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	<title>Le 18e du mois</title>
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	<description>Le 18e du mois est un journal d'information sur le 18e arrondissement de Paris, ind&#233;pendant de toute organisation politique, religieuse ou syndicale. Il est &#233;dit&#233; par l'association des Amis du 18e du mois.</description>
	<language>fr</language>
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		<title>Le 18&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; du mois</title>
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		<title>La Commune de Paris : le temps d'une chanson</title>
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		<dc:date>2021-04-30T16:31:20Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Philippe Darriulat</dc:creator>



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&lt;p&gt;Cet article est le dernier de trois consacr&#233;s &#224; la Commune. Apr&#232;s le r&#244;le primordial jou&#233; par les femmes pendant ces soixante-douze jours d'insurrection, voir le num&#233;ro de mars, et la place des images sous forme de caricatures, dessins ou photos ; num&#233;ro d'avril, cette s&#233;rie s'ach&#232;ve en chansons et sur la m&#233;moire sonore d'une &#233;poque. Certaines ont franchi les ans et t&#233;moignent encore de ce moment exceptionnel qui dura si peu mais qui marqua si fort la m&#233;moire collective. &lt;br class='autobr' /&gt; &#171; Dans les (&#8230;)&lt;/p&gt;


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 <content:encoded>&lt;img src='https://www.18dumois.info/local/cache-vignettes/L150xH107/arton1147-7a504.jpg?1689943107' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='107' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Cet article est le dernier de trois consacr&#233;s &#224; la Commune. Apr&#232;s le r&#244;le primordial jou&#233; par les femmes pendant ces soixante-douze jours d'insurrection, voir le num&#233;ro de mars, et la place des images sous forme de caricatures, dessins ou photos ; num&#233;ro d'avril, cette s&#233;rie s'ach&#232;ve en chansons et sur la m&#233;moire sonore d'une &#233;poque. Certaines ont franchi les ans et t&#233;moignent encore de ce moment exceptionnel qui dura si peu mais qui marqua si fort la m&#233;moire collective.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;Dans les veill&#233;es des armes, au temps du si&#232;ge et de la Commune, on chantait souvent&lt;/i&gt; &#187; se souvint Louise Michel lorsqu'elle r&#233;digea ses M&#233;moires. Il n'y a rien d'&#233;tonnant &#224; cela : en ce 19&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle, la chanson accompagnait toutes les formes de rassemblements et de sociabilit&#233;s politiques, festives ou d'ordre priv&#233;. Alors, forc&#233;ment, on chantait &#233;galement sur les barricades de la Commune de Paris. D'ailleurs, parmi les insurg&#233;s, nombreux &#233;taient celles et ceux qui s'essay&#232;rent &#224; la r&#233;daction de couplets, Louise Michel elle-m&#234;me ou, bien s&#251;r, Jean-Baptiste Cl&#233;ment, auteur reconnu de textes destin&#233;s aux salles de caf&#233;s-concerts et &#233;lu au Comit&#233; de vigilance de la Commune pour le 18&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; arrondissement. Ils furent pourtant loin d'&#234;tre les seuls. Il existait en effet, depuis la chute de Napol&#233;on, une tradition chansonni&#232;re bien ancr&#233;e dans le monde des ouvriers parisiens, les goguettes,&lt;br class='autobr' /&gt;
