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	<title>Le 18e du mois</title>
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	<description>Le 18e du mois est un journal d'information sur le 18e arrondissement de Paris, ind&#233;pendant de toute organisation politique, religieuse ou syndicale. Il est &#233;dit&#233; par l'association des Amis du 18e du mois.</description>
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		<title>Le 18&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; du mois</title>
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		<title>Pierre Reverdy, un po&#232;te surr&#233;aliste &#224; Montmartre</title>
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		<dc:date>2023-07-22T11:40:03Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Dominique Delpirou</dc:creator>



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&lt;p&gt;Apr&#232;s une enfance tourment&#233;e, Reverdy quitte la Montagne noire et monte &#224; Paris pour &#171; faire de la litt&#233;rature &#187;. Montmartre, l'insouciance, les peintres, les pr&#233;mices du surr&#233;alisme fa&#231;onnent un po&#232;te nouveau, un po&#232;te cubiste. Un po&#232;te trop vite rattrap&#233; par la mis&#232;re et les doutes. &lt;br class='autobr' /&gt; Le 10 juin 1907, au plus fort de la crise de m&#233;vente des vins du Languedoc, dont les prix ont chut&#233; de mani&#232;re vertigineuse, Marcellin Albert, fort de l'appui de centaines de milliers de manifestants, lance (&#8230;)&lt;/p&gt;


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 <content:encoded>&lt;img src='https://www.18dumois.info/local/cache-vignettes/L150xH130/p5-pr-jeune-b0abd.jpg?1690080065' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='130' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Apr&#232;s une enfance tourment&#233;e, Reverdy quitte la Montagne noire et monte &#224; Paris pour &#171; faire de la litt&#233;rature &#187;. Montmartre, l'insouciance, les peintres, les pr&#233;mices du surr&#233;alisme fa&#231;onnent un po&#232;te nouveau, un po&#232;te cubiste. Un po&#232;te trop vite rattrap&#233; par la mis&#232;re et les doutes.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Le 10 juin 1907, au plus fort de la crise de m&#233;vente des vins du Languedoc, dont les prix ont chut&#233; de mani&#232;re vertigineuse, Marcellin Albert, fort de l'appui de centaines de milliers de manifestants, lance un ultimatum au gouvernement de Cl&#233;menceau pour le vote d'une loi et d&#233;clenche une gr&#232;ve des imp&#244;ts. La troupe occupe les villes du Midi et, les 19 et 20 juin, des fusillades font six morts &#224; Narbonne. &#192; ce moment, le jeune Pierre Reverdy n'est d&#233;j&#224; plus &#233;l&#232;ve au coll&#232;ge Victor Hugo de la ville. En 1905, il a abandonn&#233; ses &#233;tudes, &#171; &lt;i&gt;quitt&#233; le bagne&lt;/i&gt; &#187;. Lorsqu'il &#233;voquera beaucoup plus tard les &#233;v&#233;nements sanglants de 1907, il dira dans une lettre &#224; Jean Rousselot : &#171; &lt;i&gt;Une mis&#232;re effroyable accablait le pays, on jetait le vin dans les ruisseaux, tous les jeudis, pr&#232;s du pont m&#233;tallique, on vendait aux ench&#232;res le mobilier des pauvres gens [&#8230;] Du vin, du sang, de la cervelle. Celle d'un pauvre clochard. Ce n'&#233;tait pas cette tournure des choses qui pouvait m'incliner &#224; la tendresse pour les soutiens de l'ordre. Antimilitariste &#224; tout crin, je fus exempt&#233; de service militaire.