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	<title>Le 18e du mois</title>
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	<description>Le 18e du mois est un journal d'information sur le 18e arrondissement de Paris, ind&#233;pendant de toute organisation politique, religieuse ou syndicale. Il est &#233;dit&#233; par l'association des Amis du 18e du mois.</description>
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		<title>Le 18&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; du mois</title>
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		<title>Lyc&#233;e Jacques Decour : dans les pas d'un ancien &#233;l&#232;ve</title>
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		<dc:creator>Dominique Delpirou</dc:creator>



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&lt;p&gt;Apr&#232;s l'histoire de ce grand lyc&#233;e parisien (lire notre n&#176; 311), partons pour une balade intimiste et litt&#233;raire &#224; travers le regard et les souvenirs d'un ancien &#233;l&#232;ve, revenu sur les pas de son adolescence. &lt;br class='autobr' /&gt; Septembre 1959. Un jeune gar&#231;on, accompagn&#233; de son p&#232;re, se pr&#233;sente, t&#244;t le matin, rue Bochart de Saron pour faire son entr&#233;e en sixi&#232;me au lyc&#233;e Jacques Decour. Ces deux noms ne lui sont pas familiers. Il n'a jamais entendu parler de ce premier pr&#233;sident du Parlement de Paris, sous (&#8230;)&lt;/p&gt;


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 <content:encoded>&lt;img src='https://www.18dumois.info/local/cache-vignettes/L150xH110/arton1397-08db7.jpg?1692061769' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='110' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Apr&#232;s l'histoire de ce grand lyc&#233;e parisien (lire notre n&#176; 311), partons pour une balade intimiste et litt&#233;raire &#224; travers le regard et les souvenirs d'un ancien &#233;l&#232;ve, revenu sur les pas de son adolescence.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Septembre 1959. Un jeune gar&#231;on, accompagn&#233; de son p&#232;re, se pr&#233;sente, t&#244;t le matin, rue Bochart de Saron pour faire son entr&#233;e en sixi&#232;me au lyc&#233;e Jacques Decour. Ces deux noms ne lui sont pas familiers. Il n'a jamais entendu parler de ce premier pr&#233;sident du Parlement de Paris, sous l'Ancien r&#233;gime, jug&#233; et condamn&#233; &#224; la guillotine par le tribunal r&#233;volutionnaire le 20 avril 1794 ; et pas d'avantage de ce grand r&#233;sistant, professeur d'allemand dans ce lyc&#233;e, tomb&#233; sous les balles nazies pendant la Seconde Guerre mondiale. Sauf, dans la bouche venimeuse de sa tr&#232;s r&#233;actionnaire professeure de piano, &#224; la sortie de l'&#233;cole primaire : &#171; &lt;i&gt;Chaptal oui, Jacques Decour, surtout pas ; un lyc&#233;e rouge, tous les professeurs sont communistes ! &lt;/i&gt; &#187; Il n'a gu&#232;re plus de lumi&#232;res sur cette aust&#232;re et imposante b&#226;tisse o&#249; il va passer huit ann&#233;es de sa jeune existence. Huit ans, autant dire une &#233;ternit&#233;. Mais pourquoi huit ans et non pas sept, la dur&#233;e d'une scolarit&#233; normale ? En fait, la r&#233;bellion et l'insolence en classe de sixi&#232;me du petit provincial lui vaudront un redoublement suivi d'une &#171; r&#233;demption &#187; gr&#226;ce &#224; un professeur de fran&#231;ais auquel il vouera une reconnaissance &#233;ternelle, Monsieur Morel (on le voit, en 1959, sur la photo de classe d'une cinqui&#232;me, figurant sur Internet).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le c&#339;ur bat la chamade lorsque le gar&#231;on monte les marches pour acc&#233;der &#224; l'immense cour &#171; des petits &#187;. Sur cet espace nu, s'ouvre une salle de classe haute de plafond et aux murs pisseux. Certains enseignants portent encore la blouse blanche, ajoutant une note terne &#224; la tristesse ambiante. &#192; ce moment-l&#224;, le seul r&#233;confort apr&#232;s une journ&#233;e de cours se trouve dans l'achat, avec quelques pi&#233;cettes, de roudoudous, r&#233;glisses et sucettes chez le marchand de bonbons, dont l'&#233;tal est install&#233; sur le trottoir &#224; l'ext&#233;rieur. Une scolarit&#233; commence dans une sensation d'exil.