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	<title>Le 18e du mois</title>
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	<description>Le 18e du mois est un journal d'information sur le 18e arrondissement de Paris, ind&#233;pendant de toute organisation politique, religieuse ou syndicale. Il est &#233;dit&#233; par l'association des Amis du 18e du mois.</description>
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		<title>Le 18&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; du mois</title>
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		<title>Soldats am&#233;ricains, les dessous de la lib&#233;ration</title>
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		<dc:date>2021-10-05T17:08:26Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Annick Amar</dc:creator>



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&lt;p&gt;Quelques mois apr&#232;s l'accueil enthousiaste r&#233;serv&#233; par les Parisiens aux lib&#233;rateurs venus d'outre-Atlantique, les relations avec les habitants se d&#233;gradent, faisant place &#224; la d&#233;fiance et &#224; la col&#232;re. En cause, certains graves &#233;carts de conduite des G.I.'s. Dans le 18&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt;, les anciens Grands Magasins Dufayel ont servi de camp d'h&#233;bergement aux soldats am&#233;ricains. &lt;br class='autobr' /&gt; Le 25 ao&#251;t 1944, c'est la Lib&#233;ration de Paris. Les soldats am&#233;ricains stationn&#233;s dans Paris font partie de la &#171; Seine Section &#187;. (&#8230;)&lt;/p&gt;


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 <content:encoded>&lt;img src='https://www.18dumois.info/local/cache-vignettes/L150xH121/arton1206-15358.jpg?1690376304' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='121' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Quelques mois apr&#232;s l'accueil enthousiaste r&#233;serv&#233; par les Parisiens aux lib&#233;rateurs venus d'outre-Atlantique, les relations avec les habitants se d&#233;gradent, faisant place &#224; la d&#233;fiance et &#224; la col&#232;re. En cause, certains graves &#233;carts de conduite des G.I.'s. Dans le 18&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt;, les anciens Grands Magasins Dufayel ont servi de camp d'h&#233;bergement aux soldats am&#233;ricains.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Le 25 ao&#251;t 1944, c'est la Lib&#233;ration de Paris. Les soldats am&#233;ricains stationn&#233;s dans Paris font partie de la &#171; &lt;i&gt;Seine Section&lt;/i&gt; &#187;. Ils sont environ 35 000. En septembre 1944, l'&#233;tat-major de l'arm&#233;e am&#233;ricaine d&#233;cide de s'installer dans les anciens Grands Magasins Dufayel. La police militaire am&#233;ricaine assure, dans un premier temps, la surveillance des locaux puis emporte par camions entiers, le mat&#233;riel abandonn&#233; par les Allemands. Les lieux vont bient&#244;t devenir l'un des entrep&#244;ts de la Croix-Rouge am&#233;ricaine. Pendant la guerre, celle-ci a exp&#233;di&#233; vers l'Europe 27 000 000 de colis-standards destin&#233;s aux prisonniers de guerre ou intern&#233;s civils am&#233;ricains mais aussi aux prisonniers de guerre alli&#233;s. Ils contiennent des vivres, des produits di&#233;t&#233;tiques, des m&#233;dicaments, des cigarettes&#8230; A la Lib&#233;ration, les repr&#233;sentants de la Croix-Rouge am&#233;ricaine remettent aux autorit&#233;s militaires alli&#233;es, les stocks disponibles de colis-standards de secours.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Entre fin 1944 et d&#233;but 1946, les Grands Magasins Dufayel se transforment en un camp d'h&#233;bergement pour les soldats am&#233;ricains appel&#233;s d&#233;sormais les G.I.'s. En effet, depuis la Seconde Guerre mondiale, les soldats am&#233;ricains se d&#233;signent eux-m&#234;mes par ce terme. Il s'agit de l'abr&#233;viation de l'anglais &#171; &lt;i&gt;galvanized iron&lt;/i&gt; &#187;, en fran&#231;ais fer galvanis&#233;, mat&#233;riau &#224; partir duquel les poubelles et les seaux de l'arm&#233;e am&#233;ricaine &#233;taient fabriqu&#233;s, au d&#233;but du XX&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle. A l'instar des &#171; &lt;i&gt;camps cigarettes&lt;/i&gt; &#187; construits en Seine-Maritime &#224; partir de d&#233;cembre 1944, les magasins deviennent un camp de transit pour les G.I.'s venant d'arriver &#224; Paris