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	<title>Le 18e du mois</title>
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	<description>Le 18e du mois est un journal d'information sur le 18e arrondissement de Paris, ind&#233;pendant de toute organisation politique, religieuse ou syndicale. Il est &#233;dit&#233; par l'association des Amis du 18e du mois.</description>
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		<title>Le 18&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; du mois</title>
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		<title>La Commune de Paris : le temps d'une chanson</title>
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		<dc:date>2021-04-30T16:31:20Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Philippe Darriulat</dc:creator>



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&lt;p&gt;Cet article est le dernier de trois consacr&#233;s &#224; la Commune. Apr&#232;s le r&#244;le primordial jou&#233; par les femmes pendant ces soixante-douze jours d'insurrection, voir le num&#233;ro de mars, et la place des images sous forme de caricatures, dessins ou photos ; num&#233;ro d'avril, cette s&#233;rie s'ach&#232;ve en chansons et sur la m&#233;moire sonore d'une &#233;poque. Certaines ont franchi les ans et t&#233;moignent encore de ce moment exceptionnel qui dura si peu mais qui marqua si fort la m&#233;moire collective. &lt;br class='autobr' /&gt; &#171; Dans les (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.18dumois.info/-histoire-1173-.html" rel="directory"&gt;Histoire&lt;/a&gt;


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 <content:encoded>&lt;img src='https://www.18dumois.info/local/cache-vignettes/L150xH107/arton1147-7a504.jpg?1689943107' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='107' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Cet article est le dernier de trois consacr&#233;s &#224; la Commune. Apr&#232;s le r&#244;le primordial jou&#233; par les femmes pendant ces soixante-douze jours d'insurrection, voir le num&#233;ro de mars, et la place des images sous forme de caricatures, dessins ou photos ; num&#233;ro d'avril, cette s&#233;rie s'ach&#232;ve en chansons et sur la m&#233;moire sonore d'une &#233;poque. Certaines ont franchi les ans et t&#233;moignent encore de ce moment exceptionnel qui dura si peu mais qui marqua si fort la m&#233;moire collective.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;Dans les veill&#233;es des armes, au temps du si&#232;ge et de la Commune, on chantait souvent&lt;/i&gt; &#187; se souvint Louise Michel lorsqu'elle r&#233;digea ses M&#233;moires. Il n'y a rien d'&#233;tonnant &#224; cela : en ce 19&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle, la chanson accompagnait toutes les formes de rassemblements et de sociabilit&#233;s politiques, festives ou d'ordre priv&#233;. Alors, forc&#233;ment, on chantait &#233;galement sur les barricades de la Commune de Paris. D'ailleurs, parmi les insurg&#233;s, nombreux &#233;taient celles et ceux qui s'essay&#232;rent &#224; la r&#233;daction de couplets, Louise Michel elle-m&#234;me ou, bien s&#251;r, Jean-Baptiste Cl&#233;ment, auteur reconnu de textes destin&#233;s aux salles de caf&#233;s-concerts et &#233;lu au Comit&#233; de vigilance de la Commune pour le 18&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; arrondissement. Ils furent pourtant loin d'&#234;tre les seuls. Il existait en effet, depuis la chute de Napol&#233;on, une tradition chansonni&#232;re bien ancr&#233;e dans le monde des ouvriers parisiens, les goguettes,&lt;br class='autobr' /&gt;
des soci&#233;t&#233;s chantantes populaires qui fleurirent dans la capitale entre 1817 et 1849. Elles pouvaient r&#233;unir, chaque semaine, dans le local d'un d&#233;bit de boisson, plusieurs milliers d'ouvriers venus pr&#233;senter des chansons qu'ils avaient &#233;crites et qu'ils proposaient d'interpr&#233;ter sur un &#171; &lt;i&gt;air connu&lt;/i&gt; &#187;. Sous le Second Empire, les caf&#233;s-concerts, o&#249; l'on &#233;coutait, en buvant &#171; &lt;i&gt;chopine&lt;/i&gt; &#187;, une chanteuse professionnelle entonner des compositions originales, &#233;taient devenus le loisir pr&#233;f&#233;r&#233; des ouvriers parisiens. Nombre des auteurs qui &#233;crivaient pour ces salles prirent part &#224; l'insurrection de 1871 : Jean-Baptiste Cl&#233;ment bien s&#251;r, mais on pourrait &#233;galement citer Paul Burani (pseudonyme de Pierre-Urbain Roucoux), Isch-Wall (pseudonyme de Alfred Wall) ou Antonin Louis. Tous trois &#233;taient membres de la F&#233;d&#233;ration de la Commune des auteurs et artistes des th&#233;&#226;tres et concerts.