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	<title>Le 18e du mois</title>
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	<description>Le 18e du mois est un journal d'information sur le 18e arrondissement de Paris, ind&#233;pendant de toute organisation politique, religieuse ou syndicale. Il est &#233;dit&#233; par l'association des Amis du 18e du mois.</description>
	<language>fr</language>
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		<title>Le 18&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; du mois</title>
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		<title>Balades comme si on y &#233;tait</title>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Dominique Boutel</dc:creator>


		<dc:subject>Article complet</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Arpenter les lieux o&#249; se sont d&#233;roul&#233;s les &#233;v&#232;nements majeurs de la Commune, d&#233;couvrir les traces encore existantes de ce pass&#233; r&#233;volutionnaire, y associer musiques d'hier et d'aujourd'hui, tel est le projet de podcast &#171; baladeur &#187; qu'ont imagin&#233; Manola Bouley et Timoth&#233;e Peignier, deux jeunes Parisiens, passionn&#233;s d'art, d'histoire et de sons. &lt;br class='autobr' /&gt; Un t&#233;l&#233;phone, de bonnes chaussures, une heure de libert&#233;, voil&#224; ce qu'il faut pour appr&#233;cier Les &#201;chos de la Commune. Une balade sonore immersive (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.18dumois.info/-le-printemps-de-la-commune-.html" rel="directory"&gt;Le printemps de la commune&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.18dumois.info/+-article-complet-+.html" rel="tag"&gt;Article complet&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.18dumois.info/local/cache-vignettes/L150xH150/arton1139-d1f80.jpg?1787828619' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Arpenter les lieux o&#249; se sont d&#233;roul&#233;s les &#233;v&#232;nements majeurs de la Commune, d&#233;couvrir les traces encore existantes de ce pass&#233; r&#233;volutionnaire, y associer musiques d'hier et d'aujourd'hui, tel est le projet de podcast &#171; baladeur &#187; qu'ont imagin&#233; Manola Bouley et Timoth&#233;e Peignier, deux jeunes Parisiens, passionn&#233;s d'art, d'histoire et de sons.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Un t&#233;l&#233;phone, de bonnes chaussures, une heure de libert&#233;, voil&#224; ce qu'il faut pour appr&#233;cier &lt;i&gt;Les &#201;chos de la Commune&lt;/i&gt;. Une balade sonore immersive d'environ une heure qui donnera &#224; ceux qui l'&#233;coutent le sentiment de participer &#224; l'un des &#233;v&#232;nements fondateurs des grandes r&#233;volutions du XX&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle, la Commune de Paris, sur les lieux o&#249; elle s'est en grande partie d&#233;roul&#233;e, Montmartre et alentour.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En dix &#233;pisodes, le podcast fait revivre, date par date, les moments forts des 72 jours qui ont marqu&#233; l'histoire. Dans chaque &#233;pisode, le com&#233;dien Dominique Collignon-Morin s'empare de la partie historique qu'ont &#233;crite nos deux auteurs et qu'ils ont fait valider par les historiens des Amies et amis de la Commune de Paris 1871. Grand t&#233;moin de l'&#233;poque, Louise Michel qui, gr&#226;ce &#224; ses &lt;i&gt;M&#233;moires&lt;/i&gt;, permet encore maintenant de vivre quasiment au jour le jour ces moments intenses et de comprendre les id&#233;es qui ont travers&#233; le projet r&#233;volutionnaire. Elle est interpr&#233;t&#233;e par la com&#233;dienne Barbara Bouley. Quant &#224; la jeune Yasmine Lavoine, la voix de la guide, elle aide le promeneur curieux &#224; d&#233;couvrir le patrimoine qui t&#233;moigne encore de la Commune et permet de passer d'un lieu &#224; un autre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les