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	<title>Le 18e du mois</title>
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	<description>Le 18e du mois est un journal d'information sur le 18e arrondissement de Paris, ind&#233;pendant de toute organisation politique, religieuse ou syndicale. Il est &#233;dit&#233; par l'association des Amis du 18e du mois.</description>
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		<title>Le 18&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; du mois</title>
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		<title>Jean-Claude Casadesus, montmartrois d'origine</title>
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		<dc:date>2021-04-02T19:33:09Z</dc:date>
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		<dc:creator>Dominique Boutel</dc:creator>



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&lt;p&gt;Sans &#234;tre un &#171; poulbot &#187;, un enfant des rues, il a pourtant jou&#233; avec eux et a grandi au c&#339;ur de Montmartre, qu'il n'a jamais quitt&#233; longtemps. &lt;br class='autobr' /&gt; M&#234;me si sa vie de chef d'orchestre l'a conduit &#224; faire de nombreuses fois le tour de la plan&#232;te, Jean-Claude Casadesus adore Montmartre : &#171; Une grande partie de ma famille y est n&#233;e. Mon grand-p&#232;re me racontait qu'il allait chercher le lait dans les fermes de Montmartre et quand j'avais dix ans, je m'accrochais derri&#232;re les voitures &#224; cheval qui (&#8230;)&lt;/p&gt;


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 <content:encoded>&lt;img src='https://www.18dumois.info/local/cache-vignettes/L150xH120/arton1138-868fa.jpg?1787828620' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='120' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Sans &#234;tre un &#171; poulbot &#187;, un enfant des rues, il a pourtant jou&#233; avec eux et a grandi au c&#339;ur de Montmartre, qu'il n'a jamais quitt&#233; longtemps.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;M&#234;me si sa vie de chef d'orchestre l'a conduit &#224; faire de nombreuses fois le tour de la plan&#232;te, Jean-Claude Casadesus adore Montmartre : &#171; &lt;i&gt;Une grande partie de ma famille y est n&#233;e. Mon grand-p&#232;re me racontait qu'il allait chercher le lait dans les fermes de Montmartre et quand j'avais dix ans, je m'accrochais derri&#232;re les voitures &#224; cheval qui transportaient les bidons en m&#233;tal&lt;/i&gt; &#187;. Il a 5 ans en 1940, fr&#233;quente l'&#233;cole maternelle de la rue d'Orsel, puis l'&#233;cole communale de Foyatier. &#171; &lt;i&gt;Je me souviens des rafles de mes amis juifs comme si c'&#233;tait hier !&lt;/i&gt; &#187; rappelle-t-il avec gravit&#233;. Il va au lyc&#233;e Jacques Decour. Le quartier est populaire, ce qui va certainement participer &#224; la construction de sa conscience sociale de musicien.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;H&#233;ritage musical&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;On comprend cet amour pour l'endroit o&#249; il vit, quand on observe, depuis son balcon de la rue de Steinkerque, la vue que l'on a de Paris, mais aussi de la Butte qui s'&#233;tend au pied de l'immeuble o&#249; s'est install&#233;e sa famille en 1911. Une famille prestigieuse : son grand p&#232;re Henri, re&#231;u par Tolsto&#239; dans sa datcha, fondateur de la Soci&#233;t&#233; des instruments anciens, &#171; &lt;i&gt;dont Camille Saint-Sa&#235;ns fut le premier pr&#233;sident&lt;/i&gt; &#187;. Sa m&#232;re, Gis&#232;le, com&#233;dienne et soci&#233;taire de la Com&#233;die fran&#231;aise, n&#233;e dans cet appartement. Un oncle et une tante, Robert et Gaby, pianistes de grand talent. Dans ces pi&#232;ces qu'il habite &#224; pr&#233;sent, sont venus les compositeurs Camille Saint-Sa&#235;ns, Rimski-Korsakov, Gabriel Faur&#233; &#171; &lt;i&gt;qui poussait maman dans son landau&lt;/i&gt; &#187;, Honegger, avec lequel, enfant, il partage sa passion des locomotives. Dans cette ambiance, comment &#233;chapper &#224; la musique ?&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Parcourir le monde&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Mais la route est parfois sinueuse. La famille n'est pas riche et le jeune homme d&#233;charge des camions, vend des montres, pour participer &#224; l'&#233;conomie familiale. Une photo en noir et blanc, qu'il d&#233;niche, le montre vers 4 ans, jouant du violon. L'&#233;tude en sera rude et aurait pu le d&#233;go&#251;ter de la musique. Quand sa grand-m&#232;re, harpiste, l'emm&#232;ne &#233;couter un orchestre symphonique, son r&#234;ve se pr&#233;cise : il sera chef d'orchestre. Au conservatoire il &#233;tudie l'analyse musicale, la direction d'orchestre, les percussions et le piano. Ceci lui permet de vivre des exp&#233;riences musicales extraordinaires, naviguant entre les genres : &#171; &lt;i&gt;A quatorze ans, j'avais un orchestre de jazz, j'ai jou&#233; de l'orgue pour un vieux cur&#233; qui contre quelques messes, me permettait de travailler six ou sept heures par jour.