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	<title>Le 18e du mois</title>
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	<description>Le 18e du mois est un journal d'information sur le 18e arrondissement de Paris, ind&#233;pendant de toute organisation politique, religieuse ou syndicale. Il est &#233;dit&#233; par l'association des Amis du 18e du mois.</description>
	<language>fr</language>
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		<title>Le 18&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; du mois</title>
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		<title>r&#233;sistance &#233;cologique au CiNey</title>
		<link>https://www.18dumois.info/resistance-ecologique-au-ciney.html</link>
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		<dc:date>2026-05-02T15:00:34Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Danielle Fournier</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Une fois par mois, un cin&#233;-club d&#233;di&#233; aux questions &#233;cologistes va voir le jour dans le tout nouveau CiNey. &lt;br class='autobr' /&gt; Premi&#232;re s&#233;ance le lundi 1&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;er&lt;/sup&gt; juin &#224; 20 h, avec le film Soul&#232;vements, r&#233;alis&#233; par Thomas Lacoste, suivie d'une rencontre avec des membres du collectif Terres de luttes. Soul&#232;vements est un portrait choral &#224; seize voix. Seize trajectoires singuli&#232;res, d'un mouvement de r&#233;sistance interg&#233;n&#233;rationnel port&#233; par une jeunesse qui vit et qui lutte contre l'accaparement des terres et de (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.18dumois.info/-porte-de-montmartre-1630-.html" rel="directory"&gt;Porte de Montmartre&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Une fois par mois, un cin&#233;-club d&#233;di&#233; aux questions &#233;cologistes va voir le jour dans le tout nouveau CiNey.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Premi&#232;re s&#233;ance le lundi 1&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;er&lt;/sup&gt; juin &#224; 20 h, avec le film Soul&#232;vements, r&#233;alis&#233; par Thomas Lacoste, suivie d'une rencontre avec des membres du collectif Terres de luttes. Soul&#232;vements est un portrait choral &#224; seize voix. Seize trajectoires singuli&#232;res, d'un mouvement de r&#233;sistance interg&#233;n&#233;rationnel port&#233; par une jeunesse qui vit et qui lutte contre l'accaparement des terres et de l'eau, les ravages industriels, la mont&#233;e des totalitarismes et fait face &#224; la r&#233;pression politique. Une plong&#233;e au c&#339;ur des Soul&#232;vements de la Terre r&#233;v&#233;lant la composition in&#233;dite des forces multiples d&#233;ploy&#233;es un peu partout dans le pays qui exp&#233;rimentent d'autres modes de vie, tissent de nouveaux liens avec le vivant, bouleversant ainsi les d&#233;coupages &#233;tablis du politique et du sensible.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A d&#233;couvrir !&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Nouveau mode de scrutin : exercice plut&#244;t r&#233;ussi</title>
		<link>https://www.18dumois.info/nouveau-mode-de-scrutin-exercice-plutot-reussi.html</link>
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		<dc:date>2026-04-03T00:12:29Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Danielle Fournier</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Les &#233;lecteurs se sont appropri&#233;s, d&#232;s le premier tour, le nouveau mode de scrutin et ont vot&#233; de mani&#232;re plus vari&#233;e &#224; l'&#233;chelle locale. &lt;br class='autobr' /&gt; Que retenir, &#224; chaud, du premier tour des municipales qui s'est tenu le 15 mars ? Tout d'abord, les &#233;lecteurs ont jou&#233; le jeu de la nouvelle disposition de vote : deux votes s&#233;par&#233;s pour le Conseil de Paris et le conseil d'arrondissement. Tr&#232;s peu d'&#233;lecteurs se sont &#233;tonn&#233;s de ce nouveau mode de scrutin. La Mairie avait d&#251; multiplier par deux les agents (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.18dumois.info/-municipales-.html" rel="directory"&gt;Municipales&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Les &#233;lecteurs se sont appropri&#233;s, d&#232;s le premier tour, le nouveau mode de scrutin et ont vot&#233; de mani&#232;re plus vari&#233;e &#224; l'&#233;chelle locale.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Que retenir, &#224; chaud, du premier tour des municipales qui s'est tenu le 15 mars ? Tout d'abord, les &#233;lecteurs ont jou&#233; le jeu de la nouvelle disposition de vote : deux votes s&#233;par&#233;s pour le Conseil de Paris et le conseil d'arrondissement. Tr&#232;s peu d'&#233;lecteurs se sont &#233;tonn&#233;s de ce nouveau mode de scrutin. La Mairie avait d&#251; multiplier par deux les agents de bureaux de vote et d&#233;doubler les 68 bureaux de votes : une organisation impressionnante. D'autre part, on note, d&#232;s le premier tour, des &#233;carts importants entre les votes pour le Conseil de Paris et pour le conseil d'arrondissement du 18&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela est particuli&#232;rement frappant pour la liste Paris est &#224; vous ! avec Emmanuel Gr&#233;goire &#8211; Union de la gauche et des &#233;cologistes, arriv&#233;e en t&#234;te pour le Conseil de Paris avec 44,04 % et 27 767 voix dans le 18&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; et la liste Le 18&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; est &#224; vous ! avec Eric Lejoindre et Emmanuel Gr&#233;goire &#8211; Union de la gauche et des &#233;cologistes qui recueille 33,46 % avec 21 281 des voix, une diff&#233;rence de 6 487 voix. Ce n'est pas le cas dans tous les arrondissements de Paris.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les listes LFI et citoyennes bousculent les votes&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Est-ce que cela tient au score r&#233;alis&#233; par Dani&#232;le Obono qui totalise 19,72 % soit 12 543 votes pour Le Nouveau Paris Populaire 18&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; et 17,18 % soit 10 832 pour la liste parisienne LFI ? Les chiffres montrent que c'est une explication, mais elle doit &#234;tre compl&#233;t&#233;e par la pr&#233;sence de deux listes &#171; citoyennes &#187; de gauche qui se pr&#233;sentaient uniquement dans le 18&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; : celle conduite par Ayod&#233;l&#233; Ikuesan, Le 18&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; c'est nous ! qui totalise 5,66 % (3 600 votes) - et qui s'est d&#233;sist&#233;e pour la candidate LFI &#8211; et celle soutenue par Aymeric Caron 5,01 % (3 186 votes) 18&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; vivant et solidaire qui a finalement appel&#233; &#224; voter blanc. Notons que la liste d'extr&#234;me-droite Sarah Knafo pour Paris &#8211; Une ville heureuse avec 6,06 % (3 822) pour le Conseil de Paris et 5,29 % (3 364 votes) pour le 18&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; n'est pas qualifi&#233;e pour le second tour et s'est retir&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Fin de partie pour Pierre-Yves Bournazel&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Enfin, deux listes qualifi&#233;es pour le deuxi&#232;me tour &#224; droite ont fusionn&#233; et, fait important, Pierre-Yves Bournazel, qui conduisait la liste parisienne, ne participe pas &#224; la fusion, indiquant que pour lui, &#171; ce sont les valeurs qui comptent &#187; et qu'il va &#171; choisir un autre chemin de vie &#187;. Sa liste a r&#233;alis&#233; 12,72 % (8 093 votes) avec Samir Bela&#239;d Paris 18&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; apais&#233; et celle conduite par Thierry Guerrier Changer Paris avec Rachida Dati : 14,33 % (9 116 votes).&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Des chiffonniers de la rue Marcadet aux biffins de la porte Montmartre</title>
		<link>https://www.18dumois.info/des-chiffonniers-de-la-rue-marcadet-aux-biffins-de-la-porte-montmartre.html</link>
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		<dc:date>2026-02-28T17:03:27Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Danielle Fournier</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;En janvier 1884, plusieurs milliers de chiffonniers se rassemblent dans une de leurs cit&#233;s, rue Marcadet. Cause du conflit avec le pr&#233;fet Eug&#232;ne Poubelle : l'ordonnance obligeant les propri&#233;taires &#224; d&#233;poser leurs ordures dans des &#171; bo&#238;tes &#187; couvertes. A l'heure o&#249; la gestion des d&#233;chets et la propret&#233; des rues sont des enjeux &#233;lectoraux, nous avons choisi de relire un article de No&#235;l Monier paru en novembre 1995. &lt;br class='autobr' /&gt; Au bout de la rue Marcadet, pr&#232;s de l'avenue de Saint-Ouen, se trouvait au (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.18dumois.info/-histoire-1611-.html" rel="directory"&gt;Histoire&lt;/a&gt;