choix musicaux qui accompagnent les trajets, relient le pass&#233; au pr&#233;sent, avec un mix entre chants d'&#233;poque et musique urbaine, des rappeurs principalement, tous issus du 18&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; : Lefar, Hugo TSR, Davodka, Kerry James, la Scred Connexion, choisis parce qu'ils expriment &#171; &lt;i&gt;la survie de l'esprit communard et r&#233;volutionnaire&lt;/i&gt; &#187;, explique Timoth&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Ancrer l'histoire dans le r&#233;el&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Rien ne pr&#233;disposait les deux jeunes auteurs, a priori, &#224; imaginer cette aventure, si ce n'est leur go&#251;t commun pour une r&#233;habilitation de la m&#233;moire historique, certainement n&#233; de leur pass&#233; militant en tant qu'&#233;tudiants. Ils se sont rencontr&#233;s sur leur lieu de travail, un mus&#233;e, et les choses se sont enclench&#233;es naturellement : &#171; &lt;i&gt;On s'int&#233;ressait au point de vue des &#8220;perdants&#8221;, qui n'ont pas tant perdu puisque leurs id&#233;aux r&#233;sonnent encore aujourd'hui&lt;/i&gt; &#187;, r&#233;sume Timoth&#233;e. C'&#233;tait en octobre dernier. Depuis il y a eu beaucoup de travail, la recherche des lieux embl&#233;matiques de ce patrimoine, l'&#233;criture, des enregistrements en studio, des recherches sonores, le mixage, aid&#233;s par certains chanteurs, Mokless en particulier, la radio locale RapTz, La Maison du geste et de l'image, les Amies et amis de la Commune, et financi&#232;rement par la Mairie du 18&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt;, la Mairie de Paris s'&#233;tant finalement d&#233;sengag&#233;e malgr&#233; ses promesses.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nos deux passionn&#233;s en sont donc de leur poche, mais cela n'a pas entam&#233; leur d&#233;sir tout neuf de se lancer dans d'autres aventures sonores, dont ils ont d&#233;j&#224; l'id&#233;e : &#171; &lt;i&gt;Le son est un merveilleux support, beaucoup plus &#233;vocateur que d'autres. Et le c&#244;t&#233; balade autonome, ancrer dans le r&#233;el un r&#233;cit historique, nous pla&#238;t beaucoup&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;coute est compl&#232;tement gratuite, c'est le mod&#232;le &#233;conomique qu'ont voulu les auteurs. Les podcasts sont disponibles sur les plateformes de streaming et h&#233;berg&#233;s par l'association Ex cursus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour ceux qui auront la flemme de sortir, Timoth&#233;e et Manola ont rendu &#171; &lt;i&gt;tangible le trajet, en donnant les noms de rues, les temps de trajets&#8230; &lt;/i&gt; &#187;. On peut donc &#233;couter la totalit&#233; des &#233;pisodes sur les plateformes qui diffusent les musiques : Deezer, Spotify, pour ne citer qu'elles, depuis son salon.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&lt;a href=&#034;https://www.podcastics.com/podcast/echos-de-la-commune/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Les Echos de la Commune&lt;/a&gt;&lt;/i&gt;, une balade historique et musicale dans le Montmartre de Louise Michel.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>Images et Imaginaires</title>
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		<dc:date>2021-04-02T19:38:07Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Danielle Fournier</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Cet article est le second d'une s&#233;rie de trois consacr&#233;s &#224; cet &#233;v&#233;nement historique que fut la Commune de Paris. Beaucoup d'id&#233;es nouvelles ont &#233;t&#233; lanc&#233;es, d&#233;battues, mais comment les informations circulaient-elles ? Quelle part ont pris les nouveaux moyens de diffusion, la photographie entre autres, et comment ont-ils fa&#231;onn&#233;, d&#232;s 1871, et pour des d&#233;cennies, l'imaginaire