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Durant toutes ces ann&#233;es, le gar&#231;on va d&#233;couvrir tous les coins et recoins du lyc&#233;e, la grande et les petites histoires, faire des rencontres qui marqueront sa vie. Ces souvenirs, actualis&#233;s par ce qu'il a vu et entendu depuis ces temps lointains, le guident dans sa visite.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La monumentale porte en bois du 12 avenue Trudaine, qui a fait l'objet de regrettables actes de vandalisme en 2016 et 2018, a retrouv&#233; sa belle patine. C'est par elle qu'il entre et acc&#232;de aux premi&#232;res pi&#232;ces que sont les parloirs. Le petit parloir, o&#249; avaient lieu autrefois les rencontres tant redout&#233;es entre les parents et les professeurs, est devenu principalement un espace de r&#233;union pour les f&#233;d&#233;rations de parents d'&#233;l&#232;ves. Le grand parloir est un lieu de m&#233;moire. Une grande fresque repr&#233;sente le sacrifice de Jacques Decour, fusill&#233; au Mont-Val&#233;rien en 1942. Elle est l'&#339;uvre du peintre Alfred Lop-Montel. N&#233; en 1898 &#224; Saint-Cyr-sur-Mer dans le Var, il fait les Beaux-Arts &#224; Marseille et s'&#233;tablit en 1920 &#224; Montparnasse dans l'entourage de son fr&#232;re, l'excentrique Ferdinand Lop, candidat perp&#233;tuel aux &#233;lections pr&#233;sidentielles et l&#233;gislatives, idole des &#233;tudiants du Quartier latin qui constituaient sa &#171; garde de fer &#187;. Pour s'en diff&#233;rencier, Alfred ajouta &#171; Montel &#187; &#224; son nom et devint relativement connu dans le milieu artistique parisien. Influenc&#233; par le cubisme c&#233;zannien et par ses rencontres &#224; Montparnasse, celle de Kisling notamment, il fut paysagiste, portraitiste, auteur de natures mortes et de sc&#232;nes de genre tant parisiennes que m&#233;diterran&#233;ennes. Il enseigna aussi &#224; Decour et le gar&#231;on, peu dou&#233; dans cet art, participa &#224; des chahuts carabin&#233;s dont il se repent encore aujourd'hui. Sous la fresque, une plaque de marbre rappelle la citation &#224; l'ordre de la Nation de Daniel Decourdemanche, dit Jacques Decour.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Recueillement et murmures d'extr&#234;me-droite&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&#192; la sortie des parloirs s'ouvre la cour d'honneur, un petit bijou de la Troisi&#232;me R&#233;publique. Un espace rectangulaire de 800 m&#232;tres carr&#233;s encadr&#233; par deux galeries. Dans les ann&#233;es 1960, il n'y avait pas d'arbres mais un parterre fleuri. Il para&#238;t que le proviseur de l'&#233;poque, Ren&#233; Alexandre, y faisait de la m&#233;ditation. Aujourd'hui, les arbres donnent un charme et une &#233;l&#233;gance indiscutables au lieu. La galerie de gauche, en entrant, tenait lieu de piste d'athl&#233;tisme. Les soixante m&#232;tres &#233;taient parcourus par les meilleurs en sept secondes et&#8230; Le saut en hauteur se pratiquait dans une petite cour adjacente. Difficile apprentissage du saut en roul&#233; ventral.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans l'axe de la cour, on aper&#231;oit la statue en bronze repr&#233;sentant, assis et en majest&#233;, Charles Rollin, ancien recteur de l'universit&#233; de Paris mais qui, parce qu'il &#233;tait jans&#233;niste, n'entrera jamais &#224; l'Acad&#233;mie fran&#231;aise. La statue est due au sculpteur Didier Debut et au fondeur Thi&#233;baut. Une anecdote &#224; ce sujet : le 11 octobre 1941, le Journal officiel annonce que le mar&#233;chal P&#233;tain fait proc&#233;der &#224; l'enl&#232;vement des statues en alliages cuivreux situ&#233;es dans les lieux publics &#171; &lt;i&gt;afin de remettre les m&#233;taux dans le circuit de la production industrielle et agricole&lt;/i&gt; &#187;. La grande statue en bronze de l'historien de l'Antiquit&#233; est convoit&#233;e. Mais au courrier du recteur vichyssois exigeant son poids de m&#233;tal lourd, le proviseur r&#233;pond : &#171; &lt;i&gt;N&#233;ant&lt;/i&gt;. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur les murs des galeries, dont le sol est orn&#233; de superbes mosa&#239;ques, sont appos&#233;es des plaques comm&#233;moratives rendant hommage aux anciens &#233;l&#232;ves, professeurs et fonctionnaires morts durant les diff&#233;rents conflits 1914-1918, 1939-1945, Maroc. Simone Veil a inaugur&#233; en 2009 une plaque qui porte les noms de 27 lyc&#233;ens juifs morts pendant la guerre (26 finirent leur vie en d&#233;portation et le dernier fut fusill&#233; en juin 1944 &#224; Lyon, pour faits de r&#233;sistance). Elle d&#233;clara &#224; cette occasion : &#171; &lt;i&gt;Cette plaque est appos&#233;e afin que nul ne puisse ignorer ce qui s'est pass&#233;. Car nous entendons encore aujourd'hui dire que cela ne s'est jamais pass&#233;. (&#8230;) Apr&#232;s l'arriv&#233;e du convoi &#224; Auschwitz dans lequel nous nous trouvions, nous n'avons plus revu les enfants d&#233;port&#233;s.&lt;/i&gt; &#187; Lors de cette c&#233;r&#233;monie, elle &#233;voqua la m&#233;moire de son p&#232;re, &#233;l&#232;ve du lyc&#233;e Jacques Decour (alors coll&#232;ge Rollin), Grand Prix de Rome d'architecture, qui fut d&#233;port&#233; et dont la trace s'est perdue dans la lointaine Lituanie, &#224; Kaunas le 10 avril 1944.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Derni&#232;re lettre d'un condamn&#233;&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;C'est au fond de la cour d'honneur que, chaque ann&#233;e, un &#233;l&#232;ve lisait la derni&#232;re lettre &#233;crite par Daniel Decourdemanche &#224; ses parents, avant d'&#234;tre fusill&#233; : &#171; &lt;i&gt;Vous savez que je m'attendais depuis deux mois &#224; ce qui m'arrive ce matin, aussi ai-je eu le temps de m'y pr&#233;parer, mais comme je n'ai pas de religion, je n'ai pas sombr&#233; dans la m&#233;ditation de la mort ; je me consid&#232;re un peu comme une feuille qui tombe de l'arbre pour faire du terreau. La qualit&#233; du terreau d&#233;pendra de celle des feuilles. Je veux parler de la jeunesse fran&#231;aise, en qui je mets tout mon espoir.&lt;/i&gt; &#187; [...] &#171; &lt;i&gt;Si vous en avez l'occasion, faites dire &#224; mes &#233;l&#232;ves de premi&#232;re, par mon rempla&#231;ant, que j'ai bien pens&#233; &#224; la derni&#232;re sc&#232;ne d'Egmont (de Goethe) : - Pour sauver ce que vous avez de plus cher, je tombe avec joie -, ainsi que je vous en donne l'exemple&lt;/i&gt;. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'ambiance recueillie &#233;tait parfois troubl&#233;e par les murmures de jeunes d'extr&#234;me droite. Il faut dire qu'au d&#233;but des ann&#233;es soixante, alors que la guerre d'Alg&#233;rie provoquait des affrontements meurtriers, les partisans de l'Alg&#233;rie fran&#231;aise faisaient r&#233;guli&#232;rement le coup de poing avec ceux qui militaient pour son ind&#233;pendance. De nombreuses et violentes bagarres avaient lieu &#224; l'ext&#233;rieur du lyc&#233;e. Ces diff&#233;rends s'exacerb&#232;rent en avril 1961 &#224; l'occasion du putsch des g&#233;n&#233;raux rebelles &#224; Alger. C'est &#224; ce moment-l&#224; que l'on vit passer, boulevard Rochechouart, comme dans une sc&#232;ne de film, des colonnes de blind&#233;s venant d'Allemagne pour occuper des lieux strat&#233;giques. L'ann&#233;e pr&#233;c&#233;dente, avait &#233;t&#233; cr&#233;&#233;, conjointement avec les lyc&#233;ens de Condorcet, le premier comit&#233; antifasciste, au premier &#233;tage d'une brasserie &#224; l'angle du boulevard de La Chapelle et du boulevard Barb&#232;s (La Famille nouvelle, au 124 boulevard de La Chapelle, selon Sylvain Braunstein, dans Empreintes - Saison 2, les Editions du Panth&#233;on).&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;La chapelle, ses vitraux et son orgue&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Dans une cour annexe se trouve la chapelle du lyc&#233;e. Son plan est longitudinal, termin&#233; par un chevet &#224; abside. Elle a une vo&#251;te en berceau bris&#233;. Elle est utilis&#233;e aujourd'hui comme salle de r&#233;union (ou d'examen). Pr&#232;s de l'autel/&#233;cran, une plaque en marbre noir o&#249; l'on peut lire &#171; &#192; la m&#233;moire des &#233;l&#232;ves du coll&#232;ge Sainte Barbe-Rollin morts pour la patrie en 1870-1871 &#187;. Les vitraux d'origine sont l'&#339;uvre du ma&#238;tre verrier L&#233;on Lef&#232;vre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 1974, une &#233;quipe de passionn&#233;s de facture d'orgue, anim&#233;e par Bernard Mauguin, professeur de musique au lyc&#233;e, con&#231;ut le projet ambitieux de r&#233;alisation d'un orgue