des soci&#233;t&#233;s chantantes populaires qui fleurirent dans la capitale entre 1817 et 1849. Elles pouvaient r&#233;unir, chaque semaine, dans le local d'un d&#233;bit de boisson, plusieurs milliers d'ouvriers venus pr&#233;senter des chansons qu'ils avaient &#233;crites et qu'ils proposaient d'interpr&#233;ter sur un &#171; &lt;i&gt;air connu&lt;/i&gt; &#187;. Sous le Second Empire, les caf&#233;s-concerts, o&#249; l'on &#233;coutait, en buvant &#171; &lt;i&gt;chopine&lt;/i&gt; &#187;, une chanteuse professionnelle entonner des compositions originales, &#233;taient devenus le loisir pr&#233;f&#233;r&#233; des ouvriers parisiens. Nombre des auteurs qui &#233;crivaient pour ces salles prirent part &#224; l'insurrection de 1871 : Jean-Baptiste Cl&#233;ment bien s&#251;r, mais on pourrait &#233;galement citer Paul Burani (pseudonyme de Pierre-Urbain Roucoux), Isch-Wall (pseudonyme de Alfred Wall) ou Antonin Louis. Tous trois &#233;taient membres de la F&#233;d&#233;ration de la Commune des auteurs et artistes des th&#233;&#226;tres et concerts.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Une m&#233;moire en chansons&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Cela explique s&#251;rement en partie que la m&#233;moire de la Commune de Paris ait si souvent &#233;t&#233; chansonni&#232;re. De Marc Ogeret, en passant par les disques publi&#233;s &#224; l'occasion du centenaire &#224; La Commune en chantant avec des titres interpr&#233;t&#233;s par Mouloudji, Francesca Solleville et Armand Mestral, ou La Commune de Jean Ferrat sur un texte de Georges Coulonges&#8230; des chansons ont tr&#232;s souvent &#233;t&#233; associ&#233;es &#224; la r&#233;volution de 1871. Parfois aussi, des textes de fiction purent mettre en sc&#232;ne des &#233;pisodes chantant, pensons au &lt;i&gt;Cri du peuple&lt;/i&gt;, bande dessin&#233;e de Jacques Tardi et Jean Vautrin, avec son personnage de Caf'conc' interpr&#233;tant &#224; tue-t&#234;te &lt;i&gt;La Canaille&lt;/i&gt; d'Alexis Bouvier, face aux soldats venus r&#233;cup&#233;rer les Canons du 18 mars. Notons au passage que cette chanson a souvent &#233;t&#233; associ&#233;e &#224; tort &#224; la Commune, alors qu'il s'agit d'un succ&#232;s de caf&#233;-concert, &#233;crit en 1866, autoris&#233; par la vigilante censure imp&#233;riale et interpr&#233;t&#233; au mois de d&#233;cembre aux Concerts B&#233;ranger. Une confusion que nous retrouvons aussi avec &lt;i&gt;Le Temps des cerises&lt;/i&gt;, le plus c&#233;l&#232;bre titre de Jean-Baptiste Cl&#233;ment, pr&#233;sent&#233; &#224; l'Eldorado en 1867, mais d&#233;di&#233;, en 1885, &#224; &#171; &lt;i&gt;Louise&lt;/i&gt; &#187;, une ambulanci&#232;re pr&#233;sente le 28 mai 1871 sur la derni&#232;re barricade de la Commune. Lorsqu'ils furent &#233;crits, les vers du &lt;i&gt;Temps des cerises&lt;/i&gt; faisaient r&#233;f&#233;rence au temps des amours, pas &#224; celui de l'insurrection.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Chansons r&#233;volutionnaires&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;On chantait donc, pendant la Commune de Paris. Mais que chantait-on exactement ? Certainement pas que des chansons politiques. Partager des refrains que l'on appr&#233;ciait particuli&#232;rement &#233;tait une activit&#233; courante &#224; laquelle l'insurrection ne pouvait mettre un terme. Lorsque l'on reprenait en ch&#339;ur des chansons partisanes, celles-ci ne faisaient pas non plus forc&#233;ment r&#233;f&#233;rence &#224; l'actualit&#233;. On continuait &#224; entonner les airs de la r&#233;volution de 1848 ou des hymnes r&#233;publicains &#8211; &#224; l'instar de &lt;i&gt;La Marseillaise&lt;/i&gt;, du &lt;i&gt;Chant du d&#233;part&lt;/i&gt; ou de &lt;i&gt;La Carmagnole&lt;/i&gt; &#8211; qui, au lendemain de la chute de l'Empire, n'avaient encore rien perdu de leur caract&#232;re subversif.