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	<title>Le 18e du mois</title>
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	<description>Le 18e du mois est un journal d'information sur le 18e arrondissement de Paris, ind&#233;pendant de toute organisation politique, religieuse ou syndicale. Il est &#233;dit&#233; par l'association des Amis du 18e du mois.</description>
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		<title>Le 18&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; du mois</title>
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		<title>Les lumi&#232;res de la ville</title>
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		<dc:date>2023-04-29T10:35:51Z</dc:date>
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		<dc:creator>Danielle Fournier</dc:creator>



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&lt;p&gt;Personne ne peut s'imaginer aujourd'hui les rues parisiennes plong&#233;es totalement dans le noir. Pourtant, jusqu'au milieu du XVII&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle, le couvre-feu &#233;tait instaur&#233;. D&#233;licat et dangereux de sortir ! Seuls ceux qui faisaient partie du guet, pass&#233;e une certaine heure, parcouraient les rues &#224; la lueur des flambeaux. Ensuite, le gaz puis l'&#233;lectricit&#233; ont r&#233;volutionn&#233; les nuits de Paris. &lt;br class='autobr' /&gt; Au Moyen Age, avec la nuit, venait la peur des crimes, des vols, des mauvaises rencontres. Premi&#232;re (&#8230;)&lt;/p&gt;


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 <content:encoded>&lt;img src='https://www.18dumois.info/local/cache-vignettes/L150xH108/arton1416-2bd4b.png?1787825640' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='108' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Personne ne peut s'imaginer aujourd'hui les rues parisiennes plong&#233;es totalement dans le noir. Pourtant, jusqu'au milieu du XVII&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle, le couvre-feu &#233;tait instaur&#233;. D&#233;licat et dangereux de sortir ! Seuls ceux qui faisaient partie du guet, pass&#233;e une certaine heure, parcouraient les rues &#224; la lueur des flambeaux. Ensuite, le gaz puis l'&#233;lectricit&#233; ont r&#233;volutionn&#233; les nuits de Paris.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Au Moyen Age, avec la nuit, venait la peur des crimes, des vols, des mauvaises rencontres. Premi&#232;re initiative, en 1318, Philippe V le Long fait placer une chandelle dans une lanterne de bois garnie de vessie de porc &#224; la porte du tribunal du Ch&#226;telet &#171; afin de d&#233;jouer les entreprises des malfaiteurs &#187;. On conna&#238;t l'expression prendre des vessies pour des lanternes ! Il existait deux autres &#233;clairages &#224; la tour de Nesle et au cimeti&#232;re des Innocents. Mieux valait rester chez soi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On demanda ensuite &#224; chaque propri&#233;taire de mettre, de neuf heures du soir &#224; minuit, des &#171; flambeaux ardents &#187; &#8211; une lanterne allum&#233;e d'une chandelle &#8211; sur une des fen&#234;tres du premier &#233;tage, &#171; &lt;i&gt;dans la crainte des mauvais gar&#231;ons qui courent la nuit par cette ville&lt;/i&gt; &#187;. Il est vrai qu'une quinzaine de personnes &#233;taient assassin&#233;es chaque nuit. Et le 26 octobre 1558, le Parlement de Paris ordonna qu'entre dix heures du soir et quatre heures du matin on &#233;claire chacune des rues au moyen d'un falot. Rapidement, les lanterniers se lanc&#232;rent dans la confection du mat&#233;riel n&#233;cessaire.&lt;br class='autobr' /&gt;
