<?xml 
version="1.0" encoding="utf-8"?><?xml-stylesheet title="XSL formatting" type="text/xsl" href="https://www.18dumois.info/spip.php?page=backend.xslt" ?>
<rss version="2.0" 
	xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/"
	xmlns:content="http://purl.org/rss/1.0/modules/content/"
	xmlns:atom="http://www.w3.org/2005/Atom"
>

<channel xml:lang="fr">
	<title>Le 18e du mois</title>
	<link>https://www.18dumois.info/</link>
	<description>Le 18e du mois est un journal d'information sur le 18e arrondissement de Paris, ind&#233;pendant de toute organisation politique, religieuse ou syndicale. Il est &#233;dit&#233; par l'association des Amis du 18e du mois.</description>
	<language>fr</language>
	<generator>SPIP - www.spip.net</generator>
	<atom:link href="https://www.18dumois.info/spip.php?id_rubrique=1385&amp;page=backend" rel="self" type="application/rss+xml" />

	<image>
		<title>Le 18&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; du mois</title>
		<url>https://www.18dumois.info/local/cache-vignettes/L144xH23/siteon0-8401d.png?1787821517</url>
		<link>https://www.18dumois.info/</link>
		<height>23</height>
		<width>144</width>
	</image>



<item xml:lang="fr">
		<title>Quand la Goutte d'Or &#233;tait &#224; la campagne</title>
		<link>https://www.18dumois.info/quand-la-goutte-d-or-etait-a-la-campagne.html</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.18dumois.info/quand-la-goutte-d-or-etait-a-la-campagne.html</guid>
		<dc:date>2023-09-03T10:25:42Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>No&#235;l Monier, Patrick Mallet</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Avant son urbanisation au cours du XIX&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle, le quartier est longtemps rest&#233; l'un des greniers de Paris, riche en cultures et en vignes. Il pourvoit notamment des ressources pr&#233;cieuses &#224; la congr&#233;gation religieuse de Saint-Lazare. &lt;br class='autobr' /&gt; Carte d'&#233;tat major vers 1830. &lt;br class='autobr' /&gt;
Tr&#232;s longtemps, la Goutte d'Or est rest&#233;e un coin de campagne. Bien plus longtemps que Montmartre ou La Chapelle. A la Goutte d'Or il y avait des vignes, des jardins, des champs de bl&#233; et quelques rares maisons diss&#233;min&#233;es (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.18dumois.info/-histoire-1385-.html" rel="directory"&gt;Histoire&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.18dumois.info/local/cache-vignettes/L150xH117/carte_etat_major_vers_1830-508fc.png?1787825669' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='117' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Avant son urbanisation au cours du XIX&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle, le quartier est longtemps rest&#233; l'un des greniers de Paris, riche en cultures et en vignes. Il pourvoit notamment des ressources pr&#233;cieuses &#224; la congr&#233;gation religieuse de Saint-Lazare.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Carte d'&#233;tat major vers 1830.&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Tr&#232;s longtemps, la Goutte d'Or est rest&#233;e un coin de campagne. Bien plus longtemps que Montmartre ou La Chapelle. A la Goutte d'Or il y avait des vignes, des jardins, des champs de bl&#233; et quelques rares maisons diss&#233;min&#233;es autour d'une petite butte, appel&#233;e alors Butte des Couronnes ou encore Butte des Cinq Moulins et qui culminait &#224; peu pr&#232;s &#224; l'emplacement actuel du 40 rue Polonceau. Ce n'est qu'entre 1830 et 1845, que cette zone s'est couverte d'immeubles et d'ateliers est devenue un quartier ouvrier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'Histoire a gard&#233; peu de traces des cultivateurs qui, pendant des si&#232;cles, formaient l'immense majorit&#233; des habitants de la