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On chantait aussi s&#251;rement de nombreux titres faisant r&#233;f&#233;rence aux &#233;v&#233;nements en cours que l'on avait entendus en soir&#233;e dans les salles des caf&#233;s-concerts (elles rest&#232;rent ouvertes pendant toute la p&#233;riode du si&#232;ge de Paris) mais aussi des compositions d'acteurs de l'insurrection. Tous ces titres pouvaient &#234;tre repris, sur les barricades, dans les r&#233;unions des clubs, sur les lieux de travail ou dans les boutiques des &#171; &lt;i&gt;marchands de vin&lt;/i&gt; &#187; (c'est ainsi que l'on appelait alors les d&#233;bits de boisson populaires) o&#249; l'on se r&#233;unissait entre amis. Il nous est possible d'en retrouver la trace. Certains ont &#233;t&#233; imprim&#233;s, d'autres furent publi&#233;s dans les nombreux journaux qui paraissaient alors et plusieurs, recopi&#233;s par des amateurs, ont &#233;t&#233; conserv&#233;s sous une forme manuscrite dans des fonds d'archives.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Badinguet, l'empereur d&#233;chu&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;D&#232;s le 4 septembre 1870, lorsque L&#233;on Gambetta, &#224; l'annonce de la d&#233;faite de Sedan, proclama la R&#233;publique, les chansonniers, lib&#233;r&#233;s de la censure de l'Empire, multipli&#232;rent les refrains visant &#224; ridiculiser Napol&#233;on III. La plus c&#233;l&#232;bre de ces chansons, celle qui rencontra le plus important succ&#232;s populaire, &#233;tait une &#339;uvre de Paul Burani. Son &lt;i&gt;Sire de Fisch Ton Kan&lt;/i&gt;, sur une musique d'Antonin Louis, connut un triomphe au Cirque national et &#224; L'Ambigu :&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;V'la le sir' de Fisch-ton-Kan&lt;br class='autobr' /&gt;
Qui s'en va-t-en guerre,&lt;br class='autobr' /&gt;
En deux temps et trois mouv'ments,&lt;br class='autobr' /&gt;
Badinguet, fisch'ton camp,&lt;br class='autobr' /&gt;
L'p&#232;r', la m&#232;r', Badingue,&lt;br class='autobr' /&gt;
A deux sous tout l'paquet,&lt;br class='autobr' /&gt;
L'p&#232;r', la m&#232;r', Badingue,&lt;br class='autobr' /&gt;
Et le p'tit Badinguet&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Des centaines de titres de cet acabit virent le jour, non seulement &#224; Paris mais sur l'ensemble du territoire national. Le personnage principal en &#233;tait toujours &#171; &lt;i&gt;Badinguet&lt;/i&gt; &#187;, surnom donn&#233; &#224; l'empereur d&#233;chu, en souvenir de son &#233;vasion du fort de Ham, en 1846, d'o&#249; il &#233;tait sorti en prenant les habits d'un ma&#231;on portant ce patronyme. On pourrait citer, entre autres, une &lt;i&gt;Grande Complainte de Ratapoil-Badinguet&lt;/i&gt;, l'&lt;i&gt;Entr&#233;e triomphale de Badinguet&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;Badinguet de A. Baylac&lt;/i&gt;, un &lt;i&gt;Testament de Badinguet&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;Le Plan, Bading'&lt;/i&gt; de E. Mathieu, chant&#233; au Grand concert parisien et d'innombrables chansons qui affublaient l'ex-empereur des Fran&#231;ais de ce surnom d&#233;pr&#233;ciatif. L'imp&#233;ratrice, &#171; &lt;i&gt;la Badinguette&lt;/i&gt; &#187;, n'&#233;tait pas &#233;pargn&#233;e par les saillies chansonni&#232;res. Lorsqu'il n'&#233;tait pas ainsi d&#233;sign&#233;, Napol&#233;on III pouvait &#233;galement &#234;tre &#171; &lt;i&gt;C&#233;sar le petit&lt;/i&gt; &#187;. Mais dans tous les cas il &#233;tait pr&#233;sent&#233;, non seulement comme un tyran sanguinaire, mais &#233;galement comme un incapable et un parfait imb&#233;cile.