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Une m&#233;moire en chansons&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Cela explique s&#251;rement en partie que la m&#233;moire de la Commune de Paris ait si souvent &#233;t&#233; chansonni&#232;re. De Marc Ogeret, en passant par les disques publi&#233;s &#224; l'occasion du centenaire &#224; La Commune en chantant avec des titres interpr&#233;t&#233;s par Mouloudji, Francesca Solleville et Armand Mestral, ou La Commune de Jean Ferrat sur un texte de Georges Coulonges&#8230; des chansons ont tr&#232;s souvent &#233;t&#233; associ&#233;es &#224; la r&#233;volution de 1871. Parfois aussi, des textes de fiction purent mettre en sc&#232;ne des &#233;pisodes chantant, pensons au &lt;i&gt;Cri du peuple&lt;/i&gt;, bande dessin&#233;e de Jacques Tardi et Jean Vautrin, avec son personnage de Caf'conc' interpr&#233;tant &#224; tue-t&#234;te &lt;i&gt;La Canaille&lt;/i&gt; d'Alexis Bouvier, face aux soldats venus r&#233;cup&#233;rer les Canons du 18 mars. Notons au passage que cette chanson a souvent &#233;t&#233; associ&#233;e &#224; tort &#224; la Commune, alors qu'il s'agit d'un succ&#232;s de caf&#233;-concert, &#233;crit en 1866, autoris&#233; par la vigilante censure imp&#233;riale et interpr&#233;t&#233; au mois de d&#233;cembre aux Concerts B&#233;ranger. Une confusion que nous retrouvons aussi avec &lt;i&gt;Le Temps des cerises&lt;/i&gt;, le plus c&#233;l&#232;bre titre de Jean-Baptiste Cl&#233;ment, pr&#233;sent&#233; &#224; l'Eldorado en 1867, mais d&#233;di&#233;, en 1885, &#224; &#171; &lt;i&gt;Louise&lt;/i&gt; &#187;, une ambulanci&#232;re pr&#233;sente le 28 mai 1871 sur la derni&#232;re barricade de la Commune. Lorsqu'ils furent &#233;crits, les vers du &lt;i&gt;Temps des cerises&lt;/i&gt; faisaient r&#233;f&#233;rence au temps des amours, pas &#224; celui de l'insurrection.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Chansons r&#233;volutionnaires&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;On chantait donc, pendant la Commune de Paris. Mais que chantait-on exactement ? Certainement pas que des chansons politiques. Partager des refrains que l'on appr&#233;ciait particuli&#232;rement &#233;tait une activit&#233; courante &#224; laquelle l'insurrection ne pouvait mettre un terme. Lorsque l'on reprenait en ch&#339;ur des chansons partisanes, celles-ci ne faisaient pas non plus forc&#233;ment r&#233;f&#233;rence &#224; l'actualit&#233;. On continuait &#224; entonner les airs de la r&#233;volution de 1848 ou des hymnes r&#233;publicains &#8211; &#224; l'instar de &lt;i&gt;La Marseillaise&lt;/i&gt;, du &lt;i&gt;Chant du d&#233;part&lt;/i&gt; ou de &lt;i&gt;La Carmagnole&lt;/i&gt; &#8211; qui, au lendemain de la chute de l'Empire, n'avaient encore rien perdu de leur caract&#232;re subversif.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On chantait aussi s&#251;rement de nombreux titres faisant r&#233;f&#233;rence aux &#233;v&#233;nements en cours que l'on avait entendus en soir&#233;e dans les salles des caf&#233;s-concerts (elles rest&#232;rent ouvertes pendant toute la p&#233;riode du si&#232;ge de Paris) mais aussi des compositions d'acteurs de l'insurrection. Tous ces titres pouvaient &#234;tre repris, sur les barricades, dans les r&#233;unions des clubs, sur les lieux de travail ou dans les boutiques des &#171; &lt;i&gt;marchands de vin&lt;/i&gt; &#187; (c'est ainsi que l'on appelait alors les d&#233;bits de boisson populaires) o&#249; l'on se r&#233;unissait entre amis. Il nous est possible d'en retrouver la trace. Certains ont &#233;t&#233; imprim&#233;s, d'autres furent publi&#233;s dans les nombreux journaux qui paraissaient alors et plusieurs, recopi&#233;s par des amateurs, ont &#233;t&#233; conserv&#233;s sous une forme manuscrite dans des fonds d'archives.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Badinguet, l'empereur d&#233;chu&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;D&#232;s le 4 septembre 1870, lorsque L&#233;on Gambetta, &#224; l'annonce de la d&#233;faite de Sedan, proclama la R&#233;publique, les chansonniers, lib&#233;r&#233;s de la censure de l'Empire, multipli&#232;rent les refrains visant &#224; ridiculiser Napol&#233;on III. La plus c&#233;l&#232;bre de ces chansons, celle qui rencontra le plus important succ&#232;s populaire, &#233;tait une &#339;uvre de Paul Burani. Son &lt;i&gt;Sire de Fisch Ton Kan&lt;/i&gt;, sur une musique d'Antonin Louis, connut un triomphe au Cirque national et &#224; L'Ambigu :&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;V'la le sir' de Fisch-ton-Kan&lt;br class='autobr' /&gt;
Qui s'en va-t-en guerre,&lt;br class='autobr' /&gt;
En deux temps et trois mouv'ments,&lt;br class='autobr' /&gt;
Badinguet, fisch'ton camp,&lt;br class='autobr' /&gt;
L'p&#232;r', la m&#232;r', Badingue,&lt;br class='autobr' /&gt;
A deux sous tout l'paquet,&lt;br class='autobr' /&gt;