Mais qui allait payer pour l'entretien de ces lanternes ? Cette mesure, faute de financement, eut peu d'effet.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Le temps des chandelles, falots et lanternes&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Paris est alors &#233;clair&#233; par les quelques falots qui br&#251;lent devant des statues de madone plac&#233;es au coin des rues ou quelques chandelles allum&#233;es aux fen&#234;tres. De plus, les lumi&#232;res n'&#233;taient allum&#233;es que du 1&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;er&lt;/sup&gt; novembre &#224; la fin f&#233;vrier. En 1661, un arr&#234;t du Parlement de Paris augmente la dur&#233;e de l' &#171; illumination &#187; du 20 octobre au 31 mars et en 1667, un ministre du roi Soleil se lance dans l'installation de lanternes dans tout Paris. Louis XIV confie au sieur abb&#233; Laudati Caraffa la &#171; concession &#187; de proposer des &#171; porte-flambeaux et porte-lanternes &#224; louage &#187;. La police faisant respecter la r&#233;glementation plus rigoureuse institu&#233;e par le lieutenant g&#233;n&#233;ral de police, le nombre de lanternes atteint 2 736 pour &#233;clairer 912 rues de Paris. Une entreprise de porte-flambeaux et de porte-lanternes &#233;clairait la nuit les passants, &#171; &lt;i&gt;sans toutefois diminuer le nombre des lanternes plac&#233;es au milieu et aux coins des rues de Paris&lt;/i&gt; &#187;. On double donc le syst&#232;me fixe par un syst&#232;me &#224; la demande. Chaque lanternier accompagnait le noctambule en l'&#233;clairant avec un flambeau de cire divis&#233; en dix tranches et portait &#224; sa ceinture un sablier d'une demi-heure, marqu&#233; aux armes de la Ville. Les porte-lanternes &#233;taient distribu&#233;s par stations, &#233;loign&#233;es chacune de cent toises. Des guetteurs, ou veilleurs de nuit, portaient des lanternes num&#233;rot&#233;es par la police et devaient crier bien fort : &#171; &lt;i&gt;Voil&#224; le falot&lt;/i&gt; &#187;. La peine de gal&#232;res &#233;tait r&#233;serv&#233;e &#224; ceux qui auraient bris&#233; ces lanternes. Pour se faire &#233;clairer en carrosse, il fallait payer au porte-lanterne cinq sous par quart d'heure ; &#224; pied, on payait seulement trois sous pour le m&#234;me temps.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sous les r&#232;gnes des successeurs de Louis XIV, on perfectionna le dispositif et il s'organisa. Le nombre des lanternes augmenta et de plus en plus de quartiers de la ville furent &#233;clair&#233;s. En 1697 l'&#233;clairage public passa &#224; la charge de l'&#233;tat, moyennant redevance, et en 1729 on comptait 5 772 lanternes. Celles-ci sont constitu&#233;es de petits carreaux assembl&#233;s au plomb prot&#233;geant une chandelle dont il faut couper toutes les heures la m&#232;che. On les suspend aux fa&#231;ades &#224; l'aide d'une corde et d'une poulie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 1744 la lanterne &#224; r&#233;verb&#232;re &#8211; lampe &#224; huile et r&#233;flecteur argent&#233; &#8211; est invent&#233;e mais il faut attendre 1766 pour que les lanternes de Chateaublanc soient retenues. Elles sont suspendues au dessus des rues ou accroch&#233;es &#224; des potences tous les 50 m&#232;tres. C'est d'ailleurs ce qui reste dans le vocabulaire de la R&#233;volution : on ex&#233;cutait &#171; &#224; la lanterne &#187;, en pendant au support. Ces lanternes furent remplac&#233;es en 1763 par 2 400 r&#233;verb&#232;res &#224; huile.