<?xml 
version="1.0" encoding="utf-8"?><?xml-stylesheet title="XSL formatting" type="text/xsl" href="https://www.18dumois.info/spip.php?page=backend.xslt" ?>
<rss version="2.0" 
	xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/"
	xmlns:content="http://purl.org/rss/1.0/modules/content/"
	xmlns:atom="http://www.w3.org/2005/Atom"
>

<channel xml:lang="fr">
	<title>Le 18e du mois</title>
	<link>https://www.18dumois.info/</link>
	<description>Le 18e du mois est un journal d'information sur le 18e arrondissement de Paris, ind&#233;pendant de toute organisation politique, religieuse ou syndicale. Il est &#233;dit&#233; par l'association des Amis du 18e du mois.</description>
	<language>fr</language>
	<generator>SPIP - www.spip.net</generator>
	<atom:link href="https://www.18dumois.info/spip.php?id_rubrique=1298&amp;page=backend" rel="self" type="application/rss+xml" />

	<image>
		<title>Le 18&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; du mois</title>
		<url>https://www.18dumois.info/local/cache-vignettes/L144xH23/siteon0-8401d.png?1689759624</url>
		<link>https://www.18dumois.info/</link>
		<height>23</height>
		<width>144</width>
	</image>



<item xml:lang="fr">
		<title>Edgar Morin, la vie Montmartre</title>
		<link>https://www.18dumois.info/101-ans-le-8-juillet-dont-un-quart-de-siecle.html</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.18dumois.info/101-ans-le-8-juillet-dont-un-quart-de-siecle.html</guid>
		<dc:date>2022-07-01T18:07:58Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Emmanuel Lemieux</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;101 ans le 8 juillet, dont un quart de si&#232;cle dans le 18&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; arrondissement. Le doyen des intellectuels fran&#231;ais y a fa&#231;onn&#233; sa personnalit&#233; et sa vie affective, culturelle, amoureuse et combattante. &lt;br class='autobr' /&gt; Transgressons un peu la g&#233;ographie ! L'histoire d&#233;bute &#224; la fronti&#232;re du 9&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; et du 18&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; arrondissement. Dans la nuit blanche du 8 juillet 1921, rien ne va comme il faut. Au troisi&#232;me &#233;tage d'un immeuble de rapport sans gr&#226;ce, au 10 de la rue Mayran, les feux br&#251;lent encore. Quatre heures trente du (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.18dumois.info/-liberation-de-paris-.html" rel="directory"&gt;Lib&#233;ration de Paris&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.18dumois.info/local/cache-vignettes/L150xH100/arton1319-7816d.jpg?1690027824' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='100' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;101 ans le 8 juillet, dont un quart de si&#232;cle dans le 18&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; arrondissement. Le doyen des intellectuels fran&#231;ais y a fa&#231;onn&#233; sa personnalit&#233; et sa vie affective, culturelle, amoureuse et combattante.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Transgressons un peu la g&#233;ographie ! L'histoire d&#233;bute &#224; la fronti&#232;re du 9&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; et du 18&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; arrondissement. Dans la nuit blanche du 8 juillet 1921, rien ne va comme il faut. Au troisi&#232;me &#233;tage d'un immeuble de rapport sans gr&#226;ce, au 10 de la rue Mayran, les feux br&#251;lent encore. Quatre heures trente du matin. Il vagit enfin. Le docteur Schwabe, au chevet de Luna Beressi-Nahoum, fragilis&#233;e par les s&#233;quelles de la grippe espagnole, s'assied sur la chaise, et r&#233;clame du caf&#233;. Le petit s'&#233;tait pr&#233;sent&#233; vraiment trop mal au monde. Par le si&#232;ge et le cordon ombilical entortill&#233; autour de son cou. Durant de tr&#232;s longues minutes, le nouveau-n&#233; a &#233;t&#233; consid&#233;r&#233; comme mort. De cet arrachement inattendu &#224; une mort annonc&#233;e, na&#238;t une tr&#232;s forte relation entre ces deux survivants, la m&#232;re et le fils.