collectif ? &lt;br class='autobr' /&gt; (D&#233;couvrez le premier article de cette s&#233;rie &#171; histoire de la commune &#187;, dans le num&#233;ro de f&#233;vrier 2021) (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.18dumois.info/-le-printemps-de-la-commune-.html" rel="directory"&gt;Le printemps de la commune&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.18dumois.info/local/cache-vignettes/L150xH96/arton1136-349e7.jpg?1787829614' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='96' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Cet article est le second d'une s&#233;rie de trois consacr&#233;s &#224; cet &#233;v&#233;nement historique que fut la Commune de Paris. Beaucoup d'id&#233;es nouvelles ont &#233;t&#233; lanc&#233;es, d&#233;battues, mais comment les informations circulaient-elles ? Quelle part ont pris les nouveaux moyens de diffusion, la photographie entre autres, et comment ont-ils fa&#231;onn&#233;, d&#232;s 1871, et pour des d&#233;cennies, l'imaginaire collectif ?&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;a href='https://www.18dumois.info/les-femmes-sur-tous-les-fronts.html' class=&#034;spip_in&#034;&gt;&lt;i&gt;(D&#233;couvrez le premier article de cette s&#233;rie &#171; histoire de la commune &#187;, dans le num&#233;ro de f&#233;vrier 2021)&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Tout commence &#224; Montmartre, le 18 mars 1871&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Le 28 janvier 1871 l'armistice est sign&#233; et Thiers est d&#233;sign&#233;, le 17 f&#233;vrier, chef du pouvoir ex&#233;cutif. La Garde nationale, conform&#233;ment &#224; la convention d'armistice, a conserv&#233; ses armes et surveille les canons fabriqu&#233;s pendant le si&#232;ge de Paris gr&#226;ce &#224; une souscription des Parisiens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au soir du 17 mars, Thiers, qui se m&#233;fie de la population, tente de faire enlever les 300 canons de la Garde nationale par la troupe. Il envoie les hommes du g&#233;n&#233;ral Lecomte &#224; l'assaut de la Butte, &#224; 3 heures du matin, le 18. En bas de la rue Lepic, Turpin, un garde national est bless&#233; et malgr&#233; les soins prodigu&#233;s par Louise Michel, meurt. Les femmes se rassemblent au pied de la rue Lepic et des barricades s'&#233;l&#232;vent un peu partout. Les soldats refusent de tirer sur la foule. Dans cette m&#234;me journ&#233;e un autre g&#233;n&#233;ral, Cl&#233;ment-Thomas, est reconnu dans la rue : il a particip&#233; &#224; la r&#233;pression de 1848. A 17 h les deux g&#233;n&#233;raux sont fusill&#233;s, rue des Rosiers, maintenant rue du Chevalier de la Barre. Cl&#233;menceau, le maire du 18&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt;, arrivera apr&#232;s la fusillade. Thiers et son gouvernement s'enfuient &#224; Versailles et, &#224; 22 h, l'h&#244;tel de ville est investi, le comit&#233; central de la Garde nationale s'y installe. Le 19 au matin le rapport de force est clairement en faveur des insurg&#233;s : le 26 mars auront lieu les &#233;lections et la Commune de Paris sera proclam&#233;e le 28. L'insurrection populaire s'ach&#232;ve deux mois plus tard. Le 21 mai, sur ordre du gouvernement de Thiers, les troupes conduites par le mar&#233;chal Mac-Mahon p&#233;n&#232;trent dans Paris qui s'est couvert de barricades. Leur progression, quartier apr&#232;s quartier, durera jusqu'au 28 mai, fin de &#171; la semaine sanglante &#187;, lorsque les 147 derniers f&#233;d&#233;r&#233;s, r&#233;fugi&#233;s dans le cimeti&#232;re du P&#232;re-Lachaise, seront achev&#233;s au pied du mur qui porte d&#233;sormais leur nom.