L'p&#232;r', la m&#232;r', Badingue,&lt;br class='autobr' /&gt;
Et le p'tit Badinguet&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Des centaines de titres de cet acabit virent le jour, non seulement &#224; Paris mais sur l'ensemble du territoire national. Le personnage principal en &#233;tait toujours &#171; &lt;i&gt;Badinguet&lt;/i&gt; &#187;, surnom donn&#233; &#224; l'empereur d&#233;chu, en souvenir de son &#233;vasion du fort de Ham, en 1846, d'o&#249; il &#233;tait sorti en prenant les habits d'un ma&#231;on portant ce patronyme. On pourrait citer, entre autres, une &lt;i&gt;Grande Complainte de Ratapoil-Badinguet&lt;/i&gt;, l'&lt;i&gt;Entr&#233;e triomphale de Badinguet&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;Badinguet de A. Baylac&lt;/i&gt;, un &lt;i&gt;Testament de Badinguet&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;Le Plan, Bading'&lt;/i&gt; de E. Mathieu, chant&#233; au Grand concert parisien et d'innombrables chansons qui affublaient l'ex-empereur des Fran&#231;ais de ce surnom d&#233;pr&#233;ciatif. L'imp&#233;ratrice, &#171; &lt;i&gt;la Badinguette&lt;/i&gt; &#187;, n'&#233;tait pas &#233;pargn&#233;e par les saillies chansonni&#232;res. Lorsqu'il n'&#233;tait pas ainsi d&#233;sign&#233;, Napol&#233;on III pouvait &#233;galement &#234;tre &#171; &lt;i&gt;C&#233;sar le petit&lt;/i&gt; &#187;. Mais dans tous les cas il &#233;tait pr&#233;sent&#233;, non seulement comme un tyran sanguinaire, mais &#233;galement comme un incapable et un parfait imb&#233;cile.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pendant les longues semaines du si&#232;ge de Paris, les chansonniers, qui salu&#232;rent unanimement le retour de la R&#233;publique, multipli&#232;rent les titres aux accents patriotiques. La d&#233;nonciation de la fuite de la capitale par une bourgeoisie soucieuse d'&#233;viter les rigueurs de l'encerclement par l'arm&#233;e prussienne &#233;tait alors un des sujets pr&#233;f&#233;r&#233;s des auteurs de couplets. &#201;mile Debreux, futur membre du Comit&#233; central r&#233;publicain des 20 arrondissements et signataire de la seconde Affiche rouge, put ainsi ironiser sur un bourgeois pr&#234;t &#224; &#171; &lt;i&gt;vendre Paris&lt;/i&gt; &#187; &#224; Bismarck &#171; &lt;i&gt;pour un beefsteak&lt;/i&gt; &#187;, pendant que le peuple r&#233;sistait h&#233;ro&#239;quement malgr&#233; la faim et le froid. C'est &#224; cette &#233;poque qu'au Grand Concert parisien M&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;me&lt;/sup&gt; Bordas fit un triomphe avec &lt;i&gt;La France n'est pas morte.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pendant la Commune, cette production ne se tarit pas. Les accents patriotiques ne disparurent pas, comme cette Marseillaise de la Commune qui promettait de rendre &#171; &lt;i&gt;&#224; la France ses lauriers,/ Son rang et son antique gloire&lt;/i&gt; &#187;. D&#232;s le 18 mars 1871, lorsque le soul&#232;vement populaire emp&#234;cha la confiscation des canons entrepos&#233;s au sommet de la butte Montmartre, des chansonniers voulurent saluer cet &#233;v&#233;nement. Ferr&#233; L&#233;ger proposa alors un Mouvement du 18 mars mais on pourrait aussi citer de Guillaume de Budt, &lt;i&gt;Paris et son peuple&lt;/i&gt; ou Le 18 mars : peuple et soldat, sign&#233; LB, saluant la fraternisation qui s'effectua alors entre les manifestants et la troupe : &#171; &lt;i&gt;Loin d'ob&#233;ir &#224; de l&#226;ches sicaires,/ Tu tends ton arme ainsi que tes deux mains/Au peuple ami lui criant : Non, mes fr&#232;res !/Les vrais Fran&#231;ais ne sont pas des assassins&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;La naissance de L'Internationale&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Pendant la Commune, les titres &#233;crits par des chansonniers qui particip&#232;rent, sous une forme ou sous une autre, &#224; l'insurrection t&#233;moign&#232;rent de la diversit&#233; du mouvement communaliste. Certains se voulaient rassurants. J. A. S&#233;n&#233;chal, par exemple, assurait que la Commune ne souhaitait en aucun cas &#171; &lt;i&gt;partager votre bien, votre avoir&lt;/i&gt; &#187; mais uniquement &#171; &#187; (L'Union r&#233;publicaine). Et la R&#233;publique socialiste de Poirson affirmait que l'insurrection ne voulait que garantir la fin des &#171; &lt;i&gt;abus&lt;/i&gt; &#187; et des imp&#244;ts injustes, assurer le triomphe de la tol&#233;rance et de l'&#233;galit&#233;. D'autres, apr&#232;s vingt ann&#233;es d'un Empire soutenu par l'arm&#233;e et l'Eglise catholique, t&#233;moignaient d'un fort sentiment anticl&#233;rical et antimilitariste. Ce m&#234;me Poirson, dans une autre de ses compositions, proposait de faire &#171; &lt;i&gt;travailler les moines et les