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Lyc&#233;e Rollin&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Dix ans apr&#232;s, Luna est fauch&#233;e par une crise cardiaque, quand Edgar est en dixi&#232;me au lyc&#233;e Rollin &#8211; aujourd'hui Jacques Decour. L'&#233;tablissement accueillait avant-guerre les &#233;l&#232;ves d&#232;s l'&#233;cole enfantine. C'est ici que le petit Edgar Nahoum a suivi toute sa scolarit&#233;, malgr&#233; les d&#233;m&#233;nagements loin du quartier et le d&#233;c&#232;s de sa m&#232;re. Il mit un point d'honneur &#224; ne jamais quitter son &#171; cher vieux Rollin &#187; et ses fr&#232;res de fortune. Depuis 1876, ce lyc&#233;e avait ouvert ses portes &#224; une population tr&#232;s m&#233;lang&#233;e : petite bourgeoisie de l'avenue Trudaine, employ&#233;s des magasins de la halle Saint-Pierre, artisans de Montmartre, banlieusards de la gare du nord et, depuis les ann&#233;es 1930, une forte proportion de juifs de l'Est. Les ann&#233;es 1930 voient les camps politiques s'opposer au lyc&#233;e, comme dans la soci&#233;t&#233; fran&#231;aise. Front pop' contre Croix-de-Feu. &#171; &lt;i&gt;Mais, &#224; l'&#233;poque des ligues, j'&#233;tais le sceptique de service&lt;/i&gt; &#187;, se d&#233;crit Edgar.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Rue Norvins&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Pour son premier acte d'engagement, Edgar Nahoum alla, pr&#232;s du m&#233;tro Combat (Colonel-Fabien), pr&#234;ter main-forte au journal anarchiste SIA (Solidarit&#233; internationale antifasciste), p&#233;riodique fond&#233; en 1938 par le pacifiste Louis Lecoin et dont il &#233;tait fid&#232;le lecteur. Le lyc&#233;en y aida &#224; la confection de colis de solidarit&#233; destin&#233;s aux valeureux anarchistes de Catalogne. Premi&#232;re &#233;motion politique forte de l'adolescent : un meeting organis&#233; par les trotskistes sympathisants du POUM (antistalinien). Mais le jeune Edgar, de 15 &#224; 18 ans, m&#234;me s'il est de gauche, cultive l'esprit de curiosit&#233;, d&#233;teste les pr&#234;ches et les exclusions. Sa seconde grande &#233;motion politique s'exprime, l&#224; encore, au lyc&#233;e Rollin : il y apprend la chute de Barcelone (26 janvier 1939).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avec son ami Jacques-Francis Rolland, fils d'un professeur de lettres &#224; Rollin et &#233;crivain, il se frotte &#224; la boh&#234;me montmartroise et fera la connaissance de l'&#233;crivain communiste Roger Vailland, verra de loin C&#233;line et Marcel Aym&#233;. Son &#171; &lt;i&gt;plus cher copain&lt;/i&gt; &#187; s'appelle Henri Salem, dit &#171; &lt;i&gt;Bouboule&lt;/i&gt; &#187;. Il sera connu durant la guerre d'Alg&#233;rie sous le nom d'Henri Alleg, auteur de La Question. Mais pour l'heure, il se moque toujours souverainement de la politique.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;L'exode&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Les examens de l'acad&#233;mie de Paris du 9 juin 1940 ont &#233;t&#233; suspendus. Le 10 juin, le jeune homme arrive par l'un des derniers trains en gare de Matabiau &#8211; o&#249; se sont d&#233;j&#224; r&#233;fugi&#233;s ses oncles et tantes. Toulouse ressemble &#224; un bivouac grouillant. Un pays tout entier s'affole. Sur l'un de ses nombreux cahiers d'&#233;colier, il a consign&#233; apr&#232;s coup une sorte de po&#232;me testamentaire, &#233;crit &#224; la troisi&#232;me personne du singulier, pour mieux marquer la prise de distance. &#171; &lt;i&gt;Adieu &#224; Paris qu'il ne pense jamais revoir. Adieu la rue Mayran o&#249; devant jouer seul j'ai pu me d&#233;doubler, &#234;tre mon propre fr&#232;re. [&#8230;] Adieu mon vieux Rollin o&#249; je ne fus jamais parmi les tout premiers ni tout &#224; fait un cancre, o&#249; je me voyais tant&#244;t les deux mains tach&#233;es d'encre, tant&#244;t au tableau noir, les doigts tout blancs de craie. Adieu Quartier latin, le Luco, la Sorbonne, le Sainte-Genevi&#232;ve et tous les autres lieux o&#249; j'allais, assidu, mais je n'&#233;tais pas s&#233;rieux. [&#8230;] &lt;/i&gt; &#187; Il reviendra deux ans apr&#232;s. Transform&#233;. Aguerri.