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	<title>Le 18e du mois</title>
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	<description>Le 18e du mois est un journal d'information sur le 18e arrondissement de Paris, ind&#233;pendant de toute organisation politique, religieuse ou syndicale. Il est &#233;dit&#233; par l'association des Amis du 18e du mois.</description>
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		<title>Le 18&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; du mois</title>
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		<title>Rachid Arar, le cuistot du c&#339;ur</title>
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		<dc:date>2020-12-04T18:07:36Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Sylvie Chatelin</dc:creator>



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&lt;p&gt;Rencontre avec Rachid Arar autour d'un caf&#233;, dans son royaume, le patio du restaurant solidaire &#171; La Table ouverte &#187; &#224; la Goutte d'Or. &lt;br class='autobr' /&gt; Difficile d'avoir un entretien suivi avec cet homme-l&#224;, tant, &#224; l'instar du parrain de Coppola, il est sollicit&#233; en permanence. Mais lui, c'est un parrain bienveillant, que tout le monde conna&#238;t et dont chacun loue la g&#233;n&#233;rosit&#233; et la sinc&#233;rit&#233;. &lt;br class='autobr' /&gt;
Rachid et la Goutte d'Or, c'est l'histoire de toute une vie. Il y est n&#233; voil&#224; bient&#244;t soixante ans, d'une (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.18dumois.info/-les-gens-1126-.html" rel="directory"&gt;Les Gens&lt;/a&gt;


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 <content:encoded>&lt;img src='https://www.18dumois.info/local/cache-vignettes/L150xH112/arton1074-eeebb.jpg?1787827090' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='112' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Rencontre avec Rachid Arar autour d'un caf&#233;, dans son royaume, le patio du restaurant solidaire &#171; La Table ouverte &#187; &#224; la Goutte d'Or.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Difficile d'avoir un entretien suivi avec cet homme-l&#224;, tant, &#224; l'instar du parrain de Coppola, il est sollicit&#233; en permanence. Mais lui, c'est un parrain bienveillant, que tout le monde conna&#238;t et dont chacun loue la g&#233;n&#233;rosit&#233; et la sinc&#233;rit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Rachid et la Goutte d'Or, c'est l'histoire de toute une vie. Il y est n&#233; voil&#224; bient&#244;t soixante ans, d'une famille alg&#233;rienne originaire de Beni Menir dans la r&#233;gion de Tlemcen d'o&#249; son p&#232;re est arriv&#233; en 1957. A la maison, il &#171; &lt;i&gt;parle l'arabe de ses parents&lt;/i&gt; &#187;, fait toute sa scolarit&#233; dans le quartier, maternelle &#224; Saint-Luc, primaire &#224; Jean-Fran&#231;ois L&#233;pine et la suite au coll&#232;ge Marx Dormoy. Il parle avec nostalgie de la Goutte d'Or de son enfance et de sa jeunesse. &#171; &lt;i&gt;C'&#233;tait un village, tout le monde se connaissait, se respectait, la population &#233;tait plus m&#233;lang&#233;e, il y avait plus de Fran&#231;ais, d'Espagnols, de Portugais&lt;/i&gt;. &#187; L'Alg&#233;rie, la Goutte d'Or, ce sont &#171; &lt;i&gt;deux mondes diff&#233;rents&lt;/i&gt; &#187;, et le d&#233;racinement &#233;tait &#171; t&lt;i&gt;errible pour les parents&lt;/i&gt; &#187;. Il est quelquefois &#171; t&lt;i&gt;ent&#233; par le &#8220;retour&#8221; mais pas possible&lt;/i&gt; &#187;, sa vie, ses trois enfants et autant de petits-enfants sont ici m&#234;me s'il a construit une maison l&#224;-bas.