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	<title>Le 18e du mois</title>
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	<description>Le 18e du mois est un journal d'information sur le 18e arrondissement de Paris, ind&#233;pendant de toute organisation politique, religieuse ou syndicale. Il est &#233;dit&#233; par l'association des Amis du 18e du mois.</description>
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		<title>Le 18&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; du mois</title>
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		<title>Ce que disent les arbres</title>
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		<dc:date>2020-02-29T09:36:55Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Danielle Fournier</dc:creator>


		<dc:subject>Article complet</dc:subject>

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&lt;p&gt;Il y a ceux qui bordent les rues, ceux qui embellissent squares et jardins publics, ceux qui croissent dans les cimeti&#232;res, sur les talus du p&#233;riph&#233;rique ou le long de la petite ceinture, sans oublier ceux qui sont plant&#233;s dans les &#233;tablissements scolaires et sportifs... ou les jardins priv&#233;s. Voici l'histoire des arbres de notre arrondissement, un patrimoine cons&#233;quent, m&#234;me si souvent consid&#233;r&#233; insuffisant. &lt;br class='autobr' /&gt; On peut imaginer qu'il y a fort longtemps, for&#234;ts, prairies et marais (&#8230;)&lt;/p&gt;


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 <content:encoded>&lt;img src='https://www.18dumois.info/local/cache-vignettes/L98xH150/arton903-ae657.jpg?1787825674' class='spip_logo spip_logo_right' width='98' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Il y a ceux qui bordent les rues, ceux qui embellissent squares et jardins publics, ceux qui croissent dans les cimeti&#232;res, sur les talus du p&#233;riph&#233;rique ou le long de la petite ceinture, sans oublier ceux qui sont plant&#233;s dans les &#233;tablissements scolaires et sportifs... ou les jardins priv&#233;s. Voici l'histoire des arbres de notre arrondissement, un patrimoine cons&#233;quent, m&#234;me si souvent consid&#233;r&#233; insuffisant.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;On peut imaginer qu'il y a fort longtemps, for&#234;ts, prairies et marais s'&#233;tendaient autour de l'actuelle &#238;le de la Cit&#233;. Puis, peu &#224; peu, avec l'urbanisation et le trac&#233; des routes commerciales, le paysage a chang&#233;. Fran&#231;ois I&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;er&lt;/sup&gt;, entre autres pour fournir le bois n&#233;cessaire &#224; ses arm&#233;es, ordonna aux habitants des villes et des campagnes de planter des ormes le long des voies, sur les places publiques et dans les cimeti&#232;res. Cette d&#233;cision a &#233;t&#233; renouvel&#233;e par ses successeurs, Henri II puis Henri IV.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'ancien jardinier de ce dernier, Jean Robin, a install&#233; en 1601, square Viviani Montebello dans le 5&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; arrondissement, un arbre qui prendra son nom : un robinier, actuellement le plus vieil arbre de Paris. Henri IV a favoris&#233; la plantation d'ormes et de tilleuls et il a aussi d&#233;velopp&#233; la culture du m&#251;rier blanc pour l'&#233;levage du ver &#224; soie. Il en a install&#233; aux jardins des Tuileries et sur les berges de la Seine, les gravures d'&#233;poque en t&#233;moignent. Enfin, comme il aimait aussi jouer au &#171; jeu de mail &#187;, un jeu qui pourrait ressembler au golf, avec des boules de bois et des maillets, il a cr&#233;&#233; le premier mail, le mail de l'Arsenal, avec deux rang&#233;es d'ormes et de m&#251;riers sur les berges du bras de la Seine (devenues Boulevard Morland). Quand passera la mode de ce jeu, les arbres resteront, au bord de promenades tr&#232;s fr&#233;quent&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Ormes et tilleuls&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Ensuite la veuve d'Henri IV, Marie de M&#233;dicis, a cr&#233;&#233; la promenade du cours de la Reine, une large voie bord&#233;e de 1 600 ormes entre les Tuileries et l'actuelle place de l'Alma, ainsi que les jardins du Luxembourg : des milliers d'ormes, de tilleuls et d'ypr&#233;aux (peupliers blancs) plant&#233;s au d&#233;but du XVII&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si de nos jours la palette v&#233;g&#233;tale s'est largement diversifi&#233;e &#224; Paris, avec pr&#232;s de 190 essences dont 171 feuillus et 17 conif&#232;res, l'orme &#233;tait jusqu'&#224; r&#233;cemment le prince de la ville. La capitale en comptait 30 000 avant l'&#233;pid&#233;mie provoqu&#233;e par un champignon microscopique qui les a d&#233;cim&#233;s au cours des ann&#233;es 1970. Aujourd'hui, seuls 1000 survivent. Les arbres plant&#233;s en ville sont donc depuis longtemps appr&#233;ci&#233;s pour de multiples raisons, &#233;conomiques ou de distraction. Les places des communes qui n'&#233;taient pas encore rattach&#233;es &#224; Paris &#8211; Montmartre, La Chapelle&#8230; &#8211; &#233;taient probablement pourvues d'arbres autour desquels on se r&#233;unissait pour bavarder ou danser.