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pendant les longues semaines du si&#232;ge de Paris, les chansonniers, qui salu&#232;rent unanimement le retour de la R&#233;publique, multipli&#232;rent les titres aux accents patriotiques. La d&#233;nonciation de la fuite de la capitale par une bourgeoisie soucieuse d'&#233;viter les rigueurs de l'encerclement par l'arm&#233;e prussienne &#233;tait alors un des sujets pr&#233;f&#233;r&#233;s des auteurs de couplets. &#201;mile Debreux, futur membre du Comit&#233; central r&#233;publicain des 20 arrondissements et signataire de la seconde Affiche rouge, put ainsi ironiser sur un bourgeois pr&#234;t &#224; &#171; &lt;i&gt;vendre Paris&lt;/i&gt; &#187; &#224; Bismarck &#171; &lt;i&gt;pour un beefsteak&lt;/i&gt; &#187;, pendant que le peuple r&#233;sistait h&#233;ro&#239;quement malgr&#233; la faim et le froid. C'est &#224; cette &#233;poque qu'au Grand Concert parisien M&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;me&lt;/sup&gt; Bordas fit un triomphe avec &lt;i&gt;La France n'est pas morte.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pendant la Commune, cette production ne se tarit pas. Les accents patriotiques ne disparurent pas, comme cette Marseillaise de la Commune qui promettait de rendre &#171; &lt;i&gt;&#224; la France ses lauriers,/ Son rang et son antique gloire&lt;/i&gt; &#187;. D&#232;s le 18 mars 1871, lorsque le soul&#232;vement populaire emp&#234;cha la confiscation des canons entrepos&#233;s au sommet de la butte Montmartre, des chansonniers voulurent saluer cet &#233;v&#233;nement. Ferr&#233; L&#233;ger proposa alors un Mouvement du 18 mars mais on pourrait aussi citer de Guillaume de Budt, &lt;i&gt;Paris et son peuple&lt;/i&gt; ou Le 18 mars : peuple et soldat, sign&#233; LB, saluant la fraternisation qui s'effectua alors entre les manifestants et la troupe : &#171; &lt;i&gt;Loin d'ob&#233;ir &#224; de l&#226;ches sicaires,/ Tu tends ton arme ainsi que tes deux mains/Au peuple ami lui criant : Non, mes fr&#232;res !/Les vrais Fran&#231;ais ne sont pas des assassins&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;La naissance de L'Internationale&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Pendant la Commune, les titres &#233;crits par des chansonniers qui particip&#232;rent, sous une forme ou sous une autre, &#224; l'insurrection t&#233;moign&#232;rent de la diversit&#233; du mouvement communaliste. Certains se voulaient rassurants. J. A. S&#233;n&#233;chal, par exemple, assurait que la Commune ne souhaitait en aucun cas &#171; &lt;i&gt;partager votre bien, votre avoir&lt;/i&gt; &#187; mais uniquement &#171; &#187; (L'Union r&#233;publicaine). Et la R&#233;publique socialiste de Poirson affirmait que l'insurrection ne voulait que garantir la fin des &#171; &lt;i&gt;abus&lt;/i&gt; &#187; et des imp&#244;ts injustes, assurer le triomphe de la tol&#233;rance et de l'&#233;galit&#233;. D'autres, apr&#232;s vingt ann&#233;es d'un Empire soutenu par l'arm&#233;e et l'Eglise catholique, t&#233;moignaient d'un fort sentiment anticl&#233;rical et antimilitariste. Ce m&#234;me Poirson, dans une autre de ses compositions, proposait de faire &#171; &lt;i&gt;travailler les moines et les nones&lt;/i&gt; &#187; et de remplacer les arm&#233;es permanentes par le &#171; &lt;i&gt;peuple en armes&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La chanson socialiste, au sens tr&#232;s r&#233;volutionnaire