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La butte Montmartre est attaqu&#233;e le 24 mai par 30 000 hommes : Mac-Mahon croyait y trouver une forte r&#233;sistance en raison de la pr&#233;sence des canons. En fait la trentaine de barricades peu &#233;paisses et ne d&#233;passant pas 2 m de haut ne sont tenues que par quelques centaines de combattants mal arm&#233;s. Trente hommes derri&#232;re celle de la place Clichy, une centaine de femmes &#224; celle de la place Blanche. Dans l'apr&#232;s-midi les soldats atteignent par la rue Lepic la mairie du 18&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt;, situ&#233;e &#224; l'&#233;poque pr&#232;s de la place des Abbesses. Plus &#224; l'est d'autres troupes versaillaises enl&#232;vent les barricades du boulevard Ornano et de Chateau-Rouge et attaquent au canon celle de la rue Myrha o&#249; le g&#233;n&#233;ral Dombrowski, chef d'&#233;tat-major de la Commune, est tu&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lors de cette semaine les communards ont tu&#233; une centaine de partisans de Thiers tandis que les troupes de Mac-Mahon fusillaient sans jugement par milliers les partisans de la Commune. 43 000 personnes sont arr&#234;t&#233;es, un tr&#232;s grand nombre d'entre elles mourront en prison avant d'&#234;tre jug&#233;es, il y aura 95 condamnations &#224; mort et 4 586 d&#233;portations au bagne de Nouvelle-Cal&#233;donie.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Communiquer par le son, l'&#233;crit et surtout l'image&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La Commune, c'est du sonore et du visuel : du sonore avec les crieurs de journaux, les clubs qui s'installent partout, souvent dans les &#233;glises, les discussions dans les caf&#233;s, jusque dans la rue et sur les barricades. C'est aussi beaucoup de visuels : les d&#233;crets &#233;taient publi&#233;s par affiche, le gouvernement parisien faisait proclamer les d&#233;cisions prises et les mairies d'arrondissement affichaient les leurs. Il y a aussi la presse, avec les feuilles locales &#233;ph&#233;m&#232;res et les nombreux quotidiens, par exemple Le Cri du peuple, Le P&#232;re Duch&#234;ne. On sait que les Parisiens &#233;taient alphab&#233;tis&#233;s et aussi qu'il y avait des lectures publiques, collectives o&#249; les commentaires fusaient. Dans les journaux, beaucoup de textes et des caricatures en nombre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais on trouve aussi par ailleurs des estampes, des gravures en couleur vendues au moment m&#234;me de l'&#233;v&#233;nement mais surtout apr&#232;s. On voit se forger un syst&#232;me de repr&#233;sentation notamment avec les photographies. Avant la Commune il y avait des photographes professionnels qui prenaient des portraits. Ceux qui ne sont pas partis lors du d&#233;clenchement de l'insurrection vont photographier la Commune, comme Braquehais par exemple. Il y a aussi des amateurs, et des &#171; sp&#233;cialistes &#187;, comme la police judiciaire. Les rares clich&#233;s de la Commune ne pouvaient para&#238;tre tels quels dans la presse car les techniques de reproduction ne le permettaient pas. Alors on adaptait ces photos en gravures. Mais le plus souvent ce sont des portraits r&#233;alis&#233;s plus tard, apr&#232;s l'arrestation des insurg&#233;s, qui seront publi&#233;s. C'est le cas des photos de Louise Michel qui datent de la p&#233;riode o&#249; elle &#233;tait prisonni&#232;re. Il y a aussi des photos de barricades, mais l&#224; aussi, c'est davantage la gravure ou l'estampe et le dessin qui peuvent rendre compte de la vie que ces sc&#232;nes aux visages et aux corps fig&#233;s. Cela tient au temps de pose (environ deux secondes), mais aussi au fait que beaucoup sont mises en sc&#232;ne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De plus, on assiste &#224; la naissance du photomontage, o&#249; on reconstitue l'&#233;v&#233;nement, avec des figurants. Proc&#233;d&#233; grossier, utilis&#233; par les anti-communards, qui consiste ensuite &#224; coller la t&#234;te de la personne r&#233;elle sur le corps du figurant. C'est