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 <content:encoded>&lt;img src='https://www.18dumois.info/local/cache-vignettes/L150xH121/image_geniaux_paul_chiffonniers_p_ph148_404412-7776d.jpg?1772288519' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='121' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;En janvier 1884, plusieurs milliers de chiffonniers se rassemblent dans une de leurs cit&#233;s, rue Marcadet. Cause du conflit avec le pr&#233;fet Eug&#232;ne Poubelle : l'ordonnance obligeant les propri&#233;taires &#224; d&#233;poser leurs ordures dans des &#171; bo&#238;tes &#187; couvertes. A l'heure o&#249; la gestion des d&#233;chets et la propret&#233; des rues sont des enjeux &#233;lectoraux, nous avons choisi de relire un article de No&#235;l Monier paru en novembre 1995.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Au bout de la rue Marcadet, pr&#232;s de l'avenue de Saint-Ouen, se trouvait au d&#233;but des ann&#233;es 1880 une des plus importantes &#171; cit&#233;s de chiffonniers &#187; de Paris, appel&#233;e &#171; cit&#233; Maupy &#187;. Un chroniqueur de l'&#233;poque, A. Coffignon, la d&#233;crit : &#171; C'est un grand terrain vague avec, au fond, de bizarres constructions o&#249; g&#238;tent plus de six cents personnes, constructions h&#233;t&#233;roclites faites les unes de carreaux de pl&#226;tre, les autres de simples planches, d'autres encore des mat&#233;riaux les plus divers assembl&#233;s tant bien que mal et recouverts de terre battue. Des plaques de zinc forment la toiture, qu'un coup de vent suffirait &#224; enlever si de grosses pierres n'&#233;taient pos&#233;es dessus pour la retenir. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des cit&#233;s de ce genre, il en existe &#224; cette &#233;poque un certain nombre dans les arrondissements p&#233;riph&#233;riques de Paris. Elles se sont constitu&#233;es autour des entrep&#244;ts de chiffonniers en gros : ces &#171; ma&#238;tres chiffonniers &#187; garantissent au petit monde des &#171; biffins &#187; de la cit&#233;, l'achat de leurs collecte journali&#232;re. Un autre chroniqueur, Jules Claretie, dans son recueil de 1883, La Vie &#224; Paris, nous apprend que le loueur des cabanes de la cit&#233; Maupy, un nomm&#233; Lapierre, &#171; aime mieux les chiffonniers que les ouvriers : ils payent mieux leur loyer, font vivre des fabriques, le verre, la fonte, les papeteries... &#187; Le terrain, lou&#233; deux francs le m&#232;tre, appartient en partie &#224; M. Bodet, en partie au duc de Castiglione. &#171; Mille petits d&#233;tails rendent la cit&#233; pittoresque : ici c'est un corbeau empaill&#233; qui a &#233;t&#233; plac&#233; au-dessus d'une porte dans une attitude grotesque ; l&#224; c'est une fen&#234;tre curieusement garnie de rocailles ; plus loin, un mur est couvert de petits fragments de miroirs qui &#233;tincellent&#8230; Des troupes d'enfants s'&#233;battent toute la journ&#233;e dans le grand terrain qui pr&#233;c&#232;de la cit&#233;, tandis que les chiffonniers, accroupis, s'appr&#234;tent &#224; trier le contenu de leurs hottes. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Le travail de plus de 70 000 personnes&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Rien de tel de l'autre c&#244;t&#233; des fortifications, sur l'emplacement actuel du March&#233; aux Puces, o&#249; existaient d'autres cit&#233;s de chiffonniers, beaucoup plus mis&#233;rables. Jules Claretie d&#233;crit celle qu'on a surnomm&#233;e le &#171; Petit Mazas &#187; (Mazas &#233;tait une prison de Paris, d&#233;molie en 1898) : &#171; Les taudis abondent, les d&#233;tritus et les chiffons meublant seuls les baraques de planches ou de boue... L&#224;, des tani&#232;res, de vraies tani&#232;res. Au ras du sol, des maisonnettes trou&#233;es d'une porte. Beaucoup n'ont pas d'autre ouverture, les fen&#234;tres se paient plus cher. En face de ces bouges, des trous hideux pour faire s'&#233;couler l'eau qui entre dans les taudis. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et puis, au bout de la cit&#233;, soudain la venelle s'&#233;largit et l'on aper&#231;oit &#171; un convoi qui passe allant au cimeti&#232;re de Saint-Ouen, le panache de vapeur du chemin de fer de Ceinture, les fortifications, la butte Montmartre et, derri&#232;re, la vague fum&#233;e de Paris. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le nombre des chiffonniers parisiens a &#233;t&#233; multipli&#233; au moins par cinq entre 1871 et 1880, en raison du ch&#244;mage. M. de Luynes, rapporteur d'une enqu&#234;te d&#233;cid&#233;e au d&#233;but des ann&#233;es 1880 par le Comit&#233; d'hygi&#232;ne publique du d&#233;partement de la Seine, estime leur nombre &#224; 41 000, ramassant 1 190 000 kilos (soit 1 190 tonnes) de marchandise par jour. Les grossistes en vieux chiffons et autres produits de r&#233;cup&#233;ration emploient, eux, environ 2 000 hommes et 20 000 femmes au tri et &#224; la revente. Il faut ajouter 10 000 &#171; chineurs &#187; ou brocanteurs. Plus de 70 000 personnes au total travaillent donc dans la r&#233;cup&#233;ration des d&#233;chets et vieilleries.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Beaucoup de chiffonniers sont d'anciens ouvriers sans emploi qui un jour, pour gagner quelques sous, se sont mis &#224; fouiller les tas d'ordures. Ils sont d'abord &#171; coureurs &#187;, c'est-&#224;-dire travaillant o&#249; bon leur semble, quand il leur pla&#238;t ; mais les rues o&#249; le rendement est bon (les quartiers de l'Op&#233;ra et de la Chauss&#233;e-d'Antin sont les meilleurs) sont vigoureusement prot&#233;g&#233;es. Et la vente des &#171; mati&#232;res &#187; est difficile &#224; qui veut rester ind&#233;pendant. Les trois quarts des coureurs sont bient&#244;t sous la d&#233;pendance d'un ma&#238;tre-chiffonnier, qui parfois les loge (moyennant un loyer souvent &#233;lev&#233;). Ils peuvent alors devenir &#171; placiers &#187;, oblig&#233;s de travailler tous les jours sous peine de perdre leur place, mais ayant le monopole d'une rue ou d'une portion de rue.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien avant l'aube, ils enl&#232;vent les ordures d'une vingtaine de maisons et les portent sur le trottoir. Arm&#233;s de la hotte, de la lanterne et du crochet, leurs instruments de travail, ils trient ces d&#233;chets, qui leur appartiennent jusqu'&#224; ce que les tombereaux des boueux passent et les enl&#232;vent. Le rapport de M. de Luynes recense 15 000 placiers, 20 000 coureurs et 6 000 &#171; ramasseurs de nuit &#187;. Ces derniers ramassent en moyenne 15 kilos par jour, les coureurs, 25 kilos, les placiers, 40 kilos. Un ramasseur de nuit peut gagner 0,90 franc par jour, un coureur 1,50 franc, un placier 2,40 francs. Marchandises vendables : chiffons (qui se divisent en deux cat&#233;gories : les chiffons de choix, blanc, toile et coton, et le tout-venant, couleurs, vieilles laines, d&#233;chets de chanvre, cordes et ficelles, vieille ouate), vieux livres et papiers de toute nature, vieux m&#233;taux, verres cass&#233;s et fa&#239;ences, bo&#238;tes de fer-blanc, crins, cheveux, cornes, bouchons de li&#232;ge, caoutchouc, cro&#251;tes de pain, os et graisses, vieux cuirs, semelles, peaux de lapins, etc. Tout se r&#233;cup&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;L'offensive d&#233;cisive de l'administration&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;A plusieurs reprises, l'administration a voulu mettre ce march&#233; sous contr&#244;le, en accordant le monopole de la &#171; biffe &#187; &#224; des entreprises adjudicataires, comme c'est d&#233;j&#224; le cas pour les boueux. A chaque fois, les chiffonniers ont r&#233;sist&#233; avec succ&#232;s. Mais vient l'offensive d&#233;cisive.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 24 novembre 1883 et le 8 mars 1884, au nom de l'hygi&#232;ne, le pr&#233;fet de la Seine Eug&#232;ne Poubelle promulgue deux arr&#234;t&#233;s qui laisseront son nom c&#233;l&#232;bre : les ordures ne pourront plus &#234;tre sorties avant cinq heures du matin, elles devront &#234;tre plac&#233;es dans trois bo&#238;tes recouvertes d'un couvercle, une pour les mati&#232;res putrescibles, une pour les papiers et chiffons, une pour le verre, les fa&#239;ences et les coquilles d'hu&#238;tres. Les propri&#233;taires et les concierges s'insurgent : c'est &#171; une atteinte &#224; la libert&#233; individuelle &#187;. Mais ils finissent assez vite par adopter ces bo&#238;tes qu'on appellera par d&#233;rision des &#171; poubelles &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Chez les chiffonniers en revanche, la r&#233;volte contre cette r&#233;glementation qui les ruine durera plusieurs ann&#233;es. D&#232;s le d&#233;but, la cit&#233; Maupy de la rue Marcadet en est le centre. C'est l&#224; qu'en janvier 1884 se tient le premier grand meeting, dont A. Coffignon fait le r&#233;cit : une table de salle &#224; manger recouverte d'un tapis vert a &#233;t&#233; plac&#233;e, pour le bureau de l'assembl&#233;e, devant le hangar d'un ma&#238;tre-chiffonnier. Plusieurs milliers de personnes sont rang&#233;es en fer &#224; cheval tout autour, tandis que sur les fen&#234;tres alentour se pressent des grappes humaines. Un &#171; camion &#187; (grosse voiture &#224; cheval pour le transport des marchandises) sert de tribune, o&#249; les orateurs se succ&#232;dent pour d&#233;noncer le pr&#233;fet Poubelle. &#171; J'ai cependant &#233;t&#233; frapp&#233;, note Coffignon, de la mod&#233;ration avec laquelle les chiffonniers exposent leurs griefs. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'autres meetings se tiendront, au fil des mois, &#224; M&#233;nilmontant, &#224; Belleville, dans les arrondissements du sud de la capitale. De multiples d&#233;l&#233;gations seront envoy&#233;es &#224; la pr&#233;fecture. Les partis politiques s'int&#233;ressent &#224; l'affaire, d&#233;l&#232;guent des repr&#233;sentants aux meetings ; ceux des cercles ouvriers catholiques se font acclamer rue Marcadet, ceux des r&#233;volutionnaires socialistes emportent les applaudissements &#224; Belleville et &#224; M&#233;nilmontant. Les chiffonniers penseront &#224; un moment qu'ils vont gagner, qu'on va en revenir &#224; l'ancien syst&#232;me : au bout de quelques ann&#233;es en effet, les poubelles m&#233;talliques, caboss&#233;es et perc&#233;es sont hors d'usage et les propri&#233;taires ren&#226;clent &#224; les remplacer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais Poubelle, inflexible, les y contraint &#224; coups d'amendes. Les chiffonniers vont devoir transporter ailleurs leur activit&#233;, aller fouiller les d&#233;p&#244;ts d'ordures situ&#233;s de plus en plus loin en banlieue et dispara&#238;tre pour la plupart de Paris. Le pr&#233;fet Poubelle a gagn&#233; une bataille, celle des poubelles, mais les mis&#233;reux le sont rest&#233;s, plus loin.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pouss&#233;s par la pr&#233;carit&#233;, les chiffonniers du XIX&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle sont de retour. De nos jours le terme biffin, qui d&#233;rive du mot biffe &#8211; un chiffon sans valeur &#224; l'origine &#8211;, tend &#224; remplacer celui de chiffonnier. Les biffins et biffines ramassent leurs marchandises dans les poubelles, sur les trottoirs et les revendent l&#224; o&#249; ils peuvent.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Un nouveau cadre pour les biffins&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Depuis 2009, sous le p&#233;riph&#233;rique, &#224; la porte Montmartre, &#224; deux pas des Puces, les biffins sont autoris&#233;s &#224; vendre les objets r&#233;cup&#233;r&#233;s, dans le &#171; carr&#233; des biffins &#187;. Une centaine de places ont &#233;t&#233; pr&#233;vues dans le carr&#233;, obtenues apr&#232;s des ann&#233;es de lutte et de course poursuite avec les policiers qui saisissaient et jetaient dans des bennes &#224; ordures les marchandises. La mise en place du carr&#233; s'inscrit dans un cadre l&#233;gal : une carte, une place avec un num&#233;ro, un agenda &#8211; du samedi au lundi, de 8 h 30 &#224; 17 h30. L'association Aurore a &#233;t&#233; missionn&#233;e &#224; l'origine pour assurer s&#233;curit&#233;, logistique et accompagnement social des biffins et a &#233;t&#233; retenue en 2022 pour poursuivre son action d'encadrement du carr&#233;. L'association Amelior a &#233;t&#233; cr&#233;&#233;e pour regrouper l'ensemble des biffins d'&#238;le-de-France.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais le carr&#233; de la porte Montmartre, comme ceux cr&#233;&#233;s &#224; la suite, a vite &#233;t&#233; d&#233;bord&#233; par les vendeurs &#224; la sauvette dont le nombre explose &#224; mesure que la mis&#232;re et la pr&#233;carit&#233; s'&#233;tendent. On parle d'&#233;conomie informelle, de recyclage, reste que jour et nuit plusieurs milliers de biffins sillonnent Paris, poussant le caddie ou tirant la poussette dans l'indiff&#233;rence.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Photo : Paul G&#233;niaux - Paris Mus&#233;es / Mus&#233;e Carnavalet &#8211; Histoire de Paris&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Zelia, une couturi&#232;re c&#233;leste</title>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Danielle Fournier</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Zelia r&#232;gne sur sa boutique-atelier o&#249; elle cr&#233;e de fabuleuses robes de mari&#233;e. L'aboutissement d'un parcours plein de rencontres saisies &#224; pleines mains. &lt;br class='autobr' /&gt; Ind&#233;pendante, originale et fid&#232;le &#224; ses r&#234;ves d'ado, Z&#233;lia virevolte dans sa boutique de la rue d'Orsel, ouverte il y a quarante ans. Tr&#232;s grande, haut perch&#233;e sur des talons, elle re&#231;oit un client qui vient acheter un tablier, sort des tissus, fait des propositions, &#233;coute la demande du client avec la plus grande attention. Tout en (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.18dumois.info/-les-gens-1608-.html" rel="directory"&gt;Les Gens&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.18dumois.info/local/cache-vignettes/L150xH115/_n8c3095nb-1dd30.jpg?1772288518' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='115' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Zelia r&#232;gne sur sa boutique-atelier o&#249; elle cr&#233;e de fabuleuses robes de mari&#233;e. L'aboutissement d'un parcours plein de rencontres saisies &#224; pleines mains.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Ind&#233;pendante, originale et fid&#232;le &#224; ses r&#234;ves d'ado, Z&#233;lia virevolte dans sa boutique de la rue d'Orsel, ouverte il y a quarante ans. Tr&#232;s grande, haut perch&#233;e sur des talons, elle re&#231;oit un client qui vient acheter un tablier, sort des tissus, fait des propositions, &#233;coute la demande du client avec la plus grande attention. Tout en vivant et parlant &#224; toute allure, la &#171; Queen du tablier &#187; comme elle se d&#233;signe &#8211; elle en&lt;br class='autobr' /&gt;
aurait fait 20 000 ici, dans son atelier &#8211; montre dans la partie accueil, entre canap&#233;, fauteuil et portants, les fameuses robes de mari&#233;e qui sont sa marque de fabrique. &#171; Je fais tout au feeling, me fiant &#224; mon seul &#339;il. &#187; Robes exotiques, robes pr&#233;cieuses, champ&#234;tres, baln&#233;aires, frileuses et douillettes pour les mariages d'hiver ou largement d&#233;collet&#233;es pour les &#233;pousailles de plein &#233;t&#233;, chaque mod&#232;le est unique et discut&#233; avec la cliente. L'exp&#233;rience parle pour celle qui est tout mouvement. &#171; Mon logo &#8211; Sur la terre comme au ciel &#8211;, je l'ai invent&#233; &#224; 11 ans. Je suis une pure autodidacte, sans formation, sans passage par une &#233;cole. &#187; Originaire d'un petit village de Picardie, entre vaches et betterave &#224; sucre, Z&#233;lia revient sur son enfance : &#171; Pour moi &#231;a commence un peu mal, j'arrive dix-sept ans apr&#232;s mes autres fr&#232;res et s&#339;urs, je suis la sixi&#232;me. C'&#233;tait Zola, pas de chauffage ni d'eau chaude, autant dire le Moyen &#194;ge. &#187; Pas de quoi d&#233;courager cette battante, amoureuse de sa libert&#233; qui, d&#232;s son plus jeune &#226;ge, alors qu'elle ne sait pas encore ce qu'elle va faire, r&#234;ve d'un autre monde. Elle croit aux f&#233;es, aux princesses ! Alors, tr&#232;s vite, Z&#233;lia va se d&#233;marquer. Elle se fixe l'objectif d'&#234;tre la premi&#232;re de la classe, motiv&#233;e par des profs auxquels elle rend hommage et se met &#224; fr&#233;quenter aussi les vieilles dames du coin qui lui apprennent le tricot. Et toujours, sortir de chez elle, lire &#171; beaucoup parce que c'est gratuit &#187; et cultiver un monde imaginaire.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;R&#233;v&#233;lation sur r&#233;v&#233;lation&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Naissent alors des &#171; gilets tr&#232;s techniques, tr&#232;s color&#233;s &#187; qu'elle montre fi&#232;rement sur une photo d'&#233;poque, sortie d'une valise blanche en carton, celle-l&#224; m&#234;me qu'elle trimbalait &#224; l'&#233;cole et qu'elle sort de dessous un petit meuble rempli de tissus. Ado, elle r&#233;cup&#232;re des bouts de laine et, avant la mode de l'upcycling (ou surcyclage), d&#233;coupe, adapte, s'invente des personnages. Il lui arrive aussi, d&#232;s le coll&#232;ge, de se changer deux fois par jour, ce qui inqui&#232;te un peu ses proches. Ses professeurs pensent qu'elle veut devenir artiste et finalement, une fois le bac en poche, elle se rend en stop au festival d'Avignon. L&#224;, r&#233;v&#233;lation, elle voit le march&#233; artisanal et d&#233;couvre qu'on peut gagner sa vie en faisant quelque chose avec ses mains. Apr&#232;s un passage &#233;clair &#224; la fac Paris 8 Saint-Denis, elle d&#233;cide de se rendre utile dans les backstages.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nouveau coup de baguette magique, nouvelle r&#233;v&#233;lation, elle rencontre Dan de Ticaret, celui qui a lanc&#233; le hip-hop et se rapproche de l'importation des fringues am&#233;ricaines. La voil&#224; propuls&#233;e dans un monde o&#249; elle c&#244;toie Higelin, Axel Bauer, Nilda Fernandez, Didier Lockwood et autres c&#233;l&#233;brit&#233;s, un monde dans lequel elle va s'&#233;panouir, ce Paris des ann&#233;es 80 dont elle dit que &#171; c'est un beau Paris &#187;. Elle habite alors square Carpeaux et s'installe dans le 18&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; pour toujours !