que ce terme avait &#224; cette &#233;poque, connut aussi d'importants d&#233;veloppements. Elle put prendre ses distances avec les sentiments patriotiques, pourtant si profond&#233;ment ancr&#233;s parmi des communards. Louis-Marie Ponty &#233;crivit ainsi une &lt;i&gt;Anti-patriote&lt;/i&gt; et Justin Bailly proposa que Le Drapeau rouge &#8211; &#171; &lt;i&gt;teint de vos &#339;uvres, exploiteurs, pr&#234;tres et bourgeois&lt;/i&gt; &#187; &#8211; puisse remplacer la banni&#232;re tricolore :&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Ceux dont le sang rougit la terre&lt;br class='autobr' /&gt;
Sont appel&#233;s rouges par eux&#8230;&lt;br class='autobr' /&gt;
Ceux qui souffrent d'un bas salaire&lt;br class='autobr' /&gt;
Sont appel&#233;s des partageux.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Certains couplets, pr&#244;naient clairement l'appropriation par les travailleurs des moyens de production, de la terre comme de l'atelier. C'&#233;tait le cas de &lt;i&gt;La R&#233;publique sociale&lt;/i&gt; d'Emmanuel Delorme :&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Le sol est pour qui cultive la terre ;&lt;br class='autobr' /&gt;
Pour qui fa&#231;onne est enfin l'atelier ;&lt;br class='autobr' /&gt;
Et les produits sont tous pour la famille&lt;br class='autobr' /&gt;
Du Travailleur sur sa t&#226;che pench&#233;.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Ce furent ces principes que mirent en avant les chansonniers favorables &#224; l'Internationale, fond&#233;e &#224; Londres sept ann&#233;es auparavant, comme Paul Burani qui r&#233;digea un &lt;i&gt;Chant de l'Internationale&lt;/i&gt; :&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Que veut dire ce mot : soldat,&lt;br class='autobr' /&gt;
La guerre n'est qu'une infamie,&lt;br class='autobr' /&gt;
La gloire un grand assassinat,&lt;br class='autobr' /&gt;
(&#8230;) Rois, vous &#233;levez des fronti&#232;res,&lt;br class='autobr' /&gt;
S&#233;parant peuples et pays.&lt;br class='autobr' /&gt;
Et de tous les peuples, des fr&#232;res,&lt;br class='autobr' /&gt;
Vous avez fait des ennemis.&lt;br class='autobr' /&gt;
(&#8230;) Laboureur, paysan, la terre&lt;br class='autobr' /&gt;
C'est ton outillage, ton pain,&lt;br class='autobr' /&gt;
L'ouvrier des villes ton fr&#232;re,&lt;br class='autobr' /&gt;
Ne demande pas d'autres biens.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Une abondante production chansonni&#232;re fut ainsi &#233;crite pendant le temps bref, soixante-douze jours, de la Commune de Paris. Le plus c&#233;l&#232;bre de ces textes est sans doute celui que r&#233;digea Eug&#232;ne Pottier, &lt;i&gt;L'Internationale&lt;/i&gt;, qui n'&#233;tait alors qu'une po&#233;sie, avant que le Lillois Pierre De Geyter n'en &#233;crive la musique en 1888. Puis vint le temps de la m&#233;moire chansonni&#232;re de la Commune. Les soutiens de la r&#233;pression ne furent pas les derniers &#224; proposer des titres pr&#233;sentant les communards comme des criminels de la pire esp&#232;ce. Mais tout de suite, et jusqu'&#224; la fin du si&#232;cle, des chansonniers li&#233;s au mouvement ouvrier, socialistes ou anarchistes, entretinrent le souvenir d'un moment exceptionnel dont ils voulurent faire un mod&#232;le. Pensons &#224; Jean-Baptiste Cl&#233;ment et &#224; sa &lt;i&gt;Semaine sanglante&lt;/i&gt;, &#233;crite alors qu'il se cachait pour &#233;viter le peloton d'ex&#233;cution ou &#224; Eug&#232;ne Pottier qui proposa en 1886 &lt;i&gt;Elle n'est pas morte&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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