le cas, entre autres, de la photo de l'ex&#233;cution des g&#233;n&#233;raux Cl&#233;ment-Thomas et Lecomte (voir ci-dessus), &#224; la fois mise en sc&#232;ne a posteriori et retravaill&#233;e au b&#226;ton de colle ! Appert, qui en est l'auteur, est vraiment pr&#233;curseur dans l'art de la manipulation photographique. Il semblerait aussi qu'il ait r&#233;alis&#233;, pour la pr&#233;fecture de police, des portraits des communards ce qui a conduit &#224; les ficher et alimenter leurs dossiers. Les enjeux autour du r&#244;le des images sont d&#233;j&#224; l&#224; ! Enfin, il ne faut pas oublier un nouveau venu dans le domaine de la transmission, le t&#233;l&#233;graphe &#233;lectrique, qui va permettre de propager rapidement les infos. Cela favorise la propagande et... beaucoup de fausses nouvelles, diffus&#233;es dans la France enti&#232;re par le gouvernement pour d&#233;courager les insurg&#233;s !&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;L&#233;gende rouge et l&#233;gende noire : la construction r&#233;trospective de deux imaginaires&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La Commune marque durablement l'imaginaire collectif. Entre pro- et anti-communards, &#171; &lt;i&gt;communeux &lt;/i&gt; &#187; et &#171; &lt;i&gt;versaillais &lt;/i&gt; &#187;, se construit une dualit&#233; des repr&#233;sentations. Les communards, ou f&#233;d&#233;r&#233;s, lors de la premi&#232;re s&#233;ance de la Commune annulent les trois derniers termes de loyer, d&#233;cr&#232;tent le 2 avril la s&#233;paration de l'&#201;glise et de l'&#201;tat, le 16 avril la r&#233;quisition des ateliers abandonn&#233;s. Ils rendent les &#233;coles gratuites, obligatoires et la&#239;ques, exp&#233;rimentent l'&#233;galit&#233; entre les femmes et les hommes et inaugurent des proc&#233;d&#233;s de d&#233;mocratie directe, lancent la r&#233;flexion sur les communs&#8230; en 72 jours. La Commune est un laboratoire social, politique, culturel, et cet &#233;lan fondera le mythe de la Commune, &#171; &lt;i&gt;aurore des r&#233;volutions &lt;/i&gt; &#187; avec ses h&#233;ros et ses martyrs. Cette &#233;pisode se termine dans la violence : 10 000 &#224; 20 000 morts, 43 000 hommes, femmes, enfants emprisonn&#233;s ou d&#233;port&#233;s en Nouvelle-Cal&#233;donie, comme Louise Michel, sans compter ceux, nombreux, qui doivent prendre le chemin de l'exil. Condamn&#233; &#224; mort, Jules Vall&#232;s, le fondateur du journal &lt;i&gt;Le Cri du peuple&lt;/i&gt; doit s'exiler &#224; Londres jusqu'en 1880.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s l'&#233;crasement de la Commune les livres d'images se multiplient. Une s&#233;rie de sept photomontages r&#233;alis&#233;s par Appert, Les Crimes de la Commune, est vendue au public, dans un but commercial, de m&#234;me que sont &#233;dit&#233;s des albums repr&#233;sentant des ruines. Les portraits des insurg&#233;s sont aussi vendus, avec un effet non pr&#233;vu : ils sont achet&#233;s par les partisans de la Commune qui se r&#233;approprient &#224; ce moment-l&#224; les communards, au point que fin 1872 le gouvernement interdit ces ventes car elles participent d'un culte de ce moment insurrectionnel ! D'autres retiendront les incendies, les destructions de b&#226;timents officiels dont les images sont amplement diffus&#233;es pour cr&#233;er l'image des communardes-p&#233;troleuses et des communards-criminels. Au del&#224;, pourtant, ces images sont utilis&#233;es d&#232;s 1872 pour d&#233;velopper un &#171; &lt;i&gt;tourisme de ruines&lt;/i&gt; &#187;, initi&#233; par exemple par l'agence Cook depuis l'Angleterre &#8230; La vie des images et leur interpr&#233;tation est une longue histoire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L&#233;gende rouge et l&#233;gende noire se construisent, s'opposent, et pendant longtemps la m&#233;moire r&#233;publicaine, nationale, de la Troisi&#232;me R&#233;publique insiste sur la n&#233;cessit&#233; d'oublier la guerre civile. De fait, la Commune n'a pas fini de nourrir r&#233;flexions, interrogations et pol&#233;miques, comme en t&#233;moignent encore les discussions r&#233;centes au Conseil de Paris (lire notre num&#233;ro de mars 2020). Non, la Commune n'est pas morte !