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	<title>Le 18e du mois</title>
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	<description>Le 18e du mois est un journal d'information sur le 18e arrondissement de Paris, ind&#233;pendant de toute organisation politique, religieuse ou syndicale. Il est &#233;dit&#233; par l'association des Amis du 18e du mois.</description>
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		<title>Le 18&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; du mois</title>
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		<title>Elle court, elle court, l'infirmi&#232;re</title>
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		<dc:creator>No&#235;l Bouttier</dc:creator>



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&lt;p&gt;Rencontre avec Fatoumata Sankhar&#233;, athl&#232;te de haut niveau qui a commenc&#233; &#224; courir &#224; la trentaine, sans jamais l&#226;cher son m&#233;tier d'infirmi&#232;re. &lt;br class='autobr' /&gt; A quoi se joue un destin ? Au hasard ? A des rencontres ? A un mouvement de r&#233;action, voire de r&#233;bellion ? Quand on &#233;coute Fatoumata Sankhar&#233;, on se pose ce genre de questions. Cette femme de 41 ans d&#233;gage une telle &#233;nergie, une telle force int&#233;rieure qu'on aimerait percer le myst&#232;re de cette vie multiple. &lt;br class='autobr' /&gt;
Fatoumata na&#238;t &#224; Lariboisi&#232;re, le 21 (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.18dumois.info/-les-gens-1184-.html" rel="directory"&gt;Les Gens&lt;/a&gt;


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 <content:encoded>&lt;img src='https://www.18dumois.info/local/cache-vignettes/L150xH104/arton1162-4a395.jpg?1787829602' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='104' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Rencontre avec Fatoumata Sankhar&#233;, athl&#232;te de haut niveau qui a commenc&#233; &#224; courir &#224; la trentaine, sans jamais l&#226;cher son m&#233;tier d'infirmi&#232;re.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;A quoi se joue un destin ? Au hasard ? A des rencontres ? A un mouvement de r&#233;action, voire de r&#233;bellion ? Quand on &#233;coute Fatoumata Sankhar&#233;, on se pose ce genre de questions. Cette femme de 41 ans d&#233;gage une telle &#233;nergie, une telle force int&#233;rieure qu'on aimerait percer le myst&#232;re de cette vie multiple.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Fatoumata na&#238;t &#224; Lariboisi&#232;re, le 21 novembre 1979. Ses deux parents sont Mauritaniens, immigr&#233;s. Le p&#232;re, &#233;boueur, est arriv&#233; en France dans les ann&#233;es 60, sa femme l'a rejoint au milieu des ann&#233;es 1970 et ils ont construit une famille nombreuse qui a toujours v&#233;cu au 124 rue des Poissonniers en HLM. Une enfance pas tr&#232;s studieuse, pas tr&#232;s tranquille, pourrait-on dire. &#171; &lt;i&gt;Je ne m'int&#233;ressais pas &#224; l'&#233;cole. J'avais simplement envie de danser&lt;/i&gt; &#187;, dit-elle franchement. Scolairement, &#231;a ne marche pas fort. Elle atterrit en section d'&#233;ducation sp&#233;cialis&#233;e (futures Segpa) destin&#233;e &#224; ceux qui ne trouvent pas leur place &#224; l'&#233;cole. Sans vraiment choisir, elle pr&#233;pare un CAP hygi&#232;ne et maintenance et dans ce cadre, d&#233;couvre le monde de l'h&#244;pital. &#171; &lt;i&gt;Dans ces sections, il n'y a pas place pour le r&#234;ve&lt;/i&gt; &#187;, regrette-t-elle. Pourtant, Fatoumata voit loin, voit haut. Son r&#234;ve ? Devenir infirmi&#232;re comme celles qu'elle c&#244;toie lors des stages. Mais personne ne la prend au s&#233;rieux. &#171; &lt;i&gt;Quand j'ai dit que je voulais &#234;tre infirmi&#232;re, mes professeurs m'ont rigol&#233; au nez&lt;/i&gt; &#187;, confie-t-elle, encore bless&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un autre &#233;v&#233;nement va changer le cours de sa vie. A l'&#226;ge de 15-16 ans, elle se retrouve en garde &#224; vue et est mise en relation avec des religieuses qui tiennent un lieu d'accueil pour filles mineures. &#171; &lt;i&gt;Elles ont &#233;t&#233; bienveillantes mais m'ont fermement press&#233;e de ne pas revenir ici. Cela a &#233;t&#233; un vrai &#233;lectrochoc pour moi&lt;/i&gt; &#187;, explique-t-elle. L'&#233;poque est compliqu&#233;e : elle &#233;chappe &#224; un mariage forc&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Infirmi&#232;re, un r&#234;ve... r&#233;alis&#233;&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Mais c'est d&#233;cid&#233;, elle sera ma&#238;tresse de son destin. Ni les parents, ni les professeurs ne lui dicteront ses choix. Travaillant d'arrache-pied, elle aligne les succ&#232;s. Apr&#232;s son CAP, la voil&#224; obtenant un BEP carri&#232;res sanitaires et sociales. Pour &#234;tre admise en &#233;tudes d'infirmi&#232;re, il faut le bac ou son &#233;quivalent. &#171; &lt;i&gt;J'ai travaill&#233; dur pour &#234;tre major en 1&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;re&lt;/sup&gt; d'adaptation au lyc&#233;e Rabelais.