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	<title>Le 18e du mois</title>
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	<description>Le 18e du mois est un journal d'information sur le 18e arrondissement de Paris, ind&#233;pendant de toute organisation politique, religieuse ou syndicale. Il est &#233;dit&#233; par l'association des Amis du 18e du mois.</description>
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		<title>Le 18&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; du mois</title>
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		<title>Kamel Bourahla fait vivre le cha&#226;bi alg&#233;rien dans la Goutte d'Or</title>
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		<dc:date>2023-03-04T14:26:23Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Marion Bernard</dc:creator>



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&lt;p&gt;Po&#232;te prolifique, joueur de mandole &#8211; un cousin plus rude de la mandoline sp&#233;cialement invent&#233; pour le cha&#226;bi, Kamel Bourahla, &#171; Cheikh &#187;, sillonne le 18&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; pour semer ses po&#232;mes d'exil et soigner les &#226;mes. &lt;br class='autobr' /&gt; &#171; R&#233;fugi&#233; musical &#187;, c'est comme &#231;a que Kamel se d&#233;signe, lui qui a trouv&#233; sa place dans le 18&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; apr&#232;s avoir grandi en Alg&#233;rie pendant la guerre civile, dans un milieu o&#249; la musique &#233;tait &#171; interdite &#187;. Pour ce mandoliste surdou&#233; en grande partie autodidacte, l'exil en France, c'&#233;tait le (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.18dumois.info/-les-gens-1351-.html" rel="directory"&gt;Les Gens&lt;/a&gt;


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 <content:encoded>&lt;img src='https://www.18dumois.info/local/cache-vignettes/L150xH107/arton1402-1ea0e.jpg?1787826795' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='107' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Po&#232;te prolifique, joueur de mandole &#8211; un cousin plus rude de la mandoline sp&#233;cialement invent&#233; pour le cha&#226;bi, Kamel Bourahla, &#171; Cheikh &#187;, sillonne le 18&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; pour semer ses po&#232;mes d'exil et soigner les &#226;mes.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&#171; R&#233;fugi&#233; musical &#187;, c'est comme &#231;a que Kamel se d&#233;signe, lui qui a trouv&#233; sa place dans le 18&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; apr&#232;s avoir grandi en Alg&#233;rie pendant la guerre civile, dans un milieu o&#249; la musique &#233;tait &#171; interdite &#187;. Pour ce mandoliste surdou&#233; en grande partie autodidacte, l'exil en France, c'&#233;tait le r&#234;ve de pouvoir cr&#233;er librement et de d&#233;couvrir le conservatoire, les notes, le solf&#232;ge, la formation arabo-andalouse classique. &#171; &lt;i&gt;J'ai atterri dans la Goutte d'Or par hasard, commenc&#233; &#224; fr&#233;quenter les jams, le lien s'est fait naturellement et je n'en suis plus jamais reparti &#8211; m&#234;me dans les moments o&#249; j'ai d&#251; me loger ailleurs, tous les jours je revenais ici, c'est comme un aimant pour moi. La Goutte d'Or c'est comme une famille, ou une religion sp&#233;ciale, o&#249; on m'a dit bienvenue, parce que tous on est de la musique de la rue &#224; la base, et dans la musique populaire cha&#226;bi il y a tout &#8211; du blues, du jazz : l'essentiel, de l'&#226;me&lt;/i&gt; &#187;. Tiphenn Fauchois, coorganisatrice de la &#171; Jam Orchestra &#187; qui anime les jams du bar de l'Omadis tous les jeudis, rue Doudeauville, a souvent &#171; jam&#233; &#187; avec Kamel : &#171; &lt;i&gt;Son instrument est diff&#233;rent, c'est un mandole traditionnel acoustique, mais il arrive &#224; s'adapter &#224; tous les styles, &#231;a donne une couleur, &#231;a se m&#233;lange avec l'afro-jazz, la musique latine...&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Tradition ancestrale et libert&#233; populaire&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Kamel est non seulement un interpr&#232;te patient de la tradition mais aussi un auteur et compositeur habit&#233; par une vision d'avenir &#8211; fait rare dans le cha&#226;bi contemporain. Jaur&#232;s, le g&#233;rant du disquaire Soul Ableta de la rue Marcadet, lors de sa premi&#232;re rencontre avec Kamel &#224; un de ses concerts au bar le 34, a &#233;t&#233; frapp&#233; par les teintes folk et le c&#244;t&#233; &#171; psych&#233;d&#233;lique &#187; envo&#251;tant de sa musique : &#171; &lt;i&gt;c'est devenu rare de voir &#231;a en live dans le quartier, &#224; l'oreille, j'ai saisi tout de suite qu'on n'avait pas juste affaire l&#224; &#224; de la musique orientale classique mais &#224; des arrangements modernes et vivants, travers&#233;s de beaucoup d'influences contemporaines. J'ai vu des habitu&#233;s, plut&#244;t rock d'habitude, se mettre &#224; danser, comme dans une transe&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Son secret, c'est ce m&#233;lange exigeant de tradition ancestrale qui puise dans l'art m&#233;di&#233;val et de libert&#233; populaire sauvage de la musique de rue &#8211; m&#233;lange qu'il retrouve, quelque part, dans l'&#226;me du 18&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt;. D'un c&#244;t&#233; la musique arabo&#173;-andalouse classique rigoureusement structur&#233;e en diff&#233;rentes noubas (Insiraf, Touchia, Enhilab etc) et modes (Sika, Zidane, Jarka... ), savoir-faire exigeant acquis aupr&#232;s de diff&#233;rents ma&#238;tres &#8211; de Cheikh Ali Houche, jusqu'aux grands du cha&#226;bi populaire, Dahmane El Harrachi (Ya Rayah), El Hasnaoui, Amar Ezzahi auxquels&lt;br class='autobr' /&gt;