nones&lt;/i&gt; &#187; et de remplacer les arm&#233;es permanentes par le &#171; &lt;i&gt;peuple en armes&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La chanson socialiste, au sens tr&#232;s r&#233;volutionnaire que ce terme avait &#224; cette &#233;poque, connut aussi d'importants d&#233;veloppements. Elle put prendre ses distances avec les sentiments patriotiques, pourtant si profond&#233;ment ancr&#233;s parmi des communards. Louis-Marie Ponty &#233;crivit ainsi une &lt;i&gt;Anti-patriote&lt;/i&gt; et Justin Bailly proposa que Le Drapeau rouge &#8211; &#171; &lt;i&gt;teint de vos &#339;uvres, exploiteurs, pr&#234;tres et bourgeois&lt;/i&gt; &#187; &#8211; puisse remplacer la banni&#232;re tricolore :&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Ceux dont le sang rougit la terre&lt;br class='autobr' /&gt;
Sont appel&#233;s rouges par eux&#8230;&lt;br class='autobr' /&gt;
Ceux qui souffrent d'un bas salaire&lt;br class='autobr' /&gt;
Sont appel&#233;s des partageux.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Certains couplets, pr&#244;naient clairement l'appropriation par les travailleurs des moyens de production, de la terre comme de l'atelier. C'&#233;tait le cas de &lt;i&gt;La R&#233;publique sociale&lt;/i&gt; d'Emmanuel Delorme :&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Le sol est pour qui cultive la terre ;&lt;br class='autobr' /&gt;
Pour qui fa&#231;onne est enfin l'atelier ;&lt;br class='autobr' /&gt;
Et les produits sont tous pour la famille&lt;br class='autobr' /&gt;
Du Travailleur sur sa t&#226;che pench&#233;.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Ce furent ces principes que mirent en avant les chansonniers favorables &#224; l'Internationale, fond&#233;e &#224; Londres sept ann&#233;es auparavant, comme Paul Burani qui r&#233;digea un &lt;i&gt;Chant de l'Internationale&lt;/i&gt; :&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Que veut dire ce mot : soldat,&lt;br class='autobr' /&gt;
La guerre n'est qu'une infamie,&lt;br class='autobr' /&gt;
La gloire un grand assassinat,&lt;br class='autobr' /&gt;
(&#8230;) Rois, vous &#233;levez des fronti&#232;res,&lt;br class='autobr' /&gt;
S&#233;parant peuples et pays.&lt;br class='autobr' /&gt;
Et de tous les peuples, des fr&#232;res,&lt;br class='autobr' /&gt;
Vous avez fait des ennemis.&lt;br class='autobr' /&gt;
(&#8230;) Laboureur, paysan, la terre&lt;br class='autobr' /&gt;
C'est ton outillage, ton pain,&lt;br class='autobr' /&gt;
L'ouvrier des villes ton fr&#232;re,&lt;br class='autobr' /&gt;
Ne demande pas d'autres biens.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Une abondante production chansonni&#232;re fut ainsi &#233;crite pendant le temps bref, soixante-douze jours, de la Commune de Paris. Le plus c&#233;l&#232;bre de ces textes est sans doute celui que r&#233;digea Eug&#232;ne Pottier, &lt;i&gt;L'Internationale&lt;/i&gt;, qui n'&#233;tait alors qu'une po&#233;sie, avant que le Lillois Pierre De Geyter n'en &#233;crive la musique en 1888. Puis vint le temps de la m&#233;moire chansonni&#232;re de la Commune. Les soutiens de la r&#233;pression ne furent pas les derniers &#224; proposer des titres pr&#233;sentant les communards comme des criminels de la pire esp&#232;ce. Mais tout de suite, et jusqu'&#224; la fin du si&#232;cle, des chansonniers li&#233;s au mouvement ouvrier, socialistes ou anarchistes, entretinrent le souvenir d'un moment exceptionnel dont ils voulurent faire un mod&#232;le. Pensons &#224; Jean-Baptiste Cl&#233;ment et &#224; sa &lt;i&gt;Semaine sanglante&lt;/i&gt;, &#233;crite alors qu'il se cachait pour &#233;viter le peloton d'ex&#233;cution ou &#224; Eug&#232;ne Pottier qui proposa en 1886 &lt;i&gt;Elle n'est pas morte&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Les femmes sur tous les fronts</title>
		<link>https://www.18dumois.info/les-femmes-sur-tous-les-fronts.html</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.18dumois.info/les-femmes-sur-tous-les-fronts.html</guid>
		<dc:date>2021-03-05T17:51:45Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Philippe Darriulat</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Soixante-douze jours. Soixante-douze jours seulement, du 18 mars au 28 mai 1871. C'est la p&#233;riode, &#224; la fois si courte et si dense, pendant laquelle Paris connut un gouvernement insurrectionnel voulant assurer &#171; l'intervention permanente des citoyens dans les affaires communales &#187;. Cet article est le premier d'une s&#233;rie de trois consacr&#233;s &#224; cet &#233;v&#232;nement historique que fut la Commune. Il s'int&#233;resse aux nombreuses citoyennes souvent oubli&#233;es qui ont particip&#233; &#224; cette lutte, parfois au p&#233;ril (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.18dumois.info/-la-commune-de-paris-150-ans-apres-.html" rel="directory"&gt;La commune de Paris 150 ans apr&#232;s&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.18dumois.info/local/cache-vignettes/L150xH100/arton1117-aff55.jpg?1689943107' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='100' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Soixante-douze jours. Soixante-douze jours seulement, du 18 mars au 28 mai 1871. C'est la p&#233;riode, &#224; la fois si courte et si dense, pendant laquelle Paris connut un gouvernement insurrectionnel voulant assurer &#171; l'intervention permanente des citoyens dans les affaires communales &#187;. Cet article est le premier d'une s&#233;rie de trois consacr&#233;s &#224; cet &#233;v&#232;nement historique que fut la Commune. Il s'int&#233;resse aux nombreuses citoyennes souvent oubli&#233;es qui ont particip&#233; &#224; cette lutte, parfois au p&#233;ril de leur vie.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;C'&#233;tait exactement il y a cent cinquante ans. Nombreuses sont, cette ann&#233;e, les manifestations comm&#233;moratives c&#233;l&#233;brant cet &#233;v&#233;nement exceptionnel qui, comme tout &#233;v&#233;nement, comme toute page de l'histoire humaine, ne put avoir lieu que parce que des femmes et des hommes en furent les acteurs. Et il faut bien reconna&#238;tre que les premi&#232;res, bien qu'elles aient &#233;t&#233; aussi pr&#233;sentes que les seconds, ont bien plus vite &#233;t&#233; oubli&#233;es. Cette marginalisation m&#233;morielle peut s'expliquer de diff&#233;rentes fa&#231;ons. La premi&#232;re est sans doute la cons&#233;quence du fait que l'histoire et la m&#233;moire ayant &#233;t&#233; longtemps &#339;uvres masculines, elles ont eu tendance &#224; minimiser la place occup&#233;e par des femmes. La seconde rel&#232;ve probablement d'une r&#233;alit&#233; plus prosa&#239;que : la participation f&#233;minine &#224; la Commune dut se faire en dehors de la structure gouvernementale officielle, &#224; laquelle ne participaient que des hommes. Pour agir, pour se faire entendre, elles durent utiliser d'autres moyens que seule peut faire revivre une histoire &#171; &lt;i&gt;au ras du sol&lt;/i&gt; &#187;, qui a mis longtemps avant de s'imposer.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Porteuses de revendications sp&#233;cifiques&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Cette absence de mixit&#233;, dans les organismes repr&#233;sentatifs de la Commune de Paris, a d'ailleurs eu des cons&#233;quences sur les d&#233;cisions de ce gouvernement r&#233;volutionnaire qui ne proposa jamais d'accorder le droit de vote aux femmes, alors qu'il sut &#234;tre si audacieux dans les domaines social et politique : s&#233;paration de l'&#201;glise et de l'&#201;tat, reconnaissance de formes de d&#233;mocratie directe, citoyennet&#233; pour les &#233;trangers, la&#239;cisation de l'enseignement, principe de l'&#233;cole gratuite et obligatoire, r&#233;quisition des ateliers abandonn&#233;s, suppression des arm&#233;es permanentes, interdiction du travail de nuit, r&#233;quisition des logements vacants, etc. Ce droit de vote, les Communardes ne le demand&#232;rent d'ailleurs pas, pas plus qu'elles ne revendiqu&#232;rent de pouvoir participer au gouvernement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis le 19 juillet 1870, date de la d&#233;claration de guerre franco-prussienne, la prise de parole des femmes s'&#233;tait pourtant consid&#233;rablement renforc&#233;e. Pendant le long et glacial hiver o&#249; Paris fut assi&#233;g&#233; par l'arm&#233;e prussienne, c'&#233;taient elles qui, tous les matins, bravant le froid et la fatigue, constituaient de longues files devant des boutiques aux &#233;tals vides, afin d'essayer d'obtenir une maigre pitance. On parlait certainement beaucoup dans ces queues : de la volont&#233; patriotique de r&#233;sister &#224; l'invasion, de la faim, du froid, des bourgeois de Paris qui avaient fui les rigueurs du si&#232;ge, des besoins d'une population affam&#233;e et abandonn&#233;e. Il n'est donc pas &#233;tonnant que ces femmes aient voulu &#234;tre actrices des &#233;v&#233;nements auxquels elles participaient : elles constitu&#232;rent des soci&#233;t&#233;s de secours et d'ambulanci&#232;res, organis&#232;rent des repas pour les enfants, form&#232;rent un atelier de 600 ouvri&#232;res, particip&#232;rent aux nombreux clubs dont certains &#233;taient exclusivement f&#233;minins et cr&#233;&#232;rent l'Union des femmes pour la d&#233;fense de Paris et le soin des bless&#233;s. Le 18 mars 1871, lorsque les soldats du g&#233;n&#233;ral Vinoy gravirent les contreforts de la butte Montmartre pour r&#233;cup&#233;rer des canons achet&#233;s par des contributions patriotiques et