neuf pour remplacer celui de 1893 qui avait subi des d&#233;g&#226;ts consid&#233;rables et &#233;tait rest&#233; muet pendant trente ans. L'instrument, harmonis&#233; par Jean-Pierre Swiberski, fut inaugur&#233; en 1982 par Michel Chapuis. Des r&#233;citals d'orgue mais aussi des concerts, qui ne sont pas seulement d&#233;di&#233;s &#224; l'orgue, sont r&#233;guli&#232;rement programm&#233;s par l'Association pour le rayonnement de l'orgue. Dans le cadre du 250&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; anniversaire de la mort de Jean-S&#233;bastien Bach, c'est l'int&#233;grale de son &#339;uvre pour orgue qui a &#233;t&#233; interpr&#233;t&#233;e dans la chapelle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En plein centre du lyc&#233;e se tenait le gymnase, qui a &#233;t&#233; transform&#233; en salle de cours dot&#233;e d'une magnifique charpente. Le gar&#231;on a gard&#233; un mauvais souvenir de ce lieu &#224; cause de ses agr&#232;s, poutre, cheval d'ar&#231;on ou encore barres parall&#232;les, qui n&#233;cessitaient force et sens de l'&#233;quilibre et dont l'usage maladroit par certains lyc&#233;ens suscitait les railleries des plus dou&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le th&#233;&#226;tre du lyc&#233;e accueille aujourd'hui des &#233;v&#233;nements culturels. C'est sous la direction d'un jeune professeur amoureux de la sc&#232;ne que fut cr&#233;&#233; un atelier th&#233;&#226;tre, en 1966, rassemblant un petit groupe d'&#233;l&#232;ves de terminale. Tout avait commenc&#233;, cette ann&#233;e-l&#224;, par des rencontres po&#233;tiques. Les participants se retrouvaient dans la grande salle de distribution des prix pour des s&#233;ances d'improvisation, s'inspirant de l'&#233;criture automatique h&#233;rit&#233;e des surr&#233;alistes. Ces exercices, pas toujours r&#233;ussis, donn&#232;rent cependant aux &#171; po&#232;tes en herbe &#187; une confiance grandissante au point qu'ils purent faire &#233;diter un mince recueil qui se nomma Square d'Anvers. Il faut dire que le square, bien diff&#233;rent de ce qu'il est aujourd'hui, &#233;tait &#8211; avec les caf&#233;s proches du m&#233;tro Anvers &#8211; un lieu de rendez-vous privil&#233;gi&#233;&#8230; Les jeunes auteurs re&#231;urent les encouragements de Pierre Seghers.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Puis, de l'&#233;criture, on passa au plateau avec une ambition qui, avec le recul, donne le vertige : monter Hamlet. Impossible r&#233;alisation sans une participation f&#233;minine. Or les lyc&#233;es n'&#233;taient pas mixtes. Il fallut convaincre les deux proviseurs de Jacques Decour et Jules Ferry de laisser venir, pour les r&#233;p&#233;titions, les jeunes filles de l'&#233;tablissement de la place de Clichy. Tout cela se passa tr&#232;s bien et &#224; la fin du mois de juin 1966, le groupe th&#233;&#226;tre pr&#233;sentait devant parents et amis le chef d'&#339;uvre de Shakespeare.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;La nostalgie d'Edgar Morin&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Il y aurait encore beaucoup &#224; dire sur Jacques Decour, son ouverture &#224; l'art par exemple puisqu'il est devenu un lieu d'exposition r&#233;gulier pour les peintres. Le mieux sans doute est de laisser la parole &#224; un homme d'exception, &#233;minent sociologue centenaire, Edgar Morin, qui arpenta dans sa jeunesse les couloirs du lyc&#233;e : &#171; &lt;i&gt;&#192; l'arriv&#233;e des troupes allemandes sur Paris, les examens &#233;tant suspendus, je me r&#233;fugiai &#224; Toulouse o&#249; je v&#233;cus une nouvelle vie, tr&#232;s intense : c'est alors que me vint de plus en plus intimement la nostalgie de mon vieux Rollin. Il &#233;tait dans un autre monde, de l'autre c&#244;t&#233; d'une ligne de d&#233;marcation infranchissable jusqu'en 1943. Plus les ann&#233;es ont pass&#233;, plus mon souvenir est devenu amour de mon Rollin et revenu &#224; Paris j'ai fait partie de l'amicale des anciens &#233;l&#232;ves, je n'ai cess&#233; de renouveler mon adh&#233;sion et depuis longtemps il n'y a plus aucun camarade de ma classe qui en fasse partie. Mais le souvenir d'amis me poursuit.&lt;/i&gt; &#187; &#8226;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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