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	<title>Le 18e du mois</title>
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	<description>Le 18e du mois est un journal d'information sur le 18e arrondissement de Paris, ind&#233;pendant de toute organisation politique, religieuse ou syndicale. Il est &#233;dit&#233; par l'association des Amis du 18e du mois.</description>
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		<title>Le 18&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; du mois</title>
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		<title>Le fabuleux destin de Linda Bastide</title>
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		<dc:date>2020-02-29T09:36:33Z</dc:date>
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		<dc:creator>Monique Loubeski</dc:creator>



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&lt;p&gt;Narbonnaise de naissance, Montmartroise de c&#339;ur, Linda Bastide navigue depuis longtemps entre Pigalle et Abbesses. A la veille de ses quatre-vingt-cinq ans, elle se retourne sur les mille existences qui ont constitu&#233; sa vie. &lt;br class='autobr' /&gt; Un p&#232;re prof, une m&#232;re directrice de maternelle : le destin de la jeune Linda semblait tout trac&#233;. Bonne &#233;l&#232;ve, lectrice pr&#233;coce, elle serait &#224; son tour enseignante. Mais la gamine r&#234;ve de Paris depuis qu'on lui a offert un livre de photos sur la capitale. Son cahier (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.18dumois.info/-les-gens-1033-.html" rel="directory"&gt;Les Gens&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.18dumois.info/local/cache-vignettes/L150xH103/arton902-daf50.jpg?1691935074' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='103' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Narbonnaise de naissance, Montmartroise de c&#339;ur, Linda Bastide navigue depuis longtemps entre Pigalle et Abbesses. A la veille de ses quatre-vingt-cinq ans, elle se retourne sur les mille existences qui ont constitu&#233; sa vie.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Un p&#232;re prof, une m&#232;re directrice de maternelle : le destin de la jeune Linda semblait tout trac&#233;. Bonne &#233;l&#232;ve, lectrice pr&#233;coce, elle serait &#224; son tour enseignante. Mais la gamine r&#234;ve de Paris depuis qu'on lui a offert un livre de photos sur la capitale. Son cahier rouge est riche de 150 po&#232;mes lorsqu'elle d&#233;barque &#224; la gare de Lyon. Sa grand-m&#232;re, qui croit en elle, lui a fourni un petit p&#233;cule. Suffisant pour payer le trajet et quelques nuits d'h&#244;tel.&lt;br class='autobr' /&gt;
Elle s'installe &#224; Montmartre, &#224; 17 ans. La toute jeune femme a confiance en sa bonne &#233;toile. &lt;i&gt;&#171; La vie a beaucoup plus d'imagination que n'importe quel &#233;crivain &#187;&lt;/i&gt;, affirme-t-elle. Linda croise par hasard une femme qui lui ressemble. Mimi France sera sa premi&#232;re bonne f&#233;e. Elle est &#224; la t&#234;te du Quick &#201;lys&#233;es, un restaurant chic, r&#233;cemment inaugur&#233; en pr&#233;sence du tout-Paris qui chante et qui p&#233;tille. Chaque jour elle offre le couvert &#224; celle qui devient vite sa fille d'&#233;lection. Linda y attire le chaland et fait des rencontres, ignorant encore que Jo, le mari de Mimi, est un de ces beaux mecs en costard crois&#233; qui r&#232;gnent sur Pigalle. Monsieur Jo est alors le patron du Moulin Rouge.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Starlette&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Au milieu de sa collection d'ours en peluche, caressant Belle, sa chienne &#233;pagneul, Linda rit &#224; l'&#233;vocation de cette jeunesse insouciante. Apprentie mannequin, elle a pos&#233; pour des publicit&#233;s, d&#233;fil&#233; pour Jacques Est&#233;rel, auteur-compositeur et styliste. Pour lui, elle est m&#234;me entr&#233;e dans la cage d'un lion. Il n'y aura pas de photo, le fauve n'&#233;tait pas d'humeur. Une copine l'entra&#238;ne au cours de th&#233;&#226;tre de Solange Sicard qui sera sa seconde bonne f&#233;e.&lt;br class='autobr' /&gt;
Linda d&#233;bute au cin&#233;ma. Elle joue une d&#233;tenue dans Prison de femmes de Maurice Cloche. Son agent la fait engager dans un film grec. Elle rate son avion, r&#233;cup&#232;re son r&#244;le in extremis sous le regard furibard de la Bardot locale, trop contente de la remplacer. Linda est &#233;galement &#224; l'affiche d'un film de Francesco Rosi (I magliari). Pour elle c'est la dolce vita, &#224; 160 &#224; l'heure au volant de sa d&#233;capotable.&lt;br class='autobr' /&gt;