&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;De la &#171; fringue &#187; &#224; la robe&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Elle coud ses robes dans sa chambre de bonne et propose en 1984 un d&#233;fil&#233; au Palace, l'incontournable lieu de f&#234;te de l'&#233;poque. Christian Lacroix est l&#224;, il la remarque et l'encourage. Elle travaille alors dans le spectacle, habillant les artistes du Palace, cr&#233;ant les costumes de Un monde sans piti&#233;, le film d'Eric Rochant, ceux d'un op&#233;ra-rock tir&#233; des Pr&#233;cieuses ridicules. Elle saisit toutes les chances qui se pr&#233;sentent &#224; elle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quand vient la mode des d&#233;p&#244;ts-ventes o&#249; ses robes ont un grand succ&#232;s, la propri&#233;taire de la boutique lui fait un cadeau : un pr&#234;t pour qu'elle puisse acheter les murs - dans lesquels elle est toujours. &#171; Ce que je n'avais pas dans ma vie amoureuse (sa relation avec l'acteur et r&#233;alisateur Laurent Ledoyen, le p&#232;re de ses enfants, &#233;tant pour le moins chaotique), je me mets &#224; l'avoir dans mon activit&#233; professionnelle. &#187; C'est alors qu'elle encha&#238;ne les plateaux t&#233;l&#233; et qu'on la consid&#232;re comme une artiste. &#171; Une artisane &#187;, rectifie celle qui aime les artistes qui usent de leurs mains.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Elle comprend aussi qu'elle va s'&#233;panouir dans une activit&#233; qu'elle a choisi d'exercer dans la joie. On la voit virevolter entre l'entr&#233;e de la boutique et l'atelier du fond, une table avec deux machines &#224; coudre et l'indispensable planche &#224; repasser. C'est de &#171; la belle couture &#187;, des &#339;uvres originales et faites localement, robes de princesse pour berg&#232;re r&#233;alis&#233;es avec fantaisie par une &#171; Cendrillon derri&#232;re le fer &#224; repasser &#187;, sourit-elle. Maintenant que sa carri&#232;re est bien avanc&#233;e, elle a entrepris de ressortir tous les tr&#233;sors glan&#233;s au cours des ann&#233;es et s'est donn&#233; comme d&#233;fi de tous les utiliser : tissus, boutons, dentelles, tout doit dispara&#238;tre. Au plafond, trois anges (gardiens !) s'envolent. Pour Z&#233;lia, la libert&#233; n'est pas un vain mot !&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Photo : Thierry Nectoux&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Vendredi, librairie en sursis</title>
		<link>https://www.18dumois.info/vendredi-librairie-en-sursis.html</link>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Danielle Fournier</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Organis&#233; en SCIC, un collectif d'habitants soutient le tandem Jos&#233; et Camille dans un projet fou : faire rena&#238;tre de ses cendres la librairie Vendredi, riche de plus d'un si&#232;cle d'histoire. &lt;br class='autobr' /&gt; Quelle triste mine ! Une vitrine bris&#233;e barr&#233;e par un gros scotch et derri&#232;re, depuis plusieurs mois, des rayons vides. La &#171; carriole &#187; qui proposait sur le trottoir des &#171; d&#233;j&#224; lus &#187; a, elle aussi, disparu. La vie semble s'&#234;tre &#233;chapp&#233;e du lieu. Est-ce la fin de l'aventure de cette librairie ? Jos&#233; (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.18dumois.info/-vivent-nos-librairies-independantes-.html" rel="directory"&gt;Vivent nos librairies ind&#233;pendantes&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Organis&#233; en SCIC, un collectif d'habitants soutient le tandem Jos&#233; et Camille dans un projet fou : faire rena&#238;tre de ses cendres la librairie Vendredi, riche de plus d'un si&#232;cle d'histoire.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Quelle triste mine ! Une vitrine bris&#233;e barr&#233;e par un gros scotch et derri&#232;re, depuis plusieurs mois, des rayons vides. La &#171; carriole &#187; qui proposait sur le trottoir des &#171; d&#233;j&#224; lus &#187; a, elle aussi, disparu. La vie semble s'&#234;tre &#233;chapp&#233;e du lieu. Est-ce la fin de l'aventure de cette librairie ? Jos&#233; Ameur, employ&#233; de la boutique jusqu'&#224; fin 2024, Camille Boisaubert et tout un groupe de lecteurs et d'habitants attach&#233;s au lieu ont cr&#233;&#233; une soci&#233;t&#233; en SCIC, dont le but est &#171; la sauvegarde de la librairie &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Une librairie centenaire&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;C'est une &#171; librairie de quartier &#187;, un lieu &#224; part, dont l'esprit particulier a &#233;t&#233; fa&#231;onn&#233; au fil du temps par les lecteurs mais aussi celles et ceux qui l'ont dirig&#233;e et marqu&#233;e. Une librairie n'est pas un lieu anodin, et celle-ci en est l'exemple absolu ! Selon le collectif, &#171; sa pr&#233;sence continue &#224; travers plusieurs d&#233;cennies lui vaut une place particuli&#232;re dans le c&#339;ur des habitants de Pigalle &#187; et justifie l'&#233;nergie mise pour sa reprise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En France, chaque ann&#233;e, une cinquantaine de fermetures et une centaine d'inaugurations redessinent la carte des librairies. Depuis sa cr&#233;ation en 1917, &#171; Vendredi est un point fixe dans ce paysage &#187;. Tout commence &#224; la fin du XIX&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle quand le p&#232;re Souli&#233;, ancien lutteur de foire, tient une boutique de matelas et de bric-&#224;-brac rue des Martyrs, en face du cirque M&#233;drano. Au milieu d'objets h&#233;t&#233;roclites, il accumule des toiles sans valeur que les peintres ach&#232;tent pour les gratter et les repeindre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un certain Picard, papetier-libraire, prend le relais et vend le commerce &#224; Th&#233;odore Bosman en janvier 1917. C'est alors une entreprise prosp&#232;re. Difficile d'imaginer que cinq personnes aient pu travailler dans un espace aussi r&#233;duit mais la vente s'effectue au comptoir : les clients ne circulent pas dans la librairie. En 1958, Virgil Vassiliu, employ&#233; de la librairie, la rach&#232;te &#224; ses patrons. Pendant&lt;br class='autobr' /&gt;
20 ans, il poursuit l'activit&#233; : papeterie, livres scolaires et classiques occupent l'essentiel des rayons. &#192; partir de 1978 Gilberte de Poncheville rach&#232;te la librairie qu'elle anime jusqu'en 2015 o&#249; elle est reprise par Julien Viteau, un lecteur. C'est elle qui va marquer durablement et fortement le lieu ! Las, le dernier &#233;pisode aura dur&#233; une dizaine d'ann&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;&#171; Vendredi &#187; demain&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Si la boutique est en d&#233;sh&#233;rence depuis plusieurs mois, la soci&#233;t&#233; constitu&#233;e rel&#232;ve le d&#233;fi &#171; d'inaugurer une librairie vieille de plus de cent ans &#187;. En effet, la reprise simple ne pouvait se faire, ce sera donc une re-cr&#233;ation &#224; laquelle travaillent le tandem Jos&#233; et Camille et tous les membres de la SCIC. Jos&#233; se dit d'ailleurs &#171; impressionn&#233; par ce beau projet collectif &#187; et affiche un bel optimisme pour sauver &#171; cette petite enclave &#187;, un lieu &#224; nul autre pareil, avec une identit&#233; forte et distincte. En effet, la librairie &#171; revendique une s&#233;lection singuli&#232;re qui fait la part belle au patrimoine, aux ouvrages rares et au travail remarquable r&#233;alis&#233;, dans l'ombre des grands groupes, par des maisons plus confidentielles &#187;. Et l'entreprise de sauvegarde est audacieuse, elle mise sur l'ouverture de nouveaux rayons, livres en anglais, BD et romans graphiques, entre autres. Elle est soutenue par une p&#233;tition locale pour appuyer le projet qui pourrait se d&#233;velopper d&#232;s 2026.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Meilleurs v&#339;ux, c'est de saison !&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Un dimanche apr&#232;s-midi avec les Tib&#233;tains</title>
		<link>https://www.18dumois.info/un-dimanche-apres-midi-avec-les-tibetains.html</link>
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		<dc:creator>Danielle Fournier</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Pique-nique, danse et jeux de cartes, aux Jardins d'&#201;ole, la communaut&#233; tib&#233;taine parisienne se retrouve chaque dimanche pour conserver vivantes ses traditions et sa culture. &lt;br class='autobr' /&gt; Il fait beau en ce d&#233;but septembre. Mais peu importe, comme tous les dimanches apr&#232;s-midis, les Tib&#233;tains d'&#206;le-de-France se retrouvent aux Jardins d'&#201;ole. Un pique-nique g&#233;ant s'improvise sous l'ombre des arbres qui ont du mal &#224; accueillir les centaines de participants, venus en famille ou par petits groupes. On (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.18dumois.info/-la-vie-du-18e-1570-.html" rel="directory"&gt;La vie du 18&#232;&lt;/a&gt;