&lt;/i&gt; &#187; Elle peut, d&#232;s lors, suivre sa formation d'infirmi&#232;re. La voil&#224; dipl&#244;m&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Elle int&#232;gre l'h&#244;pital Bichat, toujours dans le 18&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt;, et choisit de travailler la nuit. &#171; &lt;i&gt;L'h&#244;pital, les patients, sont diff&#233;rents la nuit. On a davantage le temps de prendre en charge les personnes. M&#234;me si c'est vrai que la nuit &#233;puise&lt;/i&gt; &#187;, raconte-t-elle. La jeune dipl&#244;m&#233;e commence par travailler aux urgences. &#171; &lt;i&gt;J'ai pris une grosse claque. La population est tr&#232;s pr&#233;caire, cela a &#233;t&#233; violent&lt;/i&gt; &#187;, se souvient-elle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Fatoumata raconte que l'h&#244;pital &#233;tait plus qu'un lieu de travail pour elle : une sorte de refuge pour ne pas &#234;tre toujours chez ses parents qu'elle n'avait pas encore quitt&#233;s. Apr&#232;s une quinzaine d'ann&#233;es aux urgences, elle change de poste pour devenir infirmi&#232;re polyvalente, intervenant dans les diff&#233;rents services en fonction des besoins. Toujours de nuit.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Des chronos&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;A 32 ans, sa vie s'enrichit d'une nouvelle dimension. &#171; &lt;i&gt;A Bichat, il y avait un infirmier qui courait. Il m'a dit : cela va te faire du bien.&lt;/i&gt; &#187; Elle se lance &#224; l'assaut des 15 kilom&#232;tres de Charenton et obtient un tr&#232;s bon chrono sans aucun entra&#238;nement : 1 h 08. &#171; &lt;i&gt;Ce jour-l&#224;, raconte-t-elle, un vieux monsieur vient me voir &#224; la fin de la course. C'est Daniel Milly, un entra&#238;neur au Stade fran&#231;ais, qui me propose de le rejoindre dans ce club.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En fait, la course n'arrive pas tout &#224; fait par hasard dans sa vie. &#171; &lt;i&gt;Quand j'&#233;tais petite, j'adorais courir, mais mes parents me l'interdisaient&lt;/i&gt; &#187;, raconte-t-elle. &#171; &lt;i&gt;Plus tard, quand je faisais mes &#233;tudes d'infirmi&#232;re, j'avais besoin de courir dans ma chambre de 10 m&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;2&lt;/sup&gt;. J'avais trop honte de mon corps pour aller courir dehors.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut dire que le sport est une institution dans la famille Sankhar&#233;. Deux de ses fr&#232;res, Aboubacar et Sadio, &#233;voluent dans le milieu du football professionnel. Fatoumata s'entra&#238;ne assid&#251;ment, jonglant avec ses gardes &#224; l'h&#244;pital. Elle se retrouve sous les couleurs du Stade fran&#231;ais, mais court &#233;galement dans le cadre de la F&#233;d&#233;ration sportive et gymnique du travail (FSGT) pour l'Union sportive multisections audonienne (USMA).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En termes de distances, elle &#233;volue au fil des ann&#233;es passant du 800 au 5 000 m&#232;tres. Elle participe au championnat de France sur 5 000. Mais &#224; partir de 2015, elle choisit d'augmenter les distances et de courir sur 10 km puis sur 20 km, avant de s'aligner sur les marathons. Ses performances sont remarquables apr&#232;s si peu d'ann&#233;es d'entra&#238;nement. Aux 20 km de Paris, en 2018, elle se classe 8&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt;. Pour son premier Marathon de Paris, en 2019, elle est la 9&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; femme avec 3 h 02 (contre 2h22 pour la gagnante). Son meilleur temps actuel sur cette distance mythique de 42,195 km est de 2 h 52.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour parfaire son entra&#238;nement, Fatoumata a pris l'habitude, avec le soutien de la soci&#233;t&#233; Home financement (son seul sponsor), d'aller s'entra&#238;ner pendant ses cong&#233;s sur les plateaux &#233;thiopiens l&#224; o&#249; naissent des flop&#233;es de coureurs au chronos insolents. &#171; &lt;i&gt;J'ai d&#233;couvert la culture &#233;thiopienne. Je suis chez moi l&#224;-bas. Tout le monde court&lt;/i&gt; &#187;, raconte-t-elle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Son ascension rapide, son charisme, ont suscit&#233; bien des jalousies, des suspicions de dopage, etc. &#171; &lt;i&gt;Ce qui m'a fait tenir, explique-t-elle, ce sont mes grands fr&#232;res, les coll&#232;gues de boulot et maintenant mon mari [Fr&#233;d&#233;ric Belouze, pr&#233;parateur marathon au Stade fran&#231;ais NDLR]. L'athl&#233;tisme, c'est un monde de requins&lt;/i&gt; &#187;, estime-t-elle. Et d'ajouter : &#171; &lt;i&gt;Mon parcours de vie m'a aid&#233; dans ces &#233;preuves. Je suis croyante en quelque chose qu'on pourrait nommer l'&#233;nergie de l'amour.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette derni&#232;re ann&#233;e a &#233;t&#233; &#233;prouvante aussi bien pour l'infirmi&#232;re, submerg&#233;e de travail et de drames, que pour la sportive, emp&#234;ch&#233;e de s'entra&#238;ner. Et pour couronner le tout, elle a &#233;t&#233; touch&#233;e par la Covid. Mais elle compte bien repartir &#224; l'assaut de nouveaux chronos. Sa r&#233;f&#233;rence, c'est Alain Mimoun, le marathonien de l&#233;gende qui a couru jusqu'&#224; ses 93 ans. On a encore le temps d'entendre parler de Fatoumata Sankhar&#233; !&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Photo : Jean-Claude N'Diaye&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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