France : des actes de bapt&#234;me et de mariage (seuls documents d'&#233;tat civil jusqu'&#224; la R&#233;volution), quand ils n'ont pas &#233;t&#233; d&#233;truits comme ce fut le cas &#224; La Chapelle, des contrats de vente et de location, quelques mots parfois dans les M&#233;moires d'un grand personnage&#8230; Pas ou tr&#232;s peu d'&#233;v&#233;nements concernant la vie de paysans de la Goutte d'Or ou d'ailleurs nous ont &#233;t&#233; rapport&#233;s. Leur vie &#233;tait ponctu&#233;e par les f&#234;tes saisonni&#232;res, les &#233;pid&#233;mies, les &#233;v&#233;nements familiaux, le cours des saisons, la s&#233;cheresse ou la gr&#234;le et puis la guerre qui p&#233;riodiquement ravageait les r&#233;coltes, Guerre de Cent ans, guerres de religion, jusqu'&#224; l'invasion des troupes russes et prussiennes &#224; la fin du Premier Empire.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Les familles de la Goutte d'Or&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Une ann&#233;e bonne et l'autre non. La proximit&#233; de Paris &#233;tait favorable : la vente de leur production en &#233;tait facilit&#233;e. Aussi restaient-ils sur place de g&#233;n&#233;ration en g&#233;n&#233;ration. On trouve parmi eux de v&#233;ritables dynasties, cultivant leurs arpents de p&#232;re en fils : les Goupil, les Guignault, les H&#233;ricourt, les Langlois, les Dalibert&#8230; et les Pigalle dont on pense, sans en avoir la preuve absolue, qu'est issu le sculpteur Jean-Baptiste Pigalle. La plupart ne r&#233;sidaient pas &#224; la Goutte d'Or. La journ&#233;e achev&#233;e ils rentraient &#224; Montmartre ou le plus souvent &#224; La Chapelle. Parfois, ils cultivaient des parcelles tr&#232;s &#233;loign&#233;es les unes des autres. La famille Moreau, par exemple, poss&#233;dait au nord de la Goutte d'Or des terres dont elle avait marqu&#233; l'extr&#233;mit&#233;, &#224; l'emplacement actuel du carrefour des rues Clignancourt et Marcadet, en y dressant un calvaire qu'on appelait la Croix Moreau. Un chemin joignait ces terres &#224; d'autres qu'elle poss&#233;dait &#224; l'autre bout de La Chapelle. A la R&#233;volution, le calvaire fut d&#233;truit mais le chemin de la croix Moreau subsista un temps, puis fut peu &#224; peu absorb&#233; par la cr&#233;ation de rues nouvelles, les rues Ordener et des Portes Blanches. On trouve bien encore une rue de la Croix Moreau mais elle fut cr&#233;&#233;e en 1989 dans le cadre de la ZAC de l'Evangile.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Une r&#233;putation controvers&#233;e&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La d&#233;nomination &#171; Goutte d'Or &#187; est tr&#232;s ancienne mais son origine exacte est discut&#233;e. Pour certains, elle ferait r&#233;f&#233;rence aux vignes que l'on cultivait l&#224;. Son nom viendrait alors de la couleur du vin blanc produit sur place. Ou sinon, plus probablement, pour bon nombre d'historiens, du nom d'une auberge &#224; l'enseigne de la Goutte d'Or, pr&#233;sente le long de la route des Poissonniers. On trouve en effet dans les archives, &#224; plusieurs dates, trace d'une maison appel&#233;e la Goutte d'Or. Elle a par exemple &#233;t&#233; vendue en 1768 par sa propri&#233;taire, la veuve Ruelle, &#224; Claude Gautier, nourrisseur de bestiaux. Reste &#224; savoir si cette auberge tirait elle-m&#234;me son nom du lieu et non l'inverse ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La production et la qualit&#233; du vin de la Goutte d'Or sont aussi sujettes &#224; controverses. D'apr&#232;s une l&#233;gende souvent colport&#233;e, le vin de la Goutte d'Or &#233;tait c&#233;l&#232;bre et jouissait d'une bonne r&#233;putation. Il est m&#234;me mentionn&#233; dans de nombreux ouvrages ou sur des sites internet, qu'en 1214, lors d'une manifestation commerciale pr&#233;sid&#233;e