&lt;/i&gt; &#187; Les ann&#233;es d'enfance sont d&#233;j&#224; loin.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Un &#171; sans nom &#187;&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Le jeune homme, n&#233; &#224; Narbonne le 11 (officiellement le 13) septembre 1889, a &#233;t&#233; d&#233;clar&#233; par la sage-femme &#171; &lt;i&gt;de p&#232;re et de m&#232;re inconnus&lt;/i&gt; &#187;. C'est un sans-nom. L'ann&#233;e de sa naissance, sa m&#232;re &#233;tait mari&#233;e, mais pas avec le g&#233;niteur. Et son &#233;poux, Victor Turcan, vivait en Argentine depuis deux ans d&#233;j&#224;. Le p&#232;re, Henry-Pierre Reverdy, reconna&#238;t son fils et lui donne son nom en 1895. La m&#232;re effectuera cette d&#233;marche seulement en 1911, alors que le jeune homme avait 22 ans. En 1897, les deux parents se remarient puis se s&#233;parent d&#233;finitivement en 1901.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pierre, apr&#232;s quelques ann&#233;es toulousaines, vit avec son p&#232;re qu'il admire et qui deviendra son mod&#232;le. Celui-ci, issu d'une lign&#233;e de tailleurs de pierre, a bris&#233; cette cha&#238;ne en devenant viticulteur et n&#233;gociant en vin. C'est un homme actif, journaliste polyvalent &#224; La R&#233;publique sociale, conseiller municipal &#224; Narbonne. Henry Reverdy a acquis, pour y r&#233;unir sa famille, un domaine dans le village de Moussoulens. La Jonquerolle sera le paradis (perdu) pour le futur &#233;crivain. Il &#233;crira : &#171; &lt;i&gt;Pr&#232;s de Carcassonne, au pied de la Montagne noire, le pays est bois&#233;, plus frais, plus vert, d&#233;licieusement arros&#233; de cours d'eau qui cessent &#224; peine d'&#234;tre des torrents. La source est proche. Cette eau claire, nous en avons r&#234;v&#233; jour et nuit, quand la propri&#233;t&#233; fut perdue, et elle est dans une grande quantit&#233; de mes po&#232;mes. J'ai eu pour ce coin de terre un immense amour [&#8230;] Dans toute ma po&#233;sie, on entend couler la Rougeanne, le ruisseau d'eaux roses.&lt;/i&gt; &#187; Cette douceur a cependant son p&#244;le oppos&#233;. L'enfant est tourment&#233;, tortur&#233; m&#234;me, il ressent des &#233;motions violentes qui le marqueront durablement. En 1907, le p&#232;re est ruin&#233; et doit vendre sa propri&#233;t&#233;. L'avenir de Pierre est ailleurs.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;&#171; Je suis arriv&#233; &#224; Paris le 3 octobre 1910 &#187; &lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Le 3 octobre 1909, apr&#232;s avoir contempl&#233; une derni&#232;re fois ses paysages familiers, il prend le train pour Paris et &#171; &lt;i&gt;faire de la litt&#233;rature&lt;/i&gt; &#187;. Il est accueilli &#224; son arriv&#233;e &#224; la gare d'Orsay par son ami le peintre Paul Malaterre, qui vit &#224; Montmartre. &#171; &lt;i&gt;Je suis arriv&#233; &#224; Paris le 3 octobre 1910, par un de ces temps de brume l&#233;g&#232;re que je trouverai d&#233;licieux plus tard, mais qui, ce matin-l&#224;, &#224; 10 heures au quai d'Orsay, en plein Paris, me donna simplement envie de retourner chez moi, au merveilleux soleil d'automne, qui, la veille encore me caressait de ses rayons. Un ami m'attendait, nous montons &#224; Montmartre dans un de ces taxis &#224; chevaux, cocher &#224; haut-de-forme de cuir bouilli [...] &#201;c&#339;urante travers&#233;e de Paris &#8211; par la place de la Concorde. Je trouvais tout cela affreux. Ces fa&#231;ades grises, ces monuments l&#233;preux. Le Paris de mon imagination s'effondrait dans la grisaille et la crasse d'un d&#233;cor de catastrophe, et les arbres noirs &#8211; &#231;a c'&#233;tait le comble !