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Lampadaires et r&#233;verb&#232;res&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;R&#233;verb&#232;re vient du latin verbero qui signifie frapper. Les premiers lampadaires, avaient plusieurs miroirs &#171; frapp&#233;s &#187; par la lumi&#232;re qui la r&#233;fractaient autour. Le lampadaire, lui, fait r&#233;f&#233;rence aux lampades, des nymphes grecques, qui portaient des torches diffusant un halo de lumi&#232;re. Hugo dans Les Mis&#233;rables &#233;crit qu'&#224; la tomb&#233;e de la nuit on allumait les r&#233;verb&#232;res plac&#233;s de distance en distance qui montaient et descendaient au moyen d'une corde, traversant la rue de part en part et s'ajustant dans la rainure d'une potence. Les r&#233;verb&#232;res &#224; huile (de tripes !) avaient remplac&#233; chandelles et lanternes et se balan&#231;aient &#224; 20 pieds en l'air au milieu de la rue, tous les vingt pas environ. L'allumeur de r&#233;verb&#232;re, ou falotier, faisait &#233;quipe avec le lanternier et les passants les &#233;vitaient &#224; la fin de leur tourn&#233;e : ils &#233;taient impr&#233;gn&#233;s d'huile de la t&#234;te aux pieds ! Ce dispositif, &#224; l'odeur tr&#232;s mauvaise, co&#251;tait beaucoup moins cher que les chandelles. En 1788, l'huile de tripes est remplac&#233;e par de l'huile de colza. La flamme est plus blanche &#8230; et moins naus&#233;abonde. Selon les fabricants, le mod&#232;le pr&#233;sente des variations avec des cand&#233;labres scell&#233;s dans le sol et des consoles fix&#233;es sur les fa&#231;ades des immeubles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le remplacement de l'&#233;clairage &#224; huile par le gaz se fera progressivement de 1831 &#224; 1870. En 1855, Haussmann organise la fusion des six soci&#233;t&#233;s gazi&#232;res en une concession unique : la Compagnie parisienne d'&#233;clairage et de chauffage par le gaz. La Ville de Paris, d&#233;sireuse que tout s'allume &#224; peu pr&#232;s &#224; la m&#234;me heure, il y aura jusqu'&#224; 1 500 allumeurs de lanternes, organis&#233;s par brigades. Ces allumeurs nettoient dans la journ&#233;e les verres des lanternes qui s'encrassent vite &#224; cause du gaz de houille. Les derni&#232;res lanternes &#224; gaz de Paris ne seront d&#233;pos&#233;es qu'en 1962 et la place de la Concorde par exemple sera &#233;clair&#233;e au gaz jusqu'en 1946.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Le 18&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; n'est pas en reste&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;En 1844, on essaya d'utiliser la lumi&#232;re &#233;lectrique pour l'&#233;clairage public. On fit quelques exp&#233;riences place de la Concorde. Un unique foyer muni d'un r&#233;flecteur et situ&#233; &#224; trois m&#232;tres au-dessus du sol &#233;tait aliment&#233; par une forte batterie de piles. &#201;chec pour ce premier essai : il aveuglait mais n'&#233;clairait pas. Malgr&#233; tout, les installations de distribution &#224; courant continu commenc&#232;rent &#224; concurrencer les soci&#233;t&#233;s gazi&#232;res, vues comme dangereuses &#8211; asphyxies, intoxications et incendies &#8211; et d'autant que les r&#233;verb&#232;res &#224; gaz laissaient les alentours dans le noir. Le 31 mai 1878, &#224; neuf heures du soir, trente-deux globes de verre &#233;maill&#233;, plac&#233;s entre les r&#233;verb&#232;res le long de l'avenue de l'Op&#233;ra, s'allum&#232;rent instantan&#233;ment et projet&#232;rent autour d'eux une lumi&#232;re blanche, douce et brillante. D&#232;s lors, l'&#233;clairage &#233;lectrique se g&#233;n&#233;ralise et les innovations se d&#233;veloppent : premi&#232;re mondiale pour les lampes &#224; induction, place du Tertre en 1992, premi&#232;re utilisation de la fibre optique en &#233;clairage public, rue Maurice Utrillo en 1994, le 18&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; n'est pas en reste !&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;&#201;clairages remarquables : ouvrez les yeux !&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Les abris des stations de m&#233;tro dessin&#233;s par Guimard en 1902 font partie du charme de Paris. Les boutons de fleurs &#233;clair&#233;s en orange accueillent le passant et sont repris en miniature pour l'&#233;clairage du plan de m&#233;tro au dos de l'entr&#233;e dans plusieurs stations du 18&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt;, Pigalle, Blanche, Abbesses...