ou dans l'attente d'&#234;tre d&#233;mobilis&#233;s et de regagner les &#201;tats-Unis ou une autre affectation. Ces camps fonctionnent comme de v&#233;ritables villes am&#233;ricaines et disposent de toute l'infrastructure n&#233;cessaire : mess de restauration, nourriture am&#233;ricaine, drugstores, bureau de poste et t&#233;l&#233;graphe, services m&#233;dicaux et administratifs, bars, cin&#233;mas, bordels&#8230; et m&#234;me des chapelles, en fonction de la religion des soldats. Dans le camp Dufayel, les G.I.'s dorment dans de grands dortoirs tr&#232;s bruyants et des comp&#233;titions de basket-ball sont organis&#233;es dans l'ancien gymnase. La M.P., police militaire am&#233;ricaine, y a aussi un bureau.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;R&#233;fl&#233;chissez-bien avant d'&#233;pouser une Fran&#231;aise !&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;En 1944, avant le d&#233;barquement en Normandie, l'arm&#233;e am&#233;ricaine distribue &#224; ses soldats l'ouvrage &#171; &lt;i&gt;A Pocket Guide to France&lt;/i&gt; &#187; afin qu'ils apprennent &#224; mieux conna&#238;tre leurs alli&#233;s fran&#231;ais. Ce manuel d&#233;livre des &#171; &lt;i&gt;conseils&lt;/i&gt; &#187; aux G.I.'s par exemple : &#171; &lt;i&gt;Ne froissez pas les Fran&#231;ais car ils sont fiers et individualistes&lt;/i&gt; &#187; ; &#171; &lt;i&gt;Adaptez-vous &#224; la France en ne parlant surtout pas d'argent&lt;/i&gt; &#187; ou encore &#171; &lt;i&gt;R&#233;fl&#233;chissez-bien avant d'&#233;pouser une Fran&#231;aise !&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En effet, en totale contradiction avec sa d&#233;marche fraternelle, l'arm&#233;e am&#233;ricaine n'est pas tr&#232;s favorable aux mariages franco-am&#233;ricains et fait donc tout pour dissuader les soldats d'envisager la noce. Pour ce faire, elle leur rappelle que &#171; &lt;i&gt;la France est un pays frivole o&#249; l'on peut aborder les femmes avec des clins d'&#339;il coquins et des tapes discr&#232;tes sur les fesses.&lt;/i&gt; &#187; Cette image l&#233;g&#232;re des Fran&#231;aises est aussi fortement v&#233;hicul&#233;e par le quotidien de l'arm&#233;e am&#233;ricaine &#171; &lt;i&gt;The Stars and Stripes&lt;/i&gt; &#187; qui explique m&#234;me aux G.I.'s comment prononcer des phrases telles que &#171; &lt;i&gt;Tu es tr&#232;s belle !&lt;/i&gt; &#187; et &lt;i&gt;Est-ce que tes parents sont &#224; la maison ?&lt;/i&gt;&#171; . Cette r&#233;putation de femmes faciles proviendrait de &#187;&lt;i&gt;t&#233;moignages&lt;/i&gt;&#034; de v&#233;t&#233;rans am&#233;ricains de la Premi&#232;re Guerre, pour lesquels Paris fut avant tout le symbole de la sensualit&#233;, avec son Moulin Rouge, Pigalle et ses cabarets.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans la joie de la Lib&#233;ration, les femmes sont tout de suite s&#233;duites par les G.I.'s aux beaux uniformes kaki. Certains sont invit&#233;s &#224; d&#233;jeuner ou &#224; d&#238;ner dans des familles fran&#231;aises. Des bals sont organis&#233;s par la Croix-Rouge am&#233;ricaine. De nombreuses Fran&#231;aises sont employ&#233;es par l'US Army. Et parfois, c'est le hasard qui joue les entremetteurs. Ainsi, en 1945, Roger J. Lantagne, un infirmier militaire, log&#233; dans le camp Dufayel, pendant une permission de trois jours &#224; Paris, juste avant d'&#234;tre rapatri&#233; aux Etats-Unis, rencontre sa future femme Myriam, dans une rame de m&#233;tro bond&#233;e du 18&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; arrondissement. Il l'aborde en lui disant simplement &#171; &lt;i&gt;Il y a beaucoup de monde, vous &#234;tes debout et moi, je suis assis. Voulez-vous avoir mon si&#232;ge ?&lt;/i&gt; &#187;. Deux ans apr&#232;s, ils se marient et vivent en France pendant 47 ans. Apr&#232;s la Seconde Guerre mondiale, environ 6 500 Fran&#231;aises se marient avec des G.I.'s. On les appelle les &#171; &lt;i&gt;War Brides&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Face &#224; cette situation, le 28 d&#233;cembre 1945, le Congr&#232;s am&#233;ricain adopte la loi &#171; &lt;i&gt;War Brides Act&lt;/i&gt; &#187;. Ce texte autorise les jeunes mari&#233;es &#233;trang&#232;res &#224; entrer aux Etats-Unis avec un visa d'immigrantes avec prise en charge de leur voyage et formation acc&#233;l&#233;r&#233;e &#224; la citoyennet&#233; am&#233;ricaine. Avant d'&#233;migrer aux USA, les &#233;pouses de guerre sont envoy&#233;es, quelques jours, dans des &#171; &lt;i&gt;camps cigarettes&lt;/i&gt; &#187; o&#249; elles doivent pr&#233;alablement passer une visite m&#233;dicale obligatoire et r&#233;dhibitoire ! Sur les 6 500 &#233;pouses de guerre, moins de 200 retourneront, seules, vivre en France.