&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans son recueil de po&#232;mes Le Voleur de talan, il donne une version plus terrible encore de son arriv&#233;e : &#171; &lt;i&gt;Un train qui p&#233;n&#233;trait sous la vo&#251;te siffla / Et tous les cochers qui sommeillaient / sur leur si&#232;ge s&#8250;agit&#232;rent [&#8230;] Un jeune homme court entre les automobiles qui soufflent/ Il a peur&lt;/i&gt;. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il s'installe d'abord &#224; l'h&#244;tel du Poirier, place &#201;mile Goudeau, puis au 7 de la rue Ravignan, dans la resserre occup&#233;e auparavant par Max Jacob. Est-ce &#224; son arriv&#233;e ou plus tard qu'il note un ph&#233;nom&#232;ne &#233;trange : &#171; &lt;i&gt;Je n'ai jamais su, et l'on n'a jamais pu m'expliquer pourquoi il y eut cette saison-l&#224;, &#224; Montmartre, de si nombreuses journ&#233;es de grand vent [&#8230;] un vent sal&#233; qui arrivait, pour s&#251;r, directement du large sans avoir encore rencontr&#233; aucun obstacle capable d'affaiblir son &#233;lan &#8211; un vent violent, sous le ciel dur et clair, s'engouffrant dans d'&#233;troites ruelles qui, coup&#233;es &#224; pic sur le n&#233;ant, engageaient &#224; penser qu'au-del&#224; on ne pouvait plus rencontrer que la mer. Jamais personne n'aurait os&#233; y aller voir.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;La gaiet&#233; des amis de la Butte&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Gr&#226;ce &#224; l'entremise de son ami Malaterre, il rencontre tr&#232;s vite ceux qui deviendront des amis essentiels : Picasso (qui habite alors 11 boulevard de Clichy mais a repris un atelier au Bateau-Lavoir) Juan Gris, Braque, Modigliani, Severini, le sculpteur Laurens, le po&#232;te Max Jacob et Apollinaire qui vient sur la Butte en visiteur depuis Auteuil o&#249; il a suivi Marie Laurencin.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce sont ses a&#238;n&#233;s. Chaque jour, ils se parlent pendant des heures. Cet homme du sud &#224; la voix rocailleuse, noueux comme un cep de vigne, a rencontr&#233; &#224; Montmartre d'autres gens du sud, espagnols et catalans, d'une convivialit&#233; et d'une gaiet&#233; extraordinaires. Dans une lettre de mai 1950 &#224; Jean Rousselot, il &#233;crit : &#171; &lt;i&gt;Nous vivions les derni&#232;res ann&#233;es de l'&#233;poque ant&#233;diluvienne. Plus jamais le soleil ne nous a pass&#233; la main avec autant de douceur sur la peau. Jamais autant d'insouciance et de confiance ne nous a plus escort&#233;s vers l'inconnu&lt;/i&gt;. &#187; Il faut temp&#233;rer cette vision idyllique. Reverdy travaille de nuit comme correcteur d'imprimerie aux Annales, rue Falgui&#232;re. Ses trajets nocturnes l'&#233;puisent, car il n'a pas les ressources suffisantes pour acheter un ticket de m&#233;tro. En outre, si dans le &#171; village &#187; la fraternit&#233; est grande, le po&#232;te ressent fortement la nostalgie du midi, de sa nature.