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Platanes et marronniers&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Les exp&#233;ditions, d&#232;s la Renaissance et au cours des si&#232;cles suivants, ram&#232;nent des plantes et des arbres exotiques, dont certains sont d&#233;sormais consid&#233;r&#233;s, &#224; tort, comme end&#233;miques. Le Magnolia grandiflora, dont le premier exemplaire en France arrive de Louisiane &#224; Nantes en 1711, agr&#233;mente encore de nombreux jardins. Dans le 18&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; comme ailleurs, d'autres essences d'origine lointaine sont aussi devenues banales, comme le marronnier dont le premier individu est arriv&#233; en France d'Istanbul &#8211; ou plut&#244;t de Constantinople comme on disait &#224; l'&#233;poque. Il a &#233;t&#233; plant&#233; en 1615 dans une cour de l'h&#244;tel de Soubise dans le Marais. Aujourd'hui, pas une cour d'&#233;cole qui n'ait ses quatre marronniers !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au XVII&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle, c'est au tour du platane commun, issu d'une hybridation naturelle entre le platane d'Orient et le platane de Virginie, de faire son apparition vers 1636. Diderot et d'Alembert affirment, eux, que le premier a &#233;t&#233; plant&#233; &#224; Paris vers 1700. Depuis il a pris toute sa place et constitue environ 40 % des arbres d'alignement de la capitale, passant m&#234;me devant le marronnier qui en repr&#233;sente 24 % !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur les 110 000 arbres d'alignement plant&#233;s le long des voies (soit environ 700 km), trois esp&#232;ces tiennent nettement &#171; le haut du pav&#233; &#187; : les platanes communs, 43 000, suivis par les marronniers, 27 000 et les tilleuls 22 000. La long&#233;vit&#233; du platane est bien connue : il peut vivre jusqu'&#224; 1000 ans para&#238;t-il !&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;L'urbanisme v&#233;g&#233;tal&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Au fur et &#224; mesure que se d&#233;veloppe la ville et l'urbanisation, l'arbre s'installe en ville. On a tr&#232;s vite remarqu&#233; son r&#244;le pour y maintenir la qualit&#233; de vie et la biodiversit&#233;. En 1833, Rambuteau, un an apr&#232;s la fin d'une dramatique &#233;pid&#233;mie de chol&#233;ra, est nomm&#233; pr&#233;fet de la Seine par Louis-Philippe &#224; qui il d&#233;clare : &#171; &lt;i&gt;Dans la mission que Votre Majest&#233; m'a confi&#233;e, je n'oublierai jamais que mon premier devoir est de donner aux Parisiens de l'eau, de l'air et de l'ombre.&lt;/i&gt; &#187; De l'ombre, donc des arbres !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La conception des espaces urbains a connu de tr&#232;s importantes modifications dans la deuxi&#232;me moiti&#233; du XIX&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle. Un projet de restructuration de la capitale &#8211; dont Paris conserve encore la trame &#8211; vise &#224; mettre en &#339;uvre un v&#233;ritable urbanisme v&#233;g&#233;tal. On conna&#238;t l'action de Haussmann en terme d'urbanisme : il trouvait que Paris &#233;tait malsain et surtout que les petites rues &#233;taient propices aux barricades et aux r&#233;volutions. Le pr&#233;fet confie en 1854 &#224; Adolphe Alphand, un ing&#233;nieur polytechnicien que la Troisi&#232;me R&#233;publique nommera directeur des travaux de Paris, la direction du &#171; service des promenades de la ville de Paris &#187;, en quelque sorte la pr&#233;figuration du service actuel des parcs et jardins. Les d&#233;penses li&#233;es &#224; l'am&#233;nagement des jardins, &#224; l'utilisation des plantations en ville &#8211; celles-ci pouvant &#234;tre &#171; causes d'humidit&#233; et d'obscurit&#233; &#187; &#8211; font l'objet de critiques, mais l'objectif est de &#171; rendre l'air plus pur &#187;. L'id&#233;e est de cr&#233;er des parcs ouverts au plus grand nombre avec une grande vari&#233;t&#233; dans le choix des v&#233;g&#233;taux. George Sand, qui a v&#233;cu cette m&#233;tamorphose, &#233;crit dans le Guide par les principaux &#233;crivains et artistes de la France (paru en 1867) : &#171; &lt;i&gt;Excellente amie, je vous avais promis une &#233;tude sur les squares et jardins de Paris autrement dit sur la nature acclimat&#233;e dans notre monde de moellon et de poussi&#232;re (&#8230;). C'est une impression r&#233;trospective que je dois avoir la conscience et l'humilit&#233; d'intituler simplement &#8220;La r&#234;verie &#224; Paris&#8221;.