&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Merci &#224; Isabelle Ducatez de la soci&#233;t&#233; du Vieux Montmartre, &#224; l'&#233;quipe de la m&#233;diath&#232;que de Saint-Denis pour la recherche iconographique et &#224; Marc C&#233;sar et Laure Godineau, coauteurs de La Commune de 1871 : une relecture [Ed. Cr&#233;aphis, 2020] qui ont accept&#233; un long entretien dont cet article est l'&#233;cho.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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		<title>Un 18 mars &#224; huis clos</title>
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		<dc:date>2021-04-02T19:37:56Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Sandra Mignot</dc:creator>



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&lt;p&gt;L'&#233;v&#232;nement inaugurant les c&#233;l&#233;brations de la Commune de Paris s'est tenu dans le square Louise-Michel&#8230; &#224; l'abri du public. &lt;br class='autobr' /&gt; Les c&#233;l&#233;brations du 150&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; anniversaire de la Commune auront commenc&#233; sous d'&#233;tranges auspices. Le premier &#233;v&#232;nement, l'installation des silhouettes de 50 Communards dans le square Louise-Michel qui semble supporter depuis tant d'ann&#233;es la basilique du Sacr&#233;-C&#339;ur, a en effet eu lieu quasiment &#224; huis clos. Seuls quelques &#233;lus &#233;taient convi&#233;s autour d'Anne Hidalgo sous (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.18dumois.info/-le-printemps-de-la-commune-.html" rel="directory"&gt;Le printemps de la commune&lt;/a&gt;


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 <content:encoded>&lt;img src='https://www.18dumois.info/local/cache-vignettes/L150xH101/arton1133-9f315.jpg?1787829614' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='101' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;L'&#233;v&#232;nement inaugurant les c&#233;l&#233;brations de la Commune de Paris s'est tenu dans le square Louise-Michel&#8230; &#224; l'abri du public.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Les c&#233;l&#233;brations du 150&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; anniversaire de la Commune auront commenc&#233; sous d'&#233;tranges auspices. Le premier &#233;v&#232;nement, l'installation des silhouettes de 50 Communards dans le square Louise-Michel qui semble supporter depuis tant d'ann&#233;es la basilique du Sacr&#233;-C&#339;ur, a en effet eu lieu quasiment &#224; huis clos. Seuls quelques &#233;lus &#233;taient convi&#233;s autour d'Anne Hidalgo sous les cam&#233;ras d'une presse d&#251;ment accr&#233;dit&#233;e tandis que les curieux &#233;taient tenus &#224; bonne distance par la police aux grilles du square. M&#234;me l'intervention chant&#233;e de deux classes de CM2 de l'&#233;cole Foyatier, toute proche des lieux, avait &#233;t&#233; annul&#233;e quelques jours avant l'&#233;v&#232;nement malgr&#233; de nombreuses heures de pr&#233;paration.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un spectacle inaccessible pour c&#233;l&#233;brer une insurrection populaire, cela laisse une &#233;trange impression de confiscation&#8230; Certes la crise impose des restrictions sanitaires. &#201;tait-ce bien la seule crainte ? Quelques l&#232;ve-t&#244;t militants &#8211; l'&#233;v&#232;nement &#233;tait cal&#233; &#224; 8 h 30 &#8211; &#233;quip&#233;s de drapeaux rouges s'&#233;taient install&#233;s sur le belv&#233;d&#232;re o&#249; on leur a (heureusement) laiss&#233; loisir d'&#233;taler des banderoles r&#233;clamant la &#171; &lt;i&gt;d&#233;mocratie directe &#187;&lt;/i&gt; ou autre &#171; &lt;i&gt;r&#233;quisition citoyenne &#187;&lt;/i&gt;, chanter l'Internationale ou souhaiter en musique la mise &#224; bas de l'&#233;tat policier.