il ne cesse de rendre hommage dans ses chansons, en passant par les ma&#238;tres des conservatoires de Dijon et Marseille. De l'autre la chanson populaire, h&#233;rit&#233;e de l'&#233;poque de l'Alg&#233;rie coloniale &#8211; Brel, Lili Boniche, Enrico Macias, Reinette L'Oranaise, Brassens, Dalida &#8211; sans oublier le gnawi ou encore le jazz ou le blues des jams du 18&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si son grand-p&#232;re soufi citait par c&#339;ur au quotidien les po&#232;tes maghr&#233;bins des XVI&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; et XVII&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cles, tel Ben Msayeb ou Sidi Lakhdar, pas question pourtant pour lui de faire de la musique dans la maison familiale. En autodidacte rebelle, Kamel construit seul son premier instrument vers l'&#226;ge de 9 ans : un bidon d'huile, une planche, des c&#226;bles de frein ; il apprend seul, cherche la musique seul, joue en cachette, reconstruit sans rel&#226;che les instruments que son p&#232;re lui casse et commence &#224; &#233;crire sans arr&#234;t. De l&#224; une libert&#233; farouche et l'habitude de jouer, seul, tout le temps. Le 18&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; pour lui, c'est l'exil. &#171; &lt;i&gt;Mon nom, &#8220;Bourahla&#8221; : &#231;a veut dire &#8220;du voyage&#8221; et je suis comme &#231;a, toujours en voyage &#8211; c'est tr&#232;s pr&#233;sent dans mes chansons, l'exil, la valise et l'instrument sur le dos. Quand je marche avec mon mandole dans les rues du quartier, &#231;a me donne une vraie force, un courage, je ne peux pas sortir ou voyager sans lui. C'est plus qu'un ami. C'est quelque chose de moi.&lt;/i&gt; &#187; &#171; &lt;i&gt;Seul, il d&#233;gage une pr&#233;sence sp&#233;ciale, juste lui et sa voix&lt;/i&gt; &#187;, raconte Ameth Sissoko, musicien-chanteur et programmateur &#224; la ressourcerie du Poulpe, rue d'Oran, qui a souvent invit&#233; Kamel &#224; se produire en concert : &#171; &lt;i&gt;Il d&#233;gage une sagesse sur sc&#232;ne, une politesse, un respect de la sc&#232;ne, de son magnifique instrument, c'est tr&#232;s inspirant.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;L'harmonie qui apporte la paix&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;De son premier ma&#238;tre Cheikh Mouhoub, grand po&#232;te qui a cess&#233; de jouer avec la guerre civile, il d&#233;fend l'id&#233;e que le cha&#226;bi est une vraie m&#233;decine populaire. &#171; &lt;i&gt;C'est dans son style que je joue encore aujourd'hui. Pourtant, jamais il ne m'a enseign&#233; directement l'instrument &#8211; seulement de pr&#233;cieux conseils, d'un seul geste du doigt ou de la main, qu'il fallait savoir saisir en vol... Mais il m'a transmis le cha&#226;bi comme une philosophie. Toujours, il me posait cette question &#224; laquelle je n'arrivais pas &#224; r&#233;pondre : &#8220;Pourquoi veux-tu chanter ?&#8221; La r&#233;ponse qu'il a fini par me donner un jour, c'est qu'un artiste est un m&#233;decin de la soci&#233;t&#233;, si le public &#233;coute, il gu&#233;rit &#8211; c'est &#231;a le cha&#226;bi, c'est social. Par la parole, l'harmonie, &#231;a soigne, &#231;a apporte la paix&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Amar Ezzahi, son plus grand mod&#232;le, un vrai sage, ne dit pas autre chose : &#171; &lt;i&gt;avec cette musique, pas besoin de policier ou de gendarme, pas besoin de cam&#233;ras &#8211; par les paroles anciennes, les mots choisis pour gu&#233;rir, on r&#233;sout les conflits, ou trouve des solutions, cette musique elle &#233;tanche la soif, &#224; la fois populaire, modeste et noble, elle &#233;l&#232;ve ceux qui l'&#233;coutent&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est tout &#231;a qu'on retrouve dans la musique de Kamel, qu'il joue seul ou accompagn&#233; de derbouka, banjo, guitare : l'histoire de l'Andalousie et du Maghreb, la construction rigoureuse des po&#232;mes arabes classiques du Moyen Age, l'exil et la libert&#233; de la musique de rue. Et surtout, le khelwi, &#233;tat de paix spirituelle proche du zen. Prochaine &#233;tape : la recherche de financement pour l'enregistrement d'un album et le projet de jouer dans des salles de concerts intimistes &#224; guichet ferm&#233;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Photo : Dominique Dugay&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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