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Viols, vols et trafics de guerre &lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Fin 1945, les relations entre les militaires am&#233;ricains et la population fran&#231;aise se sont progressivement d&#233;grad&#233;es. La reconnaissance et l'admiration ont laiss&#233; place &#224; la d&#233;fiance et &#224; la col&#232;re, en raison de la conduite scandaleuse voire criminelle de certains militaires am&#233;ricains qui entache l'image de l'US Army.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Entre juin 1944 et la fin de la guerre, des milliers de viols sont notamment commis en Normandie, par des G.I.'s blancs et noirs. La justice militaire am&#233;ricaine d&#233;cide de s&#233;vir. Les soldats noirs sont davantage condamn&#233;s &#224; la perp&#233;tuit&#233; et &#224; la pendaison que les blancs alors qu'ils ne repr&#233;sentent que 10 % des effectifs ! Le viol n'est, bien s&#251;r, pas l'apanage des Am&#233;ricains car de nombreux viols sont commis par les soldats de tous les bords et sur tous les fronts : les Nazis, dans les territoires occup&#233;s, l'Arm&#233;e Rouge en Allemagne, les Fran&#231;ais en Italie et en Allemagne et les Japonais en Cor&#233;e et en Chine&#8230; A Paris, des attaques &#224; main arm&#233;e en jeeps, des agressions, des enl&#232;vements, des coups de feu se multiplient, notamment &#224; Montmartre, et inqui&#232;tent la population. A Pigalle, quatre prostitu&#233;es sont tu&#233;es par des G.I.'s. Le commandement am&#233;ricain qui a d&#233;cid&#233; de ralentir la d&#233;mobilisation de ses soldats, afin d'assurer un effectif minimal dans la capitale, avance l'explication suivante : &#171; &lt;i&gt;Des gens loin de chez eux, avec le mal du pays et d'autres qui sont chez eux, trop pr&#232;s les uns des autres&lt;/i&gt; &#187;. Depuis plusieurs ann&#233;es, pour faire face &#224; la p&#233;nurie de nourriture qui touche tout le pays, les Fran&#231;ais se sont tourn&#233;s vers le march&#233; noir en faisant notamment affaire&#8230; avec des soldats am&#233;ricains. En effet, des G.I.'s peu scrupuleux revendent les surplus alimentaires de leurs cantines militaires. Dans le quartier de la Goutte d'Or, des soldats, log&#233;s au camp Dufayel, vendent par exemple des rations alimentaires et des cigarettes am&#233;ricaines aux ouvriers nord-africains venant de s'installer. Cette &#233;conomie souterraine va favoriser l'accumulation de certaines fortunes et les conditions d'un r&#233;investissement local dans l'achat de fonds de commerce.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;&#171; We want to go home ! &#187;&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Nombre de Fran&#231;ais souhaitent, d&#233;sormais, le d&#233;part des Am&#233;ricains qui veulent tout autant rentrer chez eux. Ainsi, le 9 janvier 1946, un cort&#232;ge de plusieurs centaines de G.I.'s manifeste sur les Champs-Elys&#233;es, par rang de huit, en scandant &#171; &lt;i&gt;We want to go home ! We want to go home !&lt;/i&gt; &#187;. Le rapatriement des Am&#233;ricains ne commencera, officiellement, qu'en f&#233;vrier 1946.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les immeubles r&#233;quisitionn&#233;s par l'arm&#233;e am&#233;ricaine ont peu &#224; peu &#233;t&#233; rendus aux autorit&#233;s fran&#231;aises, &#224; partir de la fin 1945. Ces derni&#232;res saisissent cette occasion pour all&#233;ger la crise du logement. En mars 1947, le s&#233;nateur Germain Pontille propose dans une r&#233;solution que soient regroup&#233;s, dans les anciens Grands Magasins Dufayel, r&#233;cemment &#233;vacu&#233;s par l'arm&#233;e am&#233;ricaine, des services administratifs publics ou priv&#233;s afin de lib&#233;rer des locaux habitables. En 1951, la Banque nationale pour le commerce et l'industrie (BNCI) y installe ses services centraux.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Photo : Roger Schall/mus&#233;e Carnavalet/Roger Viollet&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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