&lt;/i&gt; &#187; L'orgue fait parfois entendre tout un orchestre symphonique, et sa vocation commence &#224; se construire. Le quartier se pr&#234;te &#224; la musique. &#171; &lt;i&gt;Beaucoup de musiciens y habitaient&lt;/i&gt; &#187;, aime rappeler Jean-Claude Casadesus. Poulenc, Sauguet, Darius Milhaud, Honegger, les s&#339;urs Boulanger&#8230; &#171; &lt;i&gt;J'allais &#224; la bourse aux musiciens de Pigalle. Nous &#233;tions une centaine sur le terre-plein, qui cherchions &#224; r&#233;colter un &#8220;gala&#8221; pour le samedi ou le dimanche&lt;/i&gt;. &#187; Le jeune musicien peut se retrouver dans un orchestre de vari&#233;t&#233;, faire le b&#339;uf dans un club, ou &#234;tre engag&#233; pour un enregistrement. Il manie aussi bien les timbales de l'orchestre Colonne, dirig&#233; par les plus grands chefs, le vendredi et le samedi soir, que la batterie, et se retrouve &#224; jouer avec Aznavour, Brel ou Piaf. &#171; &lt;i&gt;J'ai beaucoup appris : la pulsation, le groove. On doit aussi faire swinguer la musique dans Beethoven, Berlioz, Mozart...&lt;/i&gt; &#187;. Quelle &#233;cole de la musique que cette p&#233;riode ! Pourtant, le jeune virtuose a h&#233;sit&#233; : &#171; &lt;i&gt;J'ai voulu &#234;tre com&#233;dien ; j'ai fait Sciences Po et voulu &#234;tre grand reporter pour aller sur les points chauds du monde ; finalement, j'y suis all&#233;, mais en musique&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 1976, Jean-Claude fonde l'Orchestre national de Lille qu'il dirige durant quarante ans, et avec lequel il va d&#233;fendre une fa&#231;on originale de partager la musique : r&#233;habiliter le r&#233;pertoire fran&#231;ais, faire d'une formation r&#233;gionale un orchestre &#224; vocation internationale, et surtout, de fa&#231;on novatrice, l'emmener jouer dans les usines, les prisons, les &#233;coles. &#171; &lt;i&gt;Je voulais cr&#233;er du lien social &#224; travers le beau&#8230;&lt;/i&gt; &#187; Il croit profond&#233;ment que la rencontre avec l'art, la musique en particulier, aide &#224; se construire : &#171; &lt;i&gt;La musique est le respect des valeurs.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Toujours passionn&#233; et actif&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;A 85 ans, Jean-Claude Casadesus reste tr&#232;s actif. Souvent sollicit&#233; pour son expertise, il dirige plusieurs fois par an l'Orchestre national de Lille et est invit&#233; par des orchestres du monde entier. Il rentre d'un concert aux Canaries o&#249; il a pu, dans le respect des gestes barri&#232;res, diriger la Symphonie fantastique de Berlioz et s'appr&#234;te &#224; repartir pour Riga.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme beaucoup de musiciens, il est surpris que la situation des salles de concerts ne se d&#233;bloque pas : &#171; &lt;i&gt;J'entends autour de moi tellement de d&#233;tresse ! Nous sommes pourtant tous tr&#232;s s&#233;rieux ; je ne comprends pas que l'on n'ait pas analys&#233;, secteur par secteur, les endroits o&#249; l'on peut octroyer un peu de libert&#233;&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Beaucoup de Casadesus habitent encore le 18&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; : le fr&#232;re de Jean-Claude, le compositeur Dominique Pabst, sa s&#339;ur l'actrice Martine Pascal, sa ni&#232;ce Tatiana, chanteuse et compositrice. Le quartier a rendu hommage &#224; cette famille chez qui l'art se d&#233;veloppe comme les branches d'un arbre, m&#234;me si elle a parfois souffert de son c&#244;t&#233; clanique : la place Casadesus, &#224; Montmartre, n'est pas pr&#232;s de l'immeuble familial, mais &#224; c&#244;t&#233; du Ch&#226;teau des Brouillards, o&#249; v&#233;cut Renoir. Agr&#233;able voisinage pour une famille qui compte aussi une peintre, la s&#339;ur de Jean-Claude.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Fourmillant d'id&#233;es, l'&#339;il p&#233;tillant, l'allure d'un &#233;ternel adolescent, Jean-Claude Casadesus a certainement h&#233;rit&#233; de sa m&#232;re cet app&#233;tit pour la vie et la sc&#232;ne, pour la transmission de la beaut&#233; de l'art : &#171; &lt;i&gt;C'est formidable d'avoir une passion, on n'est jamais seul. La musique ne vous trahit pas : c'est une immense prairie dont les fleurs sont les notes et les musiciens les jardiniers&lt;/i&gt;. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout r&#233;cemment, un disque est paru sur le label Evidence : Jean-Claude Casadesus dirige Mahler : Le chant de la terre (Das lied von der Erde) avec l'Orchestre national de Lille, la mezzo-soprano Violet Urmana, et le t&#233;nor Clifton Forbis. &#8226;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Photo : Thierry Nectoux&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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