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 1912, il d&#233;m&#233;nage au Bateau-Lavoir dans l'atelier qui faisait face &#224; celui de Juan Gris puis, en 1913, au 12 rue Cortot (aujourd'hui le mus&#233;e de Montmartre). Juan Gris et Picasso illustrent bient&#244;t ses po&#232;mes. Dans les ann&#233;es 1912-1914, il collabore &#224; la revue d'Apollinaire, Les Soir&#233;es de Paris, qui a son si&#232;ge au 278 du boulevard Raspail. Il veut s'engager dans l'arm&#233;e en 1914, mais il est r&#233;form&#233;. Les ann&#233;es de guerre sont &#233;prouvantes. Reverdy vit &#224; Montmartre dans une mis&#232;re absolue. Dans La Lucarne ovale, il note : &#171; &lt;i&gt;En ce temps-l&#224; le charbon &#233;tait devenu aussi pr&#233;cieux et rare que des p&#233;pites d'or et j'&#233;crivais dans un grenier o&#249; la neige, en tombant par les fentes du toit, devenait bleue&lt;/i&gt; &#187;, quelques lignes dont Breton dira qu'&#171; &lt;i&gt;elles me r&#233;introduisent au c&#339;ur de cette magie verbale, qui, pour nous, &#233;tait le domaine o&#249; Reverdy op&#233;rait. Il n'y avait eu que Aloysius Bertrand et Rimbaud &#224; s'&#234;tre avanc&#233;s si loin dans cette voie&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Un po&#232;te cubiste&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;En 1915, il &#233;crit ses premiers po&#232;mes r&#233;unis sous le titre Le Cadran quadrill&#233;, recueil qui ne sera pas publi&#233;. Quelques mois plus tard, il fait para&#238;tre Po&#232;mes en prose, puis, l'ann&#233;e suivante, La Lucarne ovale. Des critiques parlent alors de &#171; po&#233;sie cubiste &#187;, ce qui est en partie vrai, tant l'&#233;criture de Reverdy est influenc&#233;e par la peinture de ses amis. En 1917, il fonde la revue Nord-Sud, en s'inspirant du nom de la ligne de m&#233;tro qui joint Montmartre &#224; Montparnasse. Proche du surr&#233;alisme, elle accueille de jeunes po&#232;tes comme Breton, Aragon, Soupault et Tzara, et publie des articles sur le cubisme et la litt&#233;rature. Reverdy d&#233;fend l'id&#233;e que la po&#233;sie n'est pas figurative, mais cr&#233;atrice. Il refuse &#224; la fois le romantisme et le naturalisme. Michel Collot d&#233;finit sa po&#233;tique comme &#171; &lt;i&gt;le lyrisme de la r&#233;alit&#233; &lt;/i&gt; &#187;. Il ne s'agit &#171; &lt;i&gt;ni d'un r&#233;alisme ni d'un sentimentalisme : il n'est pas plus la formulation fid&#232;le d'un sentiment personnel qu'une imitation servile du r&#233;el ; il ne se borne pas &#224; les exprimer mais vise &#224; les recr&#233;er l'un et l'autre et l'un par l'autre pour produire une &#233;motion neuve... &lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La revue dispara&#238;t en 1918. Dans une lettre &#224; Breton, Reverdy &#233;voque l'amiti&#233; qui le lie aux jeunes po&#232;tes surr&#233;alistes : &#171; &lt;i&gt;Vous &#234;tes tous trois, avec Aragon et Soupault, des amis que je suis fier et heureux d'avoir gagn&#233;s. Votre jeunesse, votre sinc&#232;re puret&#233; me donnent une satisfaction que l'on a bien rarement en art [...] Vous &#234;tes sans doute mes plus purs amis. &lt;/i&gt; &#187; Viendront, au fil des ans, d'autres recueils qui marqueront l'&#233;poque : La Guitare endormie, &#201;toiles peintes, &#201;cumes de la mer. Les liens avec la peinture cubiste sont &#233;vidents.