Paula Delsol, romanci&#232;re, productrice, esth&#233;ticienne pour subsister, l'embauche pour son premier long m&#233;trage, La D&#233;rive. Linda y campe une fille de son &#233;poque qui veut &#233;chapper &#224; tout prix au sort commun des femmes : un mari et des gosses. D&#233;&#231;ue par l'amour, elle se laisse entretenir par un bourgeois d'&#226;ge m&#251;r, avant de craquer pour un gar&#231;on boh&#232;me et sans le sou, jou&#233; par le Montmartrois Pierre Barouh. Tourn&#233; avec de petits moyens en d&#233;cors naturels, le film mettra deux ans &#224; voir le jour et sort en 1964. Au g&#233;n&#233;rique, Linda est alors rebaptis&#233;e Jacqueline Vandal, contre son gr&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Salu&#233; &#224; Cannes o&#249; il obtient le prix des cin&#233;-clubs, cr&#233;dit&#233; de deux voix par le jury du prix Louis Delluc, le film sort &#224; la sauvette, en plein mois d'ao&#251;t. Il est interdit aux moins de 18 ans. Une sanction qui fait sombrer La D&#233;rive dans l'oubli. Jusqu'&#224; ce que des cin&#233;philes perpignanais du club Jean Vigo le red&#233;couvrent. Num&#233;ris&#233;, il s&#233;duit par sa fra&#238;cheur et sa libert&#233; de ton. Aujourd'hui, Benjamin Barouh, fils de Pierre, r&#234;ve d'un passage &#224; Cannes Classics &#8211; la section films anciens du Festival de Cannes &#8211; et d'une nouvelle sortie en salles.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Po&#232;tesse&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;R&#233;sidant &#224; Montmartre, la jeune femme croise souvent son voisin, Jacques Pr&#233;vert. Il l'appelle &#171; poussin &#187;, l'int&#232;gre dans sa bande de copains (Ren&#233; Fallet, Andr&#233; Hardellet...) et la recommande &#224; un &#233;diteur, Guy Authier. &#171; &lt;i&gt;Je suis devenue po&#232;te sans l'avoir fait expr&#232;s &lt;/i&gt; &#187;, raconte-t-elle. Son recueil &#171; A cloche-c&#339;ur &#187; re&#231;oit le Prix des Muses, la premi&#232;re r&#233;compense d'une longue s&#233;rie. Jean Cocteau avait eu l'id&#233;e de cr&#233;er un concours de po&#232;mes &#224; th&#232;me. En 1963, le sujet est Montmartre. Linda l'emporte en &#233;voquant les rues de son quartier d'adoption. La mort fauche Cocteau avant l'attribution du prix. Pierre Mac Orlan le lui remet dans un restaurant de la place du Tertre. Depuis, Linda a publi&#233; une quinzaine de recueils, souvent illustr&#233;s par des amis peintres. &lt;br class='autobr' /&gt;
En 2012, Isaline R&#233;my, son amie po&#233;tesse, incite Linda &#224; postuler &#224; l'Acad&#233;mie fran&#231;aise, avec un argument massue : &#171; &lt;i&gt;Si tu n'le fais pas, j'te parle plus&lt;/i&gt; &#187;. Linda pr&#233;pare soigneusement un dossier qui sera &#233;tudi&#233; et re&#231;u. Lors de l'&#233;lection au fauteuil num&#233;ro 40 elle obtiendra...une voix.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Ambassadrice&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Partageant d&#233;sormais son temps entre son nid parisien et sa maison narbonnaise, Linda est naturellement amen&#233;e &#224; repr&#233;senter le Languedoc &#224; Paris et inversement. Elle porte le titre d'ambassadrice de la R&#233;publique de Montmartre, charg&#233;e de promouvoir &#224; l'ext&#233;rieur les artistes de la Butte. Elle les conna&#238;t bien puisque sa rue &#8211; la rue V&#233;ron &#8211; poss&#232;de une &#233;cole d'art et plusieurs galeries. C'est aussi une des plus appr&#233;ci&#233;es des street artists. En 2012 elle organise une r&#233;trospective des affiches de la F&#234;te des vendanges de Montmartre &#224; Narbonne. Et son r&#244;le de repr&#233;sentation l'emm&#232;ne aussi en Espagne, en Roumanie, aux Etats-Unis.&lt;br class='autobr' /&gt;
Aujourd'hui, la dame aux cheveux blancs s'amuse &#224; renouer avec son pass&#233; de vedette de cin&#233;ma. Pourtant son combat actuel est la publication des Coulisses du silence. Ses beaux-parents, Rifka et Jacob Knobel, lui ont l&#233;gu&#233; un lourd tr&#233;sor, enferm&#233; dans un sac en papier kraft. Le r&#233;cit d'un aspect peu connu du syst&#232;me de pers&#233;cution nazi : l'internement des ressortissants anglo-am&#233;ricains dans des camps, comme celui de Vittel, avant l'entr&#233;e en guerre des Etats-Unis et de la Grande-Bretagne. L'objectif : utiliser ces prisonniers comme monnaie d'&#233;change. Les Knobel avaient fui la Pologne pour &#233;migrer en Palestine, alors sous mandat britannique. Ils aimaient Paris, voulurent y revenir en voyage. Rafl&#233;s en d&#233;cembre 1940 ils seront s&#233;par&#233;s, intern&#233;s. Rifka est enferm&#233;e avec Bernard, son b&#233;b&#233; de six mois.&lt;br class='autobr' /&gt;
La r&#233;daction de cet ouvrage richement illustr&#233; par des dizaines de documents, a demand&#233; des ann&#233;es de travail &#224; Linda Bastide. Elle l'a auto-&#233;dit&#233; et aimerait aujourd'hui qu'il soit diffus&#233; plus largement. Le sac et son contenu ont &#233;t&#233; d&#233;pos&#233;s au M&#233;morial de la Shoah.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;photo : Brigitte Postec&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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