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 <content:encoded>&lt;img src='https://www.18dumois.info/local/cache-vignettes/L150xH98/photos_18eme_du_mois_jardin_tibetain_julia_velazquez_nb_11-b6d48.jpg?1759765465' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='98' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Pique-nique, danse et jeux de cartes, aux Jardins d'&#201;ole, la communaut&#233; tib&#233;taine parisienne se retrouve chaque dimanche pour conserver vivantes ses traditions et sa culture.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Il fait beau en ce d&#233;but septembre. Mais peu importe, comme tous les dimanches apr&#232;s-midis, les Tib&#233;tains d'&#206;le-de-France se retrouvent aux Jardins d'&#201;ole. Un pique-nique g&#233;ant s'improvise sous l'ombre des arbres qui ont du mal &#224; accueillir les centaines de participants, venus en famille ou par petits groupes. On quitte les chaussures &#8211; ou pas &#8211; pour s'installer sur la grande passerelle basse en bois qui longe les jeux, pris d'assaut par de nombreux jeunes enfants. Assis en tailleur, des hommes jouent aux cartes, aux d&#233;s, avec un plateau et un gobelet en bois et misent avec des cauris, des petits coquillages. De grandes exclamations ponctuent les &#233;changes et sur les visages alternent s&#233;rieux et &#233;clats de rire. Les femmes ont mont&#233; sur de toutes petites tables basses des mini-&#233;tals o&#249; on peut venir s'approvisionner en beignets de diverses formes, manger des &#171; bouta &#187;, petites boules de p&#226;te collante qu'on trempe dans un verre rempli de sauce qui lui donne un peu de go&#251;t. Partout, de grands bidons isothermes permettent de boire du th&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Danser ensemble pour garder ses racines&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Depuis septembre 2022, &#224; l'initiative de l'association Khata Karpo et d'un exil&#233; tib&#233;tain arriv&#233; d'Inde, on danse ! C'est la communaut&#233; qui s'organise. Une musique s'&#233;chappe du centre de l'amphith&#233;&#226;tre des Jardins d'&#201;ole et peu &#224; peu les danseurs de tous &#226;ges s'installent en un cercle qui tourne en rythme. Des femmes en longue robe soyeuse, quelques hommes avec une veste brod&#233;e de motifs color&#233;s, des enfants : tous participent dans une chor&#233;graphie collective improvis&#233;e. On se filme, on fait des photos de ces sc&#232;nes, &#233;chos d'un pays lointain, on s'interpelle et on dialogue en tib&#233;tain, parfois on chante.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En France, en 2024, on compte environ 10 &#224; 15 000 Tib&#233;tains r&#233;fugi&#233;s, principalement install&#233;s &#224; Paris et en r&#233;gion parisienne. Depuis 1959, plusieurs dizaines de milliers de Tib&#233;tains se sont exil&#233;s en Inde, o&#249; se sont install&#233;s le gouvernement tib&#233;tain en exil et leur chef spirituel, le Dala&#239;-Lama. C'est alors que la France re&#231;oit ses premiers r&#233;fugi&#233;s tib&#233;tains, apr&#232;s l'incorporation forc&#233;e du Tibet &#224; la R&#233;publique populaire de Chine. Cet exil s'est poursuivi et d'autres exil&#233;s sont arriv&#233;s, au d&#233;tour des ann&#233;es 2005/2008. &#171; Les lieux de la communaut&#233; se diversifient avec le quartier Stalingrad-La Chapelle et les Jardins d'Eole, o&#249; les restaurants se multiplient, de m&#234;me que certaines communes de la Petite Couronne voient les familles se regrouper, remarque H&#233;l&#232;ne Dorseuil, fondatrice en 2017 de l'association Khata Karpo. Des &#8220;&#233;coles du dimanche&#8221; sont m&#234;me institu&#233;es pour que les enfants n&#233;s et scolaris&#233;s en France puissent apprendre et conserver l'usage de la langue tib&#233;taine &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est bien la culture qui soude cette communaut&#233; ayant fui son pays pour des raisons de Droits de l'homme. Dans notre arrondissement, elle est en tout cas bien d&#233;termin&#233;e &#224; conserver vivantes les valeurs et la culture du Tibet, de plus en plus menac&#233;es dans leur pays.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Photo : Julia Vel&#225;zquez Charro&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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	</item>
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		<title>La joyeuse faune du &#171; Maquis de Montmartre &#187;</title>
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		<dc:creator>Danielle Fournier</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Que reste-t-il du Maquis tout en haut de la Butte ? Un tableau de Van Gogh, le nom d'un bar rue Caulaincourt, le Bistrot du Maquis, un (faux) rocher dit &#171; de la sorci&#232;re &#187; dans un passage, des cartes postales, des images et surtout&#8230; des l&#233;gendes urbaines. Il s'est d&#233;velopp&#233; apr&#232;s 1890 et a connu sa plus grande extension au tournant du XX&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle, avant la d&#233;molition qui a d&#233;but&#233; le 15 juillet 1904 et s'est achev&#233;e en 1939. De nos jours, la m&#233;moire du Maquis est encore bien vivace. &lt;br class='autobr' /&gt; Le (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.18dumois.info/-histoire-1569-.html" rel="directory"&gt;Histoire&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.18dumois.info/local/cache-vignettes/L150xH98/le_maquis_nxg-bf6ef.jpg?1759765466' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='98' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Que reste-t-il du Maquis tout en haut de la Butte ? Un tableau de Van Gogh, le nom d'un bar rue Caulaincourt, le Bistrot du Maquis, un (faux) rocher dit &#171; de la sorci&#232;re &#187; dans un passage, des cartes postales, des images et surtout&#8230; des l&#233;gendes urbaines. Il s'est d&#233;velopp&#233; apr&#232;s 1890 et a connu sa plus grande extension au tournant du XX&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle, avant la d&#233;molition qui a d&#233;but&#233; le 15 juillet 1904 et s'est achev&#233;e en 1939. De nos jours, la m&#233;moire du Maquis est encore bien vivace.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Le Maquis &#233;tait un espace d&#233;limit&#233; de nos jours par le Moulin de la Galette, la rue Girardon et la rue Caulaincourt, &#224; partir de la place Constantin-Pecqueur jusqu'au &#171; Lapin agile &#187;. Un espace finalement r&#233;duit mais qui a une longue histoire. Depuis l'&#233;poque m&#233;di&#233;vale, la colline de Montmartre est habit&#233;e par des bergers, des paysans, un village se d&#233;veloppe, des chemins de terre se croisent, &#224; l'&#233;cart de l'abbaye situ&#233;e en haut de la Butte. D&#232;s le XIV&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle, on exploite le pl&#226;tre, mais c'est au cours du XVIII&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; que les carri&#232;res s'agrandissent et que les galeries sont creus&#233;es, sur le c&#244;t&#233; sud de la Butte. Et, au d&#233;but du XIX&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle, l'exploitation du gypse, roche min&#233;rale constituant l'une des mati&#232;res premi&#232;res du pl&#226;tre, devient syst&#233;matique. &#192; l'&#233;poque, on disait : &#171; Il y a plus de Montmartre dans Paris que de Paris dans Montmartre. &#187; Parce que l'essentiel des constructions en pl&#226;tre reposait sur cette fameuse carri&#232;re qui assurait, &#224; elle seule, 75 % des besoins de toute la ville. C'est &#224; cette &#233;poque que Paris se construit et se reconstruit &#224; la suite des d&#233;molitions. Au-del&#224; de son usage dans la capitale, pour la construction, le pl&#226;tre de Montmartre &#233;tait recherch&#233; dans le monde entier, pour ses qualit&#233;s et sa robustesse : les sculpteurs et artistes le faisaient importer pour leurs &#339;uvres. L'exploitation massive des lieux, &#224; cette &#233;poque, a engendr&#233; une v&#233;ritable instabilit&#233; au niveau des sols, si bien que d&#232;s 1813 on ne pouvait plus creuser &#224; moins de dix m&#232;tres des chemins ou constructions, afin d'&#233;viter tout risque d'effondrement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'autre part, la loi du 16 juin 1859 a annex&#233; la commune de Montmartre &#224; Paris, dont une partie ira &#224; la commune de Saint-Ouen. Rapidement, les investisseurs y voient de riches opportunit&#233;s et la sp&#233;culation immobili&#232;re commence. Chemins de terre et sentiers deviennent des voies de circulation. D'anciennes rues changent de noms, d'autres sont cr&#233;&#233;es. Le &#171; Maquis de Montmartre &#187; se constitue alors dans la zone comprise entre les rues Lepic et Caulaincourt. Viendront s'y installer, entre autres, ceux qui sont chass&#233;s du centre de Paris, remodel&#233; par les grands travaux de Haussmann.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De juin 1886 &#224; f&#233;vrier 1888, Vincent Van Gogh habite chez son fr&#232;re, rue Lepic, et il va se promener du c&#244;t&#233; de la rue Caulaincourt. Il peint alors la Butte, qui n'est pas encore toute couverte de cabanes, et sa v&#233;g&#233;tation. Cette terre cultivable, au sol argileux, a &#233;t&#233; longtemps non constructible et a &#233;t&#233; pr&#233;serv&#233;e de fait. Peu &#224; peu, les sans-logis de la capitale vont trouver refuge dans cet &#238;lot &#233;pargn&#233; par l'urbanisation galopante due &#224; la fi&#232;vre haussmannienne. Vont s'y installer principalement des ferrailleurs et des chiffonniers, comme souvent aux marges de la ville. On y croise aussi des voleurs, venus se cacher (d'o&#249; le surnom de &#171; Maquis &#187;) dans les ruelles du quartier et des petits voyous, que l'on appelait les &#171; Apaches &#187;. Les artistes d&#233;sargent&#233;s, les petits artisans ont suivi.