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le cand&#233;labre &#224; lyre &#233;tait l'&#233;clairage type des jardins sous Napol&#233;on III. On le reconna&#238;t &#224; sa forme &#233;l&#233;gante en goutte d'eau. On le rencontre en nombre autour du square Louise Michel ou parfois isol&#233; au d&#233;tour d'une rue.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le mod&#232;le de cand&#233;labre Montmartre date de 1830 : un f&#251;t tout simple avec un renflement &#224; la base et une lanterne ronde ou carr&#233;e. Il donne son cachet &#224; quantit&#233; de petites rues et parfois son chapeau sort de feuilles ou d'un ch&#226;teau cr&#233;nel&#233;. Ce sont deux &#233;clairages originaux, propres &#224; notre arrondissement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Copie d'anciens, les cand&#233;labres de la Villa des tulipes, pr&#232;s du boulevard des Mar&#233;chaux, reprennent un mod&#232;le qu'on ne trouvait plus que devant les casernes de pompiers : avec des vitres rouges, la lanterne est d&#233;port&#233;e pour &#233;viter de buter contre le mur et, initialement, pour laisser passer les charrettes dans les rues &#233;troites. Les cand&#233;labres sont implant&#233;s tr&#232;s r&#233;guli&#232;rement tous les 3,50 m&#232;tres, ce qui correspond &#224; la largeur d'une parcelle dans ce terrain loti fin XIX&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt;. Il semble que cette dimension &#233;tait donn&#233;e par la port&#233;e des poutres utilis&#233;es. Ainsi l'&#233;clairage souligne discr&#232;tement les limites des parcelles, met en valeur le rythme de l'architecture et garde une image de l'histoire de la construction du quartier. On trouve m&#234;me un cand&#233;labre horloge, place Saint-Pierre juste devant les grilles, mod&#232;le tr&#232;s rare, qui date des ann&#233;es 1890.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La Ville de Paris a &#233;quip&#233; la station de m&#233;tro Barb&#232;s, lors de sa r&#233;novation, de copies de lanternes cr&#233;&#233;es en 1903 en bronze et cuivre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Chemin de Lumi&#232;re rue du Chevalier de la Barre, &#339;uvre unique, a &#233;t&#233; cr&#233;&#233; en 1995 par Henri Alekan, directeur de l'image tr&#232;s connu dans le cin&#233;ma, et Patrick Rimoux. &#171; sculpteur de la lumi&#232;re &#187;. Dans les larges bordures qui longent l'escalier en haut de la rue se dessinent dans le sol pav&#233; deux cartes lumineuses du ciel de Paris tel qu'on peut le voir le 1&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;er&lt;/sup&gt; janvier et le 1&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;er&lt;/sup&gt; juillet. Elles intriguent et portent au r&#234;ve m&#234;me si le passant n'a pas en t&#234;te la r&#233;f&#233;rence pens&#233;e par les cr&#233;ateurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certains b&#226;timents construits au XIX&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle ont gard&#233; leur &#233;clairage, par exemple au pied de l'escalier d'entr&#233;e de la Villa des Platanes, pr&#232;s du boulevard de Clichy ou dans l'escalier de la Villa des Arts, rue H&#233;g&#233;sippe Moreau, o&#249; on est accueilli par des statues f&#233;minines photophores du plus bel effet. Et si les digicodes emp&#234;chent d'acc&#233;der &#224; ces immeubles, reste &#224; admirer les cand&#233;labres en fonte de la mairie, isol&#233;s ou en bouquet, ambiance r&#233;tro garantie. &#8226;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Photo : Thierry Nectoux&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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