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;La g&#233;n&#233;rosit&#233; dans les g&#232;nes&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La solidarit&#233; et la g&#233;n&#233;rosit&#233;, c'est un &#171; &lt;i&gt;h&#233;ritage familial&lt;/i&gt; &#187;. Son grand-p&#232;re &#171; &lt;i&gt;avait un bar au village et aidait tous les &#233;trangers qui passaient&lt;/i&gt; &#187;. Une fois arriv&#233; &#224; la Goutte d'Or, son digne fils aide ceux qui arrivent du bled &#224; Paris. Il tient un bar au 18 rue de la Goutte d'Or jusqu'en 1976, en plus de son m&#233;tier de terrassier et de poseur de c&#226;bles. Tandis que son &#233;pouse &#233;l&#232;ve leurs dix enfants, quatre filles et six gar&#231;ons.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout naturellement, Rachid reprend le flambeau et d&#233;marre des &#171; &lt;i&gt;permanences sociales, un accompagnement aupr&#232;s des administrations, des banques, des m&#233;decins&lt;/i&gt; &#187; pour ceux qui en ont besoin. Cet embryon devient officiellement La Table ouverte en 2009 et s'installe sur le terrain, alors vague, o&#249; s'&#233;l&#232;ve maintenant le &lt;i&gt;360 Paris music factory&lt;/i&gt; avant d'&#234;tre h&#233;berg&#233; en 2011 par &lt;i&gt;l'Institut des cultures d'islam&lt;/i&gt;. La friche Polonceau, c'est lui &#233;galement. Depuis trois ans ce terrain vague, un temps promis &#224; la construction d'une mosqu&#233;e, est devenu un lieu d'accueil. Des animations sont propos&#233;es toute l'ann&#233;e, les enfants viennent voir les poules et les pintades, les mamans jardinent et les vieux chibanis prennent le soleil.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Le Bon Samaritain&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;C'est &#224; &lt;i&gt;La Table ouverte&lt;/i&gt; que, pendant le premier confinement, Rachid et son &#233;quipe de b&#233;n&#233;voles ont assur&#233; tous les jours la pr&#233;paration et la distribution de plus de 600 repas, un tour de force. Car l'homme sait s'entourer et f&#233;d&#233;rer. Parmi les fid&#232;les qui l'accompagnent, Redouane le d&#233;crit, tout sourire et d'une voix affectueuse, comme &#171; &lt;i&gt;quelqu'un de bonne famille, respectueux, bien &#233;lev&#233;&lt;/i&gt; &#187;. Mohamed Sadi, qui travaille avec lui depuis des ann&#233;es, le confirme et ne tarit pas d'&#233;loges : &#171; &lt;i&gt;Rachid, c'est le Bon Samaritain de la Goutte d'Or. Il n'y en a pas dix comme lui, tous ceux qui viennent vers lui pour de l'aide, il ne les laisse pas repartir&lt;/i&gt;. &#187; Pour la petite histoire, Mohamed est devenu le personnage principal du film &lt;i&gt;Le chant&lt;/i&gt; d'Ahmed de Foued Mansour gr&#226;ce &#224; Rachid qui l'a convaincu de faire au moins des essais. Argument imparable : &#171; &lt;i&gt;Rachid m'a dit, si tu ne fais pas ce film, on ne se parle plus&lt;/i&gt;. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour Michel Antoine, de l'association &lt;i&gt;Solidarit&#233; Saint-Bernard&lt;/i&gt;, Rachid est &#171; &lt;i&gt;&#233;tonnant&lt;/i&gt; &#187;. Ils travaillent main dans la main dans l'aide aux plus d&#233;munis. Pour lui, Rachid a &#171; &lt;i&gt;un grand souci de la dignit&#233; humaine, il tient par exemple &#224; ce que les gens aient des vrais couverts et il s'int&#233;resse &#224; la personne dans sa globalit&#233;&lt;/i&gt; &#187;. Lui aussi le d&#233;finit comme &#171; &lt;i&gt;g&#233;n&#233;reux, excellent organisateur, ouvert, astucieux, ayant le sens des partenariats et une vision globale&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Rachid est &#171; &lt;i&gt;tr&#232;s inquiet pour l'avenir du quartier&lt;/i&gt; &#187;. Surtout pour les jeunes &#224; qui &#171; &lt;i&gt;on ne donne aucune chance&lt;/i&gt; &#187;. Il pense qu'on &#171; &lt;i&gt;aurait d&#251; favoriser plus la culture au lieu de rester dans le d&#233;ni&lt;/i&gt; &#187; et cite plusieurs fois le th&#233;&#226;tre comme &#171; &lt;i&gt;moyen d'expression qui donne confiance en soi et qui devrait se faire dans les &#233;coles&lt;/i&gt; &#187;. Il est admiratif du travail de Sylvie Hagga&#239;, cr&#233;atrice de la compagnie &lt;i&gt;Gaby Sourire&lt;/i&gt;, qui se dit elle-m&#234;me &#171; &lt;i&gt;intrigu&#233;e par Rachid qui a une &#233;nergie incroyable, qui est en premi&#232;re ligne, en observateur, tr&#232;s sinc&#232;re&lt;/i&gt; &#187;. Nul doute que ces deux-l&#224; se retrouveront un jour autour d'un projet commun. Lydie Quentin, directrice des &lt;i&gt;Enfants de la Goutte d'Or&lt;/i&gt; (EGDO) qui conna&#238;t bien Rachid, partage son avis sur la politique jeunesse. Elle n'est pour autant &#171; &lt;i&gt;pas toujours d'accord avec lui&lt;/i&gt; &#187;, et ajoute que &#171; &lt;i&gt;beaucoup ont &#233;t&#233; tr&#232;s d&#233;&#231;us quand il s'est engag&#233; aupr&#232;s de Pierre-Yves Bournazel&lt;/i&gt; &#187;, lorsque celui-ci l'a sollicit&#233; pour les municipales 2014 lui proposant un poste d'adjoint.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Tomber de rideau&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Que fait Rachid Arar du (peu de) temps libre qu'il lui reste ? Quotidiennement, &#224; 18 h, il rentre chez lui, aupr&#232;s de son fils autiste et de sa femme Souhila, cuisini&#232;re &#224; &lt;i&gt;La Table ouverte&lt;/i&gt;. Il lit beaucoup, trois &#224; quatre livres par mois, et voue une passion &#224; Yasmina Khadra. Il a d'ailleurs rencontr&#233; l'auteur alg&#233;rien par hasard rue de la Goutte d'Or, l'a abord&#233; et lui a propos&#233; de venir d&#233;dicacer son dernier livre &lt;i&gt;Le sel de tous les oublis&lt;/i&gt;, &#224; la fin du confinement dans son restaurant. Don Quichotte illustre la couverture du livre, tout un symbole.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et &#171; &lt;i&gt;juste retour des choses&lt;/i&gt; &#187; comme il le dit, la boucle sera (presque) boucl&#233;e avec son nouveau projet : lorsque ce journal sortira, il aura en effet sign&#233; pour la reprise du restaurant &lt;i&gt;&#192; la Goutte d'Or&lt;/i&gt;, ferm&#233; depuis juin 2019, au 45 rue de la Goutte d'Or, l&#224; m&#234;me o&#249; la famille Arar a habit&#233; pr&#232;s de vingt ans et qui a &#233;t&#233; le premier immeuble &#224; &#234;tre ras&#233; lors de la r&#233;novation du quartier dans les ann&#233;es 1990.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un homme qui a toujours les portraits de Marie-Pierre Larriv&#233; et No&#235;l Monier, fondateurs du 18&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; du mois, accroch&#233;s au mur de La Table Ouverte, ne peut &#234;tre que quelqu'un de bien... ce n'est pas nous qui dirons le contraire.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Photo : Dominique Dugay&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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