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Ferrailleurs, chiffonniers, Apaches&#8230;&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;On construit alors des baraques de fortune, des cahutes enchev&#234;tr&#233;es : c'est la naissance du Maquis, une sorte de petit village avec ses cabanes en mat&#233;riaux de r&#233;cup venus des chantiers de la capitale et du d&#233;montage des b&#226;timents de l'Exposition universelle de 1889. Ensuite viendront les maisons en bois aux airs de chalets et, plus tard, les maisons en torchis entour&#233;es de jardins. On ne conna&#238;t pas encore le mot bidonville, mais on est ici aux marges sociales et g&#233;ographiques de la ville. Malgr&#233; la pauvret&#233;, l'ins&#233;curit&#233; et le manque d'hygi&#232;ne, tout ce petit monde constituait une communaut&#233; socialement organis&#233;e, solidaire et unie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Habitent dans le Maquis toutes sortes de gens : des chiffonniers, des brocanteurs, des marginaux &#224; la mauvaise r&#233;putation c&#244;toient des marchands ambulants, des artisans, des artistes, des peintres. De fait, on poss&#232;de de nombreux t&#233;moignages sous forme de photographies, peintures, illustrations, celles de Maurice Utrillo, Depaquit, Poulbot, Steinlen, de la famille d'imprimeurs-graveurs Del&#226;tre. Henri Laurens et Francisque Poulbot ont v&#233;cu dans le Maquis et l'ont repr&#233;sent&#233; comme une zone bucolique, m&#234;me si la vie n'y &#233;tait pas facile. &#192; c&#244;t&#233; des cabanes mis&#233;rables construites &#224; la va-vite et des taudis reli&#233;s par des chemins de terre qui menaient aux fontaines s'installent des guinguettes, non loin des moulins dont les ailes tournaient encore au-dessus de la rue Lepic. Meuniers et carriers y vivent aussi, &#224; proximit&#233; de leur lieu de travail. Et de tr&#232;s nombreux artistes y trouvent refuge ou y passent : Auguste Renoir traversait le Maquis plusieurs fois par jour en partant du ch&#226;teau des Brouillards pour se rendre &#224; son atelier en contrebas de la rue Tourlaque. Son fils, Jean Renoir, le cin&#233;aste, raconte qu'avec sa m&#232;re ils allaient les lendemains de pluie ramasser des escargots dans le Maquis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Chacun d&#233;limitait son espace avec des poteaux, s'am&#233;nageait une petite cour avec des poules ou un jardin de subsistance. C'&#233;tait le r&#232;gne de la d&#233;brouille : les habitants y &#233;chappent aux imp&#244;ts &#8211; on ne payait pas l'octroi &#8211; et sont loin des r&#232;gles d'hygi&#232;ne et de s&#233;curit&#233; qui se mettent en place. Dans cette proximit&#233;, pas &#233;tonnant qu'une intense vie collective se d&#233;veloppe. Autour, s'&#233;l&#232;veront au nord et &#224; l'ouest les immeubles cossus de la rue Caulaincourt.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;La perc&#233;e de l'avenue Junot&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La place Constantin-Pecqueur, qui r&#233;unit une partie de la rue Girardon et la rue de la Fontaine-du-But est cr&#233;&#233;e au tournant du si&#232;cle. L'abreuvoir &#8211; qui donne son nom &#224; la rue &#8211; est remblay&#233; et la pente est franchie par des escaliers au sommet desquels prendra place bien plus tard la statue de Dalida, pris&#233;e des touristes. Le 15 juillet 1904, une perc&#233;e est cr&#233;&#233;e au c&#339;ur du Maquis. L'avenue Junot a &#233;t&#233; creus&#233;e juste avant la guerre de 1914 et devait se poursuivre jusqu'au parvis du Sacr&#233;-C&#339;ur. De fait, elle se terminera place Marcel Aym&#233; et modifiera l'aspect nord de la Butte, puisque des maisons ont &#233;t&#233; d&#233;truites, des moulins ferm&#233;s (sauf deux), des rues ont disparu comme l'impasse Girardon.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#232;s lors, le Maquis devint la proie des promoteurs et, apr&#232;s la guerre, des villas avec jardins et des immeubles remplacent les taudis. Quelques rares irr&#233;ductibles, dans des cabanes consolid&#233;es, y surv&#233;curent jusqu'aux ann&#233;es 30, mais c'est vraiment la fin du Maquis. Le dernier habitant sera le sculpteur Paco Durrio, d&#233;c&#233;d&#233; en 1940, qui avait c&#233;d&#233; &#224; Picasso son atelier au Bateau-Lavoir. Il sera expuls&#233; de son domicile, impasse Girardon, en 1939. &#171; Tout est maintenant ras&#233;. Les b&#226;tisses en carreaux de pl&#226;tre, les cahutes de planches, les cantines, la Feuill&#233;e, le bal et beuglant pittoresque&#8230; Pr&#232;s de la ferme Debray, la plate-forme o&#249; l'an dernier l'on voyait le troisi&#232;me moulin, le moulin &#224; Poivre, n'est plus que sable et pl&#226;tre &#187;, a &#233;crit Olivier Charpentier.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;L'h&#233;ritage du Maquis de Montmartre&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Est-ce &#224; dire que tout est fini, que les promoteurs et les sp&#233;culateurs ont eu raison de ce dernier bastion populaire ? Certes, les habitants mis&#233;rables et les artistes d&#233;sargent&#233;s, ceux qui ont fait le Maquis ont depuis longtemps disparu, mais une sorte d'esprit du Maquis s'est transmis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le projet de construction d'un parking souterrain, sous le Maquis de Montmartre, vot&#233; &#224; l'unanimit&#233; en 1987, n'a pas vu le jour, &#224; la suite de la mobilisation des riverains. Quatre ann&#233;es de batailles juridiques ont eu raison du projet. Les riverains ont notamment mis en avant le sous-sol, &#171; un vrai gruy&#232;re &#187; avec les cavit&#233;s des carri&#232;res, qui est fragile et instable et l'aspect patrimonial du lieu, &#171; dernier vestige naturel du Maquis &#187;. Il faut sauver les arbres ! On voit d'ailleurs, dans une video extraite d'un JT d'Antenne 2, Daniel Bangalter, qui fut un des initiateurs de cette lutte, s'exprimer avec v&#233;h&#233;mence et passion pour sauver les &#233;rables, face au directeur technique adjoint de la Soci&#233;t&#233; d'exploitation du stationnement de la Ville de Paris (Saemes).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est d'ailleurs en 1972 que des boulistes se r&#233;unissent sous le nom de Club de p&#233;tanque Lepic-Abbesses et prennent possession d'un terrain municipal laiss&#233; &#224; l'abandon au 17-23 de l'avenue Junot. Sur des photos anciennes, on voit d&#233;j&#224; des groupes d'enfants et d'adultes jouer aux boules alentour, au niveau des rues Simon Dereure et Junot, ou dans les squares. Lorsque les adh&#233;rents du Clap s'installent, seuls quelques arbres subsistent alors du Maquis, mais bient&#244;t une guinguette s'installe et l'esprit montmartrois perdure. Une affiche du &#171; bapt&#234;me des arbres du Maquis de Montmartre &#187; en t&#233;moigne, sign&#233;e par de nombreux artistes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous ne reviendrons pas sur les d&#233;veloppements r&#233;cents de cette histoire mouvement&#233;e dont notre journal a rendu compte pas &#224; pas. A la suite d'une proc&#233;dure d'appel &#224; manifestation d'int&#233;r&#234;t concurrent, le Conseil de Paris a attribu&#233; une convention d'occupation du domaine public &#224; l'H&#244;tel Particulier. Au printemps, le Clap a &#233;t&#233; expuls&#233;, la guinguette d&#233;truite et le &#171; jardin Junot &#187;, prolongement du jardin de l'H&#244;tel Particulier qui a &#233;t&#233; laur&#233;at de l'appel d'offres, a fait une tr&#232;s discr&#232;te ouverture au d&#233;but de l'&#233;t&#233; 2025. Mais on garde en m&#233;moire que le Maquis a &#233;t&#233; class&#233; par d&#233;cret du 27 novembre 1991 parmi les sites &#171; pittoresques et historiques &#187; et, si le lieu n'existe plus &#224; proprement parler, l'histoire est loin d'&#234;tre termin&#233;e.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Photo : Mus&#233;e de Montmartre&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>RATP : s&#233;curit&#233; contre libert&#233;s publiques</title>
		<link>https://www.18dumois.info/ratp-securite-contre-libertes-publiques.html</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.18dumois.info/ratp-securite-contre-libertes-publiques.html</guid>
		<dc:date>2025-07-05T16:34:40Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Danielle Fournier</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Bus, train, m&#233;tro, tram, tous vos trajets sont dans la bo&#238;te ! &lt;br class='autobr' /&gt; Mai 2025 : En prenant le m&#233;tro &#224; la station Pigalle, on peut lire une affiche jouxtant les grands panneaux d'information de la RATP. Sous le titre &#171; Exp&#233;rimentation videoprotection augment&#233;e &#187;, on y d&#233;couvre que &#171; la RATP est susceptible de mettre en &#339;uvre ponctuellement, &#224; titre exp&#233;rimental, une analyse automatis&#233;e en temps r&#233;el des images de vid&#233;oprotection sur lesquelles vous pouvez figurer &#187;. Et en bas de l'affiche figure (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.18dumois.info/-la-vie-du-18e-1550-.html" rel="directory"&gt;La vie du 18e&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Bus, train, m&#233;tro, tram, tous vos trajets sont dans la bo&#238;te !&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Mai 2025 : En prenant le m&#233;tro &#224; la station Pigalle, on peut lire une affiche jouxtant les grands panneaux d'information de la RATP. Sous le titre &#171; Exp&#233;rimentation videoprotection augment&#233;e &#187;, on y d&#233;couvre que &#171; la RATP est susceptible de mettre en &#339;uvre ponctuellement, &#224; titre exp&#233;rimental, une analyse automatis&#233;e en temps r&#233;el des images de vid&#233;oprotection sur lesquelles vous pouvez figurer &#187;. Et en bas de l'affiche figure une discr&#232;te indication : &#171; Si vous consid&#233;rez que le traitement vous concernant constitue une violation de la r&#233;glementation, vous disposez du droit d'introduire une r&#233;clamation aupr&#232;s de la CNIL. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voil&#224; qui intrigue et inqui&#232;te, &#224; l'heure de l'intelligence artificielle. On s'&#233;tait habitu&#233;s au &#171; Souriez vous &#234;tes film&#233;s &#187; mais il n'est plus question de sourire. En 2023, la loi relative aux Jeux olympiques et paralympiques autorisait pour la premi&#232;re fois la mise en &#339;uvre de &#171; solutions d'intelligence artificielle dans la vid&#233;oprotection, dans un cadre l&#233;gal clair et pr&#233;servateur des libert&#233;s &#187;, selon le minist&#232;re de l'Int&#233;rieur. Il s'agissait de &#171; renforcer la s&#233;curit&#233; des sites et des &#233;preuves &#187; et de permettre l'exp&#233;rimentation&#8230; jusqu'au 31 mars 2025.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Une exp&#233;rimentation encadr&#233;e&#8230; vraiment ?&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Pr&#233;sent&#233;e comme un syst&#232;me &#171; qui permettra aux cam&#233;ras de rep&#233;rer les individus qui entrent dans des zones interdites ou sensibles, de d&#233;tecter un bagage abandonn&#233;, les mouvements de foule ou une forte densit&#233; d'usagers dans des proportions possiblement dangereuses &#187;, la vid&#233;o surveillance algorithmique (VSA) continue son chemin, m&#234;me si elle &#171; n'utilise pas de logiciels de reconnaissance faciale dans le cadre exp&#233;rimental &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut savoir que plus de 50 000 cam&#233;ras, consultables en temps r&#233;el aux PC s&#233;curit&#233; de la RATP et de la police, sont install&#233;es dans les rames, sur les quais et dans les couloirs du r&#233;seau RATP.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Alors, l&#233;gale ou pas ?&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;L'Assembl&#233;e nationale a vot&#233;, en mars dernier la prolongation jusqu'en 2027, de l'exp&#233;rimentation de la VSA. Adieu donc la limite fix&#233;e initialement. D'ailleurs, un rapport du S&#233;nat affirmait : &#171; la prolongation de l'exp&#233;rimentation semble donc bien &#234;tre la voie &#224; suivre pour respecter pleinement la volont&#233; exprim&#233;e par le l&#233;gislateur en 2023 : donner sa chance au dispositif mais de fa&#231;on encadr&#233;e et en conditionnant toute p&#233;rennisation &#224; la d&#233;monstration de son efficacit&#233; et &#224; l'absence d'atteinte aux libert&#233;s publiques . &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La voie &#224; la VSA est alors largement ouverte et s'inscrit dans le projet de la RATP baptis&#233; PRIV-IA, un logiciel de traitement algorithmique capable de d&#233;tecter sur des repr&#233;sentations visuelles certaines personnes ou &#233;v&#233;nements.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 24 avril, le Conseil constitutionnel a censur&#233; la prolongation de l'exp&#233;rimentation de la VSA, pour un motif purement formel : cette mesure ne pr&#233;sentait pas de lien, m&#234;me indirect, avec la proposition de loi initiale et constituait un &#171; cavalier l&#233;gislatif &#187;. Pourtant, en juin 2025, sur le quai du m&#233;tro Pigalle, l'affiche annon&#231;ant la VSA est toujours l&#224;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
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		<title>SAMUEL KIRCHER, ACTEUR</title>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Danielle Fournier</dc:creator>



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&lt;p&gt;Chaque mois, une personnalit&#233; habitant ou ayant longtemps habit&#233; notre arrondissement raconte sa vie dans son quartier. &lt;br class='autobr' /&gt; Allure juv&#233;nile, d&#233;marche souple, regard direct, Samuel Kircher arrive &#224; notre rendez-vous improvis&#233;, le 1&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;er&lt;/sup&gt; janvier, pour &#233;voquer &#171; son 18&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; &#187;. Le jeune acteur, tout juste 20 ans, est connu pour son premier r&#244;le dans le film L'&#201;t&#233; dernier de Catherine Breillat, qui lui a valu d'&#234;tre nomm&#233; au C&#233;sar de la meilleure r&#233;v&#233;lation masculine l'an dernier. C'est un gars de (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.18dumois.info/-le-18e-vu-par-.html" rel="directory"&gt;Le 18e vu par...&lt;/a&gt;


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 <content:encoded>&lt;img src='https://www.18dumois.info/local/cache-vignettes/L150xH93/_n8c8115nb2-09887.jpg?1740782227' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='93' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Chaque mois, une personnalit&#233; habitant ou ayant longtemps habit&#233; notre arrondissement raconte sa vie dans son quartier.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Allure juv&#233;nile, d&#233;marche souple, regard direct, Samuel Kircher arrive &#224; notre rendez-vous improvis&#233;, le 1&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;er&lt;/sup&gt; janvier, pour &#233;voquer &#171; son 18&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; &#187;. Le jeune acteur, tout juste 20 ans, est connu pour son premier r&#244;le dans le film L'&#201;t&#233; dernier de Catherine Breillat, qui lui a valu d'&#234;tre nomm&#233; au C&#233;sar de la meilleure r&#233;v&#233;lation masculine l'an dernier. C'est un gars de Montmartre qui a fr&#233;quent&#233; la cr&#232;che des Abbesses, l'&#233;cole maternelle de la rue d'Orsel puis l'&#233;cole primaire de la rue Houdon et enfin le coll&#232;ge Yvonne Le Tac. Un p&#233;rim&#232;tre bien d&#233;fini o&#249; il s'est fait des amiti&#233;s solides d&#232;s l'enfance.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;De l'&#233;cole Houdon au ballon rond&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&#171; Je me souviens d'une super directrice &#224; l'&#233;cole de la rue Houdon, o&#249; il y avait des enfants d'Ha&#239;ti et de diff&#233;rents pays, c'&#233;tait chouette.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Notre &#233;cole &#233;tait en ZEP, ce qui est une chance car il y avait des projets super, pas de cours le mardi et le jeudi apr&#232;s-midi, mais des activit&#233;s p&#233;riscolaires comme le foot, le roller, du graph, de l'&#233;criture ou encore du th&#233;&#226;tre. Mais il n'y a pas que l'&#233;cole ! J'ai rencontr&#233; des amis aussi bien &#224; la Manufacture des Abbesses qu'en jouant au football au square Burq, avant qu'il ne soit r&#233;am&#233;nag&#233;. J'y jouais avec des amis coll&#233;giens qui organisaient des petits matchs de cinq contre cinq. Ce petit groupe a gagn&#233; la coupe Neymar il y a un an, avec en prime la venue de Neymar (le footballeur br&#233;silien qui jouait au Paris Saint-Germain, NDLR). &#187;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Dor&#233; et un peu trop ordonn&#233;&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&#171; Quand je suis arriv&#233; &#224; l'&#233;cole de la rue Houdon c'&#233;tait la fin des h&#244;tels au mois, les gens venaient pendant une p&#233;riode de transition et pas mal de familles &#233;taient en demande d'asile. Je vois que le quartier a bien chang&#233; et que ces h&#244;tels sont devenus des &#233;tablissements de luxe. Je peux dire que le 18&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; arrondissement o&#249; je suis n&#233; est devenu tout dor&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors oui, j'y suis attach&#233; mais je le trouve un peu trop ordonn&#233;. Le d&#233;sordre est agr&#233;able et j'aspire &#224; un temps moins quadrill&#233;. C'est peut-&#234;tre l'effet du quartier Montmartre, j'ai l'impression que c'est plus chouette autour en allant vers Saint-Ouen ou vers l'est de Paris, o&#249; on a la sensation que &#231;a bouge, que c'est vivant et qu'il n'y a pas que des touristes. Des quartiers qui, disons, n'ont pas la m&#234;me couleur. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Formation artistique&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&#171; Au coll&#232;ge, j'ai eu beaucoup de chance aussi parce que j'ai int&#233;gr&#233; la section danse contemporaine, o&#249; il y avait beaucoup de filles et deux gars, &#224; raison de six heures par semaine, sans compter les comp&#233;titions et les rencontres avec des danseurs de toute la France. Il y avait des profs extraordinaires comme Oph&#233;lie Mathieu et Madame Tizi. &#199;a m'a beaucoup aid&#233;, &#224; cette p&#233;riode o&#249; le corps se r&#233;tracte, d'avoir plein d'activit&#233;s entre les cours.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'ai aussi suivi des cours &#224; l'&#233;cole Atla, &#224; la fois en piano et en chant, et je me suis fait des amis de partout dans le 18&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; et m&#234;me plus largement &#224; Paris. Apr&#232;s les cours, on allait sur la place des Abbesses et la place &#201;mile-Goudeau pour se retrouver entre jeunes. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Une passion pour le son&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&#171; J'ai pu rentrer une fois dans le studio de Philippe Zdar qui avait fait rena&#238;tre le studio d'enregistrement du 84 de la rue des Martyrs, avec un mat&#233;riel de dingue. Il y avait une collection incroyable de machines vintages. J'&#233;tais totalement captiv&#233; par ce lieu mythique de la French touch. D'ailleurs, le son et surtout la musique me passionnent plus encore que la danse ou le jeu d'acteur. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Les ann&#233;es lyc&#233;e&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&#171; Ensuite je suis all&#233; au lyc&#233;e Condorcet avec d'autres &#233;l&#232;ves, venus de Marcadet et curieusement, &#231;a a &#233;t&#233; dans ce lyc&#233;e du 9&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; que j'ai eu une ouverture sur le 18&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; en entier, alors qu'avant j'avais un regard cloisonn&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On a la chance d'avoir un arrondissement avec une grande mixit&#233;, il faudrait juste que les gens apprennent &#224; se conna&#238;tre tr&#232;s jeunes. J'ai l'impression qu'ils restent entre eux, entre professions, entre classes mais il n'y a pas vraiment de gens ensemble. C'est compliqu&#233; !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une des id&#233;es qui m'anime, c'est de travailler sur le rapport aux autres, pour trouver un bon ancrage, d&#233;j&#224; pour soi, et pour entretenir un bon rapport au monde avec une place pour soi et pour les autres. &#187;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Photo : Thierry Nectoux&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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		<title>Femmes et enfants sans-abri vers un accueil p&#233;renne ?</title>
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		<dc:creator>Danielle Fournier</dc:creator>



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&lt;p&gt;Sur la fa&#231;ade du lyc&#233;e Suzanne Valadon, ferm&#233; par la r&#233;gion, apparemment rien ne semble avoir chang&#233;. Pourtant, depuis un an, ce centre d'h&#233;bergement d'urgence accueille des familles, souvent des femmes seules avec enfants qui vivaient dans la rue. &lt;br class='autobr' /&gt; On se souvient qu'&#224; la fin de l'ann&#233;e 2022 un collectif compos&#233; de parents d'&#233;l&#232;ves, de professeurs, d'assistantes sociales et de gens de bonne volont&#233; ont fond&#233; Une &#233;cole un toit Paris 18&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt;. &#171; Quand le 115 ne r&#233;pond pas et que le nombre de (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.18dumois.info/-dossier-un-toit-pour-tous-toujours-dans-l-impasse-.html" rel="directory"&gt;Dossier : Un toit pour tous ? Toujours dans l'impasse&lt;/a&gt;


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 <content:encoded>&lt;img src='https://www.18dumois.info/local/cache-vignettes/L150xH101/_n8a9436nb-08a18.jpg?1732894325' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='101' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Sur la fa&#231;ade du lyc&#233;e Suzanne Valadon, ferm&#233; par la r&#233;gion, apparemment rien ne semble avoir chang&#233;. Pourtant, depuis un an, ce centre d'h&#233;bergement d'urgence accueille des familles, souvent des femmes seules avec enfants qui vivaient dans la rue.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;On se souvient qu'&#224; la fin de l'ann&#233;e 2022 un collectif compos&#233; de parents d'&#233;l&#232;ves, de professeurs, d'assistantes sociales et de gens de bonne volont&#233; ont fond&#233; Une &#233;cole un toit Paris 18&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt;. &#171; Quand le 115 ne r&#233;pond pas et que le nombre de familles &#224; la rue avec des enfants scolaris&#233;s augmente, il faut faire quelque chose &#187;, r&#233;sume Carole, une des cofondatrices de l'association. Plusieurs familles ont alors &#233;t&#233; log&#233;es dans les &#233;coles de mani&#232;re informelle et d'autres ont &#233;t&#233; &#171; parfois accueillies sur un coin de canap&#233; de mani&#232;re provisoire chez des parents &#187;. En novembre 2023, &#224; la suite d'un rassemblement devant la mairie, la r&#233;gion a accept&#233; sous la pression de la mairie du 18&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; de mettre &#224; l'abri des familles en privil&#233;giant celles, nombreuses, qui &#233;taient h&#233;berg&#233;es dans les &#233;coles de notre arrondissement (voir notre num&#233;ro 321).&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Ensemble sous un toit&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Est-ce la solution ? Plut&#244;t une des solutions pour le collectif qui constate qu'on &#171; se retrouve contraint de prioriser la mis&#232;re et de faire des choix &#187;, m&#234;me s'il souligne l'engagement du maire du 18&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; et de Pierre-Yvain Arnaud, maire-adjoint &#171; qui se bat pied &#224; pied aux c&#244;t&#233;s du collectif &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Samira, la cheffe de service, pr&#233;sente le centre de la rue Ferdinand Flocon &#8211; g&#233;r&#233; par Emma&#252;s solidarit&#233; &#8211; comme un sas et un tremplin. N&#233;anmoins, elle s'interroge : &#171; 121 personnes sont sorties, soient 32 familles, mais cela ne r&#232;gle en rien la question de l'h&#233;bergement d'urgence, toujours renouvel&#233;e. En ce moment, 74 enfants sont accueillis, en famille &#187;. Parfois, cela peut cr&#233;er des tensions si on s'interroge sur &#171; qui sort et apr&#232;s combien de temps &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les crit&#232;res sont nombreux, comme les demandeurs, aux parcours tous difficiles et tous diff&#233;rents. &#192; l'heure actuelle, 18 familles qui &#233;taient accueillies d&#232;s l'ouverture sont encore l&#224; et ne souhaitent pas y passer un deuxi&#232;me No&#235;l. En attente d'un dispositif adapt&#233;, elles sont cens&#233;es rester peu de temps. En attendant, le centre propose un accompagnement global aux 120 personnes accueillies gr&#226;ce &#224; trois travailleurs sociaux, une animatrice et six auxiliaires socio-&#233;ducatifs qui se relaient aupr&#232;s des familles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme le dit Khadija*, h&#233;berg&#233;e depuis six mois au lyc&#233;e Valadon avec ses trois jeunes enfants, dont un lourdement handicap&#233; : &#171; ce n'est pas parfait mais au moins mes enfants ne sont pas s&#233;par&#233;s, on est ensemble tous les quatre et &#224; l'abri &#187;. Leur chambre est une ancienne classe am&#233;nag&#233;e avec des paravents aux cloisons fines, o&#249; deux ou trois familles sont log&#233;es. Un lieu o&#249; le bruit et une certaine promiscuit&#233; peuvent laisser transpara&#238;tre parfois &#171; une intol&#233;rance culturelle entre les personnes &#187; venues de divers horizons.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par exemple autour des repas, servis deux fois par jour par l'association Label Gamelle et qui sont les m&#234;mes pour toutes et tous. Les associations qui offrent ce service comme Quartier libre (voir notre num&#233;ro 330) sont d'autant plus appr&#233;ci&#233;es, d'autant que &#171; le quotidien est compliqu&#233; &#187; conc&#232;de Khadija, qui a subi de graves violences de la part de son mari et qui est venue en France pour faire soigner son enfant. &#171; Mais les enfants sont contents d'&#234;tre scolaris&#233;s ici, avoue-t-elle. Ils me donnent du courage &#187;. En effet, ce sont souvent les enfants qui motivent leur m&#232;re dans l'espoir d'une meilleure vie et qui les aident &#224; chasser les id&#233;es noires.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Les limites du syst&#232;me&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Dans le centre r&#232;gne le calme, une organisation rod&#233;e et une prise en charge permettent aussi de proposer des activit&#233;s pour les enfants et pour les mamans. &#171; Ce qui compte, explique Samira, c'est de passer de la survie au soin, notamment envers les enfants, &#224; travers l'&#233;ducation par le sport et pour les mamans avec des ateliers d'esth&#233;tique, de la gym douce, des sorties &#187;. La question de la sant&#233; est bien s&#251;r centrale, avec une attention &#224; l'hygi&#232;ne, &#224; l'environnement et au suivi de l'&#233;cole, avec des conseils de vie sociale d&#233;livr&#233;s &#224; la fois pour les enfants et pour les parents. &#192; la diff&#233;rence d'autres lieux, ici, de nombreux riverains, commer&#231;ants ou habitants se d&#233;clarent satisfaits de cette implantation et apportent de l'aide en nature.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors, un an apr&#232;s l'ouverture de ce lyc&#233;e, malgr&#233; l'importance du tissu associatif, l'implication de la Mairie et l'engagement de l'&#233;quipe du centre Emma&#252;s solidarit&#233; qui s'emploie &#171; &#224; pr&#233;parer pour apr&#232;s &#187;, la situation reste difficile. L'hiver est l&#224; et l'association Jamais sans toit fait remarquer que sur les cinq lyc&#233;es annonc&#233;s par la r&#233;gion dans Paris seuls trois ont &#233;t&#233; r&#233;ellement transform&#233;s en centres d'h&#233;bergement et que &#171; ce sont les citoyens qui pallient les carences de l'&#201;tat. On arrive au bout du syst&#232;me. &#187;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Photo : Thierry Nectoux&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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