populaires, elles furent sans doute majoritaires dans la foule qui s'opposa &#224; cette intervention, fraternisa avec la troupe et, le soir m&#234;me, rue des Rosiers (actuelle rue du Chevalier de la Barre), fit fusiller les g&#233;n&#233;raux Cl&#233;ment-Thomas et Lecomte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les voix de ces femmes furent porteuses de revendications sp&#233;cifiques : elles demandaient la cr&#233;ation de cr&#232;ches, pr&#244;naient le droit au divorce, la reconnaissance de l'union libre, l'&#233;galit&#233; sociale au sein du mariage, obtinrent la fermeture des &#171; &lt;i&gt;maisons de tol&#233;rance&lt;/i&gt; &#187; et l'interdiction de la prostitution sur la voie publique, exig&#232;rent qu'&#224; travail &#233;gal leur salaire f&#251;t &#233;gal &#224; celui des hommes, etc. Certaines demand&#232;rent &#233;galement le droit de pouvoir participer aux combats : le 13 mai 1871 une centaine d'entre elles se rendit ainsi &#224; l'H&#244;tel de Ville pour r&#233;clamer des armes.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Portraits de Communardes combattantes&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Essayons d'en retrouver la trace, dans notre 18&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; arrondissement o&#249; tout a commenc&#233; ce 18 mars 1871. Il faut se rappeler de Marguerite Boivin, une couturi&#232;re de 37 ans, bless&#233;e le 18 mars sur la Butte alors qu'elle s'opposait &#224; l'arriv&#233;e des soldats du g&#233;n&#233;ral Vinoy. Marie Georget (&#233;pouse Voisin), &#226;g&#233;e de 24 ans &#233;tait, avec son mari, cantini&#232;re du 154&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; bataillon de la Garde nationale et fut l'initiatrice d'une p&#233;tition demandant la la&#239;cisation du personnel des &#233;coles. Arr&#234;t&#233;e le 22 mai, rue Cortot, porteuse d'un &#171; &lt;i&gt;uniforme, d'un poignard et d'un r&#233;volver&lt;/i&gt; &#187;, elle fut d&#233;tenue &#224; Versailles, Clermont et Rouen, avant d'&#234;tre acquitt&#233;e en mars 1872. Anne Ch&#233;ron, n&#233;e Germain, une blanchisseuse de 36 ans, demeurait au 5 rue Myrha ; aid&#233;e d'Henriette Bouquin qui mourut en d&#233;tention, elle pr&#233;parait la tenue du club blanquiste de la R&#233;volution qui se r&#233;unissait dans l'&#233;glise Saint-Bernard. Arr&#234;t&#233;e le 31 mai, elle fut d&#233;port&#233;e en Nouvelle-Cal&#233;donie, d'o&#249; elle ne revint qu'en 1879. Jos&#233;phine Poinb&#339;uf, dite Alix, une fille soumise &#8211; prostitu&#233;e inscrite officiellement sur les registres de police &#8211; de 30 ans, demeurant 25 rue de la Charbonni&#232;re, fut condamn&#233;e &#224; quinze ans de travaux forc&#233;s pour avoir &#233;t&#233; &#171; &lt;i&gt;complice de l'arrestation d'un sergent de ville&lt;/i&gt; &#187;. Il y eut aussi Marie Lavernoy, &#233;pouse May, une couturi&#232;re de 31 ans, habitant 12 rue Doudeauville. Et Henriette Delli&#232;re, elle aussi couturi&#232;re (elles &#233;taient nombreuses &#224; Paris et particuli&#232;rement dans le 18&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt;), compagne du porte-drapeau du 257&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; bataillon. Celle-ci fut accus&#233;e d'avoir pill&#233; des denr&#233;es &#224; Neuilly pour les apporter &#224; Paris. Ou encore C&#233;leste Hardouin, qui ne joua pas un r&#244;le de premier plan, mais &#171; &lt;i&gt;a &#233;t&#233; arr&#234;t&#233;e le 7 juillet 1871 au milieu de ses &#233;l&#232;ves&lt;/i&gt; &#187; puis incarc&#233;r&#233;e &#224; Versailles et acquitt&#233;e le 17 octobre. Elle a publi&#233; un livre, &lt;i&gt;La D&#233;tenue de Versailles&lt;/i&gt;, en 1879, heureusement retrouv&#233; et r&#233;&#233;dit&#233; par son arri&#232;re-petite-fille... elle aussi institutrice dans le 18&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Les militantes du club rouge&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Pour croiser ces femmes, le mieux &#233;tait de se rendre au Ch&#226;teau Rouge. Depuis 1847 une salle de bal y connaissait un certain succ&#232;s. Pendant la Commune, il servait aux r&#233;unions du Comit&#233; de vigilance de Montmartre. Cr&#233;&#233; par Georges Clemenceau, maire du 18&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt;, le 4 septembre 1870, le jour o&#249; L&#233;on Gambetta proclamait la R&#233;publique, ce club joua un r&#244;le d&#233;terminant dans la d&#233;fense des canons de Montmartre. Il se divisait en un club masculin et un club f&#233;minin. Sa r&#233;putation de club rouge &#233;tait bien &#233;tablie. Louise Michel, dans ses M&#233;moires, en parlait en ces termes : &#171; &lt;i&gt;Le 18&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; arrondissement &#233;tait la terreur des accapareurs et autres de cette esp&#232;ce. Quand on disait : &#8220;Montmartre va descendre !