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Anvers&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Comment le reconna&#238;tre ? Lui, Edgar, est coiff&#233; d'un chapeau &#224; plume de faisan, son signe de reconnaissance. Pr&#232;s de la bouche de m&#233;tro de la place de Clichy son contact est un certain Philippe : allure de jeune grand bourgeois, sans se forcer. Belle prestance, tr&#232;s Vichy et francisque. Il a une adresse place de la Madeleine, chez un avocat qui lui pr&#234;te ses bureaux et aussi une cave pour un substantiel d&#233;p&#244;t d'armes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ils ne connaissent pas leurs vrais noms. Ils se parlent en code. Cet instant de grande qualit&#233;, ils s'en souviendront toute leur vie. D'abord parce qu'Edgar est charg&#233; d'aider le responsable g&#233;n&#233;ral de la zone Nord (Paris-Versailles-Chartres). Philippe le lui confirme. Ensuite, parce qu'Edgar nourrira les contacts de plus en plus &#233;troits du groupe auquel il appartient, le Mouvement de r&#233;sistance des prisonniers de guerre et d&#233;port&#233;s (MRPGD), avec le r&#233;seau Pinot-Mitterrand et les communistes du Conseil national des prisonniers de guerre (CNPG). Michel Cailliau, dit &#171; Charette &#187;, s'entend bien avec les communistes, qu'il consid&#232;re comme de &#171; purs r&#233;sistants &#187;, ce qui n'est pas le cas des petits hommes vichystes de ce &#171; maudit Mitterrand &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Durant deux bonnes heures, les jeunes gens d&#233;ambulent en allers-retours sur ce terre-plein entre les places de Clichy et Blanche. Philippe sait qu'Edgar est communiste et qu'Edgar ignore qu'il le sait. Edgar ne sait pas que Philippe a d&#233;j&#224; re&#231;u deux balles tir&#233;es par un gestapiste, qu'il s'est &#233;vad&#233; de la prison de la Sant&#233; gr&#226;ce &#224; l'unit&#233; de contre-espionnage du MRPGD, sur ordre personnel du g&#233;n&#233;ral de Gaulle, et qu'il partira bient&#244;t &#224; Alger pour parlementer avec Henri Frenay sur le rapatriement des prisonniers de guerre fran&#231;ais des oflags et des stalags. Ni Edgar ni Philippe ne peuvent savoir que les mois qui viennent seront pour eux une p&#233;riode d&#233;cisive d'action et d'&#233;thique. Le premier s'appelle Jean Duprat-Geneau, alias Philippe Dechartre, un gaulliste de la premi&#232;re heure et futur ministre, le second se nomme d&#233;sormais Edgar Morin et, &#224; 22 ans, a grade de commandant dans la R&#233;sistance.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Rue Ordener&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Dans la R&#233;sistance depuis 1943, il a exerc&#233; ses talents &#224; Toulouse, Marseille, Lyon et Grenoble. Pris beaucoup de risques. Vu des amis dispara&#238;tre, &#234;tre tortur&#233;s ou ex&#233;cut&#233;s. &#192; Paris, il organise avec efficacit&#233; son r&#233;seau, qui se rapproche et sera bient&#244;t absorb&#233; par celui de Mitterrand alias &#171; Morland &#187;. Part d'ombre : avec Morland, Morin, encourag&#233; par Marguerite Duras, condamne &#224; mort &#171; Savy &#187;, futur com&#233;dien, et &#171; Bourgeois &#187;, futur ponte de France musique, deux r&#233;sistants de la rue Ordener qui par d&#233;sinvolture ou tra&#238;trise sont fortement soup&#231;onn&#233;s de servir le r&#233;seau sur un plateau &#224; la Gestapo. Le r&#233;sistant Voltaire Ponchel n'aura pas le temps de liquider ces deux imprudents car ce jour-l&#224;, le 19 ao&#251;t 1944, &#233;clate l'insurrection parisienne. Ils s'&#233;vanouissent dans la confusion.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est Morin qui r&#233;dige l'Appel &#224; l'insurrection des Parisiens pour lib&#233;rer Paris. Place de Clichy, derri&#232;re sa barricade, il n'utilisera pas vraiment son escopette rouill&#233;e. En revanche, il interviendra pour que l'on ne moleste pas et ne tonde pas les prostitu&#233;es de la place.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Place Jules-Joffrin&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;1945. Mariage express avec la future sociologue Violette Chappellaubeau alias &#171; Maggy &#187;. &#192; la mairie du 18&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; arrondissement, bien s&#251;r. &#192; peine l'encre s&#233;ch&#233;e, le couple fuit l'ennui de la routine retrouv&#233;e pour rejoindre la Premi&#232;re arm&#233;e en Allemagne, command&#233;e par de Lattre de Tassigny. Mission : aider &#224; la r&#233;organisation et &#224; la &#171; d&#233;nazification &#187; d'un pays en ruine. Une autre vie commence. Edgar Nahoum devient d&#233;finitivement Edgar Morin.&#8226;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Photo : Thierry Nectoux&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Le postier du 18e et les combats pour la lib&#233;ration de Paris</title>