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans sa chambre du 12 rue Cortot, Reverdy convie, le dimanche, Breton, Soupault et Aragon. Ce sont les premiers temps du surr&#233;alisme, et il est leur &#171; po&#232;te exemplaire &#187;. Louis Aragon se souvient : &#171; &lt;i&gt;Je le revois rue Cortot dans ce temps de mis&#232;re et de violence, un hiver qu'il r&#233;gnait chez lui un froid terrible, sa femme malade, et dans le logement au-dessus ce diable d'Utrillo qui faisait du boucan, c'&#233;tait &#224; tuer. Il y avait dans les yeux noirs de Reverdy un feu de col&#232;re comme je n'en avais jamais vu nulle part, peut-&#234;tre les sarments br&#251;l&#233;s au milieu des vignes &#224; la nuit. Je me rappelle ce jour o&#249; il lui avait fallu vendre &#224; un de ces hommes riches qui aiment tant l'art un petit Braque qui n'&#233;tait pas seulement pour lui un tableau, et, comme &#224; la derni&#232;re minute de se d&#233;pouiller, il avait farouchement saisi la toile et l'avait bais&#233;e de ses l&#232;vres, &#224; la stup&#233;faction de l'amateur &#233;clair&#233;.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pendant la guerre, Reverdy d&#233;fend l'essence du cubisme contre les &#171; faussaires &#187; ou les amateurs. Il se bagarre avec Diego Rivera, d&#233;nonce l'inconsistance des &#339;uvres de Cocteau. Aragon note : &#171; &lt;i&gt;A une &#233;poque o&#249; la peinture s'est fait la palette d'objets des &#233;l&#233;ments quotidiens d'une vie mis&#233;rable, la po&#233;sie de Reverdy est le terrain vague, la rue hostile, l'escalier d&#233;labr&#233; d'une vie qui est celle des peintres et des po&#232;tes d'alors.&lt;/i&gt; &#187; Il y a de la pauvret&#233; chez Reverdy. Est-ce l'une des raisons de sa conversion au catholicisme ? Le 2 mai 1921, il se fait baptiser au Sacr&#233;-C&#339;ur de Montmartre. Max Jacob est son parrain. Reverdy quitte Montmartre en 1922 pour la rue Fontaine, puis pour la rue Vignon.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Coco Chanel&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Auparavant il avait fait la connaissance de Coco Chanel gr&#226;ce &#224; Misia Sert, grande figure parisienne de son temps, &#233;g&#233;rie de Mallarm&#233; vingt ans auparavant. Apr&#232;s la mort d'Arthur Capel avec lequel elle avait eu une relation passionn&#233;e, elle red&#233;couvre l'amour avec Reverdy. Il lui fait aussi d&#233;couvrir le plaisir de la lecture : Rilke, Lautr&#233;amont, Verlaine, Mallarm&#233;. Elle dit de lui : &#171; &lt;i&gt;Le grand po&#232;te, c'est Reverdy.&lt;/i&gt; &#187; Il lui &#233;crit cette d&#233;licate d&#233;dicace sur La Peau de l'homme : &#171; &lt;i&gt;Vous ne savez pas ch&#232;re Coco que l'ombre est le plus bel &#233;crin de la lumi&#232;re. Et c'est l&#224; que je n'ai jamais cess&#233; de nourrir pour vous la plus tendre amiti&#233;.&lt;/i&gt; &#187; En 1925, il rompt avec les surr&#233;alistes dont il n'appr&#233;cie pas les compromissions. Et apr&#232;s avoir collabor&#233; au &#171; Roseau d'or &#187;, collection fond&#233;e par Jacques Maritain, dans laquelle il voisine avec Paul Claudel, Pierre Reverdy &#171; &lt;i&gt;choisit librement Dieu&lt;/i&gt; &#187;. Il se retire le 30 mai 1926 dans une maison isol&#233;e &#224; Solesmes, pr&#232;s de la c&#233;l&#232;bre abbaye b&#233;n&#233;dictine. &#171; &lt;i&gt;Besoin d'absolu&lt;/i&gt;, &#233;crit-il. &lt;i&gt;Je quitte Paris pour Solesmes : &#234;tre ou n&#233;ant.&lt;/i&gt; &#187; Il ne s'absentera plus de sa retraite que pour quelques rares voyages. Il y vivra avec Henriette qui &#233;tait devenue son &#233;pouse en 1914 &#224; Montmartre. Elle &#233;tait couturi&#232;re et participa &#224; la confection de ses premiers livres. Ils finiront tous deux leur vie &#224; Solesmes, lui en 1960, elle en 1996.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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