&#8221; les r&#233;actionnaires se fourraient dans leurs trous, l&#226;chant comme des b&#234;tes poursuivies les caches o&#249; les vivres pourrissaient, tandis que Paris crevait de faim.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; ce club f&#233;minin on pouvait croiser de nombreuses militantes, de belles figures qu'il convient de sortir de l'anonymat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout d'abord, il y avait celle qui, avec ceinture rouge et cocarde, pr&#233;sidait les s&#233;ances : Sophie Doctrinal, &#233;pouse Lemarchand dite Poirier, une couturi&#232;re de 41 ans. Pendant le si&#232;ge elle dirigeait un atelier qui occupait jusqu'&#224; 80 ouvri&#232;res avec lesquelles elle partageait ses b&#233;n&#233;fices. &#192; la veille de la Commune, l'atelier dut fermer et devint ambulance (un poste m&#233;dical temporaire). Tr&#232;s attentive &#224; la d&#233;fense des int&#233;r&#234;ts des femmes, Sophie Doctrinal fut condamn&#233;e, le 10 avril 1872, &#224; la d&#233;portation dans une enceinte fortifi&#233;e. Elle mourut en d&#233;tention, &#224; la centrale d'Auberive, le 21 mai 1879. Elle &#233;tait accompagn&#233;e de deux vice-pr&#233;sidentes, les &#171; &lt;i&gt;femmes&lt;/i&gt; &#187; Tesson et Barois, cette derni&#232;re &#233;tant particuli&#232;rement active dans la lutte contre la prostitution.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;F&#233;ministes, socialistes, journalistes...&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La secr&#233;taire du Comit&#233; nous est mieux connue : il s'agit d'Anna Jaclard, n&#233;e Korvin-Krukovskaja. Cette Russe, blanquiste et militante de l'Internationale, avait alors 26 ans. Fille d'un g&#233;n&#233;ral, descendante d'une vieille famille de l'aristocratie russo-lituanienne, elle avait bien connu Fiodor Dosto&#239;evski qui avait publi&#233; une de ses nouvelles et l'avait m&#234;me demand&#233;e en mariage en 1865. Bien qu'elle ait refus&#233; cette proposition, elle conserva avec le c&#233;l&#232;bre &#233;crivain des relations amicales et &#233;pistolaires. Ce fut &#224; la m&#234;me &#233;poque qu'elle quitta la Russie pour s'installer en France o&#249; elle rencontra son &#233;poux, un r&#233;volutionnaire avec lequel elle fut oblig&#233;e de s'exiler &#224; Gen&#232;ve. De retour &#224; Paris, le 13 f&#233;vrier 1871, elle participa &#224; la Commune, notamment au sein du Comit&#233; de vigilance o&#249; elle fut, entre autres, d&#233;l&#233;gu&#233;e aux h&#244;pitaux et ambulances, s'occupant personnellement des bless&#233;s. Elle fut condamn&#233;e par contumace, le 29 d&#233;cembre 1871, aux travaux forc&#233;s &#224; perp&#233;tuit&#233;. Avec son mari elle r&#233;ussit &#224; s'enfuir en Suisse puis en Russie, et ne revint &#224; Paris qu'en juin 1879, lorsqu'elle fut graci&#233;e. Marie-Adrienne Colleville dite Bontemps, une blanchisseuse de 45 ans, condamn&#233;e par contumace &#224; la d&#233;portation, r&#233;ussit &#224; s'exiler &#224; Londres. Lydie Rollat, &#233;pouse Larch&#233;, une chemisi&#232;re demeurant 30 rue Doudeauville, fut condamn&#233;e le 23 mai 1872 &#224; deux ans de prison et &#224; cinq ans de surveillance. Ad&#232;le Esquiros, n&#233;e Battanchon, une po&#233;tesse et journaliste de 51 ans, &#233;pouse d'un socialiste ayant eu une certaine c&#233;l&#233;brit&#233;, fut en 1848 une des fondatrices du Club des femmes que pr&#233;sidait Eug&#233;nie Niboyet. Nous la retrouvons en 1871, r&#233;dactrice du journal de Blanqui, La Patrie en danger. Il y eut aussi la &#171; &lt;i&gt;femme Collet&lt;/i&gt; &#187; qui fut une des fondatrices de ce Comit&#233; de vigilance et la &#171; &lt;i&gt;femme Blondeau&lt;/i&gt; &#187;, une polisseuse en or qui repr&#233;sentait le 18&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; arrondissement &#224; l'Union des femmes pour la d&#233;fense de Paris. Marie Lemonnier, veuve Cartier, une appr&#234;teuse de neuf de 37 ans, &#233;tait employ&#233;e aux ambulances et repr&#233;sentante du Comit&#233; de vigilance pour demander des &#233;coles professionnelles et des orphelinats la&#239;cs. Accus&#233;e d'avoir &#233;lev&#233; une barricade &#224; l'angle des rues Doudeauville et Stephenson, elle fut condamn&#233;e &#224; un an de prison. Paule Mink, une journaliste, socialiste et f&#233;ministe de 31 ans, d'origine polonaise, fut de toutes les luttes men&#233;es en solidarit&#233; avec cette nationalit&#233; en butte &#224; l'oppression russe. D&#233;fenseuse, avec Maria Deraismes et Andr&#233; L&#233;o, des droits politiques des femmes dans des conf&#233;rences tenues au Tivoli-Vauxhall, elle &#233;tait &#233;galement membre de la