		<link>https://www.18dumois.info/le-postier-du-18e-et-les-combats-pour-la-liberation-de-paris.html</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.18dumois.info/le-postier-du-18e-et-les-combats-pour-la-liberation-de-paris.html</guid>
		<dc:date>2022-07-01T18:07:42Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Gilles Jeudy</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Fin ao&#251;t, chaque ann&#233;e, on f&#234;te les lib&#233;rateurs de la capitale. Un historien amateur a inlassablement recherch&#233; les t&#233;moins, d&#233;pouill&#233; des milliers de documents et cr&#233;&#233; un magnifique site internet qui met &#224; la disposition de tous des &#233;l&#233;ments sur la vie et la mort de ces h&#233;ros ordinaires. Nous reproduisons ici l'article qu'il a &#233;crit sur Fran&#231;ois Christin, un postier du 18&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt;. &lt;br class='autobr' /&gt; Juin 1940, Darmannes (Haute-Marne). Le colonel Beaupuis : &#171; Vous &#234;tes encercl&#233;s sur une circonf&#233;rence de 60 (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.18dumois.info/-liberation-de-paris-.html" rel="directory"&gt;Lib&#233;ration de Paris&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.18dumois.info/local/cache-vignettes/L150xH137/arton1323-66463.jpg?1690027824' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='137' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Fin ao&#251;t, chaque ann&#233;e, on f&#234;te les lib&#233;rateurs de la capitale. Un historien amateur a inlassablement recherch&#233; les t&#233;moins, d&#233;pouill&#233; des milliers de documents et cr&#233;&#233; un magnifique site internet qui met &#224; la disposition de tous des &#233;l&#233;ments sur la vie et la mort de ces h&#233;ros ordinaires. Nous reproduisons ici l'article qu'il a &#233;crit sur Fran&#231;ois Christin, un postier du 18&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Juin 1940, Darmannes (Haute-Marne). Le colonel Beaupuis : &#171; &lt;i&gt;Vous &#234;tes encercl&#233;s sur une circonf&#233;rence de 60 kilom&#232;tres. Vous ne recevrez aucun renfort. Vous devez r&#233;sister jusqu'&#224; la mort pour sauver l'honneur de la France. &lt;/i&gt; &#187; Le colonel Beaupuis, &#224; la t&#234;te du 149&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; r&#233;giment d'infanterie de forteresse et du 57&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; bataillon de mitrailleurs motoris&#233;s, a re&#231;u l'ordre de tenir la r&#233;gion de Chaumont, Bologne, Andelot et Rimaucourt sur le flanc gauche d'une partie de la II&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; arm&#233;e du g&#233;n&#233;ral Cond&#233;. En face de lui, les hommes du g&#233;n&#233;ral Guderian. Le 14 juin, Chaumont tombe avant que les troupes s'installent. L'ennemi d&#233;passe Bologne qu'il faut &#233;vacuer. Le 16 juin, Riaucourt est occup&#233;, Rimaucourt attaqu&#233; mais Andelot r&#233;siste. Les Allemands proposent au colonel une reddition avec les honneurs de la guerre. Il refuse. Le 18 juin, apr&#232;s une forte pr&#233;paration d'artillerie, ils attaquent de nouveau Andelot et le d&#233;bordent par l'Est. Vers 17 h c'est fini, les troupes du colonel Beaupuis sont disloqu&#233;es et submerg&#233;es. Les pertes sont s&#233;v&#232;res. Plus de soixante morts rien qu'au 149&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; r&#233;giment d'infanterie. Fran&#231;ois Christin, 34 ans, caporal radiot&#233;l&#233;graphiste du 57&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; bataillon de mitrailleurs motoris&#233;s s'est rendu&#8230; &#171; les armes &#224; la main &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Pointer &#224; la Kommandantur&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Il est conduit au Frontstalag 122 de Chaumont, d'o&#249; il peut enfin donner de ses nouvelles &#224; sa femme et &#224; son fils &#226;g&#233; de trois ans, rest&#233;s &#224; Paris au 121 bis rue de Clignancourt. Une chance pour Fran&#231;ois : dans le civil, il est employ&#233; des PTT. La captivit&#233; sera relativement br&#232;ve. La convention d'armistice impose &#224; la France de remettre en &#233;tat, seule, ses moyens de communication. Pour l'administration des PTT, cela concerne les relations