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Un artiste engag&#233;&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;C'est d'autant plus dommage que Dugudus, le graphiste &#224; l'initiative de l'intervention artistique est un sp&#233;cialiste de l'affiche engag&#233;e, form&#233; &#224; Cuba et en Am&#233;rique latine. A Paris, d&#232;s 2012, il monte son propre atelier de s&#233;rigraphie de rue sur le parcours d'un cort&#232;ge du 1&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;er&lt;/sup&gt; mai. Le dispositif permet d'imprimer et distribuer directement aux manifestants des affiches ; il a &#233;t&#233; reconduit lors des rassemblements pour le Mariage pour tous ou Nuit debout. En tout cas, l'artiste est quelqu'un qui ne craint pas la foule&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette fois, Dugudus s'est alli&#233; les comp&#233;tences d'Hugo Rousselle, jeune doctorant en histoire sp&#233;cialiste de la Commune, afin d'identifier les personnages les plus inspirants et les repr&#233;senter, en taille r&#233;elle et v&#234;tus de couleurs vives, avec les attributs de leur fonction : ici l'institutrice Marie Bonnevial, l&#224; l'avocat Eug&#232;ne Protot, ailleurs encore Jules Vall&#232;s et son journal Le Cri du peuple, le tirailleur alg&#233;rien Mohamed Ben Ali, voire l'&#233;crivaine et journaliste Anna Jaclard.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Silhouettes d'hier et d'aujourd'hui&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Chaque silhouette est d&#233;plac&#233;e par un b&#233;n&#233;vole choisi pour l'occasion parmi des connaissances des deux porteurs du projet. Ainsi, Magali et Christophe, deux syndicalistes, sont venus de Narbonne, o&#249; ils organisent chaque ann&#233;e un festival du cin&#233;ma social, pour encadrer la silhouette d'Emile Digeon, chef provisoire de la Commune narbonnaise. Ismahane, &#233;tudiante en droit, flanque la lieutenant Faure, une f&#233;d&#233;r&#233;e habitante de la rue Myrha, qu'elle avait choisie &#171; &lt;i&gt;parce que c'est une femme et que les femmes de la Commune ne sont pas si connues&lt;/i&gt; &#187;. L'historienne Mathilde Larr&#232;re, sp&#233;cialiste des mouvements r&#233;volutionnaires et du maintien de l'ordre, s'est, elle, charg&#233;e d'accompagner Louise Michel&#8230; (photo en Une). Bref une belle id&#233;e un peu g&#226;ch&#233;e par les &#171; &lt;i&gt;pr&#233;cautions sanitaires &#187;&lt;/i&gt; m&#234;me si les portes du jardin se sont ouvertes vers 11 h afin de permettre aux badauds de venir s'immortaliser en selfie avec les h&#233;ros populaires du XIX&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La performance aura cependant l'opportunit&#233; de se promener dans Paris, o&#249; on l'esp&#232;re plus visible. Dans les jours qui viennent, les 50 silhouettes seront install&#233;es dans d'autres lieux symboliques de la Commune : sur les grilles de l'H&#244;tel de Ville (2-18 avril), de la gare de l'Est (20 avril-9 mai), des Buttes-Chaumont (11-27 mai), ainsi qu'&#224; la mairie du 3&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; arrondissement (2-18 avril). &lt;br class='autobr' /&gt;
Un ouvrage a &#233;galement &#233;t&#233; con&#231;u avec les illustrations de Dugudus et la participation d'Hugo Rousselle, &lt;i&gt;&lt;a href=&#034;https://www.nouslacommune.fr/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Nous la Commune&lt;/a&gt;&lt;/i&gt;, &#224; commander en ligne&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Photo : Thierry Nectoux&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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