qui donne la description la plus pr&#233;cise du Wepler, dans Le Pi&#233;ton de Paris : &#171; &lt;i&gt;J'aime cette bo&#238;te &#224; musique importante comme un paquebot. Le Wepler de la place Clichy est rempli de merveilles, comme le concours L&#233;pine. Il y a d'abord &#224; boire et &#224; manger. Et des salles partout, ouvertes, ferm&#233;es, dissimul&#233;es. La voilure amen&#233;e, ces salles sont habill&#233;es en un rien de temps. Les femmes se distribuent selon leur &#238;lots, leurs sympathies, contre le d&#233;cor et les boiseries 1900. Au milieu, compos&#233; de prix du Conservatoire, l'orchestre joue son r&#233;pertoire sentimental, ses s&#233;lections sur Samson et Dalila, la Veuve joyeuse ou la Fornarina, avec de grands solos qui font oublier aux dames du quartier leur m&#233;nage et leurs chaussettes [&#8230;] C&#233;l&#232;bres, les salles de billard du Wepler sont immenses, compos&#233;es et distribu&#233;es comme les carr&#233;s de gazon d'un jardin. [&#8230;] La grande salle de billard du Wepler a quelque chose d'une bourse. Des consommateurs se serrent la main sans se conna&#238;tre.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les ann&#233;es de la Deuxi&#232;me Guerre mondiale voient la r&#233;quisition du Wepler &#224; l'usage exclusif des soldats allemands.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Hommage aux &#233;crivains&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Mais revenons &#224; l'ann&#233;e 1952, l'ann&#233;e de la photo. Boris Vian est un habitu&#233; du Wepler. Il y fixe ses rendez-vous. Petitement log&#233; au 8 boulevard de Clichy, il s'en rapproche en 1953, en d&#233;m&#233;nageant au 6bis cit&#233; V&#233;ron. C'est le moment o&#249; la brasserie est amput&#233;e d'un espace pour permettre la construction du cin&#233;ma Path&#233; qui doit concurrencer le c&#233;l&#232;bre Gaumont-Palace voisin. Finis le billard et la salle de danse. L'ambiance qui r&#232;gne place de Clichy est toujours aussi anim&#233;e. Georges Simenon y voit, dans son roman Le Grand Bob, &#171; &lt;i&gt;l'un des carrefours de Paris o&#249; la vie est la plus bouillonnante, &#224; la limite du monde des petits bourgeois, de celui des ouvriers et des employ&#233;s, enfin de la boh&#232;me et de la noce&lt;/i&gt; &#187;, ce que refl&#232;tent bien les photos de l'&#233;poque.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien des ann&#233;es plus tard, Patrick Modiano &#233;voquera furtivement un lieu plus apais&#233; dans son livre Chevreuse : &#171; &lt;i&gt;Il y aurait aussi, non loin de Montmartre, de la place de Clichy ou de la brasserie Wepler, cet h&#244;tel tranquille dont Michel de Gama pr&#233;tendrait &#234;tre le g&#233;rant et dont Camille aurait travaill&#233; &#224; la comptabilit&#233; sur un bureau dont un tiroir contiendrait un carnet de cuir vert, un agenda qui citait son nom !&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce riche pass&#233; a conduit Marie-Rose Guarni&#233;ri, fondatrice de la Librairie des Abbesses, associ&#233;e au Wepler et &#224; la Poste, &#224; cr&#233;er, en 1998, le Prix Wepler-Fondation La Poste. Ce dernier rend hommage &#224; tous les &#233;crivains qui y ont trouv&#233; refuge.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Douze ouvrages sont en comp&#233;tition pour l'&#233;dition 2023. Le prix sera remis le 13 novembre prochain.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Photo : Mus&#233;e Carnavalet, Histoire de Paris&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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