Premi&#232;re Internationale. Tr&#232;s active dans des clubs des 6&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; et 20&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; arrondissements, elle avait ouvert une &#233;cole &#224; Saint-Pierre de Montmartre. Elle r&#233;ussit &#224; se r&#233;fugier en Suisse apr&#232;s la Semaine sanglante. La &#171; &lt;i&gt;femme Dauguet&lt;/i&gt; &#187; combattante de la Commune fut d&#233;port&#233;e en Nouvelle-Cal&#233;donie. Et aussi L&#233;odile Chamseix, n&#233;e B&#233;ra, dite Andr&#233; L&#233;o : grande figure du f&#233;minisme du XIX&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle, romanci&#232;re, elle se lan&#231;a dans l'action politique dans les derni&#232;res ann&#233;es du Second Empire, notamment en participant &#224; la r&#233;daction du programme de la &#034;&lt;i&gt;Soci&#233;t&#233; de&lt;br class='autobr' /&gt;
revendication des droits de la femme&lt;/i&gt;&#034;. Pendant la Commune elle cr&#233;a, avec Anna Jaclard, le journal La Sociale, appartint &#224; l'Union des femmes pour la d&#233;fense de Paris et fut r&#233;dactrice du journal La Commune.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Une figure embl&#233;matique&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Et puis, bien s&#251;r, il y avait Louise Michel, la seule femme qui a r&#233;ussi &#224; &#233;chapper &#224; la relative invisibilit&#233; posthume dans laquelle sont tomb&#233;es la plupart de ses cons&#339;urs. N&#233;e le 29 mai 1830, fille naturelle d'un aristocrate lib&#233;ral et d'une de ses domestiques, elle fut, avec sa m&#232;re, chass&#233;e de l'endroit o&#249; elle passa son enfance au lendemain du d&#233;c&#232;s de son p&#232;re suppos&#233;. Passionn&#233;e par l'enseignement, elle ouvrit d'abord, en Haute-Marne, une &#171; &lt;i&gt;&#233;cole libre&lt;/i&gt; &#187; o&#249; l'on pratiquait une p&#233;dagogie novatrice. Arriv&#233;e &#224; Paris en 1855, elle fut institutrice dans le 10&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; arrondissement avant d'exercer dans le 18&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt;, d'abord 5 rue des Clo&#255;s, o&#249; elle dirigeait un externat, puis 24 rue Oudot (et non Houdon comme on le lit souvent, la rue Oudot devint, en 1877, la rue Championnet) et enfin rue du Mont-Cenis. Elle fut bien &#233;videmment de tous les combats. Pr&#233;sente le 18 mars pour d&#233;fendre les canons de Montmartre, on la vit non seulement au Comit&#233; de vigilance, mais &#233;galement au club de la Reine Blanche qui se r&#233;unissait dans une salle de bal du m&#234;me nom, sur le site o&#249; fut ult&#233;rieurement construit le Moulin-Rouge, au club de la Boule Noire, situ&#233; 120 boulevard de Rochechouart et surtout au club de la R&#233;volution de l'&#233;glise Saint-Bernard, o&#249; elle retrouvait Th&#233;o Ferr&#233; et 3 000 femmes et hommes du quartier. Bless&#233;e sur la barricade &#233;lev&#233;e tout en haut de l'actuelle rue de Clignancourt, elle fut finalement arr&#234;t&#233;e dans le cimeti&#232;re Montmartre, condamn&#233;e &#224; la d&#233;portation perp&#233;tuelle et envoy&#233;e en Nouvelle-Cal&#233;donie, d'o&#249; elle ne revint qu'en novembre 1880.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nombre de ces femmes, et bien d'autres dont nous avons perdu la trace, se retrouv&#232;rent, pendant la Semaine sanglante, &#224; la limite du 18&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; et du 9&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; arrondissement, place Blanche, o&#249; se trouvait la seule barricade totalement d&#233;fendue par des femmes combattantes. Au lendemain de la d&#233;faite de la Commune, de nombreuses voix masculines, mais aussi f&#233;minines, se firent entendre pour les discr&#233;diter et leur lancer les pires anath&#232;mes, toujours empreints des pr&#233;jug&#233;s dont les femmes &#233;taient couramment affubl&#233;es. D'autres voix, plus rares, os&#232;rent saluer leur engagement. Retenons celle d'un jeune po&#232;te de 16 ans, lui aussi engag&#233; dans la Commune de Paris : Arthur Rimbaud. C'est &#224; ces femmes qu'il pensait lorsqu'il r&#233;digea, en f&#233;vrier 1872, Les Mains de Jeanne-Marie. Laissons-lui la parole pour conclure ce modeste t&#233;moignage de leur combat :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Elles ont p&#226;li, merveilleuses,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au grand soleil d'amour charg&#233;,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur le bronze des mitrailleuses&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; travers Paris insurg&#233; !&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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