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	<title>Le 18e du mois</title>
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	<description>Le 18e du mois est un journal d'information sur le 18e arrondissement de Paris, ind&#233;pendant de toute organisation politique, religieuse ou syndicale. Il est &#233;dit&#233; par l'association des Amis du 18e du mois.</description>
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		<title>Le 18&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; du mois</title>
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		<title>Th&#233;&#226;tre : l'Alambic s'&#233;teint</title>
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		<dc:date>2022-06-06T11:46:28Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Emmanuel Lemieux</dc:creator>


		<dc:subject>Article complet</dc:subject>

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&lt;p&gt;Durant 25 ans, un th&#233;&#226;tre de quartier a tenu vaillamment son rang. Les petits trafics, le temps qui passe, un sentiment d'abandon, les plans Vigipirate et le Covid-19 ont eu raison de l'Alambic qui est d&#233;sormais &#224; vendre. &lt;br class='autobr' /&gt; Monsieur Woo sauvera-t-il l'Alambic ? Cela aurait pu &#234;tre, justement, le titre d'une pi&#232;ce de caf&#233;-th&#233;&#226;tre comme il s'en proposait des dizaines en ce lieu depuis une quinzaine d'ann&#233;es, mais c'est une question existentielle. L'agent immobilier, Monsieur Woo, est sur les (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.18dumois.info/+-article-complet-+.html" rel="tag"&gt;Article complet&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.18dumois.info/local/cache-vignettes/L150xH111/arton1306-4b2f8.png?1690765336' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='111' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Durant 25 ans, un th&#233;&#226;tre de quartier a tenu vaillamment son rang. Les petits trafics, le temps qui passe, un sentiment d'abandon, les plans Vigipirate et le Covid-19 ont eu raison de l'Alambic qui est d&#233;sormais &#224; vendre.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Monsieur Woo sauvera-t-il l'Alambic ? Cela aurait pu &#234;tre, justement, le titre d'une pi&#232;ce de caf&#233;-th&#233;&#226;tre comme il s'en proposait des dizaines en ce lieu depuis une quinzaine d'ann&#233;es, mais c'est une question existentielle. L'agent immobilier, Monsieur Woo, est sur les dents depuis deux ans. L'endroit est &#224; vendre. Cent m&#232;tres carr&#233;s, une jauge de cinquante spectateurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lo&#239;s le D&#251; est le dernier propri&#233;taire du th&#233;&#226;tre l'Alambic, pelotonn&#233; depuis un quart de si&#232;cle dans ce segment d&#233;cr&#233;pit de la rue Neuve de la Chardonni&#232;re. Le rez-de-chauss&#233;e du 12, pimpant de briques rouges, fait face &#224; un h&#244;tel social. Depuis que le th&#233;&#226;tre est en sommeil, les grands bacs &#224; fleurs qui encadraient l'entr&#233;e ont &#233;t&#233; &#171; &lt;i&gt;emprunt&#233;s&lt;/i&gt; &#187;, un paquet de petits dealers ou quelques prostitu&#233;es y tiennent r&#233;guli&#232;rement leur colloque. &#171; &lt;i&gt;Oui, c'est un endroit encore assez marqu&#233;, dira-t-on&lt;/i&gt; &#187;, nous d&#233;crit au t&#233;l&#233;phone l'ancien producteur de spectacles qui a pris sa retraite en banlieue parisienne, et ne r&#234;ve plus que de voyages.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;&#201;ric Antoine et ses rires d&#233;ments&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Le premier propri&#233;taire de l'Alambic &#233;tait une pointure de la formation th&#233;&#226;trale : Luc Charpentier. Cet assistant de l'actrice et professeure d'art dramatique Tania Balachova formait depuis 1967 des g&#233;n&#233;rations de com&#233;diens. Et c'est dans cette rue improbable, qu'il a install&#233; sa compagnie dite de l'Alambic, de 1995 au d&#233;but du XXI&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle. Le &#171; &lt;i&gt;Studio th&#233;&#226;tre Alambic&lt;/i&gt; &#187; propose alors une quinzaine de cr&#233;ations contemporaines par an. Le magicien foutraque aux rires d&#233;ments, &#201;ric Antoine, passera quatre ann&#233;es &#224; suivre les cours Charpentier, d&#233;couvrant l'art de la com&#233;die et devenant m&#234;me, de 1997 &#224; 2000, r&#233;gisseur de l'Alambic. On se demande encore comment il a pu caser sa silhouette d&#233;gingand&#233;e de deux m&#232;tres dans un tel cube lilliputien. En 2000 encore, il y proposait &lt;i&gt;Cet amour&lt;/i&gt;, une pi&#232;ce comme un shaker o&#249; il m&#233;langeait-agitait des textes de Pr&#233;vert et Michaux, Vian et Nougaro, Grumberg et Barbara.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alambic saison 2 : il a chang&#233; de main et s'appelle d&#233;sormais &#171; &lt;i&gt;Alambic com&#233;die&lt;/i&gt; &#187;. En 2008 et durant douze ann&#233;es, dans son &#233;crin, Lo&#239;s le D&#251; a construit des petits univers enfantins. La matin&#233;e, il travaillait &#224; Europe 1 comme technicien de reportage &#171; &lt;i&gt;car le th&#233;&#226;tre me nourrissait tr&#232;s moyennement&lt;/i&gt; &#187; ; les apr&#232;s-midi et les d&#233;buts de soir&#233;e, il recevait, avec son &#233;pouse, Rose, le public qui, contre tout a priori, s'aventurait en ces lieux. &#192; la bonne franquette. Les tarifs &#233;taient ajust&#233;s, entre 8 et 18 &#8364;, la client&#232;le, tr&#232;s familiale. Le micro-ondes pour le biberon des b&#233;b&#233;s c&#244;toyait la caisse enregistreuse. On pique-niquait &#224; l'entr&#233;e avant la s&#233;ance. Le th&#233;&#226;tre marquait un point d'honneur &#224; installer confortablement son public, avec de beaux fauteuils rouges qui n'&#233;taient pas au rabais.