&lt;/i&gt; &#187; Et elle fait part de son go&#251;t pour ces &#171; jardins d&#233;coratifs &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Les squares de quartier&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Les premiers travaux d'embellissement s'&#233;taient port&#233;s sur le bois de Boulogne car Napol&#233;on III voulait prendre mod&#232;le sur Hyde Park &#224; Londres et en faire un lieu de promenade pour les pi&#233;tons et les cavaliers. Le bois de Vincennes a suivi, le parc Monceau a &#233;t&#233; r&#233;habilit&#233;, celui des Buttes-Chaumont construit. Enfin, l'annexion des territoires compris entre le mur des Fermiers g&#233;n&#233;raux et les fortifications de Thiers s'est accompagn&#233;e de la cr&#233;ation de squares de quartier. Cette politique s'est poursuivie au d&#233;but du XX&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle : le square Carpeaux est &#233;difi&#233; sur une partie de l'ancien &#171; cimeti&#232;re du Nord &#187; d&#233;saffect&#233; en 1879 et le square Clignancourt sur le terrain d'un d&#233;p&#244;t d'omnibus d&#233;saffect&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Entre 1867 et 1868, la ville de Paris met aussi en place une &#233;cole d'arboriculture dont la direction est confi&#233;e &#224; Alphonse Du Breuil qui lui donnera son nom. Des p&#233;pini&#232;res sont cr&#233;&#233;es &#224; Longchamp, &#224; Auteuil, &#224; Vincennes. Les journaux rapportent que &#171; &lt;i&gt;les jardiniers plantaient plus vite que leur ombre&lt;/i&gt; &#187; et que les Parisiens voyaient passer devant leurs fen&#234;tres des arbres adultes transport&#233;s sur des chariots sp&#233;ciaux. Ils venaient parfois de loin et naviguaient sur les canaux. Ce sont environ 80 000 arbres qui ont &#233;t&#233; plant&#233;s pendant cette p&#233;riode et que les visiteurs ont admir&#233;s lors de l'exposition universelle de 1889.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Les esp&#232;ces exotiques&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Le platane, l'orme, le tilleul, l'&#233;rable, le marronnier, le robinier et le peuplier d'Italie constituent la trame v&#233;g&#233;tale principale du paysage urbain. Mais les nouveaux parcs et squares haussmanniens pr&#233;sentent de mani&#232;re ostentatoire de nombreuses essences exotiques venues d'Asie et d'Am&#233;rique, dans un r&#244;le &#224; la fois p&#233;dagogique et d'exaltation de l'&#233;poque, de ses conqu&#234;tes et de son pouvoir. Certains sont toujours l&#224; !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le service de l'arbre et des bois de la Ville de Paris a en charge la surveillance et l'entretien d'environ 200 000 arbres g&#233;r&#233;s individuellement et 300 000 en massifs forestiers. De nos jours, on en plante encore, par exemple en vergers dans les &#233;coles &#233;l&#233;mentaires nouvelles, mais c'est une dizaine d'arbres &#224; chaque fois. Ils sont cultiv&#233;s en p&#233;pini&#232;re, en moyenne 8 &#224; 10 ans, avant d'&#234;tre mis en terre. Les enjeux li&#233;s au changement climatique imposent aussi de r&#233;fl&#233;chir aux essences choisies. Certaines essences m&#233;diterran&#233;ennes &#8211; les micocouliers de Provence, les noisetiers de Byzance, les poiriers de Chine, les oliviers de Boh&#232;me ou les ch&#234;nes verts &#8211; s'av&#232;rent particuli&#232;rement bien adapt&#233;es aux sols et au (futur ?) climat parisiens.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Nos arbres remarquables&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Les &#171; arbres remarquables &#187; se distinguent par leur &#226;ge, leur identit&#233;, leur hauteur, leur circonf&#233;rence et leur histoire. A Paris, 191 sont r&#233;pertori&#233;s et ils appartiennent &#224; 52 essences diff&#233;rentes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 18&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; en abrite quelques-uns, notamment le square Louise Michel. On peut y admirer un platane d'Orient, plant&#233; en 1840 (505 cm de circonf&#233;rence et 25 m de hauteur), un grenadier commun, install&#233; en 1952, un pt&#233;rocarier &#224; feuilles de fr&#234;ne dat&#233; de 1900 (circonf&#233;rence de 410 cm, 25 m de hauteur) et un autre plant&#233; en 1899 (circonf&#233;rence 350 cm, hauteur 25 m), un marronnier d'Inde plant&#233; en 1902 (circonf&#233;rence 360 cm, hauteur 20 m), un oranger des Osages plant&#233; en 1922 (circonf&#233;rence 180 cm, hauteur 15 m) et un f&#233;vier d'Am&#233;rique, le plus gros des f&#233;viers, 3 m de circonf&#233;rence, plant&#233; en 1914.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au square Kriegel-Valrimont, la c&#233;dr&#232;le de Chine a &#233;t&#233; mise en terre en 1910 (235 cm de circonf&#233;rence et 15 m de hauteur). Dans le parc Marcel Bleustein Blanchet, un platane commun mesure 345 cm de circonf&#233;rence et 25 m de hauteur. Au cimeti&#232;re de Montmartre, un if commun atteint 290 cm de circonf&#233;rence et 11 m de hauteur. Enfin, au square Nadar, un sophora du Japon plant&#233; en 1904 affiche un tour de taille de 300 cm pour une hauteur de 15 m.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Photo : Danielle Fournier&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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