par le roi Philippe-Auguste et &#224; laquelle participaient des marchands de divers pays, des prix furent attribu&#233;s. Le vin de Chypre y est alors proclam&#233; &#171; pape des vins &#187;, celui de Malaga &#171; cardinal &#187;, le cru de la Goutte d'Or arrivant en troisi&#232;me position, ainsi que le relaterait, dans un manuscrit de l'&#233;poque, le moine Rodolphe &#171; s&lt;i&gt;avant en philosophie et en art comme en beuverie&lt;/i&gt; &#187;. Cependant un autre ouvrage, dont on trouve toujours des exemplaires, relate ce m&#234;me &#171; concours &#187;. Ecrit en 1224 par Henri d'Andeli, et intitul&#233; La Bataille des vins ou Le Dit des vins de France, il y est effectivement mentionn&#233; en premi&#232;re position le vin de Chypre puis en seconde celui d'Aquila (et non de Malaga). Mais si, pour l'Ile-de-France, les vins de Marly, Montmorency, Argenteuil ou Pierrefitte sont cit&#233;s dans la liste des vins test&#233;s, on n'y trouve pas le vin de la Goutte d'Or&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Les dames de Montmartre&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'un des propri&#233;taires des vignobles de la Goutte d'Or &#233;tait alors le comte de Dreux, conn&#233;table de France, soit le chef supr&#234;me des arm&#233;es royales. On trouve aussi le nom de la Goutte d'Or dans un document de 1474, dans l'acte de vente de Jean Gillon, cultivateur &#224; Renaud de Maug&#232;s, pr&#234;tre, de &#171; deux arpents de vigne au terroir de Montmartre, lieudit de la Goutte d'Or &#187;. L'acte pr&#233;cise que l'acheteur doit payer l'imp&#244;t du cens au seigneur &#171; dont il se trouve mouvant &#187;, l'Abbaye des Dames de Montmartre...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une partie de La Goutte d'Or d&#233;pendait du terroir de Montmartre, o&#249; l'Abbaye des Dames de Montmartre exer&#231;ait les droits seigneuriaux. Une autre partie, de loin la plus importante en surface, d&#233;pendait du terroir de La Chapelle. La limite &#233;tait grosso modo, le chemin des Poissonniers, une des voies les plus anciennes de notre arrondissement, par o&#249; arrivait le poisson de la Mer du Nord et de la Manche.D&#232;s le XVI&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle, une grande partie des terrains au sud de la Goutte d'Or (terroir de La Chapelle) appartenait &#224; la congr&#233;gation des religieux de Saint-Lazare. Cette congr&#233;gation devint titulaire de la censive et du baillage, c'est donc &#224; elle que l'on devait payer l'imp&#244;t, le cens, et c'est elle qui exer&#231;ait sur ce territoire par fonctionnaires interpos&#233;s, le droit (et le devoir) de police et de justice. Le couvent de Saint-Lazare &#233;tait situ&#233; tout pr&#232;s de l&#224; : il occupait un immense espace, au long de l'actuelle rue du faubourg Saint-Denis, englobant les terrains de la gare du Nord et l'h&#244;pital Lariboisi&#232;re. Il se trouvait, en fait, juste de l'autre c&#244;t&#233; du mur qui marquait la limite de Paris et qui courait sur le trac&#233; actuel des boulevards de Clichy, de Rochechouart, de La Chapelle etc.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Le v&#233;n&#233;rable et discret Monsieur de Paul&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Les lazaristes, sp&#233;cialis&#233;s dans l'assistance aux malades, dirigeaient plusieurs h&#244;pitaux. Les revenus de leurs terres servaient entre autres &#224; entretenir ces derniers. Ils ont eu au XVII&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle un sup&#233;rieur c&#233;l&#232;bre : saint Vincent de Paul, qui fut l'aum&#244;nier de la reine et le bienfaiteur des pauvres de Paris. On trouve dans les archives divers actes concernant la Goutte d'Or, qui portent son nom : par exemple un acte de vente sign&#233; le 18 juin 1646, par lequel Adrien Chaunu, propri&#233;taire du Moulin du Bonnet vert, le c&#232;de au couvent de Saint-Lazare, repr&#233;sent&#233; par &#171; la v&#233;n&#233;rable et discr&#232;te personne de Monsieur Vincent de Paul, sup&#233;rieur g&#233;n&#233;ral &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les vignerons qui cultivaient des terres situ&#233;es sur la censive de Saint-Lazare &#233;taient tenus, sous peine de fortes amendes, de faire presser leur raisin au pressoir des religieux, situ&#233; le long du chemin des B&#339;ufs, appel&#233; aussi chemin Marcadet. Ce pressoir est souvent nomm&#233; dans les archives &#171; pressoir aux champs &#187;. Des riches bourgeois parisiens &#233;taient aussi propri&#233;taires de terres &#224; la Goutte d'Or, entre autres, l'architecte Fran&#231;ois Mansart (1598-1666), qui a donn&#233; son nom aux mansardes, et son successeur Jules Hardouin-Mansart (1646-1708), principal architecte de Versailles.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Les cinq moulins de la Goutte d'Or&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Sur leurs terres, les Messieurs de Saint-Lazare ont trac&#233; un chemin reliant le chemin des Poissonniers au grand axe du faubourg de Gloire (l'actuelle rue Marx Dormoy) : le chemin de la Goutte d'Or. Un peu plus au nord, un autre chemin fut trac&#233; : celui des Cinq Moulins, l'actuelle rue Polonceau. Il y avait, au XVII&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle, cinq moulins &#224; la Goutte d'Or, aux emplacements actuels du 8-10 rue Pierre l'Ermite, du 3-5 rue Saint-Luc, du 12-14 rue L&#233;on, du 23 rue des Gardes et du 36-40 rue Polonceau, le plus haut &#233;tait celui de la rue Polonceau. La petite maison qui se trouve au 38 de cette rue, qui abrita un temps un temple bouddhiste japonais, serait l'ancienne maison du meunier. Un seul de ces moulins &#233;tait en pierre : celui du 23 rue des Gardes. On l'appelait le &#171; moulin Guerry &#187; du nom d'un capitaine des troupes catholiques qui le d&#233;fendit victorieusement contre les assaillants protestants lors des guerres de religion. C'&#233;tait le plus ancien et ce fut celui qui dura le plus longtemps. Charles Sellier, auteur d'un livre publi&#233; en 1904 (Curiosit&#233;s historiques et pittoresques du Vieux Montmartre) raconte : &#171; &lt;i&gt;Quelques aimables vieillards de La Chapelle se souviennent que, dans leur prime jeunesse, ils allaient par un sentier bord&#233; d'aub&#233;pines [la rue des Gardes actuelle] manger des &#339;ufs et boire du vin au moulin du p&#232;re Fauvet, dernier survivant des moulins de la Goutte d'Or, dont les vestiges viennent d'&#234;tre emport&#233;s par suite des r&#233;centes transformations du quartier &lt;/i&gt; &#187;. Les autres moulins &#233;taient en bois, comme d'ailleurs la plupart des moulins &#224; vent de l'&#233;poque, ils pouvaient ainsi se d&#233;monter et &#234;tre d&#233;plac&#233;s facilement dans une autre paroisse. Aussi les religieux de Saint-Lazare prenaient-ils leurs pr&#233;cautions. Lorsque par exemple, le 18 octobre 1547, ils donn&#232;rent en bail &#224; Vincent de Feurnes, meunier, un demi-arpent de terre pour construire un moulin, le cinqui&#232;me &#224; la Goutte d'Or, &#224; charge pour lui de moudre le grain du couvent, ils ont bien sp&#233;cifi&#233; qu'il ne pourrait le d&#233;placer sans leur autorisation.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Les carri&#232;res et la nitri&#232;re&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Le sous-sol de la Goutte d'Or, comme celui de Montmartre, &#233;tait riche en gypse, la pierre &#224; pl&#226;tre. Des carri&#232;res y furent creus&#233;es. Elles ont &#233;t&#233; remblay&#233;es au d&#233;but du XIX&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle. Mais les effondrements qui se sont produits depuis, entre autres rue Richomme, trouveraient sans doute leur explication en &#233;tudiant la carte des carri&#232;res. En 1787 est signal&#233;e une nitri&#232;re artificielle &#224; l'angle de la rue des Poissonniers, sur un emplacement d&#233;limit&#233; par les actuelles rues des Islettes, de la Goutte d'Or et Caplat. Des terrains environnants les ouvriers extrayaient du nitrate de potassium, ou salp&#234;tre, qui par la suite, m&#233;lang&#233; &#224; du soufre et &#224; du charbon donnait la poudre &#224; canon. La nitri&#232;re appartient en 1787, &#224; un sieur Ch&#233;radame. Mais elle est probablement plus ancienne, puisqu'il existe trace de la vente en 1678 de terrains (&#171; terres sises au lieu-dit les couronnes, butte des Cinq Moulins et proches des h&#233;ritages du sieur Mansart, architecte &#187;), &#224; Cl&#233;ment Le Brun, &#171; salp&#234;trier du roi &#187;, qui ne s'installait certainement pas l&#224; par hasard. C'est autour de cette nitri&#232;re que va se b&#226;tir quelques ann&#233;es avant la R&#233;volution, le premier hameau de la Goutte d'Or.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Le Hameau de Saint-Ange&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;En 1793, la R&#233;volution exproprie les religieux de Saint-Lazare. Les terres qu'ils poss&#232;dent &#224; la Goutte d'Or, d&#233;cr&#233;t&#233;es bien nationaux, sont mises en vente. L'historien Louis Lazare rapporte ainsi cet &#233;pisode : &#171; &lt;i&gt;Ces terrains furent achet&#233;s par les fermiers ou les domestiques des seigneurs qui les avaient poss&#233;d&#233;s avant la R&#233;volution. Commun&#233;ment, les acheteurs des seigneurs les pay&#232;rent en assignats, dont la valeur repr&#233;sentative en num&#233;raire ne d&#233;passa pas huit sous le m&#232;tre. Plusieurs de ces paysans y gagn&#232;rent des fortunes&lt;/i&gt;. &#187; Petit &#224; petit, donc, les terres de la Goutte d'Or se trouvent remises sur le march&#233;, bien plus ch&#232;res qu'elles n'avaient &#233;t&#233; achet&#233;es. Et &#224; partir de 1815 voici qu'un certain M. Trutat de Saint-Ange se porte syst&#233;matiquement acqu&#233;reur. Il devient tr&#232;s vite propri&#233;taire de tout l'espace situ&#233; entre l'actuelle rue Caplat, la rue de la Goutte d'Or et la rue Stephenson. Ces terrains situ&#233;s juste le long du mur qui entourait Paris, mais &#224; un endroit o&#249; ce mur n'&#233;tait perc&#233; d'aucune ouverture, &#233;taient rest&#233;s jusqu'alors vierges de construction. Mais M. de Saint-Ange, financier avis&#233;, se doutait bien que du fait de l'urbanisation croissante, ses terrains prendraient de la valeur. Et c'est ce qui se produisit en 1828. A cette date-l&#224;, il r&#233;ussit &#224; int&#233;resser d'autres financiers &#224; un projet de construction qui va s'appeler le &#171; hameau Saint-Ange &#187;. Excellente affaire pour M. Saint-Ange : les terrains achet&#233;s 14 000 francs au total, se revendent 214 000 francs une douzaine d'ann&#233;es plus tard &#224; une soci&#233;t&#233; immobili&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le plan du hameau Saint-Ange, en croix de Saint-Andr&#233;, la rue de la Charbonni&#232;re et la rue de Chartres se croisant en X, reste un mod&#232;le pour les urbanistes. Il permet de limiter les effets de la pente sur la construction des immeubles. Il ouvre une nouvelle &#233;poque dans l'histoire de la Goutte d'Or. L'industrialisation, le percement des voies de chemin de fer, l'afflux des populations venues de province vont compl&#232;tement transformer ce quartier en quelques ann&#233;es. &#8226;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Article paru en juin 2000, r&#233;dig&#233; par No&#235;l Monier et revu par Patrick Mallet&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>



</channel>

</rss>