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;On ne nous a jamais aid&#233;s, z&#233;ro subvention&lt;/i&gt; &#187;, souligne Lo&#239;s le D&#251; avec une certaine fiert&#233;. Et de grincer : &#171; &lt;i&gt;Nous n'int&#233;ressions pas la mairie pour qui les th&#233;&#226;tres et la culture qui comptent ne sont certainement pas dans le quartier du Simplon, mais sur la Butte et &#224; Jules-Joffrin.&lt;/i&gt; &#187; Les scolaires qui d'ordinaire remplissent les salles vides, provenaient non pas du quartier, mais de Bobigny ou de Gagny, fruits de prospections commerciales ou amicales. L'Alambic s'est ing&#233;ni&#233; &#224; trouver des id&#233;es pour maintenir l'entreprise &#224; flot. Comme ces cours de magie pour les enfants, ou des spectacles tr&#232;s courts le samedi, permettant de jouer trois fois en un apr&#232;s-midi - soit cent cinquante spectateurs &#171; &#8230; &#187;. Dans ses souvenirs en vrac, le bouilleur de l'Alambic se souvient aussi d'une m&#233;morable et &#233;mouvante s&#233;ance avec des jeunes, encadr&#233;s par des &#233;ducateurs : &#171; &lt;i&gt;Les &#171; &#233;duc' sp&#233; &#187; les avaient accompagn&#233;s &#224; un festival de rap, et en contrepartie, ils avaient convenu avec eux d'une s&#233;ance de th&#233;&#226;tre, La Cantatrice chauve pour l'occasion.&lt;/i&gt; &#187; En pr&#233;vention, le th&#233;&#226;treux avait demand&#233; &#224; son fils de lui composer des interm&#232;des rap, afin de retenir l'attention des ados. &#171; &lt;i&gt;C'est un tr&#232;s beau souvenir, ces jeunes n'&#233;taient jamais all&#233;s dans un tel endroit et l&#224;, ils r&#233;agissaient avec des commentaires passionn&#233;s et des &#233;tonnements spontan&#233;s. &#192; la fin, je les ai remerci&#233;s, un par un, d'&#234;tre venus au th&#233;&#226;tre.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Que va devenir Gabilolo ?&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Mais plus que Ionesco, Feydeau, Musset, les fables du Moyen-Age ou celles de La Fontaine qui eurent droit de citation, ce sont des cr&#233;ations du caf&#233;-th&#233;&#226;tre qui ont estampill&#233; l'&#233;pop&#233;e de ce confetti de com&#233;die. &#171; &lt;i&gt;Des pi&#232;ces qui ont &#233;t&#233; &#233;crites, pens&#233;es et jou&#233;es &#224; l'Alambic le sont encore dans d'autres salles, &#224; Montparnasse notamment, au Th&#233;&#226;tre d'Edgar comme Amants &#224; mi-temps&lt;/i&gt; &#187;, s'emballe Lo&#239;s le D&#251;. &lt;i&gt;Qui aime bien, trahit bien !&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;Mes meilleurs ennuis&lt;/i&gt; ou &lt;i&gt;Venise sous la neige&lt;/i&gt; ont tricot&#233; des petites gloires de planches et de seul-en-sc&#232;ne. Des spectacles off d'Avignon s'y sont aussi produits. Des signatures d'auteurs et de metteurs en sc&#232;ne, exerc&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais la star qui irradie encore ces murs, c'est Gabilolo. Pour les b&#233;otiens qui ne conna&#238;traient pas Gabilolo, ce clown aux cheveux et nez rouge a &#233;t&#233; cr&#233;&#233; en 1975 par Catherine Degay-Blonde. Durant des ann&#233;es, il a tenu le haut de l'affiche des Blancs-Manteaux, fait les d&#233;lices de T&#233;l&#233;rama et a fini par migrer dans le 18&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; arrondissement, pour la plus grande joie (un peu hyst&#233;rique, il faut l'admettre) des gamins et du directeur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Fondus de com&#233;dies, Rose et Lo&#239;s d&#233;centralisaient l'Alambic l'&#233;t&#233;, &#171; &lt;i&gt;des cr&#233;ations d'ici &#233;taient interpr&#233;t&#233;es au festival de Loctudy que nous avons lanc&#233; avec une association de b&#233;n&#233;voles&lt;/i&gt; &#187;, leur Avignon &#224; eux. Et puis ces derni&#232;res ann&#233;es, l'Alambic a d&#251; encaisser, outre une certaine lassitude des incivilit&#233;s, les gr&#232;ves des transports, les obligations des plans Vigipirate et last but not least, les sournoiseries d'un petit virus. La derni&#232;re de l'Alambic s'est faite &#224; la va-vite, entre quinte de toux suspecte et masques FFP2.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;Bien s&#251;r, j'aimerais que le repreneur des murs soit dans la m&#234;me logique d'activit&#233;, mais rien n'est moins s&#251;r&lt;/i&gt; &#187;, explique Lo&#239;s le D&#251; qui a pris soin de d&#233;boulonner les fauteuils, d&#233;c&#226;bler et d&#233;monter la r&#233;gie. Quoi qu'il en soit, le futur repreneur tirera la grille sur une &#233;poque. &#201; finita la commedia. Rideau.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Photo : D.R.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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