t&#233;l&#233;graphiques, t&#233;l&#233;phoniques et la distribution du courrier. Les forces d'occupation conc&#232;dent au gouvernement de Vichy le retour de certains prisonniers indispensables &#224; cette remise en &#233;tat. Le 12 septembre 1940, le voil&#224; lib&#233;r&#233; pour rejoindre son bureau de poste au 19 rue Duc. Bien s&#251;r, pour obtenir ce pr&#233;cieux certificat, il s'est engag&#233; &#224; &#171; s'abstenir de toute action hostile contre l'Allemagne et les forces arm&#233;es allemandes &#187; et devra pointer deux fois par semaine &#224; la Kommandantur locale. Fran&#231;ois y d&#233;couvre une atmosph&#232;re diff&#233;rente. En effet, les &#171; communications &#187; repr&#233;sentent un int&#233;r&#234;t majeur pour les Allemands (poursuite de la guerre contre l'Angleterre, coordination des troupes dans les territoires occup&#233;s, propagande, etc.). Les PTT sont &#233;troitement contr&#244;l&#233;es par les services du Milit&#228;rbefehlshaber (charg&#233; du maintien de l'ordre en zone occup&#233;e) et leurs personnels instamment &#171; pri&#233;s &#187; d'appliquer la politique de collaboration qu'entame le gouvernement de Vichy. La r&#233;sistance va s'organiser petit &#224; petit. A leurs postes, les personnels peuvent perturber les communications allemandes, d&#233;tourner le courrier, pr&#233;venir les arrestations, faire tra&#238;ner en longueur les travaux de r&#233;parations, renseigner. Ils vont en profiter.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;La gr&#232;ve insurrectionnelle est d&#233;clench&#233;e&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Deux mouvements naissent : Action-PTT (qui deviendra R&#233;sistance PTT) dans les centraux t&#233;l&#233;phoniques et au service des lignes de grande distance ; Lib&#233;ration nationale-PTT dans les bureaux de postes, surtout dans la r&#233;gion parisienne. Fran&#231;ois est mandat&#233; pour conduire la gr&#232;ve insurrectionnelle qui se pr&#233;pare au nom de la CGT. L'&#233;tat-major de R&#233;sistance PTT le nomme responsable du bureau Paris 18 &#224; compter du 11 ao&#251;t. Il participe &#233;galement &#224; la constitution des milices patriotiques des PTT. Le 17 ao&#251;t 1944, il r&#233;unit dans la salle des facteurs tout le personnel pr&#233;sent : la gr&#232;ve insurrectionnelle est d&#233;clench&#233;e ! Seul un chef de service s'y oppose. Il passera plus tard devant la commission d'&#233;puration. Les postiers devront signer une feuille de pr&#233;sence quotidienne. Une prime de 1 000 francs, longuement revendiqu&#233;e, est pay&#233;e &#224; chacun d'entre eux. Les locaux sont prot&#233;g&#233;s. Andr&#233; Tollet, pr&#233;sident du Comit&#233; parisien de lib&#233;ration, viendra s'en assurer. Les milices se lancent dans les combats avec les FFI (Forces fran&#231;aises de l'int&#233;rieur).&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Responsable syndical CGT des PTT&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Outre la sauvegarde des entrep&#244;ts Dufayel, il faut mettre au cr&#233;dit de Fran&#231;ois Christin et de ses hommes la prise de la mairie du 18&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; et du central t&#233;l&#233;phonique Montmartre, la d&#233;fense des locaux des PTT de l'arrondissement et l'attaque de la caserne de Clignancourt attest&#233;es par le lieutenant-colonel Rino Scolari, commandant les FFI du secteur Nord. Apr&#232;s la Lib&#233;ration, Fran&#231;ois Christin reprend son poste au bureau de Paris 18, rue Duc, et y terminera sa carri&#232;re dans les ann&#233;es 1970, fid&#232;le &#224; ses engagements puisqu'il sera longtemps responsable syndical CGT des PTT. Il aura largement m&#233;rit&#233; ses m&#233;dailles, lui qui ne courait pas apr&#232;s les honneurs et se montrait particuli&#232;rement peu bavard sur ses actions pendant la guerre. Jean-Philippe, son petit fils, les conserve pr&#233;cieusement depuis sa disparition, en 1997 &#224; Antony, et aime rappeler la devise de son grand-p&#232;re : &#171; &lt;i&gt;Ceux qui vivent, ce sont ceux qui luttent&lt;/i&gt;. &#187; (Victor Hugo). La r&#233;sistance PTT sera cit&#233;e &#224; l'ordre de l'Arm&#233;e le 16 octobre 1945